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21 octobre 2020

Deux poids-deux mesures : la répression contre ceux qui boycottent l’État d’Israël, le « pardon » pour le tueur Julien Soufir


 

La Voix de la Livye
Jean-Claude Amara
DIMANCHE 7 AVRIL 2002 à 18 H 00, place de la Bastille :

Fin d’une manifestation de soutien à l’État d’Israël organisée par le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), le BETAR et la LDJ (Ligue de défense juive), suite à celle de la veille où plus de 20.000 personnes défilaient à Paris pour les droits du peuple palestinien.

Un groupe de nervis du Bétar et de la LDJ agressent deux Maghrébins à proximité du commissaire Alexis MARSAN, chargé de veiller au bon déroulement de la manifestation.

Intervenant pour éviter le lynchage des deux agressés, le commissaire s’interpose et se fait poignarder à l’abdomen par l’un des nervis. Hospitalisé durant deux mois, en convalescence pendant six mois, il s’en sortira miraculeusement après avoir frôlé plusieurs fois la mort.

Un fait aussi gravissime, (tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l’autorité publique), aurait du normalement être amplement commenté, dénoncé médiatiquement et politiquement (imaginons que ce fut un Beur, un Black, vous ou moi qui…) or, silence assourdissant, hormis un entrefilet dans deux journaux. Pas une seule réaction gouvernementale, pas même 10 ou 20 secondes en fin de JT, pas une seule dénonciation de la hiérarchie policière, une juge d’instruction, chargée d’instruire le dossier, anonyme et cataleptique… Le black-out absolu.

Dans la semaine qui suit le forfait, Julien SOUFIR, le poignardeur, franco-israélien, pourtant bien connu des RG, membre de la LDJ et du Bétar, est exfiltré de France en Israël par l’intermédiaire du Mossad et des services secrets français.

Julien Soufir à son procès à Tel Aviv en 2007

MAI 2007 :

Le même Julien SOUFIR égorge à Tel Aviv un chauffeur de taxi palestinien parce que, déclara-t-il innocemment « J’avais très envie de tuer un Arabe ». « Jugé » et reconnu non responsable de ses actes, il est interné pendant à peine deux ans en H.P.

Libéré en 2009, il mène depuis une vie paisible, sans entrave ni contrainte, en Israël, aucun des gouvernements qui se sont succédés en France depuis ce 7 avril 2002 n’ayant fait de demande d’extradition, alors que Julien Soufir est Franco-Israélien..

MARDI 16 FÉVRIER 2016 :

Les conseillers de Paris P.S.et « les républicains », adoubés par la maire de Paris, ont voté à la majorité un vœu relatif à la condamnation du boycott d’Israël, notamment sur l’espace public parisien.

Sitôt le vœu adopté, afin de le dénoncer publiquement, plusieurs organisations de soutien à la Palestine faisaient en préfecture une déclaration de rassemblement le même jour place du Châtelet.

Or, à la stupeur des signataires, dans la partie 6 de la déclaration habituellement réservée aux observations particulières, quelques lignes étaient rajoutées spécifiant que :

« CONFORMÉMENT AUX ARRÊTS N° 14-80020 et 14-80021 DU 20 OCTOBRE 2015 DE LA CHAMBRE CRIMINELLE DE LA COUR DE CASSATION, IL EST INTERDIT PAR PAROLES, ÉCRITS, DESSINS, IMAGES ET TOUT AUTRE MOYEN D’EXPRESSION D’APPELER AU BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS. TOUTE PERSONNE ENFREIGNANT CETTE INTERDICTION SERA INTERPELLÉE ».

C’est donc à une véritable offensive menée par la Mairie de Paris et le gouvernement que seront désormais confrontés toutes celles et ceux pour qui les droits et la libération du peuple palestinien passent inévitablement, comme lors de l’apartheid en Afrique du Sud, par le boycott commercial, culturel, universitaire et sportif de l’État d’Israël qui, depuis 68 ans et dans la plus totale immunité, organise la colonisation, l’apartheid et les massacres répétés du peuple palestinien.

Fi des résolutions et conventions de l’ONU, des conventions de Genève, de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, du Parlement Européen, de la Cour de Justice de La Haye… qui dénoncent à l’unanimité les exactions commises par l’État d’Israël, le trio cynique Hollande-Valls-Hidalgo condamne à l’inverse les citoyen(ne)s qui agissent pour faire respecter le droit international.

Encore plus intolérable parce que banalisé, le deux poids-deux mesures a encore de beaux jours devant lui à moins que (vœu pieux ?), un(e) brave parmi les braves, journaliste, politique… dont la voix porte, ne se joigne à nous pour sortir des oubliettes de la Raison d’État l’effarante vérité.

 

 

Merci à Jean-Claude Amara
Date de parution de l’article original: 11/04/2016
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17685

Libellés: Lobby sionisteJulien SoufirLDJBétarInterdiction boycott d’IsraëlFrance-Israël

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,