Le rôle des États-Unis et des organismes démocratiseurs arabes

par Ahmad Bensaada
« أحمد بن سعادة »

En politique, rien n’arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié de cette façon.
Franklin D. Roosevelt (1882-1945) 32e Président des États-Unis d’Amérique

Note de la Rédaction de www. madaniya.info

Cinq ans après le soulèvement populaire arabe, la légende d’un mouvement spontané de révolte mené par des cyber-activistes est mise à mal, et tourne, par moments, à la mystification, voire à la supercherie en raison des connexions anciennes avec leurs bailleurs de fonds opérant sous couvert d’ONG. Et l’intervention massive des agences de communications, notamment depuis Doubai de la firme Saatchi and Saathi, sous la houlette du libanais Elie Khoury, «spécialiste en stratégie des communications» et artisan de la révolution Orange au Liban.

Le premier à avoir mentionné un plan préconçu américain pour donner un coup de balai à la nomenklatura arabe et renouveler les autocrates gérontocrates a été Mohamad Djibril, ancien premier ministre de la période transitoire de Libye.

«La stratégie américaine, depuis 2007, a visé à confier la gestion de l’Islam politique aux Frères Musulmans afin que la confrérie assume le rôle de chef de file du courant se réclamant de l’Islam modéré». Elle s’est inspirée d’un rapport de la Rand corporation, qui avait pour nom de code «C-C» pour «From Confrontation to Containement», a-il assuré lors d’une interview à la presse arabe à l’occasion du 3eme anniversaire de la chute de la dictature.

http://www.renenaba.com/libye-an-iii-post-kadhafi-un-incubateur-de-dictateurs/
http://www.renenaba.com/libye-an-iii-post-kadhafi-le-projet-c-c-de-la-rand-corporation/

Volant au secours de la victoire, des intellectualoïdes (1 , en fin de parcours, se sont ralliés à la bannière du néo-islamisme de la confrérie des Frères Musulmans, dont les pronostiqueurs annonçaient la victoire, dans l’espoir d’un pathétique rôle de gourou de la contre-révolution arabe. Les dérives de leurs poulains vers le djihadisme planétaire, les mésalliances d’un Occident porteur de civilisation, la résistivité de certaines cibles de la stratégie atlantiste, Bachar Al Assad de Syrie, et les Houthistes au Yémen, le soutien résolu de l’Iran, de la Russie et du BRICS (Brésil, Inde, Chine Afrique du sud) à leurs alliés régionaux, mettront en échec ce plan.

Rétrospectivement, le zèle de L’icône planétaire de la révolution égyptienne, le cyber-dissident Wael Said Abbas Ghoneim, ancien responsable du Marketing pour le Moyen orient et l’Afrique du Nord, de Google à la base régionale de la firme américaine à Doubai (Émirats arabes unis), pour louable qu’ai pu être sa contribution au soulèvement égyptien s’est ainsi apparenté à un heureux hasard, un pur phénomène de sérendipité en ce que le cheminement de son parcours pose question: En pleine gloire, il n’hésitera pas en effet à quitter son emploi lucratif à Google, le 23 avril 2011, pour fonder une ONG utilisant les NTTC pour lutter contre la pauvreté et pour l’éducation.

Le magazine Time de New York l’a élu premier dans le top 100 des personnes les plus influentes du monde en 2011. Wael en fait rejoindra le mouvemnts.orgs, dont le directeur n’est autre que Davis Nassar, ancien directeur des programmes du Moyen orient de l’USAID.

L’imposture de Tawkol Karmane

L’offensive collective du pacte sunnite de la contre-révolution arabe sous l’égide de l’Arabie saoudite, en mars 2015, a révélé en outre l’imposture de la pasionaria de la révolution yéménite, Tawkol Karmane, Prix Nobel de la Paix, première femme arabe proche de la confrérie des Frères Musulmans, à bénéficier de cette distinction, cas unique dans l’histoire du Monde…
Bénéficiaire par ailleurs des subsides de «National Endowment For Democracy» dans les trois ans qui ont précédé le «printemps arabe», Tawakol est la sœur de Safa Karmane, journaliste d’Al Jazira, le fer de lance de la guerre médiatique des Frères Musulmans pour la conquête du pouvoir lors du «printemps arabe».
Tawkol Karmane a obtenu le Prix Nobel de la Paix, en 2011, lors de la lune de miel entre l’administration américaine et les néo-islamistes arabes, dont plusieurs dirigeants ont été distingués, cette année-là, par les cénacles de Washington.

La liste des lauréats sur ce lien.
http://www.renenaba.com/libye-an-iii-post-kadhafi-epilogue-les-laureats-du-printemps-arabe/

Tawakol Karmane a en effet fait des offres de service aux Saoudiens pour faire office de «passerelle entre la jeunesse saoudienne et le gouvernement de Ryad», sans la moindre objection sur le statut des femmes en Arabie saoudite, l’un des plus restrictifs de la planète, sans la moindre contrepartie concernant le statut des femmes yéménites dont 57 % sont des analphabètes, vivant sous la loi patriarcale du mariage forcé.

fin de la note de la rédaction de www.madaniya.info.

Retour sur cette «face cachée de la révolution arabe» avec Ahmed Bensaada, enseignant dans les établissement canadiens et auteur d’un livre sur cette question aux Editions Ellipses.

«Printemps» arabe: Le rôle des États-Unis

Le 8 février 2012, soit quasiment une année après la chute du président Moubarak, les journaux du monde entier reprenaient une nouvelle en provenance du Caire: «Egypte: la justice accuse des ONG d’activités « politiques » illégales» (1). On pouvait y lire: «Ces tensions font suite à des perquisitions dans 17 locaux d’ONG égyptiennes et internationales le 29 décembre dernier. Parmi elles figurent les organisations américaines National Democratic Institute (NDI), International Republican Institute (IRI) et Freedom House». Et d’ajouter que trois sénateurs américains, dont le républicain John McCain (sénateur de l’Arizona et ancien candidat à la Maison-Blanche) «ont mis en garde l’Egypte mardi sur ce sujet, estimant que le risque d’une rupture « catastrophique » entre les deux pays avait rarement été aussi grand».

Quelques jours plus tard, lors du procès, la presse mentionnait que:«seuls sept des 19 Américains inculpés sont présents en Égypte, selon le responsable d’une ONG américaine, les autres ayant quitté le pays avant que l’interdiction de sortie du territoire ne soit prononcée. Certains, comme Sam LaHood, responsable de la section Egypte de l’International Republican Institute (IRI) et fils du ministre américain des Transports Ray LaHood, se sont réfugiés à l’ambassade des Etats-Unis»(2).

De ces nouvelles découlent, évidemment, un certain nombre de questionnements.

Quel est le rôle de ces ONG américaines et pourquoi sont-elles accusées d’activités illégales? Ces ONG sont-elles si influentes pour que le fils d’un ministre américain se trouve à la tête d’un de leurs programmes en Egypte? Ces accusations sont-elles si importantes pour que ce «fils de» soit contraint à se cacher dans l’ambassade de son pays? Quelle mouche a piqué la justice égyptienne pour «oser» s’attaquer à des organisations et des ressortissants américains risquant ainsi de perdre la fameuse allocation de 1,3 milliard de dollars octroyée annuellement par les États-Unis à l’Égypte? Pourquoi le sénateur McCain intervient-il en personne au lieu de laisser ce dossier à la diplomatie américaine ou au Département d’état?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de revenir quelques années en arrière et nous intéresser aux révolutions colorées.

Gene Sharp et les révolutions colorées

Les révolutions colorées réfèrent aux révoltes qui ont bouleversé certains pays de l’Est ou ex-Républiques soviétiques au début du 21e siècle. C’est le cas de la Serbie (2000), de la Géorgie (2003), de l’Ukraine (2004) et du Kirghizstan (2005). Ces révolutions ont été menées par des mouvements regroupant de jeunes activistes locaux, pro-occidentaux, instruits, militant pour la démocratisation de leurs pays. Tous ces mouvements qui ont réussi à renverser les régimes autocratiques en place ont utilisé des méthodes d’actions non-violentes théorisées par le philosophe américain Gene Sharp. Philosophe et politologue américain, Gene Sharp est l’auteur de l’ouvrage «De la dictature à la démocratie», livre de chevet depuis près de deux décennies de tous les activistes du monde non-occidental rêvant de renverser des régimes jugés autocratiques.

Ancien professeur émérite à l’université du Massachussetts et chercheur à Harvard, il rédigea la première mouture de son «manuel du parfait dissident» en 1993, version destinée aux opposants birmans de Thaïlande. Actuellement, ce livre est disponible en 27 langues différentes (dont l’arabe) et ce, gratuitement téléchargeable sur Internet (3). Dans cet ouvrage, Gene Sharp décrit les 198 méthodes d’actions non violentes susceptibles d’être utilisées dans les conflits en vue de renverser les régimes en place.

Parmi elles, notons la fraternisation avec les forces de l’ordre, les défilés, les funérailles massives en signe de protestation, les supports audiovisuels, les actes de prière et les cérémonies religieuses, l’utilisation de slogans forts (comme le «Dégage» ou «Irhal»), des logos (comme le poing fermé), des posters avec les photographies des personnes décédées lors des manifestations et une certaine maîtrise de l’organisation logistique. Après l’expérience des révolutions colorées, d’autres méthodes ont été ajoutées comme l’envoi de messages électroniques de masse, l’utilisation des médias sociaux et l’implication dans le nettoyage des places publiques et des endroits qui ont été la scène de manifestations.

La mise en application de ces méthodes a été assurée par Robert Helvey, un ancien colonel de l’armée américaine, spécialiste de l’action clandestine et doyen de l’École de formation des attachés militaires des ambassades américaines (4). Robert Helvey, attaché militaire à l’ambassade américaine de Rangoon entre 1983 et 1985, rencontra Gene Sharp à Harvard, à l’occasion d’une bourse de recherche. Il s’initia aux théories du philosophe et devint un adepte de la non-violence. En 1992, il prit sa retraite et se consacra à l’enseignement de la résistance pacifique à des révolutionnaires birmans.

En 1992, il organisa l’entrée clandestine par bateau de Gene Sharp en Birmanie. «Ici, nous étions dans cette jungle, lisant les travaux de Gene Sharp aux chandelles», se rappelle-t-il (5,6). C’est à la suite de cette aventure que naquit la première version de «De la dictature à la démocratie».

Entre 1992 et 1998, Helvey entreprit 15 voyages en Birmanie pendant lesquels il rencontra plus de 500 membres du Conseil national de l’Union de la Birmanie, un groupe d’organisations birmanes pro-démocratie, et y donna des cours sur la théorie de Gene Sharp (7). Mais en vain. Tous les efforts déployés par les officines américaines de promotion de la démocratie et tous les financements des mouvements révolutionnaires birmans qui se sont échelonnés pendant de nombreuses années furent voués à l’échec. Questionné sur ce fiasco, Gene Sharp invoqua plusieurs raisons dont l’existence d’une mini-armée pour chacun des groupes d’opposition: «Tous les différents groupes armés pensaient qu’ils pouvaient vaincre l’armée, mais je pense que c’était un jugement stupide de leur part, que l’armée était plus grande et plus forte et avait plus d’armes»(8).

Au début de la décennie 2000, l’attention «pro-démocratique» américaine se tourna vers les pays de l’Est et certaines ex-Républiques soviétiques et, contrairement au cas birman, le succès de l’approche non-violente «sharpienne» fut retentissant. C’est Robert Helvey lui-même qui a formé les activistes serbes du mouvement «Otpor».

Dans une longue interview accordée au magazine «Peace», il reconnaît que le mouvement serbe a reçu 25 millions de dollars provenant d’organismes américains (9). Une fois le régime Milosevic balayé de la scène politique, les militants serbes ont fondé à leur tour le «Center for Applied Non Violent Action and Strategies» (CANVAS), sous la direction de Srdja Popovic. Ce centre, financé par les organismes américains d’«exportation» de la démocratie (10) s’est spécialisé dans la formation à la lutte non-violente. Il s’est aussi bien occupé de la formation des dissidents des autres révolutions colorées que des activistes arabes, en particulier tunisiens et égyptiens, ceux-là même qui ont eu un rôle déterminant dans la chute des régimes Ben Ali et Moubarak, respectivement (11).

Les organismes «démocratiseurs» américains

Il est de notoriété publique que les révolutions colorées ont été financées, encadrées et soutenues par des organismes américains d’«exportation» de la démocratie tels que l’United States Agency for International Development (USAID), la National Endowment for Democracy (NED), l’International Republican Institute (IRI), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), Freedom House (FH) ou l’Open Society Institute (OSI) (12).

Le modus operendi de ces révolutions a été détaillé par plusieurs auteurs et a fait l’objet de reportages très détaillés dont celui de Manon Loizeau (13). Dans un article très détaillé sur le sujet, publié en 2008, G. Sussman et S. Krader de la Portland State University mentionnent que: «Entre 2000 et 2005, les gouvernements alliés de la Russie en Serbie, en Géorgie, en Ukraine et au Kirghizstan ont été renversés par des révoltes sans effusion de sang. Bien que les médias occidentaux en général prétendent que ces soulèvements sont spontanés, indigènes et populaires (pouvoir du peuple), les «révolutions colorées» sont en fait le résultat d’une vaste planification. Les États-Unis, en particulier, et leurs alliés ont exercé sur les États postcommunistes un impressionnant assortiment de pressions et ont utilisé des financements et des technologies au service de l’aide à la démocratie »(14).

Et d’ajouter: «Parmi les principaux agents étrangers impliqués dans le processus de création des démocraties en transition … se trouvent l’USAID, la NED, l’Open Society Institute (institut financé par George Soros), la Freedom House, et le Centre international sur les conflits non-violents. Ces développements sont conçus comme des aspects du plus vaste programme néolibéral d’ouverture de la région de l’Europe de l’Est à des fins de domination commerciale, militaire, culturelle et politique par les pays du G7».

Bien qu’ils portent le label «ONG» (Organisation Non Gouvernementale), ces organismes américains sont largement financés par le gouvernement américain.

L’USAID est une agence américaine«officiellement» indépendante qui a été créée en 1961 par le président Kennedy. Elle est en charge de l’aide au développement économique et de l’assistance humanitaire dans le monde pour autant que cela soit «bénéfique» aux États-Unis.
Les activités subversives de cette organisation à travers le monde ainsi que sa participation active dans les révolutions colorées ont été abondamment mentionnées (15). En plus, l’USAID mentionne sur son site qu’elle a utilisé quelques 9 milliards de dollars pour «la promotion de la gouvernance démocratique dans plus de 100 pays» durant les deux dernières décennies (16).

Créée en 1983 par l’ultra conservateur président américain Ronald Reagan, la NED se présente comme une fondation privée américaine à but non lucratif. En réalité, elle est financée par un budget voté par le Congrès et ses fonds sont gérés par un Conseil d’administration où sont représentés le Parti républicain, le Parti démocrate, la Chambre de commerce des États-Unis et le syndicat AFL-CIO.

En fait, l’action de la NED se fait par l’intermédiaire de quatre organismes distincts et complémentaires reliés aux entités citées précédemment: i) l’International Republican Institute (IRI), ii) le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), iii) le Center for International Private Enterprise (CIPE) qui représente la Chambre de commerce américaine et iv) le Solidarity Center qui représente, quant à lui, la Fédération américaine du travail et le Congrès des organisations industrielles (AFL-CIO). Le conseil d’administration de l’IRI est présidé par le sénateur républicain John McCain alors que Madeleine K. Albright, l’ancienne secrétaire d’État américaine sous l’administration Clinton, est à la tête de celui du NDI.

À propos de l’IRI, Mark Weisbrot a eu la réflexion suivante dans un article publié dans le Guardian: «Je dois rire quand je vois que l’International Republican Institute (IRI) est décrit par les médias internationaux comme une « organisation qui fait la promotion de la démocratie »»(17). Dans ce même article, il donne de nombreux exemples où cet organisme (seul ou avec d’autres précédemment cités) est directement impliqué dans la déstabilisation de nombreux pays étrangers. On estime que 90% du budget annuel de la NED provient du gouvernement américain. Juste pour 2009, il s’élevait à environ 132 millions de dollars (18).

Allen Weinstein, un des fondateurs de la NED, a décrit ainsi le rôle de la NED: «beaucoup de ce que nous NED faisons aujourd’hui se faisait secrètement par la CIA, il y a 25 ans» (19). Fondée en 1941, Freedom House est «une organisation non gouvernementale qui aide au développement des libertés dans le monde». Mais malgré cette description qui peut être trouvée sur son site officiel, Freedom House est essentiellement financée par l’USAID, la NED et la Soros Foundation (20).

Freedom House est connue pour l’impressionnante liste de personnalités américaines de renom qui ont fait partie de son conseil d’administration.

Mentionnons, à titre indicatif, James Woolsey, l’ancien directeur de la CIA, Zbigniew Brzezinski, l’ancien conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense du président George W. Bush, et Stuart Eizenstat, le sous-secrétaire d’État aux Finances sous l’administration du président Bill Clinton ou Paul Wolfowitz, l’ancien secrétaire adjoint à la Défense dans le gouvernement de George W. Bush et ancien président de la Banque mondiale.

Comme la NED, cette organisation a été impliquée dans le financement de nombreux programmes de déstabilisation à travers le monde (21). Dans un article du Financial Times publié en 2006, Guy Dinmore nous apprend que Freedom House «est un des organismes sélectionnés par le Département d’État américain pour recevoir des fonds pour des activités clandestines en Iran »(22).

George Soros, le célèbre milliardaire américain d’origine hongroise, est lui aussi impliqué dans l’exportation de la démocratie «made in USA» via une de ses fondations, l’Open Society Institute (OSI). Créée en 1993, elle était à l’origine destinée aux anciens pays de l’Est pour les aider dans leur transition postcommuniste. De nombreux articles ont démontré que l’OSI a participé activement au financement des révolutions colorées et de certains mouvements dissidents d’Amérique latine (23).

Il est clair que ces organisations n’ont rien de «non-gouvernemental», bien au contraire. Dans un article publié dans le Foreign Policy Journal, Richard Falk commente ainsi la nature de leurs activités: «Parfois, ces entités sont même désignés par les médias comme des « institutions de la société civile », qui reflète, au mieux, un état lamentable d’ignorance, ou, pire, une tromperie délibérée. Quoi qu’on pense des activités de ces acteurs, il est tout simplement faux de les considérer comme « non gouvernementales » ou comme des émanations de la société civile »(24).

En ce qui concerne le rôle «démocratiseur» de ces organisations, de nombreux auteurs sont sceptiques, c’est le moins qu’on puisse dire. Il est à noter que ces activités hautement subversives menées par ces «pseudo-ONG» américaines dans des pays étrangers sont interdites sur le sol américain. Ce qui fait dire à l’historien américain William Blum:«Nous
faisons à l’étranger ce qui est interdit chez nous».

Références

1- Intellectualoïde: L’intellectualoïde est à l’intellectuel ce que l’androïde est à l’humain. Une vague ressemblance à l’extérieur, et, l’intérieur, juste un fatras de câblage préprogrammé. Les islamophilistes français sont des intellectualoïdes, Noam Chomsky, un intellectuel.

http://www.renenaba.com/les-islamophilistes-tontons-flingueurs-de-la-bureaucratie-francaise/

Notes
  1.  AFP, « Egypte: la justice accuse des ONG d’activités « politiques » illégales », Le Point.fr, 8 février 2012, http://www.lepoint.fr/monde/egypte-la-justice-accuse-des-ong-d-activites-politiques-illegales-08-02-2012-1428827_24.php
  2. AFP, «Egypte: début du procès de membres d’ONG égyptiennes et étrangères», L’Express, 26 février 2012, http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/egypte-debut-du-proces-de-membres-d-ong-egyptiennes-et etrangeres_1086667.html
  3. Gene Sharp, «From Dictatorship to Democracy », The Albert Einstein Institution, http://www.aeinstein.org/organizations98ce.html
  4. Ahmed Bensaada, «Libye: les limites de la théorie de la non-violence de Gene Sharp», El Watan, 2 octobre 2011, http://www.calameo.com/read/000366846d13cad04ca46
  5. Sheryl Gay Stolberg, «Shy U.S. Intellectual Created Playbook Used in a Revolution», The New York Times, 16 février 2011, http://www.nytimes.com/2011/02/17/world/middleeast/17sharp.html?_r=4&pagewanted=all
  6. David Caviglioli, «Le gourou des révolutions arabes», Le Nouvel Observateur, 11 mars 2011, http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110311.OBS9521/le-gourou-des-revolutions-arabes.html
  7. John Bacher, « Robert Helvey’s Expert Political Defiance », Peace Magazine, avril-juin 2003, p.10, http://archive.peacemagazine.org/v19n2p10.htm
  8. Simon Roughneen, « Gene Sharp : Why Burmese Resistance Has Failed So Far », The Irradaway, 22 mars 2011, http://www2.irrawaddy.org/article.php?art_id=20981
  9. Metta Spencer, «Training Pro-Democracy Movements: A Conversation with Colonel Robert Helvey», Peace Magazine, Janvier-Mars 2008, p.12, http://archive.peacemagazine.org/v24n1p12.htm
  10. Ahmed Bensaada, «Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe: le cas de l’Égypte», Le Quotidien d’Oran, 24 février 2011, http://www.calameo.com/read/000366846fa8fa32bacd5
  11. Ahmed Bensaada, «Arabesque américaine: Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe», Éditions Michel Brûlé, Montréal (2011), Éditions Synergie, Alger (2012).
  12. Ibid.
  13. Manon Loizeau, «Les États-Unis à la conquête de l’Est », 2005. Ce documentaire peut être visionné à l’adresse URL suivante: http://video.google.com/videoplay?docid=2248625849494744048
  14. G. Sussman et S. Krader, «Template Revolutions: Marketing U.S. Regime Change in Eastern Europe», Westminster Papers in Communication and Culture, University of Westminster, London, vol. 5, n°3, 2008, p.91-112, http://www.westminster.ac.uk/__data/assets/pdf_file/0011/20009/006WPCC-Vol5-No3-Gerald_Sussman_Sascha_Krader.pdf
  15. Ahmed Bensaada, «Arabesque américaine: Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe», Op.Cit.
  16. USAID, «Initiatives to Improve Evaluation of USAID DG Assistance Programs: Strategic and Operational Research Agenda (SORA)», http://www1.usaid.gov/our_work/democracy_and_governance/technical_areas/dg_office/sora.html
  17. Mark Weisbrot, «Why American ‘democracy promotion’ rings hollow in the Middle East », The Guardian, 31 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2012/jan/31/american-democracy-promotion-rings-hollow
  18. RT America, «Taxpayer billions promote democracy hoax abroad», 19 novembre 2010, http://www.youtube.com/watch?v=-MCgHDoZHJg&feature=player_embedded#at=33
  19. David Ignatius, «Innocence Abroad: The New World of Spyless Coups », The Washington Post, 22 septembre 1991, http://www.highbeam.com/doc/1P2-1086157.html
  20. F. William Engdahl, «Géopolitique et “révolutions des couleurs” contre la tyrannie», Horizons et débats, n°33, octobre 2005, http://www.horizons-et-debats.ch/33/33_16.htm
  21. D. Barahona, «The Freedom House Files», MR Zine, 3 janvier 2007, http://mrzine.monthlyreview.org/2007/barahona030107.html
  22. Guy Dinmore, «Bush Enters Iran ‘Freedom’ Debate», The Financial Times, 31 mars 2006, http://www.ft.com/intl/cms/s/48d26298-c052-11da-939f-0000779e2340.html
  23. Ahmed Bensaada, «Arabesque américaine: Le rôle des États-Unis dans les révoltes de la rue arabe», Op. Cit.
  24. Richard Falk, «When is an ‘NGO’ not an NGO? Twists and Turns beneath the Cairo Skies», Foreign Policy Journal, 15 février 2012, http://www.foreignpolicyjournal.com/2012/02/15/when-is-an-ngo-not-an-ngo-twists-and-turns-beneath-the-cairo-skies/
Illustration
  • Des milliers de partisans du candidat modéré Moussavi ont affronté la police samedi à Téhéran, contestant le résultat officiel de l’élection présidentielle. (Ahmed Jadallah / Reuters) REUTERS