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7 décembre 2019

«Appliquez le droit international uniformément et non pas à la carte»


«Appliquez le droit international uniformément et non pas à la carte», exige le nouveau Rapporteur spécial sur la promotion d’un ordre international démocratique et équitable

Bureau du Conseil des droits de l’homme du Haut Commissariat / Communiqué de presse

«Il faut nous appuyer sur les principes d’autodétermination, de souveraineté et de respect des identités nationales et de dignité humaine universelle»

Genève (13 septembre) – Le Rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable récemment nommé, Alfred de Zayas, a exhorté aujourd’hui les Etats à «œuvrer à l’avènement d’un ordre international plus démocratique et équitable».
«Cette vision peut être concrétisée en considérant la Charte des Nations Unies comme une constitution mondiale et en appliquant le droit international uniformément et non pas à la carte, en s’abstenant de la menace de recourir à la force et en s’efforçant de promouvoir une culture du dialogue», a déclaré Alfred de Zayas lors de la présentation de son premier rapport devant le Conseil des droits de l’homme. «Le chemin vers la civilisation est un long voyage allant de l’exploitation jusqu’à la solidarité», a-t-il souligné.
Le Rapporteur spécial a proposé des réformes de l’arène internationale, notamment du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU, tout en soulignant qu’«un ordre démocratique et équitable du monde exigeait non seulement des efforts internationaux mais aussi des réformes sur le plan national visant à promouvoir la démocratie et la justice sociale, à surmonter les inégalités entre riches et pauvres dans tous les pays, à renforcer l’Etat de droit et à encourager la liberté d’expression et une juridiction indépendante».
«Un ordre international dans lequel seulement quelques acteurs-clés prennent toutes les décisions, souvent sans se soucier des conséquences pour les moins puissants, peut difficilement être qualifié de démocratique», a-t-il ajouté. «Un ordre démocratique international n’est possible que dans un monde où tous les peuples ont l’occasion d’être parties prenantes aux processus de décision. Il faut nous appuyer sur les principes d’autodétermination, de souveraineté et de respect des identités nationales et de dignité humaine universelle. Les progrès démocratiques sont également nécessaires au plan national pour garantir une corrélation entre les véritables aspirations des peuples et les mesures gouvernementales, notamment de politique étrangère qui affectent leurs vies quotidiennes.»
Quant à un ordre international équitable, il a souligné l’importance de partager équitablement les richesses de la planète plutôt que d’en laisser le contrôle à une poignée de pays ou de consortiums. «Le commerce équitable est possible, comme le sont les transferts de connaissances et la coopération technique avec pour objectif les bienfaits mutuels. «La mondialisation entraîne certains dangers, mais elle entame aussi des chances pour la solidarité internationale», a-t-il ajouté.
Alfred de Zayas s’est référé aux conséquences désastreuses de la crise financière internationale et a remarqué que «les marchés ne sont pas le terrain de jeux privés des banques d’affaires mais un établissement fiduciaire public exigeant la transparence et la responsabilité. Selon de Zayas «les marchés financiers peuvent faire avancer un ordre international équitable, s’ils comprennent leur rôle comme devoir public et non pas comme club clos de gérants de casino. La dépression et le chômage sont les résultats d’activités irresponsables du marché.»
D’après l’expert, les obstacles à la réalisation d’un ordre international plus humain incluent «la mentalité du statu quo et l’inertie générale retardant les réformes nécessaires ainsi que les intérêts personnels et les privilèges. Un changement de paradigme est indispensable: l’économie rapace à court terme doit céder la place à une reconsidération des valeurs animant l’œuvre des droits humains tout entier. Condition sine qua non de tout changement durable est le respect du droit humain à la paix et un report des priorités vers le désarmement et la réalisation des objectifs du millénium et du développement après 2015.»    •

Source: Alfred de Zayas. www.alfreddezayas.com
(Traduction Horizons et débats)

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,