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8 décembre 2022

Ne dites plus Ukraine mais Otan, et pas Russie mais monde multipolaire…


Histoire et société

Dieu me pardonne c’est son métier

 

Alors qu’elle se prépare à des confrontations immédiates contre la Russie et à l’avenir, ciblant la Chine, l’OTAN cherche, par le militarisme et la préparation à la guerre, à empêcher l’émergence d’un monde multipolaire, se heurtant ainsi de front à une réalité irréversible, écrit le dirigeant communiste José Reinaldo Carvalho dans Resistancia, organe du Parti communiste du Brésil. C’est un positionnement totalement réactionnaire et voué à l’échec parce que l’on ne remonte pas en arrière et parce que la réalité est déjà différente, mais il est extraordinairement dangereux parce qu’une provocation est toujours à craindre avec l’extension du conflit d’abord en Europe puis dans le monde. (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoireetsociete)

30/06/2022

 

Par José Reinaldo Carvalho (*)

Le sommet de l’OTAN qui s’est tenu mardi (28 octobre) et mercredi (29) à Madrid n’a laissé aucun doute sur le fait que l’Alliance atlantique est une organisation agressive et belliqueuse, fomentant des interventions et des guerres. Les chefs d’État réunis dans la capitale espagnole ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucun engagement en faveur de la paix mondiale, de l’équilibre des pouvoirs, de la démocratisation des relations internationales et de l’engagement de construire un ordre international sans hégémonies. Pas même en ce qui concerne la crise ukrainienne, qui était au centre des discussions, les dirigeants des puissances occidentales n’ont manifesté le moindre intérêt à proposer des solutions efficaces conduisant à la paix ou, à tout le moins, à un cessez-le-feu.

Le sens principal du bellicisme madrilène était une sorte de refondation de l’alliance militaire qui a émergé en 1949 pour combattre l’Union soviétique et d’autres pays socialistes d’Europe de l’Est, et aurait dû disparaître depuis 1991, lorsque l’URSS a disparu et qu’une contre-révolution bourgeoise a eu lieu dans les anciens pays socialistes d’Europe de l’Est.

Ce que les chefs des puissances impérialistes ont fait, c’est réaffirmer les principes agressifs de l’Alliance atlantique et ajouter de nouveaux sens à son concept stratégique, tout en jetant de l’huile sur le feu de joie du conflit ukrainien.

Le secrétaire général de l’organisation, Jens Stoltenberg, a déclaré que le sommet de Madrid était un « tournant ».

Jetons un coup d’œil à ce qu’est le revirement : une présence américaine accrue en Europe, une augmentation des structures et des troupes de l’OTAN à l’est du vieux continent, l’expansion du nombre de pays membres et la désignation d’ennemis stratégiques.

Le nombre de soldats en attente en Europe de l’Est passera de 40 000 actuellement à plus de 300 000. Ces troupes seront réparties entre la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie et la Bulgarie. Les troupes allemandes seront également en attente. Les experts militaires estiment qu’il s’agit de la plus grande révision de la politique de guerre de l’OTAN depuis la Guerre froide.

Quant à l’augmentation du nombre de pays membres, le sommet a officialisé l’invitation à la Finlande et à la Suède, sans expliquer qu’elle renonce à attirer l’Ukraine et la Géorgie dans ses rangs.

En ce qui concerne la Russie, l’OTAN a déclaré qu’elle « constitue la menace la plus directe et la plus importante pour la sécurité des alliés et pour la paix et la stabilité dans la zone euro-atlantique ». Le pays eurasien a été accusé de chercher à établir des sphères d’influence et de contrôle direct sur d’autres pays par la coercition, la subversion, l’agression et l’annexion.

La Chine, à son tour, a été attaquée comme un pays qui utilise un large éventail d’outils, y compris militaires, pour soi-disant accroître sa présence mondiale et générer des dépendances grâce à une influence économique injustement obtenue. « Les politiques et les ambitions de la Chine remettent en question nos intérêts, notre sécurité et nos valeurs », souligne un document de l’OTAN

Les deux pays ont répondu à l’époque. La Russie, par l’intermédiaire du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a résumé en deux mots comment elle voit l’OTAN : « une alliance agressive ».

La Chine a déclaré que les vues de l’OTAN étaient vaines. Le porte-parole de la chancellerie du pays socialiste asiatique, Zhao Lijian, a déclaré que le document définissant le nouveau concept stratégique de l’alliance atlantique « ignore la réalité et présente les faits contraires à ce qu’ils sont », s’efforçant de « ternir la politique étrangère de la Chine », réaffirmée par son gouvernement comme une politique de paix.

Alors qu’elle se prépare à des confrontations immédiates contre la Russie et l’avenir, ciblant la Chine, l’OTAN cherche par le militarisme et la préparation à la guerre à empêcher l’émergence du monde multipolaire, se heurtant ainsi de front à une réalité irréversible.

(*) Journaliste, rédacteur en chef de “Résistance”, membre du Comité central et de la Commission politique nationale du PCdoB, secrétaire général du Cebrapaz

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Rzeszow (Pologne) carte des vols du 1 octobre au 1 novembre de 2022.

La ville de Rzeszow en Pologne est le point officiel où se déchargent les armes qui entrent en Ukraine. Les principaux flux proviennent du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Italie. Ceci montre premièrement l’intensité réelle du conflit et combien le mot Ukraine pourrait être remplacé par OTAN mais aussi combien le choix de faire tomber un missile ukrainien sur la Pologne pouvait ne pas être le choix du seul hasard au vu du rôle joué par la Pologne, le régime ukrainien et les puissances occidentales ont joué une partie de poker menteur et celui-ci peut se reproduire à tout moment.

 

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