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25 mai 2020

Le chef du Pentagone dément le retrait des États-Unis en Irak


Une lettre signée du commandant américain en Irak annonçait le retrait des troupes américaines du pays.

Bryan Woolston / Reuters
L’armée américaine annonce à l’Irak qu’elle va se retirer du pays (photo d’illustration de militaires en Caroline du Nord le 5 janvier)

ÉTATS-UNIS – Imbroglio militaire. Ce lundi 6 janvier, le chef du Pentagone a démenti le retrait des États-Unis en Irak, quelques instants seulement après la publication dans les médias d’une lettre du commandant des opérations militaires américaines en Irak qui annonçait la nouvelle.

Dans une lettre dont l’AFP a pu consulter une copie, l’armée américaine avait indiqué lundi soir au numéro deux du commandement militaire irakien “repositionner” les forces de la coalition antijihadistes dans le but d’“un retrait de l’Irak de manière sécurisée et efficace”. La lettre était signée du général William H. Seely, commandant des opérations militaires américaines en Irak et son authenticité a été confirmée à l’AFP par deux responsables militaires américain et irakien.

Toutefois, cette information a été immédiatement démentie par Mark Esper, chef du Pentagone. “Aucune décision n’a été prise de quitter l’Irak. Point”, a déclaré à la presse le ministre américain de la Défense. “Cette lettre ne correspond pas à notre état d’esprit aujourd’hui”, a-t-il ajouté. Le document, authentique, a été envoyé “par erreur”.

“C’était un projet (de lettre) non signé”, envoyé à quelques leaders militaires irakiens parce que les mouvements de troupes américaines en Irak se sont accrus ces derniers jours, a expliqué à la presse le général Milley. “C’est une erreur commise en toute bonne foi”.

La missive disait “respecter la décision souveraine” du Parlement irakien, au lendemain d’un vote exhortant le gouvernement à expulser les troupes étrangères du pays après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de l’homme de l’Iran en Irak, Abou Mehdi al-Mouhandis, vendredi à Bagdad.

La longue présence américaine en Irak

Les États-Unis comptaient 5200 soldats en Irak, jusqu’à l’arrivée la semaine dernière de plusieurs centaines d’autres pour protéger l’ambassade dans la Zone verte -un quartier ultrasécurisé de Bagdad-, attaquée mardi par des milliers de pro-Iran. Depuis fin octobre, des dizaines de roquettes ont visé des soldats et des diplomates américains.

Face à la montée des tensions, Washington avait annoncé récemment le déploiement de 3000 à 3500 soldats supplémentaires dans la région, “très probablement” pour en envoyer une partie en Irak, selon un responsable américain.

Lundi, le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a reçu l’ambassadeur américain Matthew Tueller, selon son bureau. Abdel Mahdi a insisté sur “la nécessité de travailler ensemble pour retirer les forces étrangères d’Irak comme l’a réclamé le Parlement pour repartir sur de bonnes bases avec les États-Unis”, selon son bureau.

Les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003 puis l’ont occupé jusqu’en 2011. Au plus fort de cette occupation, jusqu’à 170.000 soldats américains étaient postés dans le pays. Le 8 décembre 2011, les derniers militaires américains ont quitté l’Irak. Plusieurs milliers sont ensuite revenus en 2014 dans le cadre de la coalition anti-EI.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,