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17 mai 2021

L’OTAN et le « putsch » turc


TELS QU’ON LES A REÇUS

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Tels qu’on les a reçus

 

Les événements récents ont généré et génèrent encore une grande quantité de commentaires, d’analyses, voire de prédictions. Nous avons réuni ici pour vous quelques-uns de ceux qui nous ont semblé les plus dignes d’attention.

2. These are Dangerous Times.gif

 

L’OTAN et le « putsch » turc

Manlio Dinucci – Il Manifesto 18 juillet 2016

3. Latuff - Fact or fiction.gif

 

Erdogan en fuite volant vers l’Europe à la recherche d’un gouvernement qui lui concède l’asile politique, les putschistes désormais au pouvoir parce qu’ils occupent la télévision et les ponts sur le Bosphore, Washington et les capitales européennes, jusque l’Otan, prises  au dépourvu par le coup d’État : ce sont les premières « nouvelles » venant de Turquie. Toutes plus fausses l’une que l’autre.

Ce qui émerge avant tout c’est que, y compris dans sa tragicité (des centaines de morts et milliers d’arrestations), ce qui s’est passé en Turquie se présente comme la mise en scène d’un coup d’État.

Les putschistes n’essaient pas de capturer Erdogan, officiellement en vacances sur la Mer Égée, mais lui laissent tout le temps de se déplacer. Ils occupent symboliquement la télévision d’Etat, mais ne brouillent pas les émetteurs privés pro-gouvernementaux et Internet, permettant à Erdogan de les utiliser pour son « appel au peuple ». Ils bombardent symboliquement le parlement d’Ankara, quand il est vide. Ils occupent les ponts sur le Bosphore non pas en pleine nuit, mais de façon ostentatoire le soir quand la ville est pleine de monde, en se mettant ainsi dans un piège. Ils n’occupent pas par contre les principales artères, laissant le champ libre aux forces gouvernementales.

L’action, même destinée à l’échec, a nécessité la préparation et mobilisation de milliers d’hommes, de véhicules blindés et d’avions. Impossible que l’Otan ne fût pas au courant de ce qui se préparait. En Turquie il y a un réseau d’importantes bases Otan sous commandement étasunien, chacune dotée de son propre appareil de renseignements.

Dans la gigantesque base d’Incirlik, d’où opère l’aviation étasunienne et alliée, sont déposées au moins 50 bombes nucléaires étasuniennes B-61, destinées à être remplacées par les nouvelles B61-12. À Izmir se trouve le Commandement terrestre allié (Landcom), c’est-à-dire le commandement affecté à la préparation et à la coordination de toutes les forces terrestres de l’Otan, aux ordres du général étasunien Darryl Williams, ancien commandant de l’US Army Africa à Vicence (Vénétie). Le quartier général d’Izmir a été visité à la fin du mois de juin par le nouveau Commandant suprême allié en Europe, le général Curtis Scaparrotti.

Outre les commandements et bases officiels, les USA et l’Otan ont en Turquie un réseau « couvert » de commandements et bases constitué pour la guerre contre la Syrie et d’autres opérations. Comme l’a documenté même une enquête du New York Times, dans le cadre d’un réseau international organisé par la CIA, depuis 2012 est arrivé dans la base turque d’Esenboga un flux incessant d’armes, achetées avec des milliards de dollars fournis par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du Golfe, qui ont été fournies à travers la frontière turque aux « rebelles » en Syrie, et aussi à l’Isis/Daesh.

Avec de faux passeports (spécialité CIA), des milliers de combattants islamiques ont afflué dans les provinces turques d’Adana et du Hatay, frontalière avec la Syrie, où la CIA a ouvert des centres de formation militaire.

Tout à fait fausse, donc, la « nouvelle », diffusée ces jours-ci, que Washington n’apprécie pas un allié comme Erdogan parce que celui-ci soutient en sous-main l’Isis/Daesh. Il n’existe pas encore d’éléments fondés pour comprendre s’il y a, et dans quelle mesure, une fissure dans les rapports entre Ankara et Washington et surtout quels en sont les motifs réels.

En accusant Fetullah Gulen, résidant aux USA depuis 1999 et allié d’Erdogan jusqu’en 2013, d’avoir inspiré le putsch, et en réclamant son extradition, Erdogan joue à la hausse, pour obtenir des USA et de ses alliés européens de plus grosses contreparties pour le « précieux rôle » (comme l’a qualifié Stoltenberg le 16 juillet) de la Turquie dans l’Otan.

En attendant Erdogan fait place nette de ses opposants, pendant que Mogherini prévient que, s’il utilise la peine de mort, la Turquie ne peut pas entrer dans l’UE, parce qu’elle a signé la Convention sur les droits de l’homme.

Edition de mardi 19 juillet 2016 de il manifesto

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Trois questions à Bahar Kimyongür sur la tentative de putsch en Turquie

Grégoire Lalieu – Investig’action 18 juillet 2016

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Dans la soirée du vendredi 15 juillet, des putschistes de l’armée turque ont tenté de renverser le gouvernement d’Erdogan. Après une nuit de chaos marquée par des affrontements entre les conjurés et les forces loyalistes, le président a repris la main. Depuis, 6.000 personnes ont déjà été arrêtées, Erdogan promettant « d’éliminer le virus de toutes les institutions étatiques ». Bahar Kimyongür nous éclaire sur cette mystérieuse tentative de coup d’État et ses possibles répercussions.

Qui sont ces putschistes et quelles étaient leurs motivations ?

Sur les putschistes, nous avons eu très peu d’informations, dont certaines contradictoires. La confrérie Gülen a été accusée. Ce mouvement d’inspiration soufie est très influent dans le monde musulman. Son fondateur, Fetuhllah Gülen, a notamment financé grâce à de riches donateurs la construction d’écoles un peu partout. Il a soutenu la montée au pouvoir de l’AKP, le parti d’Erdogan. Mais un conflit a ensuite éclaté entre les deux hommes forts. En 2014, un scandale d’écoutes téléphoniques a mis en lumière des affaires de corruption au sein de l’AKP. Gülen qui dispose de nombreux relais au sein de la police et de la magistrature était déjà pointé du doigt. Depuis 2014, 1800 personnes soupçonnées d’appartenir à la confrérie ont été arrêtées. En janvier, un procès retentissant a condamné Gülen pour haute trahison. Mais ce dernier est exilé aux États-Unis. C’est depuis la Pennsylvanie qu’il a réfuté les accusations sur le coup d’État ce week-end.

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Source : http ://www.investigaction.net/3-questions-a-bahar-k…

 

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Leçons de Turquie : c’est le peuple qui décide

Israel Adam Shamir – 20 juillet 2016

Traduction Maria Poumier Entre la plume et l’enclume

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Le coup d’État en Turquie 

Le plus frappant, dans le coup d’État raté en Turquie, c’est la réponse du peuple. Les comploteurs avaient suivi la procédure classique : s’emparer de la station émettrice, envoyer un commando tuer le président, stationner des troupes en divers points cruciaux, sortir les tanks. Ils avaient tout calculé, sauf la réponse populaire. Dès que le président a survécu à l’attentat il a lancé un message de son téléphone portable à la nation, invitant la population à sortir dans les rues et à décider de son avenir par elle-même.

D’abord, des milliers, puis des dizaines de milliers, et même des centaines de milliers de gens ordinaires, hommes et femmes, ont défié l’armée, se sont emparés des rues et des places, en écho à l’appel de leur président rescapé. Ils l’avaient élu il y a juste quelques mois, et ils n’allaient pas laisser l’armée leur voler leur vote. Ce soulèvement massif pour soutenir le gouvernement a brisé la volonté des conjurés. L’histoire vient de se faire, en Turquie, par l’action directe du peuple.

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Source : http://plumenclume.org/blog/141-lecons-de-turquie-c-est-l…

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Manipulation en Turquie

Thierry Meyssan – Al Watan 19 juillet 2016

Le président Erdoğan est issu de la Millî Görüş, une milice islamiste qui soutenait les jihadistes en Russie dans les années 90 et ourdit un coup d’État en 1999.

En 2003, Recep Tayyip Erdoğan est devenu Premier ministre d’un État membre de l’Otan.

 

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En 2011, le gouvernement Erdoğan a signé un traité secret avec la France l’impliquant dans les guerres contre la Libye et la Syrie en échange du « droit » d’expulser sa population kurde vers un État qui serait créé pour l’occasion.

En 2012, le président Erdoğan a pris la succession du prince Bandar bin Sultan dans la coordination des réseaux jihadistes.

En 2013, le président Erdoğan a pris la succession de l’émir Hamad du Qatar dans le parrainage des Frères musulmans. Puis, il a installé à Izmir le Commandement joint des forces terrestres de l’Otan, le LandCom, qui coordonne la guerre contre la Syrie.

En 2014, le gouvernement Erdoğan a participé à la transformation de l’Émirat islamique en Irak en lui apportant les 80 000 combattants de la confrérie irakienne des Naqchbandis —qui avait créé la Millî Görüş turque—.

Aussi, la tentative de le renverser est-elle apparue comme la fin de la guerre contre la Syrie. Pourtant, elle aurait simplement désorganisé la coalition internationale le temps nécessaire à ce que les différentes fonctions du président Erdoğan soient attribuées à d’autres leaders.

Les militaires du 16 juillet ont été trahis de l’intérieur : aucune des personnalités du régime n’a été arrêtée, ni Hakan Fidan, ni Recep Tayyip Erdoğan. Ceux qui ont pris les locaux de la télévision nationale, la TRT, ont eu beau annoncer qu’ils contrôlaient le pays, aucun des objectifs stratégiques n’avait été visé. Il y a eu beaucoup de rumeurs, mais aucune trace de coup, sinon ceux de l’attaque contre les bâtiments vides de la Grande Assemblée nationale ; des traces qui apparaissent désormais comme une mise en garde des députés.

Aucun leader du putsch n’a pris contact avec l’opposition pour l’associer au nouveau régime, si bien que celle-ci, effrayée à l’idée du retour possible d’une dictature militaire, s’est rangée au côté de son ennemi, l’AKP.

Avant même la fin de la tentative, les hommes du président Erdoğan arrêtaient les officiers de la gendarmerie qui s’étaient opposés à lui et qui n’étaient aucunement impliqués dans le coup. Une fois celui-ci terminé, ils ont non seulement arrêté les putschistes, mais aussi plus de 7 000 autres personnes, limogé plus de 8 000 fonctionnaires, suspendu 2 700 magistrats et le vice-président de la Cour constitutionnelle dont les noms attendaient depuis longtemps au Palais blanc. La grande purge des disciples de Fethullah Gülen se poursuit.

Les États-Unis semblent les plus surpris par cette trahison. Après avoir sollicité l’ancien président Abdullah Gül, puis un magistrat, comme possibles successeurs du président, ils ont soutenu le Parti démocratique des Peuples (HDP) lors des élections truquées de novembre 2015, et récemment un magistrat. À l’évidence, ils étaient informés à l’avance du coup et s’en réjouissaient. La France, également au courant, avait fermé son ambassade et son consulat le 13 juillet au soir.

Ayant désormais anéanti ses oppositions, le président Erdoğan peut continuer sans encombre à conduire son pays dans la voie du sultan Abdühamid II et des Jeunes Turcs : le nettoyage ethnique.

Traduction : Marie-Ange Patrizio

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Ni Islam, ni folie, la terreur est politique.

Bruno Guigue – Arrêt sur Info 18 juillet 2016

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Des premiers éléments de l’enquête, il ressort que l’auteur de l’ignoble tuerie de Nice se moquait de la religion comme d’une guigne, ne faisait pas la prière, ne respectait pas le jeûne du ramadan, collectionnait les conquêtes masculines et féminines, menait une vie dissolue, affectionnait les sites internet violents et avait une fâcheuse tendance à régler ses différends au pistolet automatique. Il est temps, me semble-t-il, de tirer quelques enseignements d’un tel portrait, qui est désormais de l’ordre des faits, et d’analyser les dommages collatéraux qu’il ne peut manquer d’exercer quant à leur interprétation.

A des années-lumière de la pratique islamique la plus courante, ce portrait de l’auteur de la tuerie du 14 juillet en jouisseur compulsif, irascible et sans tabou, en effet, n’est pas sans intérêt. Il couvre de ridicule, c’est le moins qu’on puisse dire, la meute des télé-experts prompts à dénicher la quête du frisson apocalyptique chez n’importe quelle petite frappe du djihad global. Pour ceux qui ne veulent voir dans le terrorisme que le stade suprême du fanatisme religieux, le démenti est catégorique et sans appel. Difficile, désormais, de soutenir la thèse de la responsabilité immémoriale de l’islam, quand on sait que le meurtrier était musulman comme les Borgia étaient catholiques et que 10 des 84 victimes du massacre de Nice, en revanche, étaient bien de confession musulmane.

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Source : http ://arretsurinfo.ch/ni-islam-ni-folie-la-terreur…

 

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Attention ! Ce qui suit est politiquement très incorrect

William Blum – (Mail reçu de) 18 juillet 2016

8. Political correctness xxx.gif

 

Est-ce que Nice a été pour vous la goutte qui a fait déborder le vase ? Est-ce que ces victimes-là ont été les dernières avant que vous vous décidiez à appeler les choses par leur nom : terrorisme islamique radical ? Le président français, Hollande, a battu des records de rapidité pour déclarer que c’était « un attentat terroriste », mais il n’a pas dit qu’il s’agissait d’une « attaque islamique radicale ». Oh ? Quand l’auteur de l’attentat est un musulman appelé Mohammed, comme c’est ici le cas, et quand les victimes sont justement en train de célébrer une fête nationale iconique, pourquoi tant de répugnance à utiliser les mots justes ? Le président Obama, pour sa part, raffole de l’expression « extrémistes violents »…

La gauche est vraiment championne, quand il s’agit de se draper dans le politiquement correct. Voyez par exemple la très progressiste FAIR (Fairness and Accurancy in  Reporting, « Impartialité et exactitude dans le reportage »), qui critique le New York Times pour avoir qualifié de « terroriste » l’attaque au camion de Nice « tout en admettant qu’il ne savait rien des motivations réelles de l’assassin présumé ».

Dans un article récent, j’ai, moi, critiqué le président Obama pour avoir dit qu’ISIS « n’avait rien à voir avec l’Islam ». Ceci, disais-je, est du politiquement correct de base, qui veut ignorer le rôle indiscutable joué par l’Islam lorsqu’il inspire les massacres d’Orlando, de Long Beach, de Paris, d’Ankara [Istanboul, NdT] et d’ailleurs ; c’est à dire par la religion qui enseigne la beauté et la piété du djihad et qui promet les célestes récompenses aux auteurs d’attentats-suicides.

À la suite de cet article, j’ai reçu plusieurs lettres d’engueulade, qui argumentaient principalement sur les deux points suivants :

– Vous n’avez pas le droit de condamner une religion entière ou toute autre idéologie, pour les actes et les déclarations de « quelques individus psychologiquement dérangés ».

– L’Occident se comporte aussi de manière terroriste, mais aucune religion occidentale n’est condamnée de la même manière.

Les enseignements islamiques auxquels je fais allusion ne sont pas nécessairement, de façon explicite, mentionnées dans le Coran ou dans d’autres textes sacrés. Et ils ne sont pas non plus reliés « dans les faits » à des événements historiques de n’importe quand, des 7e au 21e siècles, mais ils font en revanche partie intégrante de l’atmosphère dans laquelle baigne toute personne jeune qui grandit dans une culture et un environnement musulmans. Cette atmosphère, cette éducation, cette culture, dans l’état qu’elles ont atteint, doivent être sévèrement corrigées. L’Occident a le devoir de surveiller ce qui se passe dans les classes des écoles islamiques en France, au Royaume Uni, aux USA et ailleurs, plus spécialement encore au Pakistan si la chose est faisable. Quand bien même cela signifierait envoyer des espions dans les classes avec du matériel enregistreur. Ceux qui enseignent dans ces classes, s’il se trouve qu’ils aient la moindre relation avec quoi que ce soit qui touche à l’Islam radical, ne devraient pas être engagés à ces postes et, s’ils le sont déjà, devraient être limogés*.

La même règle devrait s’appliquer aux imams et au personnel des mosquées. On nous dit parfois que celui qui a commis quelque terrible acte terroriste « n’était même pas religieux et ne fréquentait aucune mosquée ». C’est une objection hors de propos si la personne qui a commis l’acte a été élevée dans la sorte d’atmosphère dont je parle.

Si ceux qui défendent l’Islam croient que les terroristes sont « juste un petit groupe d’individus psychologiquement dérangés », ils ne devraient pas s’opposer à ce que la société s’en épure. Ils devraient être aussi heureux d’en être débarrassés – et débarrassés de l’ignominie et de la honte qu’ils jettent sur l’Islam ! – que l’Occident devrait l’être de purger le monde de leur influence.

Pour ce qui est de l’Occident « qui s’est conduit de façon aussi terrible et aussi terroriste sans qu’aucune religion occidentale ait été semblablement condamnée », je suis au courant. Je le suis même tellement que j’ai écrit un livre là-dessus – cinq livres, en fait –  et que j’ai réclamé la condamnation de nombreux assassins en masse, bourreaux et criminels de guerre américains, de Harry Truman à Richard Nixon et de George W. Bush à Barack Obama.

Chaque culture, c’est évident, endoctrine ses jeunes, et je voudrais que soit interdit l’enseignement de la religion d’État américaine, qui pousse des jeunes hommes et des jeunes femmes à parcourir la moitié du globe pour aller torturer et tuer de parfaits étrangers qui ne leur ont fait aucun mal, religion qui s’appelle « exceptionnalisme américain ».

La politique étrangère des États-Unis et de la France fournissent d’amples raisons de haïr leurs gouvernements, mais, aussi horribles que soient ces gouvernements, ils n’ont jamais essayé de détruire la civilisation moderne [? NdT]. Ils ne se sont pas mis, par manière de routine, à couper des têtes et à s’en servir comme ballons de foot, à découper des gens à la machette et autres délicatesses, tout en interdisant l’alcool, la musique, les gays, le sexe et la vue du visage des femmes, tout en détruisant les monuments anciens [Les Irakiens et les Syriens ne seraient sans doute pas aussi affirmatifs. NdT], en imposant par la force une loi religieuse et ce qui s’ensuit, y compris la pire de leurs spécialités : les attentats-suicides répétés, comme celui qui vient de se produire à Nice.

La grande majorité des victimes du terrorisme islamique radical sont des civils qui n’ont rien à voir avec la politique étrangère des États-Unis ou de la France.

La semaine dernière encore, à une remise de diplômes dans un collège allemand, un étudiant musulman a refusé de serrer la main du professeur qui lui tendait son diplôme. Pourquoi ? Parce que ce professeur était une femme. (The Independent, Londres, 13 juillet 2016).

On devrait aussi se rappeler que, contrairement à l’État Islamique, les puissants de l’Occident peuvent se trouver, et se sont trouvés en maintes occasions, gênés aux entournures, ne fût-ce que parce qu’ils doivent répondre de leurs actes à ceux qui les mandatent. ISIS ne fait pas partie des Nations Unies, n’est  pas  un groupe de défense des droits humains et ses membres ne se présentent à aucune élection. Ils se conduisent comme des créatures venues de l’espace et sont persuadés que Dieu/Allah est de leur côté. Certains dirigeants américains comme George Bush ont fait preuve à l’occasion d’une pareille outrecuidance, mais ils n’ont jamais réellement agi dans ce sens de manière significative ni durable, et ils ne s’en tireraient pas s’ils essayaient.

Oui, bien sûr, je sais tout ce qu’il faut savoir sur Hiroshima, l’Indochine et l’Irak. Le fait qu’aucun dirigeant américain n’ait été puni pour ces crimes ne diminue en rien la nécessité de détruire l’ISIS**.

Faute de quoi on en arrivera à ceci : une vidéo mise en circulation par ISIS à la suite de ses récentes attaques terroristes au Bangladesh est assez claire là-dessus : « Ce que vous venez de voir au Bangladesh n’est qu’un aperçu de ce qui vous attend. Ceci se répètera, se répètera et se répètera encore jusqu’à ce que vous soyez vaincus, que nous soyons vainqueurs et que la chari’a règne sur le monde. » (Washington Post, 8 juillet 2016). En combattant une force à ce point obsédée et démente, l’Occident n’a pas le droit de se laisser paralyser par le souci du politiquement correct.

_________________

* On sait que la France a abandonné l’éducation de millions de ses enfants à (l’endoctrinement de) l’Arabie Saoudite, mais est-ce bien par souci de correction politique ? NdT.

** Aux dernières nouvelles, des « rebelles modérés » se seraient filmés en train de décapiter un enfant à Alep. Voir ICI. Par ailleurs, le commandant du « rebelle – cannibale – modéré » syrien se serait vu accorder l’asile en France. Voir ICI. NdT.

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

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Perseverare…

9. If you dont sin Jesus died for nothing.jpg

On ne va pas dépiauter les endroits où on pourrait faire des réserves ou apporter des corrections à ce que dit William Blum – faut-il qu’il ait été secoué par les événements de Nice pour perdre ainsi son sang-froid ! – ni rappeler que les victimes du « terrorisme islamique radical » sont très majoritairement musulmanes. Si quelqu’un a le droit de dire ce qu’il pense, c’est bien lui, et les précisions complémentaires se trouvent déjà dans le texte de Bruno Guigue.

Car la réflexion de l’un et celle de celle de l’autre vont, en fin de compte, curieusement dans le même sens. Elles ne nous font pas changer d’avis quant à la responsabilité absolue des parasites qui nous gouvernent et à leur complète égalité dans le crime avec les monstres qu’ils ont fait sortir de leur boîte de Pandore, mais il serait irresponsable de sous-estimer le danger que représente l’instrumentalisation, désormais irréversible, de l’Islam-religion, aux fins de terrorisme. Que ce soit par les uns ou par les autres.

Ce qu’il faut bien appeler le cri d’alarme de William Blum est à méditer par tous, à commencer par ceux, de confession musulmane, qui ne se sentent en rien proches des « djihadistes », manipulés ou non.

Que ce qu’il dit soit politiquement correct ou incorrect, nous le publions pour deux raisons essentielles :

1) Ce que pense et dit William Blum est toujours, selon nous, à prendre très au sérieux.

2) Ce qu’il redoute de l’Islam s’est déjà produit dans l’Histoire et est en grand danger de se reproduire.

Peu importe que les musulmans soient un milliard et demi, dont l’immense majorité est faite de gens qui ne sont dévorés ni de volonté de puissance ni de rapacité et encore moins de sadisme.

Peu importe que les chrétiens soient à peu près aussi nombreux et que leur religion n’ait pas apporté au genre humain que du mal, loin de là.

Mais quiconque s’est un peu penché sur l’histoire ancienne ne peut ignorer par quels moyens ceux qui n’étaient à l’origine qu’une minorité déterminée ont réussi à peser pendant près de deux millénaires d’un poids intolérable sur le sort des hommes, des bêtes et des plantes, jusqu’à reproduire aujourd’hui – en cent fois pire – le fléau impérial qu’ils avaient vaincu.

Le danger de répétition est très réel. S’il y a une recette pour l’éviter, nous ne la connaissons pas. Mais si les humains de bonne volonté ne la trouvent pas – et vite ! -, nous serons tous derechef mis planétairement dans les fers par cette nouvelle minorité déterminée.

Peu de gens s’imaginent qu’il est possible de voir un jour les mégères Clinton, Rice et Power en babouches et les Powell, Cheney, Rumsfeld & C° portant barbe décréter l’Islam religion d’État et la Chari’a loi unique. C’est pourtant exactement ce qu’a fait l’empereur Constantin au troisième siècle de l’ère chrétienne. Avec les résultats qu’on se permet de vous rappeler : pas loin de vingt siècles d’horreurs sans nom et sans nombre, de fleuves de sang intarissables, de bûchers qui empilés dépasseraient l’Annapurna, de Croisades dévastatrices, de continents entiers colonisés par le fer et par le feu, d’esclaves torturés avec une imagination jamais en repos, de guerres de l’opium, au nucléaire, de l’agent orange et on en passe.

Oui, le christianisme a fait progresser ce qu’on peut appeler la conscience humaine et c’est sans doute à lui qu’on doit de voir aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire du monde, deux pays (le Vénézuéla et la Russie pour ne pas les nommer) dirigés par des militaires, en fonction d’une morale civile. Oui, il y a eu des chrétiens qui ont puisé dans leur foi le courage d’aller vivre au milieu des lépreux pour les soigner et d’en mourir s’il le fallait, de partager en frères la condition et les souffrances des humiliés et des offensés : l’histoire récente de l’Amérique Latine nous le rappellerait s’il en était besoin. Mais le prix payé a été disproportionné. Exorbitant. William Blum n’a pas envie de voir l’Histoire se répéter à ce point-là et le Coran succéder aux Évangiles dans la lignée des alibis. Nous non plus.

 

La laïcité seule issue ?

En signant, à Beyrouth, le 6 février 2006 le « Document d’Entente Mutuelle entre le Hezbollah et le Courant patriotique libre »(1), Hassan Nasrallah et Michel Aoun ont réinventé la laïcité à laquelle avaient eu recours  les représentants du peuple français en décrétant, en 1793, la liberté – et l’égalité – des cultes, et en 1905, la séparation des églises et de l’État. Ils l’ont fait pour les mêmes raisons et poussés par les mêmes nécessités : mettre fin à la spirale sans fin de violences innommables et arrêter l’hémorragie de sang de leurs compatriotes.

 

10. AOUN NASRALLAH.jpg

 

Avoir la force d’âme de décréter non le pardon mais l’effacement des crimes et des offenses, pour rendre à son pays un équilibre perdu, n’est pas donné à n’importe qui. Car il ne suffit pas de proclamer, il faut mettre en œuvre, et cela ne se peut que si l’on a derrière soi des combattants certes aguerris, mais en même temps capables de comprendre et d’accepter le bien-fondé de décisions si difficiles.

 

Parfois par de curieux détours…

Introduire un pape dans un éloge de la laïcité peut avoir l’air d’une gageure, mais il nous paraît évident qu’en prenant officiellement position contre le sionisme chrétien et en faisant signer, le 22 août de cette même année 2006, par les patriarches des différentes églises chrétiennes de Jérusalem (catholique, orthodoxe, luthérienne, etc.) la « Déclaration de Jérusalem sur le sionisme chrétien »(2), le pape Benoît XVI a signé son arrêt de mort.

11. Pape Benoît.jpeg

 

Le courage civil est la denrée la plus rare et la plus précieuse du monde.

___________________

(1) Thierry Meyssan, L’effroyable imposture II – 2007 – pp. 304-313

(2ibid, pp. 350-353.

L.G.O.

2. These are Dangerous Times.gif

 

Merveilleux Hollande

La France « venge » le massacre de Nice… en massacrant 120 civils Syriens

Daniel Mcadams – The Ron Paul Institute 19 juillet 2016.

 

12. Hollande Syrie.jpg

3. freccia nera piccola x.GIF

http://russia-insider.com/en/france-avenges-nice-massacre…

 

2. These are Dangerous Times.gif

 

 

 

Mis en ligne le 20 juillet 2016.

Aux amateurs d’hortensias : demain, Fête Nationale belge, théoriquement, il devrait pleuvoir.

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