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1 juin 2020

Les Grosses Orchades, les Amples Thalamanèges


 

 

 

 

 

 

 

SUITE…

 

On ne vous l’a pas soumis hier parce qu’il est d’aujourd’hui,  mais sa lecture intégrale s’impose :

 

 

 

La décomposition des USA s’accélère : sous-traitance des « changements de régime »

 

Francisco Dominguez – Entelekheia – 15.5.2020

 

Paru sur Public Reading Rooms UK sous le titre US imperialism’s decomposition accelerates: outsourcing ‘regime change’

 

Traduction et note d’introduction Corinne Autey-Roussel pour Entelekheia
Illustration : Latuff

 

 

 

 

Avant-hier, nous avons posté un article selon lequel le dernier coup d’État raté du Venezuela semblait trop bancal pour avoir été le fait des USA. Pour Scott Ritter, l’auteur, les conditions créées par l’abandon de forces anti-Maduro aux frontières du pays après le coup d’État raté précédent avaient suffi à aiguiser l’appétit d’un chasseur de prime, Jordan Goudreau, qui s’était fait fort, avec quelques complices, de former et d’entraîner ces hommes abandonnés à leur sort par les USA dans l’espoir de prendre Caracas et de remporter le gros lot, 212 millions de dollars ajoutés à la prime de Washington offerte pour la tête de Maduro (15 millions de dollars). Il aurait donc agi en franc-tireur, avec pour principal allié Juan Guaido. La théorie est plausible, mais quelques éléments peuvent l’affaiblir. Par exemple, comment se fait-il que Goudreau ait suivi presque à la lettre la feuille de route-type des coups d’État américains en Amérique Latine ?

Le texte qui suit incrimine les USA. Comme on le verra, cette théorie est encore plus plausible, avec même de nouveaux éléments des plus convaincants, mais elle suggère une dégradation telle des capacités des Américains actuels en matière de conception et de mise en œuvre de coups d’État – une « politique étrangère » dont ils sont pourtant experts – que les bras nous en tombent. L’invasion de la Baie des Cochons, pourtant délibérément promise à la catastrophe (la CIA ayant volontairement planifié un ratage pour obliger Kennedy à une intervention militaire américaine de grande échelle à Cuba au prétexte de « sauver les insurgés en danger »), avait nettement plus de chances de réussir que l’« Opération Gedeon » de Goudreau, avec ses allures de mauvaise série télé hollywoodienne.

Comme nous le disions avant-hier, où est la CIA d’antan ?

 

 

Le 3 mai dernier, une bande de mercenaires menée par des soldats de fortune américains de type Rambo, a tenté de débarquer dans la ville côtière de Macuto, dans l’État de La Guaira, sur la côte caraïbe du Venezuela, dans le cadre d’une opération dite « Gedeon ».

 

 

Jordan Goudreau, Rambo du pauvre et « cerveau » de l’opération, dont l’évident souci de son physique permet d’imaginer l’intelligence tactique. Photo Mexicanist.com, NdT

 

 

Leur chef, l’« entrepreneur » Jordan Goudreau, PDG de la « société de sécurité » américaine SilverCorp, a expliqué en toute franchise, dans une interview avec Patricia Poleo, journaliste d’opposition vénézuélienne d’extrême droite basée à Miami, que l’objectif de leur incursion militaire contre la nation sud-américaine était d’attaquer le palais présidentiel afin de renverser le gouvernement du président Nicolas Maduro et d’installer un gouvernement de facto dirigé par Guaidó. Goudreau a affirmé avoir déployé une force de 300 mercenaires pour mener à bien cette « mission » militaire.

Les mercenaires ont reçu un entraînement dans au moins trois camps à Riohacha, en Colombie, avec le soutien total du gouvernement colombien, qui a déclaré explicitement son désir de renverser le gouvernement du président Maduro. Leurs besoins logistiques de toutes sortes ont été résolus par un narcotrafiquant paramilitaire bien connu, Elkin Javier López Torres, alias « Doble Rueda » 1, membre dirigeant du cartel de la drogue La Guajira, qui a offert son propre ranch pour accueillir les mercenaires et financé tous les frais de préparation de Gedeon. Il serait impossible pour Doble Rueda, ou tout autre baron de la drogue colombien, de s’engager et de participer avec succès à une aventure politique aussi importante sans l’approbation, le soutien et la collaboration du gouvernement colombien. Il n’y a rien d’étonnant à cela : C’est le cartel de la drogue colombien Los Rastrojos qui a offert une protection armée à Juan Guaidó après qu’il ait franchi illégalement la frontière pour assister au concert de Cucuta, organisé par Richard Branson en février 2019. Après quoi Los Rastrojos se sont pris en photo avec Guaidó et l’ont remis à la garde présidentielle colombienne, qui l’a emmené dans l’hélicoptère présidentiel qui allait le conduire au concert.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que Goudreau a montré à la caméra le contrat de services pour lequel il allait être payé 212 millions de dollars US, « plus d’autres dépenses » (nous y reviendrons plus tard), signé par lui-même, le « président intérimaire autoproclamé » Juan Guaidó, Juan José Rendon, Sergio Vergara, et enfin Manuel Retureta comme témoin.

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Source : http://www.entelekheia.fr/2020/05/15/la-decomposition-des-usa-saccelere-la-delocalisation-des-changements-de-regime/

 

 

Et pendant ce temps-là, les marins du Dixmude (et quelques confrères de l’UE) prennent des bains de pied dans la mer des Caraïbes en attendant les ordres.

On ne sait pas, mais, à vue de nez, il nous semble que la « Reconquête par la mer » dont rêve M. Labévière a bien du plomb dans l’aile avant même d’avoir levé l’ancre. Peut-être faudrait-il revoir d’abord quelques principes jacobins de morale publique ?…

Mais ce ne sont pas nos affaires.

L.G.O.

 

 

 

Mis en ligne le 15 mai 2020

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,