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24 octobre 2020

Pour Finkielkraut et Askolovitch, « Allah Akbar » est un « cri de guerre »


Pour Finkielkraut et Askolovitch, « Allah Akbar » est un « cri de guerre »

Hicham Hamza
Mardi 1 Octobre 2013

 

Inculture sur France Culture. Samedi matin, la radio du service public a diffusé un débat surréaliste sur l’islam de France.

Rebelote. Après l’entretien Askolovitch-Fourest-Cohen réalisé sur France 5, c’est au tour d’une autre antenne du service public (financée par vos impôts) de diffuser une discussion à propos de l’islam et en l’absence de tout musulman. Imaginez le parallèle : trois personnalités musulmanes débattant, durant une heure, du judaïsme en France et de la réalité de l’antisémitisme. Ou trois intellectuels d’ascendance européenne discutant du racisme anti-noir. Ou trois hommes parlant de la place des femmes en France et de la gravité, réelle ou supposée, du sexisme.

 

Pour Finkielkraut et Askolovitch, « Allah Akbar » est un « cri de guerre »
Hier matin, ce dispositif saugrenu fut pourtant validé par France Culture et son directeur Olivier Poivre d’Arvor. Le philosophe Alain Finkielkraut, animateur de l’émission Répliques, a organisé un débat portant sur « l’Islam en France » avec deux journalistes, Elisabeth Schemla et Claude Askolovitch. L’ex-rédactrice en chef du Nouvel Obs a publié, au printemps dernier, un livre anxiogène sur les jeunes musulmans français tandis que l’ex-grand reporter du Nouvel Obs vient de faire paraître un essai intimiste pour, affirme-t-il, dénoncer la stigmatisation hexagonale des adeptes de l’islam. Point commun des auteurs : dans leurs écrits, ils encensent tous deux, malgré leurs divergences.

 

Pour Finkielkraut et Askolovitch, « Allah Akbar » est un « cri de guerre »
Panamza a repéré les moments croustillants de ce débat entre soi (audible ici).

Florilège

5′: selon Schemla, le logo et l’acronyme du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF , « seïf ») évoqueraient secrètement une référence au « glaive de l’islam ».

5′-11′: Askolovitch se fait longuement l’impressario et porte-parole de Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF.

17′: Schemla et Finkielkraut laissent entendre que le simple port du voile serait « en contradiction » avec la loi française.

25′: pour Schemla, il y aurait une « islamisation » en cours, comparable à la « lepénisation » des esprits dans la mesure où elle se caractériserait par une « complicité totalitaire ».

26′: Schemla estime que l’islam est une religion « conquérante » qui « commence » par « les femmes et les enfants, puis les mosquées » pour gagner enfin « les medias ».

31′: l’esprit d’Askolovitch serait « islamisé » selon Schemla.

 

Pour Finkielkraut et Askolovitch, « Allah Akbar » est un « cri de guerre »
39′: une « beurette » est une « femme moderne et émancipée » selon Askolovitch.

39’30: à propos de la phrase « Allah Akbar » (Allahou akbar: Dieu est [le] plus grand), Finkielkraut affirme qu’il s’agit d’un « cri de guerre ». « Ben, oui », lui répond Askolovitch. Les deux hommes ne précisent jamais que ces mots sont surtout prononcés, à travers le monde, lors des prières ou des réjouissances.

Dans son livre, Askolovitch se contente également d’écrire qu’il s’agit là, faisant référence à une application Iphone de sa baby-sitter musulmane, « d’un cri de France et mieux qu’un cri, une alerte pour smartphone, un son de tous les jours ».

42′: le rappeur Médine aurait co-animé au Havre une soirée « anti-israélienne, antisémite » selon Schemla, venue « incognito ».

47′: Finkielkraut reproche à Askolovitch de ne pas avoir interviewé le « courageux et lucide » Hassen Chalghoumi.

48′: Askolovitch précise avoir lui-même « initié la diabolisation de Tariq Ramadan ».

France Culture, plus communautaire que Radio J ?

Mémo pour les prochains débats comportant les mêmes invités :

Elisabeth Schemla fut la directrice du site proche-orient.info, média ultra-sioniste, et membre du comité éditorial de la revue neoconservatrice Le Meilleur des mondes.

Claude Askolovitch, ami du trio Valls-Bauer-Fouks, toujours nostalgique de DSK et ex-partisan de l’invasion anglo-américaine de l’Irak, s’affiche désormais comme un détracteur -édité par BHL- de l’islamophobie après avoir assimilé, en 2004, l’usage de ce terme à une « stratégie des trotsko-islamistes ». Ironie du sort, l’homme qui fustigea Tariq Ramadan partage désormais avec lui le même employeur : le Qatar.
L’intellectuel suisse est le directeur (« non rémunéré », affirme-t-il) d’un centre islamique basé à Doha tandis que le journaliste freelance est chroniqueur sur la chaîne sportive Bein, filiale cossue du groupe Al Jazeera.
Alain Finkielkraut, qui s’est défini comme un « intellectuel juif et français » à la suite d’une intervention lyrique en faveur d’Israël (lors d’une convention du CRIF où était également présent Claude Askolovitch) estima, en 2006, qu’il y avait un « lien visible entre islam et violence » avant d’ajouter que le Coran était « un livre de guerre ». En 1989, il avait co-signé un appel, intitulé « Profs! Ne capitulons pas! » et relayé par le Nouvel Obs, visant à faire interdire le foulard islamique à l’école.

http://www.panamza.com/29092013-finkielkraut-askolovitch-schemla http://www.panamza.com/29092013-finkielkraut-askolovitch-schemla

 

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,