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12 juillet 2020

Covid-19 : comment Cuba a humilié les Etats-Unis


LE CRI DES PEUPLES

Pablo Vivanco

Lundi 25 mai 2020

L’approche de Cuba plaçant le peuple avant le profit porte ses fruits, alors que le capitalisme s’avère une pilule amère pour les États-Unis

Par Pablo Vivanco, journaliste et analyste spécialisé dans la politique et l’histoire des Amériques, et ancien directeur de teleSUR English.

Source : RT, le 28 avril 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Depuis des décennies, la petite île de Cuba s’illustre dans l’arène des poids lourds en matière de santé. Mais jamais les différences entre son système socialiste et le système de marché de son détracteur le plus puissant, les Etats-Unis, n’ont été aussi évidentes.

Même avant de signaler ses premiers cas de coronavirus en mars, les empreintes digitales de Cuba se retrouvaient partout dans les efforts mondiaux pour endiguer la pandémie mondiale, de l’utilisation par la Chine d’antiviraux développés sur l’île pour traiter les infectés (interféron alfa-2b) à l’amarrage d’un navire de croisière britannique à La Havane afin de permettre aux 1 000 personnes à bord, dont cinq infectés par le Covid-19, de rentrer chez eux.

Le MS Braemar, transportant principalement des citoyens britanniques, s’est vu refuser l’autorisation de débarquer dans plusieurs ports qu’il a approchés. Selon certains rapports, les États-Unis, allié majeur de Londres, ont été l’un des pays qui l’ont rejeté. L’opérateur du navire, Fred. Olsen Cruise Lines, n’a pas mentionné spécifiquement les États-Unis, disant qu’il a exploré un certain nombre d’options et ne divulguerait pas les détails de ces négociations. Le fait que le navire ait finalement trouvé refuge sur les côtes de Cuba illustre la différence d’approche face à cette pandémie.

Malgré des facteurs de risque considérables, notamment un pourcentage élevé de personnes de plus de 60 ans et un nombre élevé de visiteurs dans le pays, Cuba a pu maintenir les cas de Covid-19 à un peu moins de 1 370 au 27 avril, avec seulement 54 décès [au 25 mai, Cuba compte 1 947 cas et 82 décès, alors que les Etats-Unis ont 1 691 206 cas et 99 396 décès].

Cela est dû en grande partie au fait que l’île des Caraïbes a non seulement le ratio de médecins par habitant le plus élevé au monde, mais aussi un système de santé universel gratuit basé sur une réponse communautaire proactive.

Le gouvernement socialiste du pays a été trempé par des décennies de gestion des crises, de la période spéciale dévastatrice des années 90 (consécutive à la chute de l’URSS, son principal partenaire commercial) à la mobilisation presque annuelle pour la saison des ouragans, et a réagi rapidement pour minimiser les dommages et, surtout, les pertes en vies humaines.

Les mesures qui ont commencé en janvier comprenaient la formation et la préparation des professionnels et des installations médicales, mais en mars, elles se sont étendues à d’autres secteurs et ont inclus un arrêt presque total de l’industrie du tourisme, une énorme partie de l’économie cubaine.

Néanmoins, les autorités ont maintenu que les médecins cubains continueraient de se rendre dans les pays qui avaient besoin d’aide pour contrôler la propagation du virus. Ces mêmes brigades médicales ont contribué à soutenir les nations africaines dans la lutte et le contrôle de l’épidémie d’Ebola qui a commencé en 2014.

Mais maintenant, pour la première fois, des médecins cubains ont été reçus à bras ouverts dans des pays européens comme l’Italie et l’Andorre [et dans les DOM-TOM français], et ils ont même été accueillis par certains des mêmes gouvernements alliés des États-Unis d’Amérique latine qui les ont vilipendés et expulsés il y a quelques mois seulement.

Des médecins et infirmiers de la Brigade médicale internationale Henry Reeve de Cuba participent à une cérémonie d’adieu avant de se rendre en Andorre pour aider à lutter contre la pandémie de COVID-19, à l’Unité centrale de coopération médicale de La Havane, le 28 mars 2020.

Le nombre de médecins formés à Cuba travaillant dans d’autres pays est encore plus élevé si l’on compte les diplômés de l’École latino-américaine de médecine de La Havane, qui a dispensé une éducation gratuite à 35 000 médecins dans 138 pays depuis 1999.

Tout cela a été accompli malgré les limites sévères des ressources cubaines, qui sont la conséquence intentionnelle des sanctions américaines barbares, récemment intensifiées par l’administration Trump.

L’exportation de ses médecins et infirmières à l’étranger est une source de revenus vitale pour Cuba. Cela rapporte environ 11 milliards de dollars chaque année, une source de revenus plus importante que l’industrie touristique de l’île. À tout moment, il y a environ 50 000 médecins cubains travaillant dans 67 pays, une « armée de blouses blanches », comme les officiels les décrivent.

Mais alors que les Cubains se sont mis en danger pour soutenir les habitants et les pays de la planète, les États-Unis ont fait exactement le contraire.

Dans une démonstration audacieuse d’hypocrisie, Washington a fait pression sur les pays pour qu’ils n’acceptent pas les médecins cubains, tout en offrant peu de soutien, et a également délibérément (et peut-être illégalement) saisi des envois de matériel médical destinés à d’autres pays, y compris certains de ses plus proches alliés.

#Cuba offers its international medical missions to those afflicted with #COVIDー19 only to make up the money it lost when countries stopped participating in the abusive program. Host countries seeking Cuba’s help for #COVIDー19 should scrutinize agreements and end labor abuses.

— Bureau of Democracy, Human Rights, and Labor (@StateDRL) March 24, 2020
#Cuba n’offre ses missions médicales internationales aux personnes atteintes de #COVID19 que pour compenser l’argent qu’elle a perdu lorsque les pays ont cessé de participer au programme abusif. Les pays hôtes sollicitant l’aide de Cuba pour #COVID19 devraient examiner les accords et mettre fin aux abus du droit du travail. [Tweet du Bureau américain de la Démocratie, des Droits de l’Homme et du Travail]

Pour dire la vérité, même s’il en avait la volonté, le gouvernement américain n’est actuellement pas en mesure de soutenir qui que ce soit.

Les faiblesses du système de santé américain, qui a paradoxalement le financement par habitant le plus élevé au monde, ont été révélées avant même la pandémie, alors que les candidats démocrates à la présidence ont décrit leurs plans pour fournir des soins de santé adéquats aux plus de 70 millions d’Américains qui en manquent.

À peine quelques semaines après le début de cette crise, le tableau est encore plus sombre, des dizaines de millions d’autres perdant l’accès aux soins en raison de pertes d’emplois, et du fait que les hôpitaux manquent d’équipements appropriés pour les patients et le personnel.

Holy freaking hell. A nursing manager at Mt Sinai Hospital in NYC just died from coronavirus. Nurses at the hospital have been wearing trash bags because of the lack of protective gear. https://t.co/DSkHKVECmE pic.twitter.com/gl3w7ksPog

— Mark Elliott (@markmobility) March 26, 2020
Bonté divine. Une infirmière gestionnaire de l’hôpital Mt Sinai à New York vient de mourir du coronavirus. Les infirmières de l’hôpital portaient des sacs poubelles en raison du manque d’équipement de protection.

Pour aggraver les choses, la divergence des mesures aux niveaux national et local démontre que la réponse globale du pays n’est rien moins que schizophrénique. Pendant ce temps, les décisions de la Maison Blanche, y compris celle d’avoir engagé un éleveur de chiens pour diriger la réponse à la pandémie et la suggestion de Trump de s’injecter du désinfectant, sont devenues de plus en plus indiscernables de la satire. C’est comme « Le royaume des fauves », mais sur les soins de santé.

Dans cette situation tragique et farfelue, les différences entre les systèmes de santé et les approches aux États-Unis et à Cuba sont devenues plus qu’apparentes.

Cuba a longtemps accordé la priorité aux soins de santé en tant que droit que tout le monde devrait avoir, tandis que les Etats-Unis estiment que le marché devrait dicter qui a accès aux soins et qui ne l’a pas. Cuba a exporté ses médecins à travers le monde pour aider à endiguer la marée de la pandémie, tandis que les États-Unis ont resserré l’emprise sur l’île dans une tentative futile de l’empêcher de le faire.

Le schisme entre les deux nations est moins une question d’argent qu’une question de philosophie. Cuba, malgré toutes ses lacunes, a maintenu un engagement indomptable envers la santé et la vie des gens, et cette attitude a été justifiée pendant cette pandémie.

Pendant ce temps, son riche voisin du nord s’enfonce plus profondément dans une spirale de la mort, déterminé à prouver la supériorité de l’orthodoxie capitaliste que son gouvernement veut appliquer à toutes les sphères de la vie, dans toutes les parties de la planète.

Voir également : Après Youtube & Facebook, Vimeo bannit les vidéos de Nasrallah et ‘Le Cri des Peuples’

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Source : Le cri des peuples
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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,