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23 août 2019

Nuit debout ou quand Finky marque un point


Olivier Mukuna
Samedi dernier, Finkielkraut é été expulsé de la place de la République
par plusieurs personnes très en colère.
Il n’est pas le premier à qui « cela » arrive mais le plus médiatique…

Mardi 19 avril 2016

L’expulsion houleuse d’Alain Finkielkraut de la place de la République a mis en lumière un sérieux problème, dénoncé par certains observateurs dès la première heure [1] et obstinément occulté par beaucoup dont les médias traditionnels : le sectarisme croissant au sein de Nuit debout

Soyons clair : ayant jadis dénoncé et critiqué l’ethnicisme réactionnaire de Finkielkraut dans l’un de mes livres, ce n’est pas moi qui verserai une larme sur ce qu’il a subit le soir du 16 avril 2016. Sans le cautionner, je comprends parfaitement que « l’immortel« ‘ se fasse huer et insulter par son unique présence place de la République. Il récolte là – à cet endroit précis d’ébullition et d’espoirs citoyens – ce qu’il a semé via moult tribunes, livres et plateaux télés. Cet agent multimédias de l’Etat colonialiste d’Israël (« Nous sommes tous des sionistes » [2]), de la négrophobie structurelle (« Une équipe de foot française black-black-black » [3]) et de la liberté d’expression sélective (soit on est « Charlie » soit on est « Kouachi« ) goûte ici l’amère ironie de la vie.
Comme un enfant de 10 ans aurait pu le prévoir (mais apparemment pas les responsables
de Nuit debout), dès le lendemain de son expulsion, politiciens et médias vendus
aux puissances d’argent ont immédiatement fait corps avec « la victime » et amalgamer
l’ensemble du jeune mouvement à ceux qui ont chassé l’académicien…
Système oligarchique – Nuit debout : 1-0

Certains citoyens de Nuit debout n’ont pas exigé qu’il se taise – comme il l’avait lui-même ordonné face caméras au réalisateur Abdel Raouf Dafri [2] – mais bien qu’il dégage ! Scoop, Finky : la vie et le terrain n’ont souvent rien à voir avec le confort bourgeois d’un plateau de télé, organisé pour tes plus grand bénéfice et temps de parole militants…
Depuis plus de 30 ans, Finky réussit le tour de force de squatter journaux,
radios et télés francophones pour distiller son discours sioniste, ethniciste et réactionnaire.
Pour la plupart des acteurs des Nuits debout françaises et bruxelloises :
« Finkielkraut fait partie du problème, pas de la solution »

Pour autant, lorsqu’à chaud de son « exfiltration », Alain Finkielkraut affirme au micro de l’excellent Cercle Des Volontaires [3] : « J’ai été expulsé d’une place où doit régner la démocratie et le pluralisme… Donc cette démocratie, c’est du bobard ; ce pluralisme, c’est un mensonge !« , il a indéniablement raison. Et fait aussi mentir ceux qui spéculaient sur sa sénilité avancée. D’autant qu’il n’est pas le premier à subir ce violent déni de présence ; d’autant que certains intellectuels, tels Etienne Chouard [4], redoutent de se rendre place de la République en raison de ce sectarisme grandissant, de cette épuration « antifasciste » qui se manifeste quasiment à chaque Nuit debout parisienne…
Au lieu de sous-estimer l’impact médiatique contre-productif d’une « chasse au Finky »,
il aurait été sans doute plus judicieux de
récourir aux vieilles méthodes belges.

Exprimer, débattre et rêver d’une autre société, d’un autre socle et fonctionnement politiques faisant la part belle aux citoyens, ne peut faire l’économie de la cohérence. L’infiltration sinon la récupération de Nuit debout par de pseudo-antifascistes, décidant qui peut ou ne peut pas accéder place de la République, décrédibilise gravement les nobles intentions de départ de ce mouvement inédit. Quoi qu’on puisse penser de leur travail comme de leur personne, Finkielkraut, Chouard ou d’autres intellectuels controversés doivent pouvoir se rendre à République sans craindre pour leur intégrité physique. C’est la moindre des choses. Et cela ne devrait, en projet citoyen de renouveau démocratique, même pas être discuté.

A priori politiquement hostile aux principales tendances de Nuit debout, le néoconservateur Finkielkraut vient de marquer un point. Les leaders et responsables du mouvement le laisseront-il en marquer d’autres ?

Olivier Mukuna, Bruxelles, le 17 avril 2016.

[1] https://www.youtube.com/watch?v=L8j…

[2] https://www.youtube.com/watch?v=frH…

[3] http://tempsreel.nouvelobs.com/soci…

[4] https://www.youtube.com/watch?v=t91…

[5] https://www.youtube.com/watch?v=Fk4…

[6] https://www.youtube.com/watch?v=WfJ…

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,