Par Caitlin Johnstone

 

Le gouvernement américain a gagné son appel contre le rejet par une juridiction britannique inférieure de sa demande d’extradition visant à poursuivre Julian Assange pour activité journalistique en vertu de l’Espionage Act. Au lieu d’être libéré, le fondateur de WikiLeaks continuera de croupir dans la prison de Belmarsh, où il a déjà passé plus de deux ans et demi, bien qu’il n’ait été reconnu coupable d’aucun crime.

« En conséquence, cette demande d’extradition sera envoyée à la ministre britannique de l’Intérieur, Priti Patel, qui doit techniquement approuver toutes les demandes d’extradition mais qui, étant donné la soumission de longue date du gouvernement britannique à l’État de sécurité des États-Unis, est pratiquement certaine de l’approuver sans discussion », écrit Glenn Greenwald. « Les représentants d’Assange, y compris sa fiancée Stella Morris, ont juré de faire appel de la décision, mais la victoire d’aujourd’hui pour les États-Unis signifie que la liberté d’Assange, si elle vient un jour, est plus éloignée que jamais : pas des mois, mais des années, même dans les meilleures circonstances. »

» Retenez ce jour comme celui où le fascisme a tombé le masque « , a tweeté le journaliste John Pilger à propos du jugement.

Ce jugement, qui permet aux États-Unis de continuer à œuvrer à l’extradition d’un journaliste pour avoir dénoncé les crimes de guerre américains, intervient le dernier jour du « Sommet pour la démocratie » de Washington, où le secrétaire d’État américain a fait un show grandiose sur la façon dont la liberté de la presse « joue un rôle indispensable pour informer le public, demander des comptes aux gouvernements et raconter des histoires qui, sinon, ne seraient pas racontées » et a déclaré : « Les États-Unis continueront à défendre le travail courageux et nécessaire des journalistes du monde entier. »

Cette décision intervient également le jour de la Journée des droits de l’homme des Nations unies.

Cette décision intervient le jour même où deux journalistes ont officiellement reçu les prix Nobel de la paix qui leur avaient été décernés et ont demandé des protections pour les journalistes dans leur discours d’acceptation.

Cette décision intervient alors que le gouvernement américain s’engage à soutenir à hauteur de centaines de millions de dollars les « médias indépendants » du monde entier, en coordination avec les médias d’État britanniques.

Cette décision intervient après qu’il a été révélé que la CIA a élaboré des plans pour kidnapper et assassiner Assange dans l’ambassade d’Équateur après que les publications de Vault 7 en 2017 ont mis l’agence dans l’embarras.

Cette décisiot intervient après qu’il a été révélé que des mandataires de la CIA ont espionné Assange et ses avocats à l’ambassade d’Équateur, rendant ainsi impossible un procès équitable aux États-Unis.

Cette décision intervient après qu’il a été révélé que l’accusation américaine s’est appuyée sur le faux témoignage d’un sociopathe diagnostiqué et d’un pédophile condamné.

Cette décision intervient après que de récents rapports d’enquête sur les frappes aériennes américaines ayant entraîné le massacre de civils nous ont rappelé pourquoi il est si important que la presse puisse mener un journalisme critique sur la plus puissante force militaire jamais constituée.

 

Les faits sont là et l’affaire est close : les États-Unis et leurs alliés se moquent de la liberté de la presse dans la mesure où elle peut être utilisée à des fins de propagande. La façon dont les journalistes qui offensent les puissants sont traités par le gouvernement américain et celle dont ils sont traités par la monarchie saoudienne ne diffèrent qu’en termes de rapidité et de désordre.

Les masques tombent. Même réduit au silence, immobilisé, enfermé et caché de la vue du public, Julian Assange continue de faire la lumière sur les mécanismes abusifs du pouvoir. Il les expose sans doute plus que jamais auparavant.

Alors que le fascisme se débarrasse de ses masques, il devient de plus en plus important de mettre en lumière l’hypocrisie, la fraude et la perversion de ceux qui dirigent notre monde.

Caitlin Johnstone

Traduction « le masque ne tenait plus que par un fil » par Viktor Dedaj avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles

Source : »» https://caitlinjohnstone.com/2021/12/10/as-fascism-casts-off-its-disguises/

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Source : Le Grand Soir
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