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29 novembre 2020

Les Grosses Orchades, les Amples Thalamanèges


ANNIVERSAIRE
8 novembre 2020 0 Comments

 

 

 

 

 

ANNIVERSAIRE

 

 

 

Il y a 45 ans, le 2 novembre 1975, le poète Pier Paolo Pasolini était assassiné à l’Idroscalo d’Ostie.

Nous vous proposons la version française – par Marie-Ange Patrizio – d’un texte qu’Ascanio Celestini, acteur et conteur de récits, a écrit ce 2 novembre pour il manifesto.

 

 

« Pays, je vais en terre

par un sentier sans violettes

et je lègue au coeur des enfants

les printemps à venir ».

(« Le premier vol du chardonneret », in La nouvelle jeunesse, Poèmes frioulans 1941-1974, Maurice Nadeau éditeur, 1979, Paris)

 

 

Le corps du poète dans les lieux qu’il aimait vivant

 

Ascanio Celestini – il manifesto – 3.11.2020

 

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio, avec l’aimable autorisation de l’auteur et son aide pour la bibliographie. Toutes les notes sont de la traductrice.

 

Anniversaire. 2 novembre 1975. Pier Paolo Pasolini était tué à l’Idroscalo d’Ostie

Une dame élégante et blonde accueille Pasolini à l’aéroport de Stockholm persuadée qu’il sera le prochain compatriote à avoir le Nobel après Montale. Et qui sait s’il aurait été d’accord. Sartre l’avait refusé quelques années plus tôt, disant que l’écrivain ne doit pas « se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables ».

Quand on demande à Pasolini ce qu’il pense de la célèbre reconnaissance attribuée à Montale, il répond qu’on aurait mieux fait de la donner à Sandro Penna « destiné à être continuellement un poète marginalisé »(1).

Le 31 octobre, il s’envole vers Paris pour y suivre le doublage de Salò et le jour suivant il est en Italie.

Les dernières choses qu’il fait en vie ont souvent été racontées. Un dîner chez Pommidoro avec Ninetto Davoli et sa famille. Pasolini commande un steak frites, les autres : saucisses et fruit. Il paye onze mille lires avec un chèque de la Caisse d’Épargne de Rome, agence de via Giacinto Carini à Monteverde Vecchio. Le jour suivant la table est encore appareillée. « Je vis les verres qui étaient encore là sur la table comme je les avais laissés. Et quand je vis dans la poêle l’huile que j’avais utilisée pour frire ses pommes de terre, je me mis à pleurer » dit Anna, la patronne de la trattoria.

Pasolini s’arrête au square de la gare Termini. Dans l’Alfa Romeo 2000 GT à peine lavée par sa cousine Graziella, monte Pino Pelosi, dit La Rana (la Grenouille). Ils prennent l’Ostiense. Ils s’arrêtent au Buono Tevere où le jeune prend entrée et plat du jour. Puis ils s’en vont vers l’Idroscalo.

Quand Anna débarrasse la table de Pommidoro tout est déjà consommé.

« Hier matin, 2 novembre 2020, le soleil s’est levé à 6h 41 ».

Le 2 novembre 1975, il aura pointé son nez à peu près à la même heure. Ou peut-être faisait-il tellement sombre et pluvieux que l’aube a dû être à vomir. Dans ces cages à poules qui donnent sur un terrain de foot à deux pas de la mer habite une femme de quarante-six ans, Lollobrigida Maria Teresa épouse de Principessa Alfredo, maçon de deux ans plus âgé. Ils ont deux enfants : Gianfranco et Mimma de 27 et 23 ans. Ils viennent juste d’arriver d’une autre banlieue de la ville. Ils habitent vers la Tangenziale à la hauteur de Tor de’ Schiavi. Ils ont une « casetta », disent-ils, dans cette zone de baraquements devant la mer. Dans la déposition d’Alfredo est rapportée la phrase de sa femme qui la première voit le corps du poète : au moment où on descendait de voiture ma femme s’exclama : « Sur cette route ils jettent toujours des bordilles ».

De la Suède des Nobel, en passant par la Ville Lumière pour aller mourir à l’Idroscalo d’Ostie ce serait un voyage impensable pour un poète à lauriers qui évolue parmi les buis troènes ou acanthes, mais c’est étrange aussi pour ceux qui se contentent de l’odeur des citrons (2). Pasolini n’appartenait à aucune des deux catégories.

Trois jours plus tard Rossana Rossanda prédisait sans trop d’effort qu’on lui dédierait rapidement des rues et que chacun essayerait de le récupérer. Les communistes allaient le faire, avec lesquels il discuta dès l’époque où ils lui tuèrent son frère, même si lui, cohérent et têtu, déclara toujours son vote pour le PCI. Les intellectuels allaient le faire, « prudents distillateurs de mots et positions, paisibles bénéficiaires de la séparation entre littérature et vie »(3). Même les commentateurs les plus conservateurs allaient y gagner quelque chose, jusqu’à ceux de droite lisant à tort et à travers ses paroles sur ’68 et sur l’avortement. Et à ce saccage s’unissent encore aujourd’hui inévitablement les amants du mystère et du complot. Tout faux et en même temps tout vrai ou, peut-être, tout un mélange de traces effacées par la pluie de cette nuit-là et recouvertes par les restes d’une histoire qui depuis des siècles n’a donné que des valets.

Le corps du poète a été retrouvé sur la terre fangeuse devant la mer de l’Idroscalo parce qu’il fréquentait ces « lieux sans limites où tu crois que la ville s’arrête, et où au contraire elle recommence »(4). D’autres sont morts dans leur lit parce que, inévitablement, nous allons mourir dans ces lieux mêmes que nous fréquentions vivants. Et Pasolini parcourait toute cette belle ville infinie pour sombrer dans sa déchirante beauté au risque chaque nuit de ne pas refaire surface vivant. « Mieux la mort qu’y renoncer ! »(5), écrivait-il. Mais sans condamner qui mêlait l’homicide à cette vitalité désespérée.

Dans son article en première page, sur il manifesto du 4 novembre, Rossanda écrivit un peu plus qu’une prophétie facile. Elle déclara que probablement « s’il en était sorti vivant, il serait aujourd’hui du côté du jeune de dix-sept ans qui le massacrait de coups. En le maudissant, mais avec lui »(6).

Et ainsi est-il mort faisant un avec le monde dans lequel il se plongeait. En annulant la distance entre les mots et les choses.

Aujourd’hui, tant d’années et tant de bavardages après cette aube-là, il y aurait à répondre à madame Lollobrigida : « C’est vrai, Md’ame ! Sur cette route ils jettent toujours des bordilles ».

 

 

 

Édition de mardi 3 novembre 2020 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/il-corpo-del-poeta-nei-luoghi-che-amava-da-vivo/

____________________

Notes pour la version française :

(1) enregistrement d’une intervention à l’Institut Italien de Stockholm le 30 octobre 1975, in Pasolini Requiem, Barth David Schwarz, 1992, University Chicago Press (USA). Référence communiquée par Ascanio Celestini pour la version française de l’article.

(2) « Ascoltami, i poeti laureati

si muovono soltanto fra le piante

dai nomi poco usati: bossi ligustri o acanti.

lo, per me, amo le strade che riescono agli erbosi

fossi dove in pozzanghere

mezzo seccate agguantanoi ragazzi

qualche sparuta anguilla:

le viuzze che seguono i ciglioni,

discendono tra i ciuffi delle canne

e mettono negli orti, tra gli alberi dei limoni […] ».

I limoni, Eugenio Montale, in Ossi di seppia,1925, Piero Gobetti Editore, Turin.

Et https://www.libriantichionline.com/divagazioni/eugenio_montale_limoni_1925

(3) « In morte di Pasolini », Rossana Rossanda, il manifesto 4 novembre 1975 http://www.centrostudipierpaolopasolinicasarsa.it/testimonianze/in-morte-di-pasolini-il-ricordo-di-rossana-rossanda-1975/

(4) […] Nascono potenze e nobiltà,

feroci, nei mucchi di tuguri,

nei luoghi sconfinati dove credi

che la città finisca, e dove invece

ricomincia, nemica, ricomincia

per migliaia di volte, con ponti

e labirinti, cantieri e sterri,

dietro mareggiate di grattacieli,

che coprono interi orizzonti.[…]

Sesso, consolazione della miseria, in La religione del mio tempo, Pier Paolo Pasolini, 1961, Garzanti Editore, Milan. Et http://www.pierpaolopasolini.it/sesso_consolazione_della_miseria.htm

(5) « […] Per loro, i miei coetanei, i figli, in squadre

meravigliose sparsi per pianure

e colli, per vicoli e piazzali, arde

in me solo la carne. Eppure, a volte,

mi sembra che nulla abbia la stupenda

purezza di questo sentimento. Meglio la morte

che rinunciarvi! Io devo difendere

questa enormità di disperata tenerezza

che, pari al mondo, ho avuto nascendo […] ».

La realtà, in Poesia in forma di rosa, Pier Paolo Pasolini, 1964, Garzanti Editore, Milan.

Et :http://www.centrostudipierpaolopasolinicasarsa.it/molteniblog/pasolini-tra-eros-e-agape-di-beatrice-da-vela/

« […] Pourtant, parfois,

il me semble que rien n’ait la superbe

pureté de ce sentiment. Mieux la mort

Qu’y renoncer ! Je dois défendre

cette énormité de tendresse désespérée

qu’avec le monde j’ai reçue en naissant ». [Notre traduction]

(6) In morte di Pasolini, Rossana Rossanda, id.

 

 

 

 

 

 

 

Farce U.S.

 

 

 

 

 

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se produisent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »

Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte (1852)

 

 

Rallies Trump c/ Rallies Biden

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Petits échantillons de démocratie postmoderne :

 

Élections américaines : Biden importe les technologies des révolutions de couleur et met fin à la légitimité électorale

 

Karine Bechet Golovko – Russie Politics – 5.11.2020

 

 

 

 

http://russiepolitics.blogspot.com/2020/11/elections-americaines-biden-importe-les.html

 

 

 

 

 

 

 

Vous avez dit « merdias » ?

 

Au sommaire du quotidien Le Soir de Bruxelles, le 7 novembre 2020

 

 

 

 

 

Les médias américains ont proclamé ce samedi le démocrate vainqueur de l’élection qui a tenu les Etats-Unis et le monde entier en haleine.

Joe Biden sera le 46e président des Etats-Unis

 

 

 

Le démocrate a été déclaré vainqueur de l’élection aux Etats-Unis par la plupart des médias américains. Joe Biden a déjà promis d’être «le président de tous les Américains».

 

 

 

Portrait: Joe Biden, le combat d’une vie

 

 

Kamala Harris, la première femme à devenir vice-présidente des Etats-Unis

 

LE JOURNAL DU JOUR

 

 

 

L’ÉDITO

 

Donald Trump: l’entêtement sans issue d’un mauvais perdant Philippe De Boeck

LE KROLL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La foule afflue vers la Maison-Blanche après la victoire de Joe Biden

 

 

Alors que la situation relative au coronavirus est très mauvaise aux Etats-Unis, des milliers de personnes se rassemblent autour de la Maison Blanche pour fêter l’élection du nouveau président.

 

 

 

Présidentielle américaine: Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite

 

Etc. etc. etc.

Et c’est ainsi depuis des jours, et ce sera ainsi pendant des jours encore. Pour celui-là et pour des milliers d’autres.

On le sait qu’ils bouffent tous aux deux rateliers, mais il est à remarquer qu’avec un ensemble parfait tous ont choisi, cette fois, de soutenir un de leurs deux bailleurs de fonds contre l’autre.

Comme la corde soutient le pendu ? À suivre…

 

 

 

 

 

 

 

Banana Follies : la mère de toutes les révolutions de couleur

 

Pepe Escobar – Asia Times – 7.11.2020

via Strategika 51

 

 

 

 

 

 

Dans ce jeu, le Président en exercice, Bouffon, était peint en rouge ; son adversaire, Cadavre, en bleu.

Un exercice de jeu de la révolution de couleur parfaite et indigène, nom de code Bleu, a été divulgué par un important groupe de réflexion établi dans les terres impériales qui a inventé le concept de révolution de couleur.

Toutes les informations divulguées ici sur le jeu Bleu n’ont pas été déclassifiées. Cela pourrait bien susciter une réaction sévère de la part de l’État Profond, même si un scénario similaire a été réalisé par un groupe appelé Transition Integrity Project.

Les deux scénarios devraient être considérés comme des programmes prédictifs – l’État Profond préparant le grand public, à l’avance, à la façon dont les choses vont se dérouler.

 

Les règles standard de la révolution de couleur commencent généralement dans la capitale de l’État-nation X, au cours d’un cycle électoral, avec des « rebelles » luttant pour la liberté et bénéficiant du soutien total des médias nationaux et internationaux.

Bleu concerne une élection présidentielle chez l’Hégémon. Dans le jeu exercice, le Président sortant, dont le nom de code est Bouffon, a été peint en rouge. Le challenger, dont le nom de code est Cadavre, a été peint en bleu.

Bleu – l’exercice – est monté d’un cran car, par rapport à ses prédécesseurs, le point de départ n’était pas une simple insurrection, mais une pandémie. Pas n’importe quelle pandémie, mais une rude pandémie mondiale très grave, avec un taux de mortalité explosif de moins de 1%.

Par une heureuse coïncidence, la pandémie mortelle a permis aux opérateurs bleus de promouvoir les bulletins de vote par correspondance comme la procédure de vote la plus sûre permettant la distance sociale.

Cela a renvoyé à une série de sondages prédisant une victoire presque inévitable du Bleu aux élections, et même à une « vague bleue ».

Le principe est simple : faire chuter l’économie et décrédibiliser un Président en exercice dont la mission déclarée est de stimuler une économie en plein essor. En parallèle, il faut convaincre l’opinion publique que le fait de se rendre aux urnes constitue un risque pour la santé.

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Une guerre civile hybride durable aux États-Unis

 

Strategika 51 – 8.11.2020

Le grand cirque électoral US cachait à peine une variante de révolution colorée en tant qu’instrument de guerre hybride que l’État profond utilisait contre des régimes adverses ou classés hostiles à l’étranger. Cette fois-ci et par une certaine ironie du sort, elle a été appliquée à l’intérieur des États-Unis d’Amérique pour se débarrasser au plus vite d’un Donald Trump jugé fort encombrant. Comme lors des révolutions de couleur survenues dans des pays d’Europe de l’Est ou dans le monde Arabe, ce sont les médias qui annoncent « la démission », « la fuite » ou « la chute » du Chef d’État ciblé.

 

Pour Trump, la propagande à plein régime a passé sous silence une fraude électorale massive durant laquelle des millions de personnes décédées et des migrants sans papier ont voté par correspondance (par voie postale). C’est du déjà vu pour les médias MSM aussi bien US que ceux des pays vassaux des États-Unis comme l’Allemagne ou la France. D’ailleurs les Chefs d’Etat de ces pays se sont précipités tels des demeurés à féliciter le gérontocrate désigné par le système US via son appareil de propagande.

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Et pendant ce temps-là :

 

La Chine lance le premier satellite pour l’essai de la technologie 6G dans l’espace

 

Strategika 51 – 7.11.2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mis en ligne le 8 novembre 2020

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,