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29 octobre 2020

Islamophobie en hausse : l’effet Charlie ?


Opinion

Islamophobie en hausse : l’effet Charlie ?

Nicolas Bourgoin

Jeudi 21 janvier 2016

Les djihadistes et leurs commanditaires ont d’ores et déjà atteint l’un de leurs objectifs : monter une partie des Français contre les autres. Jugés collectivement responsables des attentats de janvier et de novembre par tout un pan de la classe politique et des médias sous contrôle, les musulmans sont la cible d’agressions physiques ou verbales en nombre croissant. Le constat que nous faisions il y a exactement un an garde toute son actualité : la haine anti-Islam ne fait que progresser dans notre pays et elle a été particulièrement virulente pendant le premier semestre et à la fin de l’année 2015, en particulier au moment des manifestations de soutien aux victimes de Charlie Hebdo et du Bataclan. Elle est plus largement le résultat de politiques discriminatoires faisant des musulmans des citoyens de seconde zone : pénalisation du port de signes religieux, contrôles policiers au faciès, discrimination à l’embauche. Les musulmans sont aujourd’hui de vrais parias et cette situation ne semble pas gêner l’exécutif qui ne ménage pas sa peine pour les stigmatiser toujours plus sous couvert de défense de la laïcité. Comme le rappelle Raphaël Lioger, l’islamophobie est soutenue et même encouragée par l’État qui cherche à tirer profit du choc des civilisations. La question que nous posions il y a un an garde aussi son actualité : à qui donc profite le crime ?

D’après le dernier rapport de l’Observatoire National contre l’islamophobie, on a compté trois fois plus d’actes ou de menaces contre les musulmans en 2015 qu’en 2014. Cette recrudescence est à relier aux attentats djihadistes de janvier à Paris, explique l’Observatoire, qui a recensé 103 actions (dégradations de lieux de culte, violences…) et 227 menaces (tracts, propos injurieux…) visant les musulmans entre janvier et septembre 2015, contre respectivement 45 et 45 pour la même période en 2014. Les agressions se sont concentrées dans le premier semestre, en particulier dans les trois premiers mois de 2015, dans la foulée des attentats et des manifestations qui ont suivi (222 plaintes d’après les données fournies par le Ministère de l’Intérieur). En seulement 12 jours, du 7 au 20 janvier 2015, ont été recensés pas moins de 128 actes antimusulmans (33 agressions et 95 menaces). La même série noire s’est reproduite après les attentats de novembre : explosion des dégradations de lieux de culte, d’agressions physiques et verbales contre des personnes, dans l’espace public ou sur les réseaux sociaux. Le rejet de l’Islam est banalisé à tel point qu’aujourd’hui se déclarer islamophobe ne suscite quasiment aucune réprobation. Certaines personnalités encouragent même ceux qui hésiteraient à franchir le pas.  Quid de ceux qui auraient l’imprudence de se déclarer antisémite ? Et à droite, certains responsables politiques vont même jusqu’à vouloir interdire le culte musulman en France, considérant sans doute que leurs pratiquants ne font pas partie intégrante de la population française.

Pourquoi tant de haine alors que les musulmans, faut-il le répéter, sont les premières victimes du terrorisme ? Les élites politico-médiatiques sont partie prenante de cette vague islamophobe qui leur permet de gagner le soutien de l’opinion publique dans les guerres de reconquête du Moyen-Orient, en particulier dans celle menée en Syrie. L’idéologie du choc des civilisations relayée par les médias sous contrôle, Charlie Hebdo en tête, vient à point nommé pour justifier les agressions militaires de pays souverains. Aujourd’hui la Syrie, demain l’Iran ?

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Source: Nicolas Bourgoin
https://bourgoinblog.wordpress.com/…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,