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3 août 2021

Les grosses orchades, les amples thalamèges.. Littératures vagabondes – états d’âme à La Thalamège


05/07/2017

DE DIEGUEZ c/ DEBRAY

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« Si le cheval de Troie avait été une puce la présence des envahisseurs aurait été encore plus discrète… »

Fernando Arrabal

 

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À l’heure de l’américanisation du monde

La nouvelle trahison des clercs

 

1 – Le retour aux nations
2 – Les délices de la servitude
3 – A la recherche d’une définition de l’objectivité
4 – Intus, intus , equus troyanus
5 – Le cas de Sylvie Goulard,  » l’exfiltrée « 
6 – Caracalla
7 – La postérité de Julien Benda

 

1 – Le retour aux nations

En 1927, Julien Benda (1867-1956) publiait un essai retentissant qui sera réédité au lendemain de la Libération, en 1946, et qui allait se trouver traduit dans toutes les langues, La Trahison des clercs.

Benda haïssait les nations. Dans la multitude des États, il voyait une arène vouée au reniement des droits universels de l’esprit. Sitôt qu’un intellectuel trahissait sa vocation à chanter l’intemporalité du monde réel, il fallait en accuser le séculier et le profane.

Mais, en ce temps-là, Israël n’avait pas encore redécouvert la sacralité des patries. De plus, la décolonisation battait son plein. Une foule de petites nations se pressait aux portes du mythe nouveau, celui d’un temporel réhabilité à l’échelle planétaire. Naturellement, ce nouvel émiettement comblait d’aise l’empire américain. Quelle occasion inespérée pour lui d’étendre sa ramure ou de multiplier ses alluvions.

Certes, le repli de Julien Benda dans un monde idéal et soustrait au temporel crevait les yeux. Mais sitôt qu’Israël a retrouvé le statut officiel d’une nation, cet État s’est revendiqué les ambitions territoriales et l’identité collective viscéralement conjointes à la définition même des États. Que dirait Benda aujourd’hui ?

 

2 – Les délices de la servitude

Cependant, la question de fond posée par La Trahison des clercs est demeurée d’une grande actualité. Car il faut maintenant se demander si la nouvelle trahison des clercs ne serait pas de tourner subitement le dos au mufle de l’histoire et de renoncer purement et simplement à poursuivre le combat aux côtés des États.

C’est ainsi que Régis Debray se calfeutre maintenant dans un renoncement et dans une forme nouvelle de désertion du champ de bataille qui lui font écrire que « l’Européen otanisé ne manque pas de motifs circonstanciés pour s’adapter au monde tel quel est selon le principe : “On a toujours raison de ne pas se révolter” ». (Civilisation, Gallimard 2017. p.216) Il ajoute tranquillement que « nous ne sommes ni occupés, ni vaincus ». (Ibid., p.204). C’est oublier les cinq cents garnisons américaines qui quadrillent et occupent l’Europe.

Après l’énoncé d’une telle contre-vérité, le guerillero, désabusé, se contente de constater et même de justifier le vichysme politique des Européens : « Contester l’ordre établi exige des ressources morales et psychologiques que seule peut procurer une conviction religieuse profondément ancrée (…) voire une mystique nationale. Nous, Européens, avons déjà donné. (…) La négociation a minima vins/fromages correspond mieux à l’état de nos forces morales. » (Ibid., p. 216)

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3 – A la recherche d’une définition de l’objectivité

Pour élucider la question soulevée par Julien Benda, observons comment les Tite-Live et les Tacite y ont répondu, car le problème de la trahison des clercs est de tous les temps. L’empire romain passait à ses propres yeux pour un monde idéal. Mais, dans le même temps, Tite-Live se montre exigeant face au devoir propre à l’historien et, sur ce plan-là, il prend plusieurs longueurs d’avance sur Tacite. Car l’auteur des Annales savait fort bien qu’on ne dirige pas un empire dans l’esprit d’un honnête sénateur romain du temps de Cincinnatus et de sa charrue. De même, on ne dirige pas cinq cent millions d’Européens avec des régiments de fonctionnaires.

Certes, Tacite prétendait écrire sine ira et studio – sans colère et sans esprit de parti – mais il ne s’étendait pas sur la faiblesse d’un Marc-Aurèle, qui n’avait pas empêché l’empire de tomber entre les mains de son fils Commode, le conducteur de chars et le tyran issu des relations de son épouse avec un gladiateur, tandis que Tite-Live décryptait en hyper réaliste, comment les sénateurs romains avaient froidement assassiné leur roi Numa Pompilius, puis avaient imaginé de le faire descendre du haut des nues afin de lui faire chanter la gloire future de Rome et son expansion à la terre entière.

Tantôt l’examen par Tite-Live de la décadence des Gallo-romains dans l’empire le ferait accuser de racisme encore de nos jours, tantôt il analysait d’une plume acérée et sereine l’influence du climat sur l’âme fruste et féroce des Gaulois d’autrefois, auxquels les Romains vaincus lors de l’invasion de Brennus en 390 avant notre ère avaient payé un tribut en or massif.

Tel est le contexte dans lequel un Julien Benda d’aujourd’hui poserait crûment la question de savoir si les intellectuels français d’aujourd’hui sont coupables de trahison à l’égard de leur patrie.

 

4 – Intus, intus, equus troyanus

Intus, intus, equus troyanus. Il est en vous, il est en vous le cheval de Troie, s’écriait Cicéron face aux sénateurs qui entendaient livrer la République à Catilina.

Qu’en est-il de nos jours de la trahison des clercs de France ? Pourquoi gardent-ils un silence complice face à l’occupation de l’Europe entière par cinq cents bases militaires américaines incrustées de Ramstein à Sigonella et de Bruxelles aux frontières de la Roumanie, et cela vingt-six ans après la chute du mur de Berlin, qui a reconduit la Russie à l’économie de marché et a rendu grotesque la pseudo menace militaire mondiale de l’ex-empire des tsars ?

Qu’en est-il de la trahison des clercs de France à l’heure où le peuple allemand descend dans la rue pour dénoncer la trahison du Parlement européen ? En effet, ce Parlement a osé signer avec le Canada, un vassal inconditionnel des États-Unis, un accord commercial qui autorise les grandes entreprises américaines cachées derrière le paravent du Canada, d’attaquer en justice toute nation du Vieux Monde dont la politique nuirait aux intérêts du consortium américano-canadien ?

Qu’en est-il de la trahison des clercs d’Occident, quand il crève les yeux que le Parlement européen se livre à une titanesque mascarade et fait sottement étalage de sa vertu au nom des « principes universels du libre-échange » ? On tente ainsi de cacher au peuple que la question préalable de constitutionnalité, devrait s’appliquer au contenu du Traité de Lisbonne, tellement il est évident que les constitutions prétendument démocratiques des États européens ressortissent à une trahison pure et simple de la souveraineté des États. En effet, elles légalisent l’occupation éternelle des nations par les forces militaires de l’empire américain caché sous le parapluie de l’OTAN.

Qu’en est-il de la trahison des clercs d’Occident qui gardent un silence embarrassé, mais assourdissant, face aux menaces bancaires d’un empire décidé à affaiblir ses vassaux, auxquels il tente d’interdire la construction du North Stream II – gazoduc pourtant indispensable à leur économie ?

Qu’en est-il de la trahison des clercs d’Occident qui ne se révoltent pas de ce que le puissant ministre de l’économie allemande, Wolfgang Schaüble, s’abaisse à supplier l’empire américain de continuer à dominer l’Europe ?

Qu’en est-il de la trahison des clercs d’Occident lorsque la pâle ministre des affaires étrangères européennes, Federica Mogherini, s’aligne sur l’injonction américaine de reconduire automatiquement les « sanctions » absurdes contre la Russie, pour cause de non-respect des « accords de Minsk » par le régime ukrainien ?

Le cheval de Troie est bel et bien dans les têtes.

 

5 – Le cas de Sylvie Goulard, « l’exfiltrée »

On attend des intellectuels européens asservis au joug et au sceptre du Pentagone, non seulement l’objectivité de Tite-Live et à un moindre degré celle de Tacite, mais du moins celle d’un Quinte-Curce ou d’un Suétone. En effet, on peut lire chez Quinte-Curce comment les chefs militaires terrorisaient la troupe : on comptait dans l’armée des astronomes égyptiens qui épouvantaient la piétaille romaine à lui exposer les terribles bouleversements du cosmos qui allaient résulter de leur indiscipline, tellement les astres outragés allaient se venger. Chez Suétone, on apprenait comment Galba avait tenté de faire succéder à son propre règne celui du « vertueux Pison ». Mais l’auteur nous informe également de ce que Galba était un homosexuel fervent et de ce que Pison n’était autre que son amant.

De nos jours, la trahison des clercs est devenue protéiforme et diffuse au point d’innerver la planète entière de ses faux-fuyants, de ses subterfuges et de ses mascarades. Il est impossible aujourd’hui de cerner le concept de « trahison des clercs » sans constater que cette trahison compénètre les rouages des États et toute la vie politique des nations européennes, et cela sous les dehors mêmes d’un machiavélisme de garderie d’enfants.

Quand Mme Sylvie Goulard, nommée Ministre des armées dans le premier gouvernement d’Emmanuel Macron, avoue qu’elle touchait dix mille dollars par mois pour promouvoir les vues du Pentagone sur l’Europe asservie, le Journal du dimanche pourra bien faire connaître ces faits au corps électoral du « peuple souverain », mais vous ne verrez aucun quotidien et vous n’entendrez aucune radio et aucune télévision, répercuter la nouvelle et s’en indigner.

Du reste, il n’existe aucune autorité pénale européenne devant laquelle Sylvie Goulard pourrait se trouver citée à comparaître pour haute trahison, puisque, dans ce cas, ce serait toute l’intelligentsia politique et médiatique, ainsi que toute la classe dirigeante de l’Europe qui auraient à répondre de leurs actes.

 

6 – Caracalla

Alors que jusqu’en 212, la citoyenneté romaine n’était accordée qu’aux habitants de la péninsule et des colonies, à partir de cette date le droit de cité romain fut accordé à tous les hommes libres de l’Empire. Cette initiative généreuse en apparence visait en principe à l’unité morale de l’empire romain, mais elle fut une des causes de la dissolution de la citoyenneté et de l’affaiblissement de l’armée, parce qu’après l’édit de Caracalla, la citoyenneté romaine, qui était obtenue après vingt-cinq ans de service dans les troupes auxiliaires n’attirait plus personne. De même les États-Unis n’arrivent plus à recruter suffisamment de citoyens volontaires et accordent la nationalité américaine aux immigrés qui s’engagent à servir dans son armée.

La citoyenneté européenne, quant à elle, est d’autant plus fictive qu’elle crée une apparence de souveraineté politique fondée sur une Europe polyglotte et qui n’a jamais connu d’unité à l’échelle internationale. Du reste, une prétendue citoyenneté européenne ne retire la citoyenneté nationale à personne et demeure aussi strictement virtuelle que la citoyenneté romaine du juif Paul de Tarse, devenu Saint Paul.

Aussi longtemps que cette Europe pseudo politique et seulement nominale ne secouera pas le joug de Washington, et ne rejettera pas d’un geste rageur les « subtils parfums faisandés » (Debray, Civilisations, p. 229) de la démission et des jouissances « esthétiques » (Ibid., p. 228) nombrilistes, il ne sera question que d’une ombre de politique du Vieux Monde face au vainqueur de 1945, et d’une irrésistible progression de l’américanisation de notre astéroïde fondée sur le lâche consentement des États autrefois souverains et de leurs clercs médiatisés.

Car les héros fatigués chérissent désormais les délices que les décadences leur procurent. Le dernier chapitre de l’ouvrage de Régis Debray op. cit. est d’ailleurs intitulé Pourquoi les décadences sont-elles aimables et indispensables ? Impossible, dit Debray, d’arrêter « les glissades le long du toit, les douces mises en veilleuse » de l’Europe américanisée. Et puis, pourquoi se révolter alors que « les crépuscules donnent du talent et que les viandes un peu faisandées, juste avant de se décomposer, libèrent de subtils arômes » ? (Ibid. p.229)

Jouissons donc du « bouillonnement créateur » que nous permet aujourd’hui notre avachissement politique et notre soumission à l’empire.

La conclusion de l’ouvrage de Régis Debray enfonce le clou : « Qui a dit que sortir de l’histoire oblige à broyer du noir ? Bien au contraire : ces périodes fastes et conclusives sont celles où la mélancolie du cœur n’empêche pas la gaieté dans l’esprit; où l’art de vivre est si loin poussé que certains peuvent vivre de l’art et pour lui; (…) où les convictions perdent leur force aveuglante.(…) Décadence, dira l’un, libération dira l’autre… » ( Op. cit., pp. 230-231)

Je ne m’attendais pas à cet ultime aboutissement de mes relations avec Régis Debray, qui date de la parution de mon Dieu est-il américain ? en 1957.

 

7 – La postérité de Julien Benda

Décidément la postérité de Julien Benda est immense, parce que toute anthropologie réellement scientifique et philosophique est appelée à regarder l’animal rationale de l’extérieur. Or, cette extériorité est précisément celle qui permettra de rédiger une histoire de la trahison des intellectuels des origines à nos jours. Intus, intus, equus troyanus : ce sont les intellectuels qui, à l’aube de l’humanité, ont projeté le masque de leurs dieux dualistes sur le cosmos.

Pour dresser un bilan à l’heure de la pause estivale, j’ajouterai seulement que le balancier du temps a basculé pour longtemps du côté du capital et qu’il faudra découvrir un socialisme de la justice afin de réapprendre que les sociétés humaines sont fondées, hélas, sur un abîme entre ce qui serait juste et ce qui demeure permis.

La pause estivale durera jusqu’à la fin du mois d’août.

J’étudierai alors ce qui se passe à l’heure où il devient ridicule de perdre son temps à nier l’existence de personnages fantastiques qui se cacheraient en divers endroits du cosmos. Les dieux d’hier enseignaient à leurs fidèles à se regarder dans les miroirs qu’ils leur tendaient. Aujourd’hui, l’heure est venue d’observer ce que les discours attribués à des personnages imaginaires nous enseignent qui nous sommes.

Le 7 juillet 2017

Source : http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024…

 

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L’art de la guerre

Drapeau USA sur les Trois mers de l’Europe

Manlio DinucciIl Manifesto4 juillet 2017

Traduction : Marie-Ange Patrizio

 

Ce sera un triomphe pour le président Trump quand, le 6 juillet, il arrivera en visite à Varsovie. La Pologne, assure la Maison Blanche, est un « fidèle allié OTAN et un des plus proches amis de l’Amérique ». En effet elle est le fer de lance de la stratégie USA/OTAN qui a entraîné l’Europe dans une nouvelle guerre froide contre la Russie. En Pologne, où a été transférée en janvier la 3ème

Brigade blindée USA, est basé en fonction anti-Russie, sous commandement étasunien, un des quatre groupes de bataille OTAN « à présence avancée renforcée ».

La Pologne a aussi le mérite d’être un des quatre pays européens de l’OTAN qui ont réalisé l’objectif, requis par les USA en 2014, de dépenser pour le militaire plus de 2% du PIB. En compensation, annonce Varsovie, la Pologne ne contribuera pas au « Fonds pour la défense » lancé par l’Union européenne le 22 juin.

La Pologne du président Duda a ainsi aux yeux de Washington tous les papiers en règle pour assumer une autre charge importante, celle de lancer et conduire l’« Initiative des trois mers », un nouveau projet qui réunit 12 pays compris entre Baltique, Mer Noire et Adriatique : Pologne, Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, Tchéquie, Autriche, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Slovaquie et Slovénie. Tous membres de l’UE, raison pour quoi le président Duda définit l’Initiative comme « un nouveau concept pour promouvoir l’unité européenne ».

 

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Mais ces pays sont en même temps, tous sauf l’Autriche, membres de l’OTAN sous commandement USA, plus liés à Washington qu’à Bruxelles.

L’« Initiative des trois mers » sera portée sur les fonds baptismaux par le président  Trump, à la conférence qui se tiendra à Varsovie le 6 juillet, mais elle a été conçue par l’administration Obama. Elle a été annoncée le 25 août 2016 avec la Déclaration conjointe de Dubrovnik, qui la présentait comme une initiative visant à « connecter les économies et les infrastructures de l’Europe centrale et orientale du Nord au Sud, en étendant la coopération dans les secteurs de l’énergie, des transports, des communications digitales et en général de l’économie ». Objectif officiel : « rendre l’Europe centrale et orientale plus sûre et compétitive ». Cela, les USA vont s’en occuper.

Dans son discours à la Conférence des Trois mers, annonce la Maison Blanche, le président Trump « se concentrera sur le développement des infrastructures et sur la sécurité énergétique, en mettant en évidence notamment les premières expéditions de Lng (gaz naturel liquéfié) américain à la Pologne rapidement dans le mois qui vient ». Un terminal dans le port baltique de Swinoujscie, qui a coûté environ un milliard  de dollars, permettra à la Pologne d’importer du Lng étasunien pour une quantité de l’ordre de 5 milliards de mètres cubes annuels, expansibles à 7,5.

Par ce terminal et quelques autres, dont un programmé en Croatie, le gaz provenant des USA, ou d’autres pays par l’intermédiaire de compagnies étasuniennes, sera distribué par des gazoducs ad hoc à toute la « région des Trois mers ».

L’objectif du plan est clair : frapper la Russie en faisant tomber son export de gaz en Europe (objectif réalisable seulement si l’export de gaz USA, plus cher que le russe, est stimulé par de fortes subventions d’état) ; lier encore plus aux USA l’Europe centrale et orientale non seulement militairement mais économiquement, dans une concurrence avec l’Allemagne et d’autres puissances européennes ; créer à l’intérieur de l’Europe une macro-région (celle des Trois mers) à souveraineté limitée, directement sous influence étasunienne, qui casserait de fait l’Union européenne et s’élargirait à l’Ukraine et au-delà.

La carte politique de l’Europe est sur le point de changer, mais la bannière étoilée y reste plantée.

Edition de mardi 4 juillet 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/sui-tre-mari-delleuropa-bandiera-u… 

 

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LA GRÈCE ALLIÉE D’ISRAËL

http://comaguer.over-blog.com

Bulletin n° 347- semaine 27 – 2017

 

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Les grandes manoeuvres pour l’exploitation et la commercialisation du gaz naturel de méditerranée orientale (voir nos bulletins n° 334 et 346) se poursuivent. La Grèce qui, du temps du Pasok, était un ferme soutien des palestiniens n’est plus la même sous Syriza.

En effet s’est tenue à Thessalonique, seconde ville de Grèce, une réunion au sommet de la Grèce (Tsipras, Premier ministre), de Chypre (Anastasiadies, Président de la République) et d’Israël, Netannyahou, Premier ministre). Le gaz naturel était un des principaux points à l’ordre du jour, si ce n’est le principal. L’objectif stratégique est inchangé : assurer la partie la plus large possible de l’approvisionnement futur de l’Union Européenne dans ce qui sera l’énergie dominante dans le monde d’ici une trentaine d’années et dont l’UE est dépourvue.

L’UE soucieuse de diminuer sa dépendance au gaz russe est trop heureuse de soutenir deux de ses États membres et un État quasi membre (Israël) dans un grand projet de gazoduc sous marin traversant les eaux territoriales de ces 3 États et aboutissant en Sicile ou en Italie du Sud. Le premier gisement israélien (Tamar) commence à être exploité, le second, plus vaste (Léviathan) va suivre, les recherches bien entamées dans les eaux chypriotes sont très prometteuses et les eaux grecques pourraient l’être. L’alliance bénie par Bruxelles se noue donc entre un vendeur sûr (Israël), un vendeur probable et en même temps transporteur percevant des droits de passage du gazoduc (Chypre) et un vendeur possible et certain de percevoir des droits de passage du gazoduc (Grèce). Le fait qu’Exxon, la principale multinationale US de l’énergie et d’où est issu l’actuel secrétaire d’État US, Tillerson, soit un des principaux acteurs des recherches dans les eaux chypriotes accentue le caractère de projet capitaliste euro atlantique majeur du gazoduc.

Deux adversaires à ce grand jeu : l’adversaire permanent la Russie avec ses deux « bras armés énergétiques » : Gazprom et Rosneft et un autre plus inattendu la Turquie.

La Turquie ne produit aujourd’hui ni pétrole ni gaz naturel, mais il n’est pas impossible que si elle entreprenait des recherches au large de ses côtes méditerranéennes elle découvre, elle aussi, des gisements de gaz sous marin comme Israël, Chypre et l’Égypte en attendant le Liban la Palestine et la Syrie (voir notre précédent bulletin 346).

Mais se pose alors un énorme problème de droit international, celui de la Turquie.

Pour deux raisons : la première est que depuis 1974 la Turquie occupe militairement la partie nord de Chypre où elle a installé un État fantoche reconnu par elle seule. Malgré ce et avec un entêtement et une brutalité dont le président Erdogan fait preuve sur tous les sujets, la Turquie, dés l’annonce de recherches gazières sous marines prometteuses dans les eaux chypriotes, a annoncé qu’elle ne reconnaissait pas l’existence d’eaux de la ZEE de la République de Chypre puisque la Turquie n’a pas signé la Convention internationale sur le droit de la mer. Joignant le geste à la parole elle n’a même pas hésité à envoyer un navire de guerre dans les eaux de la ZEE chypriote pour entraver les premiers travaux de forage sous-marin. Résultat : la République de Chypre a couru se mettre sous la protection militaire d’un Israël qui bien que lui aussi non signataire de la Convention Internationale sur le droit de la mer est trop content de l’aubaine qui lui donne un droit concret de protection du futur gazoduc dans son parcours chypriote et concrétise l’imbrication des intérêts gaziers des deux pays que la rencontre de Thessalonique vient simplement de confirmer.

La seconde raison concerne les relations de voisinage complexes de la Grèce et de la Turquie en matière de droit de la mer. Bien que signataire de la Convention internationale sur le droit de la mer la Grèce se trouve dans une impasse diplomatique et juridique vis-à-vis de la Turquie voisine puisque celle-ci n’est pas tenue d’accepter les procédures de règlement des différends entre États maritimes voisins établies par la Convention Internationale. Elle a donc adopté une position très prudente limitant ses eaux territoriales à une distance de 6 miles marins et s’abstenant de définir sa Zone économique exclusive face à la Turquie.

Considérant qu’aucun consortium capitaliste international n’est prêt à prendre le risque d’investir plusieurs dizaines de milliards d’euros dans la pose d’un gazoduc sous marin dont le statut serait contesté par la Turquie il faut s’attendre à ce que le projet ait de grandes difficultés à aboutir. Ce blocage ne pourrait être levé que si la Turquie et Israël adhéraient tous les deux à la Convention sur le droit de la mer et se soumettaient ainsi au système de délimitation des eaux territoriales et des ZEE qu’elle a institué et garantit. Il s’agirait en fait d’un véritable bouleversement du droit international puisque la politique d’Israël en la matière est de s’aligner sur la maître impérialiste : les États-Unis qui, eux non plus, n’ont pas signé la Convention internationale sur le droit de la mer et continuent à considérer le droit international comme une entrave à leur liberté envahissante et à se comporter comme si la force allait continuer encore longtemps à en tenir lieu. Ils tiennent avec la Turquie et Israël deux émules bien encombrantes pour la communauté des nations et pour la paix du monde.

Pourtant il y a urgence. En effet les dernières annonces officielles en provenance de Moscou et d’Ankara font état de l’accord définitif de la Turquie pour la construction d’un second gazoduc sous marin dans la Mer Noire – South Stream – approvisionnant au passage la Turquie et se prolongeant vers la Grèce et de là vers le reste de l’Union européenne. Ce projet est beaucoup plus avancé que son concurrent et la pose du gazoduc pourrait commencer très rapidement. Aucun problème de droit de la mer : il y accord entre les deux riverains de la Mer Noire concernés : Russie et Turquie et le court passage sous les détroits se ferait en territoire turc. La prolongation vers l’UE suppose l’accord de la Grèce qui se trouve ainsi face à un choix entre deux projets : le russo-turc d’un côté prêt à être réalisé, l’israélo-chypriote de l’autre face aux difficultés politico-juridiques évoquées. Nul doute que le l’UE a des préférences pour le second et qu’elle pourrait interdire à la Grèce qu’elle maltraite en permanence de laisser passer le SOUTH STREAM. Pour montrer la totalité des pièces sur cet échiquier énergétique international il est notable que le nouveau secrétaire général de l’’ONU montre beaucoup d’intérêt et consacre beaucoup de temps au dossier de réunification chypriote dont l’ONU ne se préoccupait plus depuis l’échec du plan Annan en 2004. Gageons que sa préoccupation première n’est pas la réunification de Chypre, mais bien le soutien des vendeurs de gaz non russes et la sécurité des poseurs de tuyaux sous-marins.

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INFORMATION URGENTE

5 juillet 2017Actualité

 

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Le Bureau du procureur (*) de Philadelphie s’obstine toujours à ne pas fournir tous les documents prouvant l’implication permanente du juge Castille dans les procédures judiciaires ayant abouti à la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal.

Le 28 avril le juge Tucker de la Cour de Common Pleas de Philadelphie a ordonné au Bureau du procureur de Philadelphie de fournir tous les documents sur l’ancien procureur de Philadelphie Ron Castille prouvant ses implications dans la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal.

Le 30 mai dernier le Bureau du procureur n’avait toujours pas obtempéré à l’injonction du juge, ne fournissant que des documents déjà rendus publics.

Ce jugement fait suite à une décision de la Cour Suprême des Etats-Unis faisant jurisprudence (Williams v. Pennsylvania) qui statue qu’un juge doit se démettre des dossiers dans lesquels il a précédemment été partie prenante. Ronald Castille était l’adjoint du procureur lors du procès d’Abu-Jamal en 1982 et procureur de Philadelphie quand ses appels ont été rejetés en 1988.

Les avocats d’Abu-Jamal ont par deux fois déjà demandé à Castille de se récuser quand les recours d’Abu-Jamal ont été déposés en appel. Il a toujours refusé.

Le 22 juin dernier les avocates de Mumia, Christina Swans et Judith Ritter ont à nouveau déposé un recours pour obtenir « tous les documents juridiques et les enregistrements dont dispose le bureau du procureur de Philadelphie relatifs à l’implication de l’ancien procureur Ron Castillle dans le cas de Mumia Abu-Jamal » (Commonwealth of Pennsylvania v. Mumia Abu-Jamal A/K/A/ Wesley Cook).

(*) Le procureur de Philadelphie, Seth Williams, en prison !

Dans un jugement qui a surpris tout le monde, le jeudi 29 juin, le procureur principal de Philadelphie Seth Williams vient de plaider coupable dans un procès  pour  corruption et de pots de vin (29 délits retenus).  Il a dû immédiatement démissionner de son poste et a été aussitôt emprisonné.

Le juge fédéral Paul Diamond dit ne pas faire confiance à Seth Williams pour se présenter le 24 octobre, jour où la peine sera prononcée et a donc ordonné qu’il soit immédiatement emprisonné. Il a quitté le tribunal menottes aux mains. Le juge Diamond se dit atterré par les  preuves fournies aux jurés pendant ce procès et sa conclusion est que Williams « a vendu le bureau de procureur ».

> Pour une information complète

Source : http://mumiabujamal.com/v2/category/actualite/

 

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Des raisons d’espérer au moins pour certains ?

Sinours

Observatus Geopoliticus – Chroniques du Grand jeu

5 juillet 2017

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Le maître du Kremlin n’avait pas tort lorsqu’il évoquait fin avril le « niveau sans précédent des relations sino-russes », que de son côté Xi Jinping considère à « un plus haut historique et un modèle entre grandes puissances ». De fait, si les rapports entre les deux pays ont parfois connu des moments difficiles pendant la Guerre froide, le rapprochement depuis le début du XXIème siècle, et particulièrement depuis 2013, est colossal.

La visite du président chinois à Moscou – la 22ème rencontre (!) entre Poutine et Xi depuis cinq ans – a été l’occasion de pousser encore plus avant la symbiose entre les deux poids lourds de l’Eurasie, ce dans à peu près tous les domaines. D’où ils sont, McKinder et Spykman doivent en pleurer de rage…

Lire la suite…

Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/07/sinours.html

 

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