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29 novembre 2022

Tremplez centrales nucléaires


Tremblez centrales nucléaires

Olivier Cabanel

Juil 4

OLIVIER CABANEL — Il était une fois une grosse centrale nucléaire, au Japon, posée sur une faille sismique et qui était sûre de résister au moindre tremblement.

Et le 16 juillet une secousse de force 6,8 a secoué le site atomique de Kashiwasaki Kariwa, au Japon : l’épicentre se trouvait à 9 kilomètres de la centrale.

Or, cette centrale est la plus importante du monde, avec ses 7 réacteurs pour une puissance de 8 212 MW.

Le monde entier s’en est inquiété, mais le Japon a tout de suite tenté de nous rassurer en affirmant que tout était sous contrôle, et qu’il n’y avait rien, ou presque à redouter.

Autant les lobby du nucléaire savent communiquer pour nous convaincre de la fiabilité de leurs installation, autant lorsqu’un accident se produit, ils se font extrêmement discrets, et tentent de dédramatiser l’accident, minimisant les conséquences, ou carrément faisant de la rétention d’information.

C’est ce qui se passe au Japon, ou depuis des mois une chape de plomb en guise de silence s’est posée sur l’accident du 16 juillet dernier.

Mais la pugnacité des militants commence à mettre au grand jour la cruelle vérité.

C’est ainsi que Michel Bernard, dans le journal Silence, (n° 349, septembre 2007) nous apprend que le tremblement de terre en question a provoqué l’effondrement d’un millier de bâtiments, et tué 11 personnes, faisant plus d’un millier de blessés.

La centrale nucléaire a subi elle aussi des dommages, car l’incendie a provoqué un affaissement du sol de 50 cm, et à certains endroits l’affaissement atteint 1,60 mètres.

Des fûts de déchets radioactifs se sont ouverts, les sept piscines de stockage ont débordé, au total 67 incidents simultanés ont été relevés dont 15 dans les parties nucléaires.

Des sols et des murs sont fissurés. Une ligne haute tension interne s’est effondrée.

La compagnie nucléaire japonaise a reconnu le 16 juillet, des rejets radioactifs de 60 000 becquerels, et le lendemain elle en admettait 90 000.

Les cheminées brisées ont laissé échapper de la radioactivité pendant trois jours, libérant un nuage radioactif estimé à 400 millions de becquerels.

Mais on est peut-être loin de la vérité, car cette firme a été condamnée en 2002 pour avoir menti 29 fois dans des rapports remis aux autorités.

Depuis, plus de 200 nouvelles falsifications ont été mise au jour.

La centrale a donc été fermée le 18 juillet, et elle assurait 6 % de l’électricité du Japon.

En France, nous ne sommes pas mieux lotis, car de nombreuses centrales nucléaires sont situées sur des zones sismiques, et l’exploitant se refuse à faire les travaux pour garantir le risque sismique.

Bien sûr, il y en aurait pour plusieurs milliards d’euros, ce qui explique pas mal de choses.

Souvenons-nous de la centrale de Creys Malville, appelée a tort « superphénix », de triste mémoire : elle etait située sur une faille sismique, et le regretté Haroun Tazieff avait signalé bruyamment ce problème. Il n’avait pas été écouté.

Il y a tant de paramètres qui permettent de douter du risque zéro pour ce genre d’installation qu’il semblerait sage de choisir au moins une zone à l’abri des secousses sismiques.

Ce qui n’empêcherait pas, dans ces temps agités de menaces terrorristes, qu’un avion vienne percuter un jour un site nucléaire, avec les conséquences que l’on peut facilement imaginer.

Plus grave, EDF désobéit au ministre, lequel a demandé la fermeture du site de Cadarache qui est situé sur une faille sismique.

Le plus cocasse c’est que c’est sur ce site que la France veut construire son premier réacteur expérimental à fusion nucléaire, et que la France a emporté ce marché face au malheureux candidat japonais.

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