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3 décembre 2022

Sarkozy : la «preuve» du financement libyen de sa campagne n’était pas un faux


Justice

Il a dix jours pour faire appel./AFP
Il a dix jours pour faire appel./AFP

Des juges d’instruction ont rendu un non-lieu dans l’enquête ouverte après une plainte pour faux de Nicolas Sarkozy contre Mediapart, qui avait diffusé un document censé prouver un financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a annoncé le site internet d’information hier.

Pour les juges René Cros et Emmanuelle Legrand, «indépendamment de son contenu», il n’a pas pu être démontré qu’il s’agit d’«un support fabriqué par montage» ou «altéré par des falsifications», indique une source proche de l’enquête.

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Nicolas Sarkozy, qui est partie civile, a la possibilité de faire appel du non-lieu, qui est conforme aux réquisitions du parquet de Paris. Sollicité hier, son avocat, Thierry Herzog, n’avait pas donné suite.

Le document avait été publié le 28 avril 2012 par Mediapart, en plein entre-deux tours de la présidentielle. Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye, aujourd’hui en exil, il affirmait que Tripoli avait accepté de financer pour «50 millions d’euros» la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy.

Le lendemain, Moussa Koussa, interrogé sur cette note, indiquait que «toutes ces histoires sont falsifiées». Il a été entendu comme témoin dans l’enquête, au Qatar en août 2014, et s’est montré plus ambigu, affirmant notamment que «le contenu n’est pas faux mais la signature est fausse».

Dans leur ordonnance, les juges soulignent que les investigations n’ont pas porté «sur la réalité ou la fausseté des faits dont ce document était censé établir l’existence, c’est-à-dire un financement allégué de la campagne électorale de 2007 de M. Sarkozy par la Libye». Une information judiciaire distincte est toujours en cours sur ces accusations, formulées par l’homme d’affaires Ziad Takieddine et d’anciens dignitaires libyens, tandis que d’autres ont démenti. Dans cette procédure, l’ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, à cause d’un virement suspect de 500 000 euros qu’il a justifié par la vente de deux tableaux, sans convaincre les juges. D’après le document diffusé par Mediapart, les 50 millions d’euros correspondaient à un «accord de principe» lors d’une réunion qui se serait tenue le 6 octobre 2006 en présence, côté français, de Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

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