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4 octobre 2022

Un Président étranger apporte son soutien au Convoi de la liberté français


À Paris, les blindés de la gendarmerie attendent le Convois De La Liberte ce 11 février au soir - Sputnik France, 1920, 14.02.2022
Le Président salvadorien Nayib Bukele s’est indigné de la situation à Paris où des blindés ont été déployés contre le Convoi de la liberté. Cette manifestation avait été interdite dans la capitale, menant à des évacuations et arrestations de participants par les forces de l’ordre.
Critiqué à l’international pour une politique jugée autoritaire, peu respectueuse de la liberté d’expression et des droits humains, le Président du Salvador Nayib Bukele a partagé sur son compte Twitter des images des blindés de la gendarmerie française à Paris. Les autorités ont en effet fortement réagi ce week-end à l’arrivée du Convoi de la liberté dans la capitale, combiné à des manifestations contre le pass sanitaire.
« C’est Paris aujourd’hui. Imaginez si cela se produisait au Salvador… Que diraient la France, l’Union européenne et la « communauté internationale »? », a-t-il commenté. « La vraie guerre n’est pas en Ukraine, elle est au Canada, en Australie, en France, à Bruxelles, en Angleterre, en Allemagne, en Italie ».
Ce lundi, il a rajouté, cette fois en français, un « vive la liberté » en soutien aux participants au Convoi. Samedi, la tension est montée dans la capitale française, bloquée par les forces de l’ordre mais malgré tout marquée par des manifestations du Convoi de la liberté et des anti-pass sanitaire. Des charges policières ont été observées à plusieurs reprises, accompagnées d’usage de gaz lacrymogène. Au total, une centaine d’interpellations et 337 verbalisations ont été effectuées, selon la préfecture de police.

Controversé à l’extérieur, populaire à l’intérieur

Nayib Bukele est arrivé en 2019 à la tête d’un État qui présente l’un des taux d’homicide les plus élevés d’Amérique latine. En 2021, il avait déjà divisé ce nombre par deux. Mais la communauté internationale, notamment les États-Unis, apprécie peu sa façon de gouverner. En février 2021, il a fait révoquer des juges et le procureur général du pays pour les remplacer par ses propres partisans. Human Rights Watch y voit des « penchants autoritaires » et une absence de l’État de droit, tandis qu’Amnesty International déplore un manque de liberté d’expression, de la presse, et affirme de manière générale que les droits humains y ont régressé.
Au niveau économique, sa décision d’adopter le Bitcoin comme monnaie légale avec le dollar américain, une première mondiale, ne fait pas l’unanimité. Le 1er février, le FMI l’a mis en garde contre cette mesure, évoquant des « risques importants associés à son utilisation pour la stabilité financière, l’intégrité financière et la protection des consommateurs ».
Plus jeune chef d’État du continent, particulièrement actif sur Twitter, n’hésitant pas à diffuser des memes à la manière d’un Elon Musk, il garde une large confiance au sein de sa population. D’après une étude nationale publiée en juin 2021, 87,5% des Salvadoriens affirment que Nayib Bukele « représente un changement positif pour le pays » et 62,4% constatent une amélioration de la situation économique sous le gouvernement actuel.
Le chef de la diplomatie russe a déclaré, lors d’une réunion avec Vladimir Poutine, que la réponse des États-Unis aux principales propositions russes sur la sécurité était négative et que cela ne peut pas satisfaire Moscou.
Les États-Unis ont répondu par la négative aux propositions clés de Moscou sur les garanties de sécurité en Europe, ce qui ne peut pas satisfaire la Russie, a déclaré ce lundi 14 février le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov lors d’une réunion avec le Président Poutine.

« Ils nous ont envoyé des réponses: celles des États-Unis et de l’Alliance de l’Atlantique nord. Nous les avons soigneusement étudiées avec nos collègues au niveau interdépartemental. Nous sommes principalement intéressés par la réponse des États-Unis, car tout le monde comprend qui joue le rôle principal dans la résolution de ces problèmes dans le camp occidental », a indiqué M.Lavrov.

Il s’agit notamment des propositions sur le non-élargissement de l’Otan, le non-déploiement d’armes de frappe et sur le retour à la configuration militaire et politique en Europe aux positions de 1997.

« Bien sûr, cela ne peut pas nous satisfaire », a ajouté le ministre.

Vladimir Poutine a qualifié d’« interminable et de très dangereuse » l’expansion de l’Otan vers l’est aux dépens des Républiques post-soviétiques, dont l’Ukraine. Ce lundi, il a également rencontré le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou pour examiner les résultats des exercices militaires russo-biélorusses.

La seconde partie de la réponse US est plus constructive

La première partie de la réponse des États-Unis concernant les garanties de sécurité ne satisfait pas la Russie, mais la seconde est plus constructive, estime M.Lavrov.
« La deuxième partie, dans une certaine mesure, est de nature constructive, elle prévoit des mesures assez spécifiques. »
Washington évoque notamment des mesures relatives « aux problèmes des missiles à moyenne et courte portée basées au sol », ainsi qu’à « la réduction des risques militaires, aux mesures de confiance et à la transparence militaire ». Il se dit notamment prêt à mener des discussions sur le retrait des exercices militaires de la ligne de contact entre la Russie et l’Otan, sur la distance maximale de rapprochement entre les avions de combat et les navires de guerre, et sur d’autres mesures de confiance que l’état-major russe a précédemment proposées de discuter à l’Otan, mais n’a pas reçu de réponse.

« Fait intéressant, presque tous les éléments que les Américains ont inclus dans leur réponse reflètent les initiatives que la Fédération de Russie a promues au cours des dernières années », a noté le ministre.

« Deux petits bouts de papier »

Le 28 janvier, Sergueï Lavrov a envoyé un message spécial à ses collègues aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs autres pays occidentaux, « attirant leur attention sur le fait que les obligations sur la sécurité indivisible sont beaucoup plus complexes qu’ils ne les présentent alors qu’ils essaient de justifier l’entrée de l’Ukraine dans l’Otan ».

« J’ai reçu des réponses insatisfaisantes. Aucun de mes collègues ministres n’a répondu à mon message. Nous avons reçu deux petits bouts de papier dont l’un d’un fonctionnaire de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, et l’autre d’un fonctionnaire de Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, qui disaient: +Ne vous inquiétez pas, nous devons poursuivre le dialogue, le principal est d’assurer la désescalade autour de l’Ukraine+ », a annoncé Sergueï Lavrov à Vladimir Poutine.

De l’avis du ministre russe, « il s’agit d’un mépris de la norme consacrée au plus haut niveau et selon laquelle aucune organisation ne peut se considérer comme principale et dominante dans l’Euro-Atlantique ». La Russie compte obtenir une réponse concrète de chaque pays, puisque tous les documents dont elle parle « ont été signés à titre national ».

« C’est à titre national que vous devez être tenus responsables de leur contenu et des obligations pris en vertu de ces documents. »

Les possibilités de dialogue ne sont pas épuisées

La diplomatie russe a déjà préparé un projet de réponse « de 10 pages » aux documents reçus de Washington et Bruxelles, selon M.Lavrov. À son avis, les possibilités de dialogue entre Moscou et l’Occident sur les garanties de sécurité n’ont pas été épuisées.
Sergueï Lavrov a annoncé que plusieurs entretiens consacrés aux garanties de sécurité étaient prévus pour ces prochains jours, notamment des rencontres avec les ministres des Affaires étrangères d’Italie et de Pologne.

« Nos collègues me contactent. Le ministre polonais des Affaires étrangères me rendra visite demain et deux jours plus tard ce sera le ministre italien des Affaires étrangères. Et d’autres contacts sont prévus. »

La Russie peut discuter des mesures de confiance avec l’Occident, mais uniquement dans le cadre de ses initiatives de sécurité de décembre, a ajouté le ministre.

« Nous pouvons réfléchir à la manière d’avancer, mais uniquement dans le cadre de l’intégrité de notre initiative de décembre 2021. Dans le cadre d’une approche intégrée, qui consiste non seulement en quelques accords spécifiques sur certains aspects certes importants, mais sectoriels et secondaires du maintien de la sécurité militaire, mais, surtout, dans le cadre du règlement juridique des questions qui aujourd’hui menacent la région euro-atlantique. »

Sergueï Lavrov

ministre russe des Affaires étrangères

Vladimir Poutine a approuvé le projet de réponse à Washington et à l’Otan présenté par M.Lavrov. Il décidera plus tard si cette réponse sera rendue publique.
« À présent, les diplomates travaillent à la finalisation du texte, qui sera ensuite envoyé aux destinataires », a annoncé le porte-parole du Président, Dmitri Peskov.

Le principe de la sécurité indivisible toujours au centre de l’attention

La Russie met toujours l’accent sur le principe de la sécurité indivisible, « y compris en termes de non-élargissement de l’Otan », a noté le ministre russe.

« Tout en menant un dialogue sur certains aspects d’importance pratique, nous chercherons à obtenir des réponses de nos collègues occidentaux, américains en premier lieu, aux questions légitimes que Vladimir Poutine a soulevées à plusieurs reprises, y compris lors de la conférence de presse avec Emmanuel Macron. »

M.Lavrov a rappelé que le Président russe avait déjà clairement montré les perspectives des efforts visant à entraîner l’Ukraine dans l’Alliance dans le contexte actuel et compte tenu des ambitions des dirigeants de Kiev.

Garanties de sécurité en Europe

Fin 2021, la Russie a publié des projets de traités à signer avec les États-Unis et avec l’Otan sur les garanties de sécurité en Europe. Moscou exige notamment que ses partenaires occidentaux s’engagent juridiquement à ne pas poursuivre l’expansion de l’Otan vers l’est, à ne pas accepter l’Ukraine dans l’Alliance et à renoncer à l’installation de bases militaires dans les pays issus de l’ex-URSS.
Les propositions contiennent également une clause sur le non-déploiement des armes de frappe de l’Otan près des frontières russes et le retrait des forces de l’Alliance en Europe de l’Est sur les positions de 1997.
Fin janvier, les États-Unis et l’Otan ont envoyé à Moscou des réponses écrites à ces propositions.
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