Aller à…
RSS Feed

12 avril 2021

Du Blitzkrieg à la Pax Americana : Le Plan White annonce la sujétion d’après-guerre à l’impérialisme américain


|

23 décembre 2015

Logiquement à l’avant-garde de l’initiative, comme en 1940 envers le Reich, la Banque de France adapta les siens au nouvel ordre européen des choses dans les mois qui suivirent Stalingrad.

Du Blitzkrieg à la Pax Americana : Le Plan White annonce la sujétion d’après-guerre à l’impérialisme américain

Le 15 avril 1943, Boisanger livra à son conseil général, « dans leur teneur exacte, les projets élaborés actuellement en Angleterre et aux États-Unis et relatifs au statut monétaire dont ces deux pays envisage[aie]nt de doter le monde à l’issue de la guerre »(1).

Régulièrement informé depuis mai 1943 par Auboin des plans d’Europe américaine et des rivalités anglo-américaines dont les États-Unis sortiraient victorieux (2), le gouverneur de la Banque de France « expos[a] » le 15 juillet les « dispositions principales des Plans “Keynes” [anglais] et “White” [américain] ».

L’« exposé », aussi serein que celui d’Auboin en janvier 1939 sur les plans allemands, fut, quant au fond, plus réticent, vu l’ampleur prévue des bouleversements financiers et commerciaux.

Le vainqueur « impos[erait] aux nations adhérentes l’abandon d’une part de leur souveraineté » par « fixation des parités [monétaires …,] des participations de chaque pays » et par ses « interventions nombreuses […] dans la politique monétaire de chacun des États membres […]

L’organe directeur » de l’institution étant « composé de représentants de pays étrangers, c’est, finalement, à des directives étrangères que chaque État serait obligé de se soumettre. […]

Le plan White [… était] destiné surtout à mobiliser les ressources du marché américain au profit des pays appauvris en vue d’assurer à l’industrie et au commerce des États-Unis des débouchés après la guerre » : ses rédacteurs visaient « la suppression des accords bilatéraux de clearing », et tordraient donc le cou au commerce intereuropéen.

La Banque de France connut donc plus d’un an à l’avance et avec précision les décisions que Washington notifierait à la conférence de Bretton-Woods de juillet 1944.

-Notes :

1) CGBF, 15 avril 1943, ABDF.

2) Lettre Auboin à Bolgert, Bâle, 19 mai 1943, BDF, BRI, 1069 199211/40, ABDF.

Source : Aux origines du carcan européen, 1900-1960. La France sous influence allemande et américaine, Paris, Delga-Le temps des cerises, 2014, p. 107-108


Partager

Plus d’histoires deLibye