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5 octobre 2022

T’as pas cent balles


On a beaucoup glosé sur les 170 à 200 % d’augmentation que s’est quasi attribués notre président, protestant qu’il était moins payé que le Premier ministre.

Il est vrai que sans être méchant, on ne peut que constater, en forçant un peu le trait, que l’un des deux abat un boulot monstre, et que l’autre est plutôt dans la passivité.

Mais que pense la démocratie de tout ça ?

Clisthène, fondateur de la démocratie, était, ne l’oublions pas, un aristocrate.

Le principe de la démocratie était fondée sur l’égalité des riches et des pauvres.

Elle affirmait « plus le pouvoir est grand, moins il risque de durer ». Leçon à méditer pour ceux qui ont les dents longues.

La démocratie était beaucoup moins généreuse avec les élus à ses débuts, et la règle était de verser un salaire quasi symbolique aux élus.

Il en est autrement aujourd’hui, puisque les élus touchent un pactole considérable, sans compter les avantages en nature, les frais de secrétariat, de déplacement, etc., qui multiplient plus que par deux l’argent perçu. Sans parler des allocations chômages versées pendant de nombreuses années après que l’élu ne le soit plus.

Le détail le voici : lorsqu’on ajoute tous les avantages prévus qui s’ajoutent au salaire : un sénateur gagne 2 557 € par jour, un député touche 2 384 € par jour, un conseiller européen se voit attribué 22 000 euros par mois, plus 3 785 € pour les frais.

Quand aux conseillers généraux, et régionaux, ils ne sont pas en reste : leur salaire n’est pas non plus négligeable et varie en fonction du nombre des administrés.

Et n’oublions pas la retraite qui se monte pour les députés à 2 192 par mois, et à 3 294 euros pour les sénateurs.

Et puis il y a les président des communautés d’agglomération qui ont vu leurs salaires augmenter de 56 % en moins de trois ans.

Je ne parle pas des ministres, puisque chacun sait qu’ils sont nommés, et non pas élus, ce qui est contraire aux principes de la démocratie.

Pour le détail de toutes ces prestations, faites un tour à « cequenouscoutentnosélus » sur le moteur de recherche de votre choix.

Certains préconisent un système plus juste, basé sur l’euro symbolique, tous frais payés, ce qui correspond à peu près à ce qui se passait dans la Grèce antique, berceau de la démocratie.

L’avantage serait double, celui de réduire les dépenses de l’Etat, (autrement qu’en diminuant le nombre des fonctionnaires) et de décourager les candidats opportunistes tentés de s’engager dans la politique, par seul intérêt financier.

Nous nous retrouverions avec des citoyens vraiment désireux d’œuvrer pour le bien des concitoyens, sans être tentés de s’installer dans la carrière politique, dont on connaît les tentations et les errements.

Les valeurs de notre pays ne sont-elles pas basées sur l’égalité, la fraternité ?

Quelle égalité entre un élu qui touche un pactole chaque mois, et le smicard qui se contente de quelques miettes, et à qui l’on dit que les caisses de l’Etat sont vides, après s’être octroyé un salaire de nabab et à qui l’on conseille de travailler plus pour s’en sortir ?

A un moment où la baguette de pain a augmenté de 85 % en six ans, le lait 183 % en six ans, le café dans les bistrots passé de 6 F (0,91 €) à 1,50 € en six ans, le smic lui n’a augmenté que de 36 % en sept ans.

Suggérons à notre président de réduire le salaire des élus, en augmentant celui des smicards.

En fait, nous en sommes à un nouveau concept, travailler plus pour gagner moins.

Le jour où les Français vont s’en rendre vraiment compte, au lieu de se diviser, ça risque de se passer pas trop bien.

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