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28 octobre 2020

Algérie : Gaz de schiste et débat démocratique


Pourquoi d’ailleurs vouloir produire plus de gaz alors que nous croulons sous les excedents et près de 200 milliards de dollars de réserves en devises que les proxénètes qui dirigent le monde nous interdisent d’utiliser selon nos besoins et notamment pour l’investissement dans l’industrie, nous obligent à les placer en bons du trésor US ou autres quasiment non remboursables et nous réclament comme « quote part obligée » pour leurs exportations en panne puis comme « prêts obligés » au FMI ?

Ahmed Halfaoui

http://www.lesdebats.com/editions/131012/les%20debats.htm

Gaz de schiste et débat démocratique
Voilà une occasion test pour la nouvelle Assemblée nationale (APN), l’inscription dans la politique énergétique de l’exploitation du gaz de schiste (shale gas). Sonatrach a déjà dépensé beaucoup d’argent dans l’exploration, sans que l’on ait assisté à un quelconque débat ou que l’opinion ait été, au moins, informée de la chose.
Mettons cela sur le compte d’une gouvernance qui, par tradition, ne s’est jamais vraiment souciée de ce que peuvent bien penser les Algériens, sauf en ce qui concerne le mode de vie, la religion ou les bonnes mœurs. Sur ces thèmes, le pouvoir peut se targuer de «tenir compte des valeurs de la société». Mais pour le reste, loin des soucis quotidiens de la grande masse, peu au fait de l’impact des grandes orientations, il est admis que l’on peut légiférer et décider, fusse au prix de compromettre l’avenir de générations entières. L’APN, nouveau cru, promise à la consécration de la démocratie devrait prouver ses prétentions ou celles qui ont présidé à son élection. Le sujet est grave et agite les principales places de l’économie mondiale. Les lobbies sont à l’offensive, chez nous, où ils ont la partie belle, puisqu’ils ne rencontrent pas de voix discordantes et n’ont pour tâche que d’entériner la mise en œuvre d’un projet qui pourrait être catastrophique pour le pays. Les quelques voix qui s’élèvent sont inaudibles et le problème est ignoré de la population, tenue à l’écart, alors qu’il serait bon que l’on entende d’autres avis que ceux des «promoteurs», dont les motivations ne sont pas forcément dénuées d’intérêts sonnants et trébuchants. Ces «spécialistes» étalent leur «science» contre l’évidence scientifique qui dit que «la technique pour ramener le gaz à la surface est nouvelle, délicate et surtout désastreuse sur le plan environnemental». La «fracturation hydraulique horizontale» consiste à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à environ 2.000 mètres de profondeur. Trois «ingrédients» sont nécessaires pour créer ces mini-séismes : des quantités phénoménales d’eau (entre 15.000 et  20.000 m3), des produits chimiques (plus de 500) pour attaquer la roche et des micro-billes pour maintenir ouvertes les failles. De plus «pour effectuer une fracturation hydraulique, chaque puits nécessite 20 millions de litres d’eau mélangés à du sable et à un cocktail d’environ 500 produits chimiques». Ce dont ne nous dit rien un ex-ministre, ex P-dg de Sonatrach, du haut de son curriculum vitae, qui ne cite que les Etats-Unis, où l’extraction de gaz de schiste est une industrie florissante, sauf pour son bilan sur l’environnement, qui a dû fortement inspirer le Président français, pourtant très suiviste par ailleurs.
Certainement mieux informé que notre P-dg-ministre, François Hollande vient de décider qu’il n’était pas question de se mettre au gaz de schiste, car, dit-il : «Dans l’état actuel de nos connaissances, personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement.» A l’APN, il est temps de se bouger avant que les dizaines de milliards de dollars mobilisés par Sonatrach ne soient dévorés pour un résultat aussi problématique. 
Par Ahmed Halfaoui 

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,