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24 octobre 2020

Les grosses orchades, les amples thalamèges..


ON PEUT COGNER, CHEF ? – Bis, ter, quater, ad lib.

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On peut cogner, chef ?

Bis, ter, quater, ad lib…

 

On y revient, parce que « l’affaire » Salah Lamrani est si exemplaire qu’elle oblige même les aveugles volontaires à s’apercevoir de l’état des lieux. Parce qu’elle dépasse désormais les frontières hexagonales et provoque des réactions à l’étranger.

Ce que Manuel de Diéguez se tue à prêcher depuis des lustres dans un désert très peuplé se révèle être tout à coup la fable universelle.

« La France sans destin » ? Elle en aurait un si elle le voulait. Si le Souverain se rappelait qu’il l’est et agissait en conséquence. À moins qu’il considère comme « la France » les quelques polichinelles qui trottinent, la langue pendante, sur les talons du malheureux qui se croit encore le président des États-Unis.

Voyez les pontifes US, éberlués, contempler l’ascension de Donald Trump et le resurgissement de la lutte des classes ! Voyez leurs intellectuels recommencer à citer Karl Marx… Car de l’un comme de l’autre côté de l’Atlantique, la conjuration des médiocres est la même.

Mais n’oubliez pas que, dans la sentine où nous sommes descendus, les embryons de notre espèce font aujourd’hui l’objet de ce que Montaigne appelait « la mercadence et la trafique », et que c’est intolérable (= À NE PAS TOLÉRER). LGO.

 

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La France, l’État policier et l’intellectuel

Victimisation au pays de Voltaire

Catherine Shakdam – Epictimes16 février 2016

On dit que le chemin de l’enfer est pavé de bonnes intentions. Dans le cas de l’état d’urgence français, c’est le chemin de la liberté qui est jonché de bâillons et de chaînes. Pour un enseignant en particulier : M. Salah Lamrani a appris ce qu’il en coûte de vouloir parler « en français ».

 

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La France n’en finit pas de projeter cette aura de fermeté démocratique qu’elle affectionne : elle donne des leçons au monde sur la façon dont les pays doivent se comporter et se gouverner, et elle le fait en raison de l’histoire hautement colorée d’une République qui représenterait la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, alors qu’en réalité, elle est en train de devenir le tyran même contre lequel elle met les autres en garde.

État policier se cachant sous le vernis de la sainteté démocratique occidentale, la France est véritablement un état raciste et intolérant, visant au contrôle total, politique, social, économique et intellectuel… On n’y peut pas non plus ignorer la sphère religieuse. Au pays de Voltaire, il n’est pas bon de prononcer ouvertement le mot Dieu ; mieux vaut nier son existence et sacrifier plutôt sur l’autel de la « laïcité ».

Alors que la France a un jour été synonyme de liberté, l’État français jongle à présent avec des libertés sélectives. Paris est même très activement occupé à réduire autant que faire se peut les quelques droits dont les civils sont encore autorisés à jouir. Ah, qu’elle est belle, la Marianne d’aujourd’hui ! Ah, qu’elle est forte, la Ve République !

Que reste-t-il à dire d’un État qui persécute ses intellectuels et ses enseignants ? Que reste-t-il à dire d’un système qui pratique la chasse aux sorcières et le terrorisme intellectuel, en s’acharnant sur ceux qui osent ne pas être d’accord avec l’establishment ?

Est-ce que le diktat intellectuel n’est pas la marque même de la dictature ? La France a-t-elle donc perdu toute sa fierté républicaine et son identité, pour soumettre ainsi à des manœuvres de basse police ses enseignants les plus fervents, au nom du conformisme politique ?

 

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En février 2016, M. Salah Lamrani, qui enseigne la littérature française en région parisienne, dans un collège de la Seine Saint-Denis, a été injustement et illégalement suspendu de ses fonctions pour quatre mois, sous le fantasmagorique prétexte qu’il aurait des « tendances radicales ».

M. Lamrani, dont le dossier professionnel ne présente pas l’ombre de la moindre tache, illustre ici à son corps défendant la descente de la France dans le fascisme ultra-chauvin – au sens nouveau que la France doit se montrer puritaine et absolue dans la revendication de ses valeurs – même si cela signifie… surtout si cela signifie réduire au silence ceux qui osent vivre le pluralisme comme un droit divin.

Tout a pourtant commencé avec l’amour d’un professeur pour l’écriture et avec sa passion pour la langue française… Et voilà qu’une tradition qui a fait cadeau au monde de gens comme Jean-Jacques Rousseau, Emile Zola et Charles Baudelaire, s’est aujourd’hui réveillée tyran, interdisant toutes pensées, mots et philosophies, brandissant la peur et la répression pour mieux brutaliser les prétendus dissidents, qu’elle ne veut pas seulement réduits au silence mais politiquement uniformisés.

Penseur libre, M. Lamrani s’est retrouvé en conflit avec un directeur d’école étroit d’esprit, à la fois produit et outil du « système », pour avoir osé exprimer son opinion sur des choses telles que la politique en général et la politique étrangère en particulier sur son blog personnel, c’est-à-dire en dehors de la sphère dont son établissement puisse revendiquer le contrôle à son égard. Cela ne l’a pas empêché d’être sanctionné.

Lamrani conteste ouvertement l’état d’urgence en France. Il a même osé affirmer qu’à son avis, la Russie et l’Iran sont deux pays qui se plient rigoureusement aux lois internationales en résistant à Daech en Syrie. Opinion qui lui a valu d’être comparé à ces mercenaires hétéroclites dont les lames sanguinolentes n’inspirent que répulsion et dégoût.

Dans une interview qu’il m’a accordée le 14 février, M. Lamrani m’a expliqué comment ses ennuis sont venus de l’implacable autoritarisme dont les dirigeants de son école ont fait preuve à son égard.

« J’ai été suspendu sans que la moindre enquête ait été diligentée et en dépit du fait que je me sois plaint du harcèlement moral auquel m’a soumis la direction de mon école, qui n’approuve pas mes activités de syndicaliste et de blogueur et qui m’a publiquement accusé d’être un dangereux terroriste. »

Par les temps qui courent, il ne faut absolument pas que de telles plaintes soient prises à la légère, ne fût-ce que pour les suites dramatiques qui en résultent – au moins en ce qui concerne la sécurité personnelle et la liberté de M. Lamrani.

Les « crimes » de M. Lamrani ont consisté à dénoncer la répression d’État, et à exprimer des vérités politiques personnelles, à partir d’une tribune qui était la sienne, en dehors des heures de classe et sans la moindre incidence sur son travail d’enseignant.

Parce qu’une directrice – une certaine Mme Khadija Bot – s’est imaginée dans le rôle de gardienne du sérail, bref, s’est auto-désignée porte-parole en chef de l’Éducation Nationale, la vie et l’avenir d’un homme sont aujourd’hui menacés. Parce qu’une personne détenant une petite parcelle d’autorité a choisi de calomnier et de diffamer pour affirmer son « pouvoir », un professeur de valeur a été mis au ban de sa communauté de travail et a été [courageusement ? NdT] évité par ses collègues. Sans la moindre bribe de preuve et sans que les autorités de tutelle daignent ouvrir une enquête sur son prétendu « radicalisme », un homme a été dépouillé de sa dignité professionnelle.

C’est cela le véritable état d’urgence de la France. Comment elle traite ses nationaux, comment elle entend régler leur compte au libre-examen et à la probité intellectuelle. La France a beaucoup à apprendre au monde en matière de totalitarisme.

Mais si M. Lamrani a perdu une bataille contre l’establishment, il n’accepte pas sa défaite. Il est tout à fait déterminé au contraire à démasquer le système qui attente à sa liberté et qui a essayé de le réduire au silence, afin que d’autres apprennent à parler sans entraves.

Jean Jaurès n’a-t-il pas dit :

«  …tous nous sommes exposés à oublier qu’avant tout nous sommes des hommes, c’est-à-dire des consciences à la fois autonomes et éphémères, perdues dans un univers immense plein de mystères ; et nous sommes exposés à oublier la portée de la vie et à négliger d’en chercher le sens ; nous sommes exposés à méconnaître les vrais biens, le calme du cœur, la sérénité de l’esprit. » ?

Essayer de les atteindre, n’est-ce pas cela la révolution ?

 

Source : http://www.epictimes.com/catherineshakdam/2016/02/france-…

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades.

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On n’y croit pas mais on les signe quand même

Pour la réintégration immédiate de Salah Lamrani à son poste d’enseignant

Dernières signatures

Liste des signataires

Pour signer cliquer ici

Source : http://tlaxcala-int.org/campagne.asp?reference=43

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Ce que les pontifes ne pigent pas à propos de Trump

La lutte des classes est en marche, et les médias petit-bourgeois ne savent à quel saint se vouer.

 

Charles Hugh Smith 24 février 2016

Information Clearing HouseOf Two Minds

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Le ponte bourgeois typique des médias mainstream ne sait plus à quel saint se vouer :  l’ascension de Donald Trump lui flanque la pétoche. Le ponte typique [on peut dire aussi pontife, grosse légume, mandarin, caïd, analyste-présent -partout, etc. NdT] est un membre de la petite bourgeoisie qui a zéro contact avec la classe laborieuse, sauf pour dire « hello » au mécanicien de son garage ou à son garçon-coiffeur.

Le pontife de base a un sens démesuré de sa propre sagacité parce qu’il a réussi à faire son trou à l’université ou dans les médias, car, vous en conviendrez, on n’invite pas quelqu’un à parler dans les radios et les télés, pour déclarer « je n’y comprends rien ».

Leur incapacité à saisir la raison du succès de Trump révèle justement leur manque absolu de clairvoyance et de compréhension du monde réel hors- médias, hors-Wall Street et hors-DC.

Le pontife MSM de base compare Trump aux politicards qu’il connaît et trouve qu’il lui manque quelque chose. Il n’est pas Roosevelt ni Reagan, n’est-ce-pas, disent-ils en faisant la moue.

Les pontifes sont outrés du succès de la candidature de Trump, parce que, selon leur vision à œillères du paysage politico-économique, il ne devrait pas avoir de succès par conséquent, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans l’univers.

Le plumitif standard petit-bourgeois des médias se sent à l’aise avec le stéréotype du politicien conventionnel : Bill le Mielleux (« Slick Willy ») et son « Je partage votre douleur » de maire de petite ville passé dans la cour des grands, vous n’avez qu’à voir ; Lady (Hillary) Macbeth, ambitieuse et fourbe, pareil ;

Lady Macbeth « a étouffé en elle tous les instincts compassionnels, maternels et féminins, pour leur préférer l’ambition, l’absence de scrupules et la poursuite maniaque du pouvoir ».

le crétin de cirque – et un sobriquet pour tout le monde ! – George W. Bush, fin de race au sourire idiot d’une dynastie moribonde, c’est la même chose ; l’idéaliste insider-outsider Bernie Sanders, que les injustices dérangent mais qui n’est pas vraiment disposé à s’en prendre aux cartels préférés du Parti Démocrate, ne sort pas du lot ; et la foule des perdants qui grimpent sous la pluie à l’assaut de la colline, dans l’espoir qu’un éclair d’orage politique électrisera leurs campagnes de « moi-aussi »… jugez par vous-mêmes.

Trump ne colle à aucun stéréotype d’aucune des campagnes récentes, c’est pourquoi les pontifes lui ont collé l’étiquette de démagogue et de populiste à l’égo surdimensionné mais sans programme « réel » – autrement dit, à leurs yeux, un candidat qui aurait dû être grillé dans les deux premières semaines de campagne.

Ils n’y pigent rien, et la raison pour laquelle ils n’y pigent rien, c’est qu’ils sont enracinés dans leur classe de technocrates petit-bourgeois, qui aspire à faire partie des cliques corrompues du pouvoir centralisé. Le pontife sert à redorer leur crédibilité avec ses habituels diplômes petit-bourgeois de pacotille d’universités « respectées », ses livres publiés par des éditeurs newyorkais « respectés » et les postes qu’il occupe dans des sociétés de bienfaisance « respectées » quoique maquerelles, fondées par des pillards mille fois coupables et administrées par leur progéniture dilettante.

Les relations de ces « experts » avec la classe laborieuse ressemblent à celles qu’ils entretiennent avec la Chine : ils sont allés une fois à Shanghaï, évidemment dans un hôtel de luxe, et ils se sont fait promener par des caïds du lieu dans des bars et des cafés tape-à-l’œil. Satisfaits de leur toute fraîche et profonde connaissance de la Chine, ils rentrent chez eux pleins d’aperçus pénétrants sur une nation qu’ils n’ont jamais vue ; ce qu’ils ont vu, c’est la version chinoise de la « visite de Hollywood », sans même se douter que, derrière, il y a un pays réel.

Les médias petit-bourgeois, si facile à impressionner avec du « respectable » institutionnel et autres fabrications de la classe dominante, rabaissent les prolétaires supporters de Trump en les décrétant lumpemprolétariat, classe que Marx décrivait ainsi :

« … des roués ruinés n’ayant ni ressources ni origine connues… […] les rebuts et laissés pour compte de toutes les classes sociales, vagabonds, soldats renvoyés de l’armée, échappés des casernes et des bagnes, escrocs, voleurs à la roulotte, saltimbanques, escamoteurs et pickpockets, joueurs, maquereaux, patrons de bordels, portefaix, écrivassiers, joueurs d’orgue de barbarie, chiffonniers, soulographes sordides, rémouleurs, rétameurs, mendiants, en un mot toute cette masse errante, fluctuante et allant de ci-de là que les Français appellent « la bohème »

Plutôt que la classe laborieuse, ces lignes décrivent à la perfection la classe politique des États-Unis.

Ce que les pontifes des médias à œillères ne voient pas, c’est que leur classe de Républicrates de country-clubs si contente d’elle-même et leurs ersatz de « Je partage votre douleur » Démopublicains sont les véritables ennemis de tout progrès, car ce que les supporters de Trump ont compris, et que la classe des technocrates de l’alpinisme social s’obstine à ne pas comprendre, c’est que la seule manière de progresser, de là où nous sommes, c’est de flanquer bas les institutions pour privilégiés, que la classe des technocrates défend et dont elle aspire à faire partie.

Voilà pourquoi les médias sont autant les ennemis de classe de la classe laborieuse que l’association incestueuse, corrompue et corruptrice d’escrocs, d’imposteurs, d’apparatchiks, de lobbyistes/tenanciers de bordels et d’arnaqueurs qui peuplent Washington D.C.

Les pontifes technocrates grattent leurs occiputs bien élevés et se demandent pourquoi les enthousiastes de Trump voteraient pour un gosse de riche grandiloquent. Laissez-moi vous aider, petits pontifes éberlués : Trump se pointe comme un plombier qui a gagné le gros lot : il a une belle (2e, 3e, 4e peu importe) femme (immigrée), il dit ce qu’il pense sans se préoccuper de savoir qui s’en offense, et il ne s’embarrasse pas non plus de broutilles telles qu’un programme bien léché tenant compte de tous les groupes démographiques-clés.

Trump dit aux gens qu’il n’a pas besoin de leur argent, mais des millions de dollars lui arrivent en petites contributions de campagne.

Beaucoup, dans la classe ouvrière, avaient soutenu G.W. Bush, mais, depuis, ils ont compris qu’il les avait roulés, eux et la nation. Résultat : la campagne à 100 millions de Jeb Bush fait un flop.

La même classe avait soutenu Bill le Mielleux, parce que c’était un type d’homme qu’elle connaissait bien : homme à femmes, charmeur de serpents, homme de ressources huileux pour la classe friquée, prêt à tout à tout moment. Bill le Mielleux était infatigable, suant, pourri d’ambition, un type sur qui on n’avait pas d’illusions à se faire, mais aussi un type qui avait d’énormes rêves et qui se défonçait pour les atteindre.

Sa femme, en revanche, est aussi fausse qu’un billet de 3 dollars, incapable d’ironie ou de honte, un caméléon égocentrique qui change d’accent, de vêtements ou de langage selon ceux qu’elle veut circonvenir, une technocrate du droit, qui ne croit en rien qu’à son propre droit au pouvoir et à sa volonté de le prendre.

Les supporters de Trump sont à 100% décidés à voter pour lui et ne changeront pas d’avis ; ceux de Hillary, pas tellement. Si les troupes de choc des « élites » du parti Démocrate réussissent à empêcher la nomination de Bernie Sanders par quelque tour de passe-passe de super-délégués, les supporters de Sanders ne voteront pas pour Lady Macbeth.

Car ce que les supporters de Trump et de Sanders partagent, c’est la conviction que le statu quo qu’Hillary représente – les jets privés et les 200.000 dollars la prise de parole – n’a jamais servi à rien à personne qu’aux « élites » et à leur domesticité technocrate, et qu’il faut que les centres de pouvoir soient complètement perturbés, si on veut que quelque chose change.

La lutte des classes est en marche et les médias petit-bourgeois ne savent à quel saint se vouer.

 

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Ne savent à quel saint se vouer ? C’est qui, le saint patron des snipers ?

 

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article44295.htm

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(C’est un doigt d’honneur)

 

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Une France sans destin

 

1 – La labilité et la fixité des dieux
2 – La fonction oraculaire du Capitole
3 – Une Europe de poupées de son
4 – La capitulation de l’Europe

 

1 – La labilité et la fixité des dieux

Les biographes de la mort sont aux aguets : ils savent, eux, que la politique ressortit à l’art oratoire, ils savent, eux, que la vraie voix des nations est celle de leur destin et une France sans destin est une France sans voix. Pour comprendre comment les nations se donnent un élan, un souffle, un destin à l’écoute de leur voix, il faut remonter le cours du temps.

Il était une fois un paradis sur terre auquel un fleuve divin apportait chaque année la manne de son limon fertile. Il suffisait d’ensemencer régulièrement le déversement de cette corne d’abondance pour nourrir non seulement la population, mais pour transporter chaque année jusqu’aux bouches du Tibre le blé de l’annone aux citoyens romains. Les esprits tranquilles, mais aussi les plus endormis, se félicitaient de ce qu’un Dieu aussi ponctuel et tranquille transformât la nature en une boîte de Pandore des félicités.

Mais d’autres s’inquiétaient d’un Dieu aussi mécanique et qui transformait l’univers en une clepsydre sans surprises. Ils se disaient que ce Dieu trop paisible ne présentait pas une garantie de durée suffisante, tellement le destin est capricieux et tumultueux par nature. Il fallait, pensaient-ils, planter dans le désert des masses de pierres colossales dont la solidité cautionnerait la bienveillance du Nil. Et puis, comment l’ordre pacifique des saisons, comment la seule bénévolence des jours conduiraient-ils la dépouille mortelle des Pharaons vers leur éternité? De gigantesques pyramides ont accompagné la labilité de leurs cadavres parfumés vers leur immortalité. Les nations ont besoin de titanesques agrippements de leur quotidienneté à la matière inébranlable de leurs symboles.

2 – La fonction oraculaire du Capitole

De l’autre côté de la Méditerranée, c’était le Capitole qui servait d’emblème et de forteresse à l’éternité de l’empire romain. Othon, dont les troupes venaient d’assassiner le vieux Galba et son successeur désigné, le vertueux Pison, s’était suicidé en se précipitant sur son épée au spectacle du désastre auquel il conduisait l’empire. Le goinfre Vitellius, à la tête des légions de Germanie, courait vers Rome et le feu avait été mis au Capitole. Il s’agissait d’un malheur plus irréparable qu’une bataille perdue. Vespasien arrivait du Moyen-Orient à bride abattue, où il laissait à son fils Titus l’ultime écrasement des Juifs qui refusaient de payer le tribut et de placer la statue de l’empereur dans leur temple.

Mais Vespasien eut beau reconstruire le Capitole et organiser de longues journées de purification de l’empire, jamais ce monument n’a retrouvé la plénitude de sa fonction sacrale. Puis les chrétiens commencèrent de faire entendre leurs voix: que valaient, disaient-ils, des dieux condamnés à se faire écouter dans le gosier stupide des oies du Capitole ? Saint Ambroise fera enlever la statue de la Victoire qui trônait depuis des siècles dans l’enceinte du Sénat. On sait que la réponse de Symmaque figure dans toutes les chrestomathies, tellement elle répond aujourd’hui encore à la question de savoir si les dieux ressortissent à des floraisons culturelles ou si la vérité coule de leur bouche.

3 – Une Europe de poupées de son

Où sont, de nos jours le Sphinx, le Capitole, la muraille de Chine de l’Europe? Où sont les symboles de l’unité européenne? Qui peut se reconnaître dans la tour de Babel du Parlement de Strasbourg ou dans une Commission de Bruxelles accrochée aux basques de l’Amérique?

Pendant quarante neuf ans, l’Allemagne avait été scindée entre le régime capitaliste à l’ouest et une économie fondée sur le messianisme d’une utopie économique à l’est. En 1989, un miracle s’était produit : l’effondrement du mur de Berlin, avait réuni les deux Allemagne et redonné à la patrie ressoudée Berlin pour capitale et la porte de Brandebourg pour symbole de son unité ressuscitée. Mais, à la tête d’une Allemagne qui avait été dirigée durant un demi-siècle à partir d’une petite ville de province se trouvait désormais une ridicule petite confiturière dont la cervelle ne contenait pas un milligramme d’esprit national et de fierté patriotique.

Et quel symbole de la Germanie rassemblée, cette fille d’un prédicateur protestant avait-elle donné à l’Europe et à sa propre nation ? Au nom de la religion nouvelle des droits de l’homme, il fallait recevoir à bras ouverts des centaines de milliers de jeunes et vigoureux musulmans envoyés par la Turquie dans le même esprit, osait-elle clamer, que celui qui avait présidé aux embrassades entre les Allemands de l’Est et de l’Ouest, dans l’euphorie de leurs retrouvailles en 1989. Ce n’étaient plus seulement l’Allemagne et la France qui n’avaient plus de destin. Faute de signaux porteurs de leur voix, c’était l’Europe entière qui avait perdu ses lieux de mémoire. Mais ces nations n’étaient plus branchées sur la religion.

Que dire, en revanche, d’un culte idéologique des droits de l’homme plaqués sur les terres de la Pologne? Un pape polonais, Jean-Paul II, avait reconverti le christianisme à la sacralisation de la terre, un pape polonais baisait le sol des nations, un pape polonais avait réconcilié le culte extra-terrestre des chrétiens avec le génie du lieu des dieux des Romains, un pape polonais avait libéré sa patrie à christianiser le sol de toutes les patries.

Et voici que la nouvelle religion dite des droits de l’homme et orchestrée par les bureaucrates de Bruxelles téléguidés par Washington tentait d’imposer à la Pologne de recevoir des masses de musulmans, le Coran à la main, au nom d’une humanité ennemie de la singularité des peuples et des nations, puisque le mythe de l’égalité entre tous les hommes les rendait maintenant tous semblables et les privait tous de leur identité nationale.

4 – La capitulation de l’Europe

Mais déjà l’Europe sans destin et sans voix, déjà l’Europe privée de personnage en chair et en os, déjà l’Europe réduite à une démocratie bananière au service des intérêts de Washington et à des républiques sorties des studios de Hollywood, déjà l’Europe réelle se taisait dans l’attente de ses retrouvailles avec la parole des peuples et des nations.

Et maintenant, dans un accord soi-disant « équilibré », l’Angleterre obtient de « superviser » les « institutions financières et les marchés », afin de « préserver la stabilité » des bourses européennes. Et maintenant l’alliance renforcée de Washington et de Londres interdit en fait à l’Europe de jamais se donner une armée. Et maintenant, il est précisé que si, par impossible, une Europe éparpillée tentait de se doter d’une armée de bric et de broc, jamais l’Angleterre n’en fera partie, non plus que d’une monnaie commune, ce qui donne toute sa portée à l’euthanasie de l’Europe et à l’assassinat du gaullisme que j’évoquais dans mes textes précédents.

Voir : L’assassinat du gaullisme , 5 février 2016
L’euthanasie de la France , 29 janvier 2016

Après qu’il eut été démontré que l’Angleterre ressoudée à Washington a obtenu des dérogations capitales et même des privilèges financiers exorbitants, le Président Hollande osait déclarer : « Mais en même temps, ce sont les mêmes règles qui s’appliquent partout en Europe et qui continueront de s’appliquer. Il n’y a pas de dérogation, il n’y a pas de spécificité (…) ce sont les mêmes règles, c’est ce à quoi j’ai veillé particulièrement. »

Et il poursuivait benoîtement, afin d’endormir d’avance les critiques : « Il ne faut pas donner le sentiment que l’Europe, c’est un ‘self service’. Il peut y avoir une Europe différenciée, il ne peut pas y avoir une Europe où chaque État vient prendre ce qu’il veut. »

Or, c’est précisément ce que l’Angleterre vient d’obtenir : un self-service qui lui permettra de « superviser », c’est-à-dire de dominer. Les Européens endormis viennent de laisser la City prendre le contrôle des institutions financières de l’Union européenne. David Cameron avait donc bien raison de claironner son succès tout en tentant de ménager les susceptibilités des vaincus : « Je suis convaincu que nous serons plus forts, plus en sécurité et en meilleure posture à l’intérieur d’une Union européenne réformée ».

Or, le lendemain, la Une du Nouvel Obs sur Internet a purement et simplement ignoré cet « accord » pseudo « équilibré » et France Inter s’est contenté de se féliciter de son « existence » mais en évitant soigneusement d’en donner le contenu. Il ne reste plus aux citoyens français qu’à consulter les informations réelles données par le site Sputnik International.

L’entreprise de camouflage est en bonne voie.

Dans le même temps, l’Assemblée nationale et le Sénat censés exprimer la souveraineté de la nation par la voix du suffrage universel n’osent engager un débat de fond, ni sur les causes réelles et inguérissables du chômage, ni sur la souveraineté d’une nation qui se voit interdire par Washington de livrer des navires de guerre à une Russie ressentie comme une rivale de l’empire du dollar.

Et voici qu’une armée mythologique et dirigée par un général américain, commande seule une Europe à jamais privée de destin. Comment la France retrouverait-elle un avenir, comment sortirait-elle du sépulcre, comment la France prononcerait-elle du moins son oraison funèbre dans l’attente de sa résurrection ? Le Tino Rossi hoquetant des roucoulades télévisuelles d’une démocratie bananière qu’on appelait la France du temps de sa souveraineté, ne se jouera pas longtemps de la fierté naturelle des Gaulois.

Le 26 février 2016

 

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Puisqu’on y est, complétons le tableau :

 

Le 14 mars, échéance décisive

 

« La pratique de la GPA est d’une gravité particulière. Elle consacre l’exploitation des femmes et leur mise sous domination par des commanditaires. La GPA viole également gravement les droits de l’enfant, programmé pour être délibérément abandonné et coupé de celle qui l’a porté. La souffrance de certains couples confrontés à l’infertilité ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’une maltraitance originelle qu’aucune régulation ne peut réparerIl n’y a pas de GPA “éthique ”», ni de droit à l’enfant. La seule réponse à apporter au niveau international est l’interdiction universelle de la gestation pour autrui, comme le sont déjà mondialement le clonage ou la traite d’êtres humains ».

D’ailleurs, une prise de conscience de la gravité des enjeux liés à la GPA se confirme. En décembre 2015, le Parlement européen a condamné à une forte majorité toute pratique de la GPA. En Suède, un rapport gouvernemental sur la maternité de substitution ou GPA, remis au Parlement le 25 février, en appelle à la consécration de l’interdiction de toute pratique de gestation pour autrui dans ce pays. Plusieurs pays sont également en train de revoir leur législation pour interdire cette pratique, en commençant par refuser son recours à des étrangers : c’est le cas de l’Inde, de la Thaïlande ou encore du Népal. Ces pays apportent la preuve concrète que les législations (y compris l’absence d’interdiction explicite légale) peuvent être revues quand elles s’avèrent injustes.

Comment se mobiliser ?

Urgent : avant le 14 mars :

  • Signer et faire signer la pétition de No Maternity traffic demandant l’abolition de la GPA. Cette pétition sera remise au président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe très prochainement.
  • Participer à la manifestation du mardi 15 mars 2016, à Paris. Rendez-vous de 8h30 à 9h30 devant le Bureau du Conseil de l’Europe, 55 avenue Kleber Paris  16ème (Métro Boissière) . L’objectif est de demander aux députés de la Commission des questions sociales, réunis ce jour-là pour examiner le texte, d’interdire la pratique de la GPA sous toutes ses formes.

 

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La pétition

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Signez la pétition !

La gestation pour autrui (GPA) viole gravement les droits et la dignité des femmes et des enfants :

  • la GPA est un contrat en vue de la conception, de la gestation, de l’abandon et de la remise d’un enfant à un ou plusieurs commanditaires ;
  • elle instrumentalise une femme employée pour porter et abandonner un enfant, elle contribue au commerce des gamètes (trafic d’ovocytes) ;
  • elle porte gravement atteinte à  l’intérêt supérieur de l’enfant, qui est réduit à un objet et dont la filiation est volontairement éclatée entre les fournisseurs de gamètes, la mère porteuse et le ou les commanditaires ;
  • elle transforme la procréation en activité techno-industrielle.

Cette pétition sera transmise au Bureau du Conseil de l’Europe

 

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Pour ceux – ou celles – qui n’auraient pas compris :

 

https://www.youtube.com/watch?v=WaClWPTgDe0

 

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Sans oublier ceci :

http://www.leretourauxsources.com/index.php/marchandiser-…

Source : http://www.plumenclume.org

 

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Mis en ligne le 27 février 2016

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,