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21 mai 2024

PALESTINE : Yatta, un village libre et résistant


Rapport

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Photo: CPI

Mardi 21 juin 2016

Al-Khalil (Hébron) – CPI

Yatta est un grand village. Au sud de la ville d’al-Khalil (Hébron), sur une colline, à la fin des montagnes d’al-Khalil, le village de Yatta s’allonge. S’allonge après lui le désert du Néguev. Et de ses côtés est et sud, il est entouré par le Désert Jaune.

Sa superficie est de 14,7 hectares. Ses habitants sont au nombre de 120 mille.

Naissance et encerclement

Le chercheur Dr Osama al-Achqar croit que le village de Yatta serait né à l’époque d’Ottoman, sans pouvoir donner une date précise. Toutefois, certains vestiges indiquent une vie bien ancienne, continue. En plus, ses grottes sont encore habitées par des familles palestiniennes qui sont là depuis des générations et des générations.

Le village de Yatta et ses alentours sont encerclés de plusieurs colonies sionistes dont Maoun, Sosia, Karmaël, Hafat Yaïr. Ces dernières ont confisqué des milliers de ses terrains.

La nature du village

A Yatta, on remarque un étonnant mélange entre la verdure, la pierre, le désert et la montagne. On voit par exemple les pieds d’un olivier ancré dans la montagne et la tête défiant le sable du désert. On voit aussi des champs verts avec du blé défiant un climat très coriace.

Cette nature bigarrée, avec des montagnes ouvertes à un grand désert, a fait du village de Yatta un refuge naturel pour des centaines de gens qui cherchent la sécurité et la liberté. La zone est pleine de tels gens qui constituent de nouvelles familles. Une forte corde de solidarité les rassemble contre toute éventualité.

Ce climat exceptionnel, reprend al-Achqar, a fait de ses habitants une société exceptionnelle. Cette société est connue pour sa grande générosité. Mais autant elle ouvre les bras pour recevoir tout passant, autant elle ouvre les yeux pour s’assurer que le nouvel arrivant n’est pas un espion. Tant de générosité, tant de courage, tant d’endurance, tant de bon jugement, tant de qualités exceptionnelles pour un rassemblement exceptionnel.

Endurance et résistance

Beaucoup de noms venant du village de Yatta embellissent l’histoire de la résistance palestinienne. Le village a donné des centaines de martyrs, durant la Nakba (la catastrophe de 1948). Puis le jeune Amjad Hatem al-Jondi, 17 ans, était parmi les premiers martyrs de l’Intifada d’al-Aqsa. Il a laissé sa vie dans la colonie de Kryat Jat, le jour où il a donné l’assaut à la colonie et a poignardé plusieurs occupants sionistes.

Et de nos jours, les combattants Mohammed Ahmed Mokhamra et l’ingénieur Khaled Mohammed Mokhamra ont effectué l’opération de Tel Aviv. Ils ont tué quatre colons et en ont blessé plusieurs autres. Cette opération vient pour confirmer la qualité résistante du village.

L’encerclement de Yatta

Ratib al-Jobour est un militant contre la colonisation. Il croit que la violence des colons et leurs agressions, la confiscation et le vol de terrains ont créé un fort climat de tension dans le village et ses environs.

Et ce que les occupants sionistes pratiquent maintenant, dit-il au correspondant de notre Centre Palestinien d’Information (CPI), un encerclement hermétique, des invasions de maisons, des arrestations arbitraires, ne font que renforcer cette tension.

Pour sa part, Mossa Mokhamra, président du conseil du village de Yatta, qualifie la situation de son village de « catastrophique » : les occupants sionistes continuent à étouffer 120 mille Palestiniens avec leurs barrages en sable et en pierres amassés sur toutes les entrées du village.

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