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22 octobre 2020

La Terre africaine par Ahmed Halfaoui


LA TERRE AFRICAINE 17/10/2011

p://www.lesdebats.com/editions/171011/les%20debats.htm
L’Afrique n’est plus la même que celle qu’elle fut, malgré ses indépendances souvent pas tout à fait acquises. L’Afrique a des peuples qui ont compris que ce qui leur vient des puissances coloniales n’est pas du tout bon pour eux. La preuve est donnée par les Libyens qui résistent et par la barbarie qui s’abat sur eux.

Mais les colonialistes ne l’entendent pas de cette oreille. Ils ne veulent pas lâcher l’Afrique. Les arguments ne leur manquent pas. En Libye ils attaquent pour « protéger la population », en Ouganda c’est plutôt pour soutenir l’actuel président, Yoweri Museveni, contre Joseph Kony, le chef de l’Armée de résistance du seigneur.

Cette fois-ci, c’est le Président des Etats-Unis d’Amérique, Barak Obama, qui y va. Il vient « d’autoriser un petit nombre de soldats américains équipés pour le combat à se déployer en Afrique centrale pour aider les forces de la région œuvrant à faire quitter le champ de bataille à Joseph Kony ». Tout simplement.

Le prix Nobel de la paix a juste autorisé les tueurs, il ne leur a pas ordonné, lui-même, d’aller mettre de l’ordre. Ceux-ci seront déployés en Ouganda, d’autres suivront pour les pays voisins. En Ouganda, il se trouve que c’est plutôt le peuple qui bouge. Ce pays comporte le tiers des terres arables d’Afrique de l’Est, qui intéressent fortement le « marché ».

Les investisseurs étrangers se sont déjà accaparés 800 000 hectares. Les Ougandais veulent les protéger ou du moins en profiter directement : « Les terres qui nous appartenaient prennent de plus en plus de valeur. Nous aimerions les récupérer afin de pouvoir nous-mêmes les vendre ou les louer, mais le gouvernement ne veut rien savoir : il agit comme s’il était Dieu ». Mais il est interdit de manifester ou de critiquer le président.

Alors on fait ce qu’on peut. L’une des trouvailles qui permet de manifester sans en avoir l’air est d’aller à pied au travail. On appelle cela les « Walk to work ». Obama n’y voit pas de problème. La démocratie c’est selon. Museveni est un ami, il peut réprimer tant qu’il peut, étouffer la parole, il fera toujours partie des gens à « protéger ». On nous dit que c’est contre Joseph Kony que l’on s’affaire. Même si c’est trop gros.

La force brutale en a décidé ainsi. Elle ment sur la Palestine, sur l’Irak, sur la Libye et sur tout ce qu’elle veut. Elle a fait du mensonge sa nouvelle arme. Une façon qu’elle a trouvée de fabriquer sa vérité. A charge pour les victimes et leurs défenseurs de trouver les moyens de lutter contre la horde éhontée des médias-propagande. Les machines-outils et les planteurs étatsuniens viendront à la conquête de cet Eldorado, de ces terres fertiles. La tournée d’Hillary Clinton a été édifiante à ce sujet

. Donc, il faut « protéger » ceux qui faciliteront le « marché » et défaire ceux qui s’y opposent. La règle est sans appel. Mais, l’Afrique n’est plus la même. Syrte et Béni Walid le démontrent. Les habitants de Tripoli aussi. Les Ougandais grondent. Pour le moment ils « marchent pour aller au travail », demain ils ne se laisseront pas voler. Surtout qu’ils savent que la terre leur appartient.
Par Ahmed Halfaoui

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,