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3 décembre 2021

Quelles sont les causes des incivilités juvéniles?


Quelles sont les causes des incivilités juvéniles ?

par Robert Bibeau

Par Khider Mesloub.

Énonçons une banalité : dans les sciences humaines, en général, une question problématique n’est jamais choisie au hasard. Pour ma part, je n’échappe pas à la règle. Confronté durant des années, dans le cadre de mon ancienne activité professionnelle d’éducateur spécialisé, à la violence des jeunes, j’ai été amené régulièrement, comme tant de professionnels, chercheurs ou parents, à m’interroger sur les causes de ces comportements déviants.

De manière générale, de multiples analyses ont été avancées pour expliquer le phénomène de la violence des jeunes. Certains chercheurs ont privilégié l’approche sociologique ou psychologique, d’autres une approche socio-économique, voire politique. Les uns incriminent directement les parents accusés de laxisme, les autres pointent du doigt la société, coupable des inégalités sociales propices au déferlement de violence. Ainsi, une interminable série de facteurs est formulée pour expliquer les comportements violents des jeunes : on invoque l’absence d’éducation, le manque de socialisation, l’individualisme tout puissant, la perte générale des valeurs, l’effondrement de l’autorité, etc.

Comment aborder les nouveaux aspects de cette délinquance juvénile, dont l’expression, les causes ont évolué ces dernières années ? Précisons d’emblée que la délinquance juvénile était longtemps considérée comme le fait de jeunes traités de marginaux. Ce faisant, elle traduisait plutôt les symptômes d’une délinquance initiatrice inhérente à l’adolescence, délinquance qui s’estompait avec le temps. Il s’agissait essentiellement d’une délinquance liée à la quête identitaire.  (largement petite bourgeoise désemparée. NDÉ).

Or, depuis les années 1980, début de l’ère du libéralisme débridé propulsé par Reagan et Thatcher, ses parangons de la dérégulation économique et du démantèlement de la protection sociale, la délinquance juvénile s’est métamorphosée. Elle revêt désormais une dimension pathogène.

En effet, c’est là une donnée essentielle sur laquelle chacun s’accorde, la violence juvénile a non seulement considérablement augmenté mais surtout elle s’est accompagnée de nouvelles formes de violences que l’on désigne sous le terme « d’incivilités » (au pluriel car cette incivilité revêt un caractère protéiforme). Plus que la violence délictuelle, ce à quoi la société est confrontée, c’est à la prolifération des incivilités, le pendant, en matière économique, de la flambée des spéculations financières mafieuses opérées par des voyous capitalistes contre la production industrielle piétinée par leur politique de délocalisations, de licenciements, de contractions salariales, sources d’insécurité sociale et de détresse psychologique, deux fléaux vecteur d’incertitude existentielle, de la peur permanente de l’avenir désormais hermétiquement obstrué par la paupérisation, devenue l’unique viatique social concédé par le monde capitaliste sénile.

Dans la construction de l’identité des enfants, les adultes représentent un modèle identificatoire (identitaire social ou communautaire). Des imagos (l’imago représente le prototype de personnages – parentaux, enseignants- qui vont influencer de façon inconsciente la personnalité de l’enfant). Or, sur ce chapitre des imagos, de nos jours les adultes sont devenus des êtres affligés de vices rédhibitoires, dispensant un discours éducatif démagogique, fondé sur la glorification du cynique et tyrannique ego, hissé au rang de principe pédagogique universel.

 

Globalement, la notion d’incivilité qualifie un ensemble hétéroclite de comportements déviants, œuvres de jeunes de plus en plus jeunes et de plus en plus violents, face auxquels les adultes sont désemparés. À cet égard, on assiste à un rajeunissement dans leur composition et à l’apparition de groupes de filles.

Etymologiquement, le vocable incivilité désigne l’inobservation des convenances sociales, des bonnes manières, des règles du bon usage imposées par la vie en société. En résumé, l’incivilité, c’est l’impolitesse, le non-respect des personnes et des lieux.

Aujourd’hui, la notion est souvent utilisée dans un sens plus large pour désigner les faits de violence des jeunes enfants exercés entre eux, mais surtout à l’encontre des adultes et des entités institutionnelles (parents, enseignants, policiers, pompiers, etc.). La gamme des comportements désignés comme des incivilités comprend à la fois des atteintes contre les personnes, les biens, ou des atteintes à la tranquillité publique.

Les plus fréquemment citées sont :

Les violences verbales : insultes, injures, grossièretés, réflexions malveillantes, etc.

Les violences physiques : coups et blessures, les menaces et intimidations, l’attitude arrogante, les gestes obscènes, etc.

Les rassemblements de jeunes dans les halls d’immeubles et partie communes, les dégradations d’équipements publics, etc.

Les dépôts d’ordures, jets de détritus, crachats, urine dans les rues, escaliers, les tags, graffitis, les nuisances sonores, les chahuts, les jeux bruyants (rodéos) et violents, etc.

Dans les établissements scolaires : absentéisme chronique, retards, refus des punitions, agressions, racket, harcèlements sexuels, etc.

Les incivilités traduisent ainsi une perte des repères et une désorganisation de la société, reflet de l’affaiblissement du lien social et du délitement de l’autorité.

Cependant, contrairement à la délinquance traditionnelle, la presque totalité de ces incivilités constitue des actes non pénalement punissables. Effectivement, l’incivilité n’est pas une notion juridique. Car la loi n’inventorie que le crime, le délit et la contravention. Or, les incivilités ne relèvent que du « code du savoir-vivre », et par suite sont incriminées et condamnées, aujourd’hui, seulement socialement et moralement.

En termes sociologiques, les incivilités sont définies comme des inconduites sociales, actes asociaux, inciviques, désignés sous le terme générique de déviance. Elles sont donc décrites comme le non-respect d’usages, de règles de la vie en communauté, caractéristiques d’un comportement anomique.

De manière générale, personne ne conteste aujourd’hui que de nombreux pays connaissent de graves difficultés avec leurs jeunes. La violence verbale et, souvent, physique de nombre d’enfants est préoccupante. Si, jusqu’à la fin des années 80, les incivilités et les violences étaient l’apanage des jeunes des banlieues déshéritées, à l’inverse, depuis quelques décennies, ces incivilités ont largement débordé la périphérie populaire. Elles se sont généralisées aux centres villes, impactant de nouvelles populations jusque-là relativement épargnées. Ce faisant, les conduites déviantes et violentes des jeunes ne sont plus strictement circonscrites aux espaces réservés aux catégories populaires, mais elles imprègnent également une bonne partie de jeunes issus des classes moyennes (la petite bourgeoisie pléthorique. NDÉ). La violence des jeunes s’est installée au cœur de la société urbaine « civilisée », de la Cité démocratique bourgeoise. Cette violence juvénile tend à se banaliser, comme si la brutalité est devenue l’unique norme de socialisation dispensée par la société déchirée par les inégalités sociales, polluée par l’esprit de prédation, « le chacun pour soi », la banalisation du mal. L’agressivité marque de plus en plus les relations personnelles et sociales. Les incivilités, souvent gratuites, font partie désormais des moyens d’expression des jeunes, quelles que soient leur extraction sociale et origine ethnique.

Paradoxalement, ces dernières décennies, au moment où la violence des jeunes enfants fait débat, ces mêmes enfants n’ont jamais été autant glorifiés, protégés, mythifiés, transformés en « Enfant roi ». Comme s’il y avait une corrélation entre surprotection des enfants, caractérisée par la « politique de non-interventionnisme parental » (appuyée sur la théorie libérale du « laisser-faire, laisser-aller » chère aux économistes bourgeois) et leur insubordination agressive, leur rébellion régressive, leur propension à l’anarchie émotionnelle, le pendant de l’anarchie économique capitaliste. Or, l’enfant comme l’économie ont besoin de régulation sociale collective, faute de quoi c’est la porte ouverte à la dictature du marché incontrôlable, dans le cas de l’économie, du despotisme des émotions anarchiques et déviantes, dans le cas de l’enfant. Un enfant livré à lui-même (sans structuration normative sociale) est un animal prédateur, un être régi par ses seuls instincts destructeurs. Une société livrée au marché est une jungle économique, un champ de guerre permanent (ce sera l’objet de notre prochain texte).

Comment rendre compte de la signification des incivilités ?

Dans les représentations courantes, les incivilités se distinguent mal de la délinquance, sans cesse croissante, perpétrée par des jeunes très jeunes, des adolescents à peine sortis de l’enfance.

Or, comme nous l’avons souligné plus haut, les incivilités ne constituent pas des délits car elles ne relèvent pas du code pénal, contrairement à la délinquance. Cette distinction est essentielle pour la compréhension du concept « d’incivilité ». Si la délinquance constitue une transgression de la loi, les incivilités représentent, selon nous, une violation de la civilité, une véritable négation – révolte –  de la vie en société. D’autant plus grave que les incivilités se développent et se généralisent dans toutes les sphères relationnelles, personnelles et sociales, entre pairs (les jeunes enfants eux-mêmes) ou entre ces derniers et le monde des adultes, parents et institutions dont l’autorité est contestée. C’est l’existence même de la vie en société qui paraît ainsi ébranlée. C’est le fondement de l’éducation et de l’autorité qui est bouleversé.

Aujourd’hui, la désobéissance généralisée des jeunes est devenue la règle, l’autorité des adultes et des institutions, effondrée, l’exception. Et pour cause. Avec l’éclatement et la recomposition du noyau familial, en d’autres termes, avec l’effritement du modèle familial dominant, la généralisation des familles monoparentales, les enfants sans père deviennent sans repères. L’autorité paternelle est aujourd’hui en manque d’ancrage, dans une société en plein naufrage. Une crise de structure, de pédagogie et d’autorité s’est incontestablement installée dans la parentalité.

Cette perte de l’autorité parentale s’explique par le fait que l’information, autrefois centralisée entre les mains des parents (mais aussi des enseignants), vecteurs essentiels de l’éducation, est aujourd’hui transmise et relayée par des médias extérieurs et par Internet, les fameux réseaux sociaux à la source desquels se nourrissent les enfants livrés à eux-mêmes. Aussi, la famille, comme l’école, n’apparait plus de nos jours, aux yeux des enfants, comme la source principale de la transmission du savoir-être et des normes. Leur mission éducative se voit donc contestée, voire purement et simplement déniée.

Force est de constater que cette désaffection de la parentalité se traduit, corrélativement, pour l’enfant, par un désinvestissement scolaire et une absence d’adhésion aux normes sociales de la société. Aussi, les normes adoptées par les jeunes enfants émanent-elles du monde extérieur, en dehors de la structure de la famille et de l’école, où l’information instantanée distillée par les réseaux sociaux, l’influence des pairs ou la contrainte du quartier (de là s’explique le phénomène de l’endoctrinement islamique opéré par les pairs ou la Toile virtuelle sur des jeunes dépourvus d’imagos parentaux) se substituent à la laborieuse transmission éducative familiale et scolaire.

On ne dira jamais assez que le jeune enfant inscrit dans la déviance est souvent en rupture familiale. Quand bien même demeure-t-il dans son foyer familial, la déconstruction des figures parentales rend difficile, voire impossible, pour le jeune enfant, l’accès aux apprentissages et à la socialisation. En vérité, la crise de la parentalité dissimule une crise de confiance dans la société. Cette crise se traduit par une défiance de la société, représentée par des adultes désormais déconsidérés et discrédités du fait de leur pusillanimité et laxisme. Cette défiance revêt plusieurs aspects, elle s’exprime à la fois à l’égard des parents, des professeurs, des policiers, de la Loi, etc.

D’aucuns déplorent l’absence de normes éducatives, de valeurs morales parmi les jeunes. Ces carences éducatives seraient responsables des comportements déviants de ces jeunes. Dans quelles structures de socialisation ces jeunes, par ailleurs privés d’avenir autre que de déréliction, pourraient-ils acquérir ces normes éducatives, quand les principales « valeurs » propagées par la civilisation capitaliste contemporaine reposent sur l’appât du gain (l’argent), la course au profit, la rentabilité, la compétition, le culte de la performance, la réussite matérielle. En résumé : « le chacun pour soi », « la guerre de tous contre tous« . Au contraire, on peut considérer que ces jeunes ont parfaitement intériorisé ces valeurs bourgeoises dominantes, devenues leurs uniques normes de socialisation.

Par ailleurs, on les accuse d’entretenir un climat d’insécurité dans les quartiers et les centres urbains. C’est oublier l’insécurité financière, résidentielle, alimentaire, sanitaire, existentielle, professionnelle qu’ils subissent, de façon directe ou indirecte (via leurs parents paupérisées) de manière structurelle. Ainsi, cette focalisation sur l’insécurité juvénile, définie du point de vue policier, vise à occulter les autres formes d’insécurité systémique dont les jeunes sont victimes. Particulièrement accentuées quand ces jeunes sont parqués dans des espaces d’habitation de relégation et de ségrégation.

Pour rétablir « l’ordre républicain », comme disent les politiciens, d’aucuns, en idéalistes, prônent, afin d’enrayer la violence, la rééducation des jeunes par la généralisation de l’enseignement des valeurs morales et civiques. Or, ils oublient que la violence est consubstantiellement inhérente aux rapports sociaux du système capitaliste. Et aucune pédagogie ne peut moraliser les rapports intrinsèquement violents du capitalisme. Particulièrement dans cette période de décadence, marquée par l’effondrement économique, l’explosion du chômage, l’expansion de la paupérisation absolue.

Force est de constater qu’un nouveau spectre hante l’Occident décadent. Non plus le communisme, comme le prophétisait Marx dans Le Manifeste, ni la révolution comme l’appelait de ses vœux Lénine, ni même le terrorisme islamiste désormais, curieusement, évanescent à force d’instrumentalisation outrancière, ni l’imposture sanitaire de la pandémie de Covid-19, mais l’implosion sociale. En effet, au-delà de l’explosion et de la décomposition, on assiste à l’irruption de l’implosion sociale, définie par les dictionnaires comme une « série d’explosions dirigées vers l’intérieur ». Autrement dit, on affaire à une autodestruction.

« La plus dangereuse création d’une société est un homme qui n’a rien à perdre. », avait écrit un auteur afro-américain. Telle est la situation sociale de la jeunesse contemporaine : elle a perdu la bataille de la vie bien avant de l’avoir entamée. Elle brûle les bougies de son existence par les deux bouts, sans jamais, pour autant, entrevoir de lumières à sa vie cahotée et chaotique.

L’accroissement exponentielle de la violence et des incivilités, sur fond de dégradation du climat relationnel entre personnes, illustre amplement cette implosion sociale. Pour qualifier ces nouvelles formes de violences spécifiques, les commentateurs assermentés (sociologues, politologues, criminologues) parlent de « violence gratuite », « violence aveugle », « violence absurde ». Pour ces observateurs à courte vue, il s’agit d’une « violence muette », autrement dit sans revendications ni porte-parole.

En vérité, l’émergence de ces violences, assourdissantes de fracassants avertissements politiques subjacents, traduit une mutation anthropologique de la conflictualité sociale. Cette nouvelle conflictualité sociale se manifeste par la rébellion permanente d’une jeunesse privée d’avenir. La violence juvénile constituerait-elle la dernière forme de lutte de classe désespérée menée contre un monde capitaliste décadent qui a absorbé, corrompu ou désagrégé toutes les organisations politiques et syndicales désormais intégrées dans le système ?

Historiquement, la violence a toujours été l’apanage des classes dominantes. Depuis la naissance des sociétés de classe, la violence des puissants était symbolisée par la domination sous des formes diverses et variées : l’exploitation, l’oppression, la spoliation, l’esclavage, la colonisation, etc. Cette violence historique, unilatérale et structurelle, des classes dominantes revêtait une dimension économique, politique, culturelle, physique. Au cours du XXème siècle, cette violence des puissants avait revêtu un caractère barbare par le déclenchement de deux boucheries mondiales, les exterminations génocidaires des populations civiles, l’expérimentation de la bombe atomique sur la population japonaise, l’institutionnalisation de la torture, notamment au cours de la guerre d’Algérie.

Aujourd’hui, à la violence historique structurelle d’en haut vient répondre la violence systémique surgie d’en bas, occasionnée non par des femmes et hommes adultes politisés porteurs d’un projet d’émancipation humain, car désormais intégrés par le capitalisme, mais par les jeunes désespérés, ces nouveaux protagonistes des frondes contemporaines, qui l’expriment de manière nihiliste et anomique faute de maturité politique. 

La violence aveugle des jeunes contre le monde des adultes, matérialisée par les incivilités, participe de l’appel de détresse lancé à la société individualiste capitaliste pour lui rappeler l’abandon de ses devoirs socioéconomiques à l’égard de sa progéniture livrée à elle-même, sacrifiée sur l’autel de la rentabilité et de la compétitivité dont une minorité sort seulement gagnante (toujours la même : la classe privilégiée, dotée des moyens intellectuels et financiers pour s’accaparer la réussite sociale), privée d’avenir (l’ascension sociale n’existe plus et la possession d’un diplôme ne constitue plus un gage de sécurité matérielle) ; pour lui faire payer sa lâcheté, sa pusillanimité, son laxisme en matière éducative, objectivés par la désagrégation des valeurs morales, transformées en valeurs marchandes, en la course au profit, en apologie du consumérisme.

Aussi, force est de constater que la dégradation du climat relationnel marqué par les flambées de violence s’explique par le délitement social. Cette fracture sociale a mis à mal l’illusoire « vivre ensemble », d’abord supplantée par le vivre côte-à -côte, et désormais par le vivre face-à-face entre les deux principales classes antagoniques, derrière des lignes de fronts protégées par les forces de l’ordre pour assurer la pérennisation d’un système de domination contesté par les opprimés, notamment par sa frange turbulente, la jeunesse. La société est désormais minée par la décomposition, voire l’implosion, marquée par une dynamique d’affrontements radicalement explosive, portée par des jeunes, des adolescents et des enfants « désocialisés », « défilialisés », ces nouveaux parias de la modernité, parqués dans des zones de relégation et d’existence de ségrégation, voués à la déshérence sociale et à l’errance professionnelle, promis aux emplois précaires, aux stages occupationnels, et, inexorablement, à l’endémique chômage,  organisés en amont par les classes-poubelles des collèges ou lycées-dépotoirs, ces antichambres de la vacuité existentielle.

Condamnés à une vie oscillant entre anomie et anarchie, enchaînés à mener une vie de galère, sans perspectives d’ascension sociale, dans une société de consommation inaccessible à leurs modestes ressources pécuniaires, les jeunes vivent dans la frustration et l’exclusion.

Cette exclusion sociale doublée d’une « frustration consumériste » induit de nos jours une nouvelle forme de violence : la haine réactive. On n’a pas affaire à une violence politique ou sociale objectivement exercée et rationnellement théorisée par des jeunes consciencieux, mais à une violence stérile, une violence nerveuse, caractérielle, névrotique, sans motivations explicites et sans mobiles apparents. Pas étonnant que leurs distractions se muent en destructions, ou, plutôt, les destructions soient devenues leurs uniques distractions.

N’est-ce pas l’unique distraction de la société capitaliste contemporaine en déclin : la Destruction (de l’industrie, des entreprises, des emplois, des pays souverains, des libertés individuelles et collectives, des forêts, de l’écosystème, des hôpitaux, de la santé, des cultures millénaires, de l’amour, de l’amitié, de la famille, de la vie, etc.).

Khider Mesloub 

 

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