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6 juillet 2020

Minneapolis, l’amorce de la résistance populaire au confinement meurtrier


Les 7 du Québec

Robert Bibeau

Mercredi 3 juin 2020

Prenons quelques instants pour observer à partir d’un exemple concret la manière dont le grand capital, via ses médias et avec la complicité de la petite bourgeoisie, essaie de transformer une lutte de résistance populaire en une guerre réactionnaire interraciale.

Il est faux de prétendre que le meurtre de citoyens noirs ou blancs soit une « bavure » d’un policier trop zélé, inexpérimenté ou terrorisé. Ce n’est pas la population américaine qui terrorise la police, c’est la police des riches qui terrorise la population américaine pauvre de toutes races, de toutes couleurs et de toutes origines ethniques… cette réalité Obama, les Démocrates et la bourgeoisie noir Américaine voudraient la masquer. Trump quant à lui assume franchement ses pulsions réactionnaires, ce que « Sleepy » Joe lui reproche.

Chaque année, plus de 500 citoyens américains sont tués par la police étasunienne et le carnage se poursuit depuis des décennies, avec l’approbation implicite, sinon la recommandation explicite des autorités américaines, sous le règne de Clinton, d’Obama, de Bush et de Trump. Aux États-Unis, outre la peine de mort judiciaire, l’État pratique également la peine de mort extrajudiciaire préventive ou répressive, tout comme l’armée américaine à l’étranger la pratique sur les différents fronts de ses « engagements ». Kadhafi et Ben Laden ont été deux victimes célèbres, comme d’autres, moins connues. À l’époque de la présidence Obama, tous les mardis dans le bureau ovale des individus de différentes races, couleurs, et origines ethniques étaient condamnés à mort, sans jugement par le chef militaire de la Maison Blanche, lauréat du prix Nobel de la paix! Une fois le décret de mort signé les drones du Pentagone effectuaient le boulot du policier Chauvin.

Cette politique de répression policière contre le prolétariat noir, mais aussi contre les salariés blancs et les latinos, contre les sans-abri, contre les Amérindiens, contre les esclaves asiatiques des « sweats shops » et contre les immigrants clandestins, frappe tout le monde du travail sans discrimination raciale. Cette répression ne vise pas une race, un groupe ethnique ou une minorité en particulier. Elle vise la classe sociale prolétarienne, les sans-abri et depuis la pandémie de coronavirus et le confinement meurtrier elle vise aussi la petite bourgeoisie paupérisée. Cette politique répressive donne une leçon aux populations locales terrorisées non pas par les salariés en colère, mais par les policiers. Le message sous-jacent à ces meurtres policiers filmés est le suivant: «Citoyens de la misère, prolétaires en colère, ne résister pas à vos conditions de vie et de travail misérables, sinon nous vous tuerons et nous écraserons votre résistance, comme chacun peut le voir sur ces vidéos diffusées sur les réseaux sociaux». Voilà pourquoi à Minneapolis le 25 mai dernier aucun des policiers impliqués n’a daigné s’occuper des nombreux témoins qui filmaient l’assassinat en direct. La diffusion des scènes de répression fait partie du stratagème terroriste de la police des riches.

En bref, le meurtre d’un SDF par la police de Minneapolis en 2016 – et la reprise d’un «spectacle» semblable en 2020 font partie d’un plan d’État terroriste qui vise à effrayer le peuple américain quelle que soit la race ou la couleur des personnes assassinées. Comme nous l’avons toujours écrit, le prolétariat américain est le plus évolué, et le plus avancé. Il vit sous la dictature capitaliste la plus dégénérée, la plus dépravée, la plus désespérée et la plus terroriste parce que la plus effrayée et la plus consciente de sa déchéance.

La situation économique de l’impérialisme américain est catastrophique ce qui oblige le capital yankee à accroître la pression sur le prolétariat au-delà de l’imagination, et cela simplement pour rester à flot, la tête hors de l’eau, face à la crise et à la guerre que le capital étasunien a entreprise contre ses concurrents.

Ce que les capitalistes américains ont appris, en 2014 à Ferguson et à Dallas (5 morts et 7 policiers blessés), à Minneapolis en 2016 puis à nouveau en 2020 c’est que le prolétariat américain est armé et dangereux et que s’il ne se laisse pas désorientés par les fadaises racistes que propagent les médias à la solde et la petite bourgeoisie, alors le grand capital pourrait être en danger face à la montée de la résistance populaire. Ce ne sont pas les noirs qui sont visés par les meurtres des policiers blancs, latinos, noirs ou amérindiens, ce sont les combattants qui résistent à l’État des riches. Mais attention, le prolétariat n’est ni terroriste, ni anarchique, ni individualiste et il devrait répondre en tant que classe consciente et solidaire aux provocations du capital.

À Minneapolis, pour ce nième assassinat d’un citoyen par la police chacun a le choix de dénoncer un policier blanc raciste qui a tué un homme noir pacifique. Ou encore, de dénoncer la police fasciste au service de l’État des riches, qui assaille des travailleurs sans argent résistant au confinement meurtrier qui a jeté 34 millions de leurs semblables au chômage et dans la pauvreté. L’ensemble de la classe politique occidentale, les médias à leur solde et les petits bourgeois de service privilégient la première version… devinez pourquoi?  Le prolétariat de toute race, couleur ou origine ethnique défend la seconde version correspondant à son expérience de vie.

Nous sommes opprimés par la crise économique que la pandémie a approfondie et que le confinement meurtrier a accélérée. La révolte populaire qui ébranle l’Amérique constitue le premier mouvement de résistance à l’État des riches pour nous avoir imposé ce confinement meurtrier.

Reçu de Robert Bibeau pour publication

 

 

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Source : Robert Bibeau
http://www.les7duquebec.com/…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,