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17 juillet 2019

Les grosses orchades, les amples thalamèges..


26/10/2016

LE LOBBY BELGO-FRANCO-SUISSE

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Le lobby belgo-franco-suisse des qui ne pensent pas en file indienne

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Le dernier qui dit la vérité !

Jean Bricmont – Arrêt sur Info 24 octobre 2016

 

« Où sont les intellectuels qui se “mobilisent” pour toutes les causes possibles et imaginables, pourvu qu’elles concernent des droits autres que ceux de leur propre peuple ? Où sont les Onfray, Debray, Polony, Badiou, Plenel, Sapir, Todd, Lordon, Ruffin ? Comment les Zemmour, Finkielkraut, E. Lévy, Fourest, Causeur, Valeurs actuelles, Marianne, osent-ils encore prétendre que ce sont les islamistes qui limitent nos libertés ? » [Jean Bricmont]

 

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Interventions de Jean-Frédéric Poisson à l’Assemblée

 

Jean-François Poisson a dit des choses évidentes : Hillary Clinton est liée à Wall Street et aux groupes de pressions (aussi connus sous le nom de lobby) pro-israéliens. Et face à des groupes aussi puissants, la différence entre lié et soumis n’est pas très grande. Plus juste encore, M. Poisson a souligné que cette situation était mauvaise pour la France.

Pour se convaincre de la justesse des propos de M. Poisson, il suffit de lire les révélations de Wikileaks, ou d’écouter les discours de Mme Clinton devant l’AIPAC, ou de lire Hillary Clinton, la reine du chaos de Diana Johnstone (qui cite entre autre Haim Saban, un milliardaire sioniste, disant qu’il donnera tout l’argent nécessaire pour qu’Hillary Clinton soit élue) ou le livre de J. Mearsheimer et S Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine  qui démontre l’influence déterminante de ce lobby sur la politique américaine au Moyen-Orient.

Immédiatement, comme dans toutes les « affaires » précédentes (en vrac : Faurisson, Chomsky, Le Pen, Gollnish, Mermet, Morin, Siné, Garaudy, l’abbé Pierre, Dieudonné, Soral,…)[1] c’est l’hallali : le coupable est cloué au pilori, mis dans l’incapacité de se défendre, et sommé de s’excuser. Et ses excuses ne serviront à rien. En matière de délit d’opinion en France, c’est « ni oubli, ni pardon ».

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Source : http://arretsurinfo.ch/le-dernier-qui-dit-la-verite/

 

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Jean Bricmont est un physicien et essayiste belge qui enseigne la physique théorique à l’Université Catholique de Louvain.

Il a codirigé le Cahier Noam Chomsky aux Éditions de L’Herne. Il est aussi l’auteur d’Impostures intellectuelles, en collaboration avec Alan Sokal.

 

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Hillary et les lobbies : Monsieur Poisson, taisez-vous !

Bruno Guigue – Arrêt sur Info 23 octobre 2016

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Jean-Frédéric Poisson (PCD), candidat à la primaire à droite, à Ajaccio, le 21 octobre.

 

« Complotisme, antisémitisme, propos abjects ». Pour condamner les récentes déclarations de Jean-Frédéric Poisson, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. Quelles horreurs le député français a-t-il bien pu proférer pour susciter une telle avalanche d’insultes ? Incitation à la haine raciale ? Accusation de meurtre rituel ? Apologie des SS ? Heureusement, rien de tout cela. En fait, il a déclaré que « la soumission de Mme Clinton aux super-financiers de Wall Street et aux lobbies sionistes représentent un danger pour la France et l’Europe ». Bigre. On frémit.

Les super-financiers de Wall Street ? Mme Clinton les aime et ils le lui rendent bien. Lors d’une conférence à 650.000 dollars rémunérée par Goldman Sachs, elle avouait qu’elle se sentait plus proche de son auditoire de banquiers que de la classe moyenne américaine. Il est vrai, confessait-elle ingénument, qu’elle et son mari ont amassé une fortune de plusieurs millions de dollars. Les péquenots qui se lèvent tôt le matin et bossent dur pour rembourser leurs prêts et payer les études de leurs enfants apprécieront.

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Source : http://arretsurinfo.ch/hillary-et-les-lobbies-m-poisson-t…

 

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Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

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Michel Raimbaud manie la schlague avec énergie et talent. On regrettera seulement que les clavistes (ou le web-master) d’Afrique-Asie ne se relisent pas pour éditer ce genre de texte aussi impeccablment qu’il le mérite. [L.G.O.]

 

Panne de courant au pays des lumières ! Sont-ils tombés sur la tête ?

Michel Raimbaud – Afrique-Asie 23 octobre 2016

En ces temps troublés, la « communauté internationale » – nom de scène des trois Occidentaux qui se piquent d’être les maîtres de droit divin de notre planète – semble perdre les pédales. Voilà donc nos larrons en quête de nouvelles aventures. 

 

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François Hollande remettant la légion d’honneur au prince-héritier saoudien

 

Comme d’habitude, l’Amérique, cette nation qui se croit indispensable et dispense aux quatre coins de l’univers ses leçons de morale, de démocratie et de droits de l’homme en faisant oublier qu’elle doit son existence au génocide des Amérindiens et sa prospérité actuelle au pillage du monde considéré comme une arrière-cour, donne le ton. Ses sbires, les ci-devant « grandes puissances européennes », qui se plaisent à jouer aux gros poissons dans les petites mares, ne sont pas en reste… Ayant remis les pendules à l’heure avec son Brexit et lancée dans le compte à rebours d’un Scotxit, la perfide Albion peut s’investir à fond dans son rôle traditionnel de cheval de Troie de l’Amérique. Pour sa part, notre « grande nation », qui fait tout pour ne plus l’être, se distingue par son arrogance ordinaire, sa prétention anachronique et le naufrage de sa diplomatie.

Nos fanfan-la-tulipe, nos malbroughs-mironton-mirontaine, nos lafayette-nous-voilà, prennent de grands airs de chefs de guerre qui nous feraient rire si leurs desseins n’étaient pas aussi sinistres : appeler à envoyer « à six pieds sous terre » Bachar Al Assad, s’acharner à peaufiner la mise à mort du peuple syrien et à détruire la vieille terre qui fut la matrice de notre civilisation, de nos religions et de notre alphabet ne sont pas des objectifs dignes d’un pays à l’histoire prestigieuse, qui se réclame si volontiers des « lumières ». Enchaîner les provocations et les incidents diplomatiques en pensant humilier ou braver ce Vladimir Poutine qui tient tête à l’Amérique, divinité révérée par nos élites, est du plus haut ridicule.

 

La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington

Dans la posture qui est la sienne depuis son retour au « bercail atlantique », la France a perdu sa crédibilité, son prestige et le respect des pays qui jadis la trouvaient « juste même lorsqu’elle est injuste ». La diplomatie française est disqualifiée, marginalisée, ignorée, y compris par ses maîtres de Washington, au point d’être tenue à l’écart des grands dossiers et évincée des négociations décisives, tant est évidente sa capacité de nuisance.

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Source : http://www.afrique-asie.fr/component/content/article/75-a…

 

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Michel Raimbaud est un ancien ambassadeur français, écrivain et essayiste.  Son dernier livre paru : Tempête sur le Grand Moyen-Orient, chez Ellipse, Paris

 

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La spirale de l’impuissance

Slobodan Despot – ANTIPRESSE 23 octobre 2016

« Nouvelleaks »

 

L’Europe s’est anesthésiée dans sa procrastination. Elle est devenue la Belle au Bois dormant. Elle se réveillera comme Euramérique ou Eurasie, à moins qu’elle devienne Eurabie.

 

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Les travaux inutiles

 

C’est un roman de Georges Simenon, La fuite de monsieur Monde, qui dépeint le plus profondément la situation de l’Européen moderne. Arrivé au bord de la cinquantaine, M. Monde, petit industriel prospère, disparaît un matin sans crier gare. Alors que sa femme, personne froide et sans États-Unis, envoie la police à ses trousses, il prend un faux nom et se refait une vie au bas de l’échelle sociale, dans le Midi, avec une entraîneuse qu’il a sauvée du suicide. Dans un lieu sordide, il rencontrera la femme avec qui il était marié dans une vie antérieure, épave humaine ravagée par la drogue. Il remonte à Paris avec elle et la fait soigner à ses frais. Puis, tout aussi soudainement, il rentre chez lui et reprend son ancienne vie comme si rien ne s’était passé. Ne lui reste de son escapade qu’une énigmatique sérénité qui ressemble à de la résignation.

Norbert Monde avait explosé. Ou implosé. Son quotidien sans élans, sans tragédie, sans destinée, lui était devenu insupportable. En sortir était devenu une question de vie et de mort. M. Monde était un homme bon, voire héroïque, mais son univers ne laissait aucune place à la bonté et à l’héroïsme. Bien pire : de telles vertus y étaient vues comme des tares. Toute son éducation lui enjoignait de lutter contre elles. Retourné — socialement — à l’« état sauvage », il était comme un animal de zoo rendu à la nature. La laisse qu’il traînait encore derrière lui s’accrochait aux ronces, s’entortillait autour de ses pieds et le faisait trébucher. Il n’a pas eu la force de s’en défaire.

Je me suis reconnu dans cet homme entravé. Son gâchis, je l’ai pris à mon compte. Jeter tous ses acquis par-dessus bord dans l’espoir d’accomplir sa vie, arriver au seuil de cet accomplissement, et rater pour une vétille, un instant de gêne. Pour avoir été trop éduqué. Par crainte de causer du tort à quelqu’un. Par peur d’être mal vu…

Il m’arrive de faire un rêve, que j’appelle « le cauchemar de M. Monde ». La scène figure peut-être telle quelle dans le roman, je ne m’en souviens plus — à moins que ce soit dans le Docteur Jivago. Assis à la terrasse d’un café, je vois passer de l’autre côté de la rue une personne que j’aime et que je n’espérais plus retrouver. Elle avance sans me voir, elle va bientôt se fondre dans la foule. Je voudrais la héler, mais n’arrive pas à émettre le moindre son. Crier d’un trottoir à l’autre, cela ne se fait pas. Je devrais bondir pour la prendre par le bras mais je ne peux pas : je n’ai pas réglé ma consommation. Je me retourne, me tâte les poches, cherche le garçon des yeux, mais entretemps la silhouette a disparu…

La question du prix

Nous sommes sur le point de payer cher, très cher, le prix de notre hyper-civilisation. Cette idée m’a envahi l’esprit comme un refrain voici quelques années, lorsqu’un ami m’a demandé de l’aider à tuer un canard. Il n’était pas paysan, il en était très loin, mais il tenait quelques animaux dans sa propriété. Il n’avait pas la main assez sûre pour décapiter le volatile sans le faire souffrir. Personne dans son entourage n’avait le cœur de l’assister, même s’ils avaient tous l’appétit de goûter au rôti. J’ai donc tué le canard avec lui. Mes grands-mères le faisaient toutes seules, sans histoires.

Même si le véganisme est très à la mode, la grande majorité des Occidentaux mangent de la viande. Bien plus de viande que leurs ancêtres, qui étaient bien moins nombreux. Pour remplir tous ces ventres, il faut des montagnes de viande. L’élevage n’a plus rien de pastoral. C’est une industrie du gavage et de l’extermination. Périodiquement, des vidéos qui « fuitent » des abattoirs mettent en émoi les réseaux sociaux.

On pointe du doigt des entreprises « inhumaines » qui ne respectent pas les normes, qui écorchent des bêtes à peine étourdies. Mais que dire de celles qui sont « en règle » ? À l’occasion de l’Aïd, avec un humour satanique, Daech a mis en scène l’exécution de « traîtres » en les suspendant à une chaîne d’équarrissage. Clameurs universelles ! La mécanisation du rituel en décuple l’horreur, les camps du XXe siècle nous l’ont suffisamment montré. La trajectoire d’un cochon ou d’un poulet d’élevage industriel, depuis sa naissance — sa fabrication, devrait-on dire — à sa mort, n’est qu’une chaîne de torture optimisée dont l’ingénierie concentrationnaire de l’ère ouvertement anti-humaine qui nous attend s’inspirera sans doute.

Je ne suis pas végétarien ni un enragé de la cause animale. Je me rappelle seulement que notre alimentation et notre survie impliquent une quantité inévitable de souffrance animale et que la souffrance, par ailleurs, est à la conscience ce que l’embryon est au bébé. Coupez la souffrance de la conscience, l’embryon du bébé, et vous pourrez disposer de tout ce qui n’est pas nous, autrement dit moi, comme d’une chose, sans plus y penser qu’à la coquille de noix que vous venez d’écraser. Le sort épouvantable que notre civilisation de mort réserve au règne animal est le produit direct de cet araisonnement de l’ensemble du monde créé (le Gestell de Heidegger) qui est à la base de notre philosophie scientiste et athée. Le crime est si massif que nous avons dû échafauder des murs de faux-semblants pour ne pas le voir.

Encore une fois : je ne milite pas pour la soupe d’orties (d’ailleurs les orties souffrent aussi !) et je ne cotise pas à une milice anti-avortement. Je m’efforce de garder toujours à l’esprit que notre bien-être implique la souffrance et la mort. Si je mange du canard ou de l’agneau, je dois savoir ce que cela coûte, et donc être à même de tuer ma proie de mes mains. Leur souffrance et leur mort sont le prix à payer pour mon contentement. Une conscience éveillée et réaliste négociera le montant de ce prix en essayant de ne pas susciter plus de mal qu’il n’est nécessaire : c’est un des principes fondateurs du Dharma, de la Voie, qui fonde la morale de toute civilisation. Une conscience abstraite, idéologisée, niera l’existence même de la transaction ou décidera qu’elle doit être abolie.

Notre problème est que c’est cette conscience-là, une conscience de pharisiens, qui nous éduque depuis une ou deux générations, qui élabore nos lois et guide nos politiques. Sous son empire, le mal nécessaire est nié. On le revêt d’une cape d’invisibilité : il aura donc carte blanche !

Les nouvelles Antigones

Cette perversion est commune à toutes les sociétés avancées, mais elle n’a pas atteint partout la même emprise. Les États-Unis d’Amérique ont plusieurs longueurs de « retard » sur notre évolution et c’est pourquoi ils nous dominent et nous fascinent. Lorsqu’on a fait valoir à Mme Albright, la secrétaire d’État de M. Clinton, que la destitution de Saddam Hussein avait entraîné la mort d’un demi-million de personnes en Irak, elle a répondu que « cela en valait la peine ». Un tel cynisme serait impensable de la part d’un ministre européen.

Si monstrueuse qu’elle soit, cette appréciation montre que les Américains ne sont pas sortis de l’univers du Dharma. Ils ne nient pas que leur domination a un prix, ils estiment seulement que ce prix n’a pas de plafond. Leur échelle de valeurs est exactement l’inverse de celle des Européens, pour qui toute concession est bonne pourvu qu’ils ne fassent de tort à personne (sauf sur dérogation de leurs maîtres). C’est pourquoi les garde-côtes américains mitraillent les radeaux de migrants quand les européens font tout pour les sauver.

Dans toute son horreur, cette confiance en soi mégalomaniaque a un avantage. Elle laisse une place aux vertus individuelles et à la foi dans une destinée. Elle permet encore, au XXIe siècle, l’éclosion de véritables héros, sacrificiels et désintéressés, qui laisseront leur nom dans l’histoire. Ainsi les sonneurs d’alerte issus du système militaro-industriel sont les vrais héritiers des résistants antinazis et des dissidents soviétiques.

« Pensez-vous que les États-Unis sont la plus grande nation du monde ? » : c’est l’une des questions que l’on pose, sous détecteur de mensonges, lors du test d’embauche à la CIA. Elle est évidemment éliminatoire. Le jeune Edward Snowden y avait répondu « oui » sans ciller lors de son recrutement. Il était conservateur de conviction et croyait sincèrement à la mission de son pays. Lors de son deuxième test sous polygraphe, il a également répondu « oui » — mais il mentait. Entre deux, il avait découvert l’immense manipulation de la « guerre contre le terrorisme » et l’étendue de l’espionnage auquel se livraient les agences américaines, y compris sur leur propre population. Sans son patriotisme ardent, Snowden n’aurait jamais eu le courage de mettre sa carrière et sa vie en jeu pour révéler au monde le vrai visage du système qu’il servait. Son pays, ses valeurs, sa démocratie, ce n’étaient pas les assassinats ciblés, les tribunaux secrets et l’abolition de toute vie privée. Son pays était un État, non un régime.

Le film qu’Oliver Stone vient de consacrer à Snowden est remarquable et factuel. Il s’attaque directement au cas de conscience qu’il nous pose. On y apprend (mais on s’en doutait) que la guerre au terrorisme n’est qu’une « affaire de domination économique et sociale de tout ». Face à l’ampleur du mal, le jeune Ed finit par s’interroger sur son propre rôle dans les rouages, même s’il n’est qu’un technicien. À la consternation de ses collègues geeks, il rappelle qu’à Nuremberg on n’avait pas jugé que les chefs nazis, mais également des exécutants. Que chacun, à son niveau, est comptable des conséquences de ses actes.

Le cinéma engagé américain a un rôle semblable à celui du confessionnal dans le catholicisme baroque. À bonne confession, bonne absolution — et la vie continue ! Il n’empêche. Dans un contexte technologique très difficile à faire vibrer au cinéma, Stone et Snowden réussissent à reposer, dans toute son actualité, l’éternelle question d’Antigone. Ils éveillent les consciences et rendent aux actes leur vrai nom en rappelant que le système américain, malgré tous les alibis qu’on lui prête, reste le criminel majeur de notre temps. Loin au-delà de tous les « États voyous » et de toutes les organisations terroristes qu’il fait mine de combattre.

Europurgatoire

Une épopée de cette envergure peut être américaine. Ou russe. Mais on ne l’imagine pas un instant prendre place dans l’Europe d’aujourd’hui. L’Europe, c’est le domaine de monsieur Monde : le lieu des destinées inabouties, des vertus réprimées et des loyautés sans objet. Un entre-deux. Un théâtre de l’absurde où l’on ferme les yeux sur la violence déchaînée et l’impudeur mais où les simples infractions sont férocement réprimées. Un lieu où l’on n’ose même pas reconnaître au Mal sa qualité première : d’être mauvais. Bref, un véritable purgatoire, salle de transit entre le ciel et l’enfer.

Par sa révolte aux bras trop courts, monsieur Monde a tout de même fait du chemin. De l’anesthésie, il est passé à la résignation. Il a ouvert les yeux sur le monde (sur lui-même, donc !), pour comprendre qu’il n’y pouvait rien. Ainsi l’Europe s’indigne, s’agite et se « mobilise », par réseaux sociaux interposés, comme s’agitent et s’indignent les spectateurs d’un combat, mais elle n’a pas la force de descendre dans l’arène. Elle n’a même pas la force de faire barrage à la violence, au mensonge et au chaos dans leur expression la plus brute. Elle attend que quelqu’un, ou quelque chose, le fasse à sa place. Ou alors, demain…

Dans sa phase procrastinante, celle que nous vivons aujourd’hui, monsieur Monde s’est dépouillé de son entreprise, de son statut social, de son chapeau et de ses projets. Il s’est dépouillé de tout, sauf de son attente. Il est devenu Vladimir ou Estragon, l’un ou l’autre des clochards de Beckett. Ou les deux, vu l’habitude qu’il a prise de se parler et de se convaincre lui-même. Tout le temps qu’il lui reste à vivre, il l’a voué à l’attente de Godot. Ce Godot est peut-être l’Amérique, peut-être la sharia, peut-être l’effondrement économique ou la nouvelle peste qu’il appelle secrètement de ses vœux. Ou tout simplement, la mort, à laquelle nous ne proposons plus d’alternatives crédibles.

 

10. Slobodan Despot.JPGSlobodan Despot est un éditeur et un auteur suisse natif de Yougoslavie. Il a collaboreé pendant des années aux éditions de l’Âge d’homme et dirige désormais sa propre maison : Xénia.

Site des éditions Xénia : http://www.editions-xenia.com/

Il a fondé, le 6 décembre 2015, ANTIPRESSE, une lettre de réflexion en ligne, accessible uniquement par abonnement (gratuit) : http://www.antipresse.net/

Son blog, Despotica : http://blog.despot.ch/

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Réflexion oiseuse

Pour mesurer la profondeur et la pérennité de l’infranchissable fossé qui sépare le vulgum pecus des zélites, il faut lire, du même Simenon-Shéhérazade, L’oranger des îles Marquises, petit chef d’œuvre de six pages qui a paru, en février 1936, dans le magazine Marianne (rééditions Omnibus, 1992 et 2014). Les faits qu’il y rapporte dataient de 1916. Rien n’a changé en cent ans. Rien. [N.d.GO]

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Principaux ouvrages de ces auteurs

Jean Bricmont

Avec Alan Sokal, Impostures intellectuelles, [ voir le détail des éditions], 1997.

Avec Régis Debray, À l’ombre des lumières : Débat entre un philosophe et un scientifique, Paris, Odile Jacob, coll. « Sciences », 2003.

Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?, Bruxelles, Aden, 2005, 2009 (2e édition), 304 p.

Avec Julie Franck, Chomsky, Paris, dans « les cahiers de l’Herne », 2007.

Avec Hervé Zwirn, Philosophie de la mécanique quantique, Vuibert, 2009

Avec Noam Chomsky, Raison contre pouvoir. Le pari de Pascal, Paris, L’Herne, Carnets, 2010.

La République des censeurs, Paris, L’Herne, 2014.

Noam Chomsky, activiste, Paris, Aux forges de Vulcain, 2014, 128 p.

Making Sense of Quantum Mechanics, Springer, 2016.

Avec Diana Johnstone, « Les deux faces de la politique américaine », in : L’empire en guerre, Paris, le Temps des Cerises, 2001.

« La fin de “La fin de l’histoire” » et « Questions aux “défenseurs des droits de l’homme” » in 11 septembre 2001, La fin de la « fin de l’histoire, Bruxelles, Aden, 2001, 65 p.

« L’espoir change-t-il de camp ? » in Mourir pour McDo en Irak, Bruxelles, Aden, 2004, 148 p.

Du bon usage de la laïcité, sous la direction de Marc Jacquemain et Nadine Rosa-Rosso, Bruxelles, Aden, 2008, 240 p.

« Déterminisme, chaos et mécaniques quantiques », in Les Matérialismes (et leurs détracteurs), Paris, Syllepses, coll. « Métériologiques », 2004, 86 p.

 

Bruno Guigue

Aux origines du conflit israélo-arabe : l’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, coll. « Questions contemporaines », Paris et Montréal, 1999, 145 p.,– Réédition, revue et augmentée : L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2002, 190 p.

Faut-il brûler Lénine ?, L’Harmattan, Paris, Montréal et Budapest, 2001, 144 p.

Économie solidaire : alternative ou palliatif  ?, L’Harmattan, coll. « Économie et innovation », Paris et Montréal, 2002, 79 p.

Les raisons de l’esclavage, L’Harmattan, coll. « Économie et innovation. Krisis », Paris, Budapest et Turin, 2002, 125 p.

Proche-Orient : la guerre des mots, L’Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », Paris, Budapest et Turin, 2003, 110 p.

 

Michel Raimbaud

Le Soudan dans tous ses états, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », 2012, 396 p.

Tempête sur le Grand Moyen-Orient, Paris, Ellipses Marketing, 2015, 576 p.

Les relations internationales en 80 fiches, Ellipses Marketing, coll. « Optimum », 2015, 320 p.

 

Slobodan Despot

Avec Pavie Ivic, Nikola Samardzic, Anne Yelen et Pierre Maurer, De l’imprécision à la falsification : Analyses de Vie et mort de la Yougoslavie de Paul Garde, Lausanne, L’Âge d’homme et Institut serbe de Lausanne, 1992.

La Signification du Kosovo dans l’histoire du peuple serbe, Lausanne, L’Âge d’homme, coll. « Atlantide-Europe » (no 1), 1999, 22 p.

Balles perdues : interventions, 1990-2002, Lausanne, L’Âge d’homme, coll. « Mobiles. Essais », 2002, 119 p.

Valais mystique, Vevey, Xenia, 2009, 112 p.

Valais mystique, Vevey, Xénia, 2014

Version audio, lue par l’auteur, comportant des textes inédits dans la précédente édition imprimée. Durée non connue. La couverture comporte la mention « 24 itinéraires spirituels ».

Oskar et les Minarets, Lausanne et Paris, Favre, 2010, 187 p.

Despotica : Modes d’emploi, (préf. Michel Maffesoli), Vevey, Xénia, coll. « Franchises » 2010, 174 p.

i-Mages [Slobodan Despot (« iPhonages ») et Oskar Freysinger (poèmes) (préf. Pierre Toutain-Dorbec)] Vevey, Xénia, 2011, 123 p.

Nouvelleaks : les chroniques du nouvelliste : 2010-2013, (préf. Bernie Constantin), Sion, Xénia, 2014, 141 p.

Le Miel : roman, Paris, Gallimard, coll. « Blanche », 2014, 126 p.


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Le 5e n’est pas de la bande, puisqu’il est palestinien et habite à Cambridge. Mais il répond à tous les autres critères. Lobbyiste d’honneur, donc…

 

La guerre en Syrie et la dislocation du monde arabe

Makram Khoury-MachoolArrêt sur Info 24 octobre 2012

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« Israël a la Syrie en ligne de mire. C’est donc elle, la Syrie, qui est actuellement punie, jusqu’à ce que dislocation s’ensuive. »

Le texte que nous vous présentons ici, rédigé en 2012 par l’éminent intellectuel Makram Khoury-Machool, demeure très utile. Nous avons décidé de le traduire. Khoury-Machool indique clairement, dès cette époque, les véritables raisons qui sont à l’origine de la guerre en Syrie. Il désigne, parmi les initiateurs, des agents d’influence œuvrant pour les intérêts d’Israël, comme Bernard-Henri Levy. Il désigne la France, qui a assumé cette politique pro israélienne agressive en s’alliant avec les monarchies du Golfe pour financer les groupes terroristes les plus hostiles à Damas. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, la position de la France demeure inchangée. Sa diplomatie se répand en appels incessants au renversement d’Assad tout en sachant que sa chute reviendrait à porter au pouvoir les coupeurs de têtes. [Silvia Cattori]

 

Les agissements du bloc anti-syrien aligné sur l’OTAN sont maintenant assez parlants pour nous permettre d’y voir plus clair dans ce qui se joue en Syrie. Nous avons d’un côté les acteurs politiques tels que le groupe « Friends of Syria ». (Amis de la Syrie) et, de l’autre, deux personnalités arabes, toutes deux ministres d’émirats du Golfe.

 

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BHL, Laurent Fabius, Bernard Kouchner.

 

Le premier groupe comprend les chefs d’État des pays de l’OTAN, avec un projet israélien à peine déguisé porté par des personnalités telles que Bernard Henri-Lévy. Ce sont des gens qui, plutôt que d’être des amis de la Syrie, travaillent incontestablement à la consolidation de leurs propres intérêts financiers en Syrie, autour d’elle, et à travers elle. Les deux politiciens arabes sont tous deux ministres des affaires étrangères, respectivement de l’Arabie Saoudite et du Qatar. Ils ont déclaré que les groupes radicaux qui combattent l’État syrien doivent être armés et financés. En résumé, ces réunions rassemblant des soi-disant « amis de la Syrie » ne sont sans doute pas autre chose qu’une « version moderne » des rassemblements organisés par le vice-roi Lord Curzon qui, en 1903, depuis son navire de la flotte royale anglaise, s’adressait aux « Chefs de la Côte arabe » à Sharjah.

 

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Le président Nicolas Sarkozy reçoit l’émir du Qatar, Hamad Ben Khalifa Al-Thani, le 1er septembre 2011 à l’Elysée. 

 

L’aide apportée aux « rebelles » par les Qataris et les Saoudiens consiste en armement, en argent utilisé pour payer soldats et mercenaires, et en une supervision logistique des attaques menées en Syrie. S’y ajoutent des services de télécommunications et des conseils militaires en tactique de combat et en stratégie. Bien entendu, les consultants militaires occidentaux qui opèrent en sous-main pour les groupes armés ne sont pas mentionnés par les médias. Des États voisins fournissent également une assistance géographique aux groupes armés : c’est le cas de la Jordanie, qui laisse passer les mercenaires arrivant de Libye, et de la Turquie qui sert de base d’opérations militaires au nord.

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Source : http://arretsurinfo.ch/la-guerre-en-syrie-et-la-dislocati…

15. Makram-Khoury-Machool.jpgLe Dr Makram Khoury-Machool, est né et a grandi dans l’ancienne ville portuaire de Jaffa, où il a vécu jusqu’en septembre 1999, date à laquelle il a émigré vers le Royaume Uni. En Angleterre, il a enseigné à la School of Oriental and African Studies (SOAS) à l’Université de Londres, à l’Université du Bedfordshire et à l’Université Anglia-Ruskin, de Cambridge. Il est professeur et  directeur de thèses  à l’Université de Cambridge (Churchill College) depuis 2003. Ceci n’est pas exhaustif. Wikipedia, qui est très loin d’être neutre, l’ignore totalement.

2. Petite chouette.gif

Mis en ligne le 26 octobre 2016

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,