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31 octobre 2020

Le bal des faibles


Chronique

Le bal des faibles

Chérif Abdedaïm

© Chérif Abdedaïm

Mercredi 24 février 2016

Commençons par une information qui, de prime abord semble assez banale (nouvelle avancée des forces loyalistes et des YPG kurdes, nouvelle défaite des djihadistes soutenus par la Turquie), mais qui se révèle fort intéressante lorsqu’on la décrypte :

« Les YPG kurdes sont entrées dans le village de Kafr Naya au nord d’Alep ce matin. La semaine dernière, l’armée syrienne aidée du Hezbollah et de milices paramilitaires avaient capturé Kafr Naya aux mains du groupe islamiste Al Nosra. Cependant, le groupe rebelle avait profité de l’avancée de l’armée loyaliste vers le sud pour reprendre le village après une courte bataille. » Le dernier bulletin d’Al masdar news annonce d’ailleurs que Kafr Naya a été définitivement prise par les YPG.

Ceci est doublement intéressant :

1.            Les bombardements du sultan ne gênent en rien l’avancée des Kurdes, sauf peut-être aux abords immédiats de la frontières turque (Azaz). Là, il faudra attendre quelques jours pour voir la situation évoluer (on peut imaginer que quelques batteries de missiles de fabrication russe sont en train de se diriger doucettement vers la zone…) Mais ailleurs, les YPG continuent leur offensive et Ankara n’y peut rien.

2.            Il semble que l’armée syrienne ait laissé en bonne entente les YPG faire le boulot et prendre le village. Ce qui en ressort est une alliance tactique et un véritable partage des tâches : toi, tu prends ce point ; moi, je m’occupe de celui-ci… Qu’il est loin le temps où le PYD kurde était dans l’opposition à Assad ! Tout ce qu’Erdogan a réussi est d’unifier ses adversaires contre lui.

Partout ailleurs, les forces loyalistes progressent et il serait trop long d’en faire la liste. Le plus intéressant est la course vers Raqqah. L’armée syrienne, bien aidée par les bombardements russes, avance à vitesse grand V vers l’aéroport stratégique de Tabaqa, situé à seulement 20 km de la capitale du califat. Or cette expansion met en évidence les errances de ces autres impuissants patentés que sont les Saoudiens.

Rappelons que c’est pour avoir voix au chapitre des négociations de l’après-Daech que les deux sponsors du djihadisme se sont soudain réveillés et ont proposé de participer à une opération « anti-terroriste » (défense de rire). On nous annonçait un nuage d’avions saoudiens à Incirlik, une invasion terrestre, on allait voir ce qu’on allait voir…

On ne voit rien. Les avions saoudiens ne sont pas encore arrivés (il y a eu des cafouillages sur la communication du côté de Riyad) et s’ils finissent par atterrir, ils ne seront que… quatre ! Bref, circulez, y’a rien à voir.

Il est vrai que les wahhabites sont des clowns quand il s’agit de faire la guerre. Au Yémen, ils se font fesser en 3D. Nous avions annoncé il y a bien longtemps que la campagne serait loin d’être une partie de plaisir, surtout dans les montagnes, et que le bourbier menaçait. Nous n’en sommes même plus là : les Houthis, qui semblent maintenant bénéficier du plein soutien de Téhéran, passent carrément à la contre-attaque et reprennent villes et points stratégiques aux pétromonarchiques.

Publié sur le blog de l’auteur

 

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Source: Chérif Abdedaïm

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,