NAUFRAGE POUR LA CPI : LA RUSSIE REVOQUE SA SIGNATURE DU ‘STATUT DE
ROME’ !
Luc MICHEL/
Avec MAE russe/ 2016 11 16/
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“Qui séme la déstabilisation à Bujumbura récolte la tempête de La Haye au cap » écrivais-je
en saluant le geste fort du Burundi qui défiait la soi-disant CPI. La tempête est devenue ce
jour un tsunami venu de Moscou, une vague de fond qui emporte le tribunal fantoche. Le
jugement de Moscou sur la CPI est sans appel : « la Cour a trahi ces espoirs et n’est pas
devenue un organe véritablement indépendant et respecté de la justice internationale (…) on a
constaté un travail inefficace et partial de la Cour dans les affaires dont elle avait été
chargée ». La Russie dénonce dans la même foulée la partialité de la CPI au service de
l’OTAN, évoquant l’exemple de l’agression armée de la Géorgie, soutenue par les USA et
l’OTAN, contre la petire République d’Ossétie du Sud, en 2008, dans le Caucase.
Ajoutons que Moscou place explicitement son action dans la foulée du Burundi, de l’Afrique
du Sud, de la Gambie et de l’Union Africaine. L’histoire retiendra que tout cela a débuté avec
l’initiative de nos cdes du CNDD-FDD et du Président Nkurunziza. Oui, en ce XXIe siècle,
David peut encore faire face à Goliath !
LM
COMMUNIQUE DU MINISTERE RUSSE DES AFFAIRES ETRANGERES
16-11-2016
Le Président russe a signé le 16 novembre un décret « Sur la volonté de la Fédération de
Russie de ne pas prendre part au Statut de Rome de la Cour pénale internationale ». Une lettre
de notification appropriée sera bientôt transmise au dépositaire.
La Russie se prononce de manière conséquente pour la poursuite judiciaire des personnes
responsables de crimes internationaux très graves. Elle fut l’un des organisateurs des procès de
Nuremberg et de Tokyo, et a participé à l’élaboration de textes fondateurs relatifs à la lutte
contre les crimes internationaux tels que les génocides, les crimes contre l’humanité ou les
crimes de guerre. Ces mêmes principes ont guidé la décision de la Russie de voter pour
l’adoption du Statut de Rome et de le signer 13 septembre 2000.
La CPI – premier organe permanent de justice pénale internationale – a fédéré les espoirs de la
communauté internationale dans la lutte contre l’impunité dans le contexte des efforts
communs visant à soutenir la paix et la sécurité internationales, à régler les conflits existants
et à prévenir l’apparition de nouveaux foyers de tensions.
Malheureusement, la Cour a trahi ces espoirs et n’est pas devenue un organe véritablement
indépendant et respecté de la justice internationale. Dans le cadre de nombreuses
organisations – notamment de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité de l’Onu – on a
constaté un travail inefficace et partial de la Cour dans les affaires dont elle avait été chargée.