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29 octobre 2020

Pourquoi la France veut-elle lutter contre la Chine sur les marchés africains ?


http://french.peopledaily.com.cn/Horizon/8043733.html

( le Quotidien du Peuple en ligne )

03.12.2012

Le Ministre français des Finances Pierre Moscovici s’est récemment rendu en Côte d’Ivoire, un pays de l’Afrique de l’Ouest. Bien que ce fût à l’origine une visite de travail pour parler d’amitié et de coopération, le Ministre des Finances a vite débordé des sujets bilatéraux pour évoquer la Chine. Saisissant l’opportunité que lui offrait cette visite, il a souligné le 1er décembre l’influence croissante de la Chine en Afrique et dit que les entreprises françaises devraient se montrer plus offensives, pour contenir l’influence croissante de la Chine sur le marché africain. Il a également souligné que les entreprises françaises devaient conquérir le marché africain.

Selon les données fournies par les entreprises chinoises concernées, le commerce entre la Chine et l’Afrique est passé de 12 millions de Dollars US en 1950 à 129,6 milliards de Dollars US en 2010 et a atteint 160 milliards de Dollars US en 2011. Cette année, il devrait dépasser les 200 milliards de Dollars US. La Chine est devenue le partenaire commercial le plus important de l’Afrique. Les différents types d’investissements se montent à plus de 40 milliards de Dollars US, dont 14,7 milliards de Dollars US d’investissements directs. Les entreprises chinoises qui ont investi en Afrique se montent à plus de 2000. Le volume des échanges entre la France et l’Afrique ne représente en revanche que quelques dizaines de milliards de Dollars US, bien que le nombre des entreprises françaises présentes en Afrique soit presque équivalent à celui des entreprises chinoises.

En tant qu’ancienne puissance coloniale, la France a toujours entretenu des relations spéciales avec les pays africains de langue française, et en particulier, elle a maintenu des liens économiques étroits, dont elle est fière. Cependant, du fait des besoins urgent liés au développement économique en Afrique, combiné au fait que les échanges entre la Chine et l’Afrique ne sont pas liés aux conditions politiques, les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont continué à se renforcer, et les échanges entre les peuples chinois et africains se sont également développés. Du fait que de plus en plus de sociétés chinoises viennent en Afrique pour développer leurs activités, le commerce et les projets contractuels français ont commencé à être affectés et la place de la France a diminué. Ainsi, inquiète et mécontente de l’influence croissante de la Chine en Afrique, la France s’est même livrée à quelques petites manœuvres en sous-main pour porter atteinte à l’image de la Chine et des Chinois en Afrique. On peut dire que la France fait tous ses efforts pour rétablir son contrôle et son influence en Afrique francophone.

Le Ministre français des Finances, pour encourager les entreprises françaises à être plus présentes en Afrique, a insisté sur le renforcement de la concurrence avec la Chine et la situation économique intérieure de la France. La situation économique actuelle de la France, criblée de dettes, est mauvaise. Le nombre de chômeurs dépasse les 3 millions de personnes, et le taux de chômage avoisine les 10%. Les agences de notation Standard & Poor et Moody ont dégradé la note de la France, respectivement, en janvier et en novembre de cette année. Les économistes allemands ont qualifié la France d’« homme malade de l’Europe ». Face à une telle situation, le Gouvernement français cherche à trouver des moyens à l’étranger pour tenter de renverser cette situation défavorable. Aussi se tourne-t-elle vers l’Afrique sub-saharienne et son taux de croissance économique actuel de 5,5%, en essayant de saisir l’occasion de renforcer sa présence en Afrique. La position de M. Moscovici est que « la croissance de l’Afrique peut stimuler la croissance de la France ».

Le seul argument de poids que le Ministre français des Finances peut actuellement faire valoir est la banque d’investissement public française, dont la création a été récemment approuvée par le Parlement français. Cette banque va fonctionner à compter de 2013, et elle disposera bientôt de fonds d’environ 40 milliards d’Euros, qu’elle pourra utiliser directement pour accorder des prêts aux PME. Bien sûr, le Ministre français des Finances souhaite surtout profiter des fonds de cette banque pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises à l’international.

L’espoir est une chose, mais il y a tout de même loin de la coupe aux lèvres. Pour la France, vouloir concurrencer efficacement les entreprises chinoises en Afrique est une tâche difficile. En ce domaine, la question clé réside dans une concurrence loyale, et pas dans le fait de donner des ordres et de se livrer à des manœuvres en sous-main. Ce n’est qu’avec des produits convenables, des prix abordables et un service de qualité que les entreprises françaises pourront vraiment prendre pied en Afrique. Après tout, les temps ont changé, et la Chine est de plus en plus forte. L’Afrique n’est plus le « pré carré » des puissances occidentales.

Ren Yaqiu

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,