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21 septembre 2019

pourquoi cette invitation de Macron à Poutine ?


Billet en passant :
Karine Bechet-Golovko

Mardi 20 août 2019

Le président russe, Vladimir Poutine, est attendu aujourd’hui au Fort Brégançon pour un entretien avec Emmanuel Macron. Au-delà du fait même que la rencontre ait servi de fondement à une nouvelle vague russophobe dans les médias français, il est logique de s’interroger sur son opportunité: est-ce la bonne date et que peut-il en sortir ?

Pour soutenir l’importance – a priori – de cette rencontre entre Macron et Poutine, les commentateurs soutiennent que, en soi, le fait que les Chefs d’Etats discutent, est une bonne chose, c’est la diplomatie, que les relations entre la France et la Russie n’ont jamais été aussi mauvaises depuis, voire même à l’époque de la guerre froide. Rappelons toutefois que les relations diplomatiques entre la France et la Russie continuent, que Macron et Poutine se sont déjà rencontrés souvent depuis de début du mandat présidentiel de Macron, que le Président russe a été immédiatement invité dès la prise de fonctions du Président français, que Macron fut l’invité privilégié du Forum de St Pétersbourg, qu’il est allé soutenir l’équipe de France de foot en Russie, etc.

Et les relations sont toujours aussi mauvaises, il n’est pas question de remettre en cause les sanctions économiques, la russophobie médiatico-politique se porte à merveille, la France n’a pas fait bougé d’un iota sa position internationale exclusivement pro-atlantiste envers et contre tout. Contre le bon sens et envers ses intérêts nationaux. Donc la répétition mécanique de rencontres ne permet pas tout aussi mécaniquement l’amélioration de relations entre les pays.

Une rencontre en soi n’est ni bonne, ni mauvaise. Cela dépend de ce que l’on entend en faire, des buts politiques qui sont poursuivis de part et d’autre. Côté français, la situation est assez claire. Macron a besoin, en pleine crise intérieure, de redorer son image à l’international, surtout après la tension des relations avec différents leaders importants pour la France, comme les Etats-Unis et l’Allemagne. Mais justement aussi à cause de cela, le poids international de la France est en chute libre et elle ne peut plus significativement peser  sur la résolution de beaucoup de crises. Indépendamment de cela, même si la France avait le début d’une miette de volonté politique propre, il n’est pas certain qu’à ce jour elle ait les moyens de la mettre en œuvre.

Certes, Macron peut discuter avec Poutine de l’Iran, des traités militaires liant les Etats-Unis et la Russie, du Venezuela ou même de la Syrie. Ils peuvent parler. Mais quelle importance cela aura sur la résolution de ces crises ? Ces conflits sont plus ou moins directement liés au rapport de forces russo-américain, où ni la France, ni l’UE ne pourront avoir une influence réelle en tant qu’intermédiaire. Elles ne peuvent qu’être des pions placés sur un échiquier, dont elles ne maîtrisent pas la configuration. La seule position rationnelle pour la France serait de soutenir la Russie dans ces conflits, afin de participer à la restriction de la domination atlantiste, qui conduit la communauté internationale dans une impasse, puisque, comme nous le voyons, aucun conflit ne peut être aujourd’hui définitivement résolu.

Et le fait que cette réunion de travail soit organisée avant le G7 n’y change rien. Macron ne portera pas les intérêts de la Russie à ce sommet, n’en apparaîtra pas plus fort. Quant à la Russie, en venant en France quelques jours avant la tenue d’un sommet dont elle a été écartée, sa position est en soi affaiblie.

Malheureusement, le seul domaine dans lequel Macron peut avoir du poids est principalement en ce qui concerne la légitimation du nouveau Président ukrainien, Zelensky. En se transformant en lobbyiste des intérêts américano-ukrainiens afin de réintroduire la Russie dans cette farce de pourparlers, comme ce fut le cas lors de l’instauration du Format Normandie avec Porochenko. A ce jour, Poutine a, à juste titre, gardé ses distances face à Zelensky, Macron a pour mission de casser cette ligne politique incommode pour l’Occident atlantiste. Sans oublier aussi la question du « régime » russe, dit répressif, suite aux manifestations téléguidées depuis les chancelleries occidentales. Ce sont finalement les sujets classiques … et secondaires.

Pourquoi cette invitation de Macron ? Finalement, sur le fond, il ne peut agir que sur peu de sujets, mais dans un monde de comm, il doit créer une illusion.

Pourquoi cette acceptation ? La Russie semble toujours aveuglée par l’image d’une France qui n’est plus. Mais nous en saurons plus lors de la conférence de presse.

 

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Source : Russie Politics
http://russiepolitics.blogspot.fr/…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,