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23 octobre 2020

Printemps salafiste. Egypte Morsi et le Qatar ont tout raté


 » Dolores Ibárruri Gómez

PRINTEMPS SALAFISTE. Égypte: Mohamed Morsi et le Qatar ont raté leur coup d’état

Publié le 4 juillet 2013

Allain Jules

 

L'ex émir du Qatar et Mohamed Morsi

En parcourant la presse du monde entier, en lisant entre les lignes, on parle d’un Morsi qui a été inapte à gouverner, plus faible encore que l’ancien raïs Hosni Mubarak. Tous ses actes à la tête de l’Egypte, n’ont été qu’une tentative désespérée de faire un coup d’état constitutionnel, après celui fait à la révolution du peuple égyptien. Faut-il rappeler ici que les Frères musulmans n’ont pas participé à cette « révolution » mais que, mieux organisés, ils ont fait élire un clown ?

Financé par le Qatar et les Etats-Unis, Mohamed Morsi a déçu l’Antéchrist Barack Obama, simplement parce qu’il s’est cru très beau, oubliant qu’il n’avait gagné que d’une tête l’élection présidentielle. Morsi n’a pas été victime d’un coup d’état militaire contrairement à ce que certains éditorialistes peuvent dire, ou lui même d’ailleurs. Il a été renversé par le peuple avec l’aide de l’armée, et comble du malheur, on ne le dira jamais assez, avec l’aval des religieux sunnites dont les Frères musulmans se réclament, à savoir, les instances de la mosquée Al-Aqsa. Et, c’est là, toute la différence.

Quand les analystes de pacotille qui ne comprennent rien aux relations internationales viennent pérorer dans les médias en affirmant que le général Al-Sissi ou El-Baradei sont les hommes des Etats-Unis, ça laissent pantois. Parce que, chaque homme de pouvoir, en Égypte, pays qui vit sous perfusion américaine, ne peut que faire la volonté des Etats-Unis. Aussi bien les Frères musulmans que les autres. Quand Morsi aboyait sur le président syrien Bachar al-Assad, ça ne venait pas forcément de lui, mais des Etats-Unis et du Qatar. On ne peut attendre des nouvelles autorités un quelconque changement d’attitude….

Tel un forçat, une fois sa prise de pouvoir, Mohamed Morsi s’est lancé à corps perdu dans une dérive autoritaire sans précédent. Sa réforme abracadabrantesque et controversée de la Constitution, devrais-je dire, dictatoriale, portait clairement atteinte aux libertés publiques et aux libertés religieuses. Pire, dans son one man show, imperméable aux critiques, l’homme niait même les coptes, première communauté religieuse à s’installer en Egypte, après les Pharaons. L’islam est arrivé bien plus tard, quand l’Égypte est passée, dès le VII siècle, sous la domination des Omeyyades. Le pauvre Morsi a été doublé par ses extrémistes et ses extrêmes, et surtout des incultes.

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L’intolérance et la barbarie avaient frappé la Libye voisine, sans que Morsi ne lève le petit doigt. Une bombe artisanale avait  explosé dans une église copte égyptienne dans la troisième ville de Libye, Misrata, et tué deux personnes tout en  blessant deux autres. Ces dernières étaient entrain d’apprêter l’église pour le réveillon traditionnel du nouvel an…Ils étaient des Egyptiens. A Benghazi, plusieurs Egyptiens avaient été arrêtés pour prosélytisme, aussi, sans que Morsi ne lève son petit doigt. Normal à ses yeux, ces gens étaient d’abord des coptes avant d’être des Egyptiens.

Il (Mohamed Morsi) n’a gouverné, pendant un an, que pour et avec les Frères musulmans. Conscient que ça se passait mal, de façon désespérée, il a voulu relancer un processus de survie en parlant honteusement de consensus. Lequel ? En réalité, l’Egypte était devenue une dictature religieuse. Souvenez-vous, dans un billet publié en mars dernier, nous évoquions les mosquées qui étaient devenues des lieux de tortures au lieu de culte, avec le témoignage poignant d’un copte…

Une révolte populaire se voit, elle ne peut se décréter dans les médias. Le cas syrien en est la preuve tangible. Entre une armée régulière qui se bat contre une horde de barbares financée par les Etats-Unis, ses alliés et les monarchies du Golfe, et une autre, l’égyptienne, qui se range du côté du peuple, il n’y a pas l’ombre d’un doute. La fabrication de la « révolte syrienne » dite populaire en prend une sacrée ride. Des terroristes que certains soutiennent avec une mauvaise foi caractéristique de leur cynisme ne peut faire force de loi.

Mohamed Morsi et le Qatar ont raté leur coup d’état car, ils ont voulu doubler les Etats-Unis et le peuple égyptien en instaurant une dictature religieuse. Hitler aussi est arrivé au pouvoir par les urnes. Alors, Morsi, sans forcément être son épigone, est de loin plus dangereux que Hosni Mubarak. Ceux qui disent aujourd’hui que l’urne a été jetée par la fenêtre sont, soient des hypocrites, soient de dangereux amnésiques…En effet, une bonne constitution doit comporter un volet « destitution »…Pourvu que les Egyptiens y veillent cette fois-ci…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,