Aller à…
RSS Feed

23 novembre 2020

ENQUETE SUR LES SALAFISTES : ‘DU GOLFE AUX BANLIEUES. LE SALAFISME MONDIALISE’


# EODE-BOOKS / ENQUETE SUR LES SALAFISTES : ‘DU GOLFE AUX BANLIEUES. LE SALAFISME MONDIALISE’

 

EODE-BOOKS – lire – s’informer – se former

Un service du Département EDUCATION & RESEARCH

de l’Ong EODE

 

http://www.eode.org/eode-books-enquete-sur-les-salafistes-du-golfe-aux-banlieues-le-salafisme-mondialise/

 

# DU GOLFE AUX BANLIEUES. LE SALAFISME MONDIALISE

 

Mohamed-Ali Adraoui

PUF

 

Cet ouvrage est le produit d’une immersion de plusieurs années parmi les groupes salafis français. Il met en perspective leur mode de vie, leurs conceptions religieuses, leur vision de la France et des enjeux contemporains, ainsi que leur rapport au politique.

 

Le salafisme n’en finit pas d’interpeller. Des bouleversements politiques dans le monde arabe – le soi-disant « printemps arabe » – à « l’affaire Mohamed Merah », en passant par le débat sur le voile intégral, ce courant de l’islam intrigue d’autant plus qu’il fait trop souvent l’objet d’analyses superficielles.

 

De la diversité des mouvements affirmant emprunter la voie des Salaf Salih (« les Pieux Ancêtres ») à la manière dont les adeptes, majoritairement quiétistes dans notre société, envisagent leur rapport au politique, à l’économie ou aux débats français et internationaux, le présent ouvrage constitue l’une des premières tentatives pour faire la lumière sur une idéologie qui connaît un certain succès, notamment en banlieue.

 

Il est issu d’une immersion de plusieurs années parmi les communautés salafies installées en France, mais dont l’ambition affichée est de rompre avec une société jugée « impie » pour gagner la « terre d’islam », promesse d’une vie en concordance avec les enseignements religieux.

 

Pratique mondialisée, le salafisme apparaît comme la quête d’un « islam véritable » dont l’attrait auprès des jeunes générations doit être analysé. « Au-delà de la critique de l’époque contemporaine, les salafis ne sont-ils pas plus modernes qu’ils le prétendent » interroge l’auteur ?

 

LE SALAFISME FRANÇAIS DECRYPTE

 

Dans cet ouvrage (tiré de sa thèse présentée en 2011), l’auteur nous donne les clés pour répondre à cette question et décrypter la montée du mouvement salafiste en France.

 

Les adeptes de cette mouvance radicale prônent le retour d’un islam pur et originel, tel qu’il était pratiqué au moment de la révélation au Prophète : en arabe, « Salaf salih » signifie « pieux prédécesseurs ». Les hommes portent la barbe, une calotte et une longue chemise, les femmes le voile intégral. La participation citoyenne (le vote en particulier) est bannie. Les adeptes préfèrent s’en remettre aux savants, qui répondent à leurs interrogations et leur indiquent le chemin à suivre selon la loi de Dieu.

 

Les prêches du vendredi de ces oulémas trouvent un écho auprès des jeunes des banlieues, souvent en quête de repères et d’une identité. Nombre d’entre eux se convertissent autour de 20 ans. Les puristes un peu plus âgés cherchent même à se rapprocher de Dieu en faisant leur hijra, le retour en terre musulmane où la charia est appliquée. Ils quittent un pays de mécréants, une société impie, pour vivre l’islam des origines. Ce retour s’effectue généralement en Algérie, en Égypte, en Arabie Saoudite ou au Yémen.

 

L’auteur s’intéresse surtout aux salafistes quiétistes, non violents, qui cherchent à se rapprocher de Dieu et à vivre une foi absolue, à la différence des dijhadistes qui prônent un mode d’action violent. Ce travail s’appuie sur de nombreux entretiens avec des adeptes de cet islam militant, qui témoignent en toute franchise de leur vision et de leur parcours. « Leur discours orthodoxe révèle au lecteur un nouveau paradigme, qui n’est guère compatible avec un État de droit tel que la France » écrit l’éditeur.

 

TABLE DES MATIERES

 

« L’ouvrage, construit en deux parties, « Groupe de référence » et « Groupe d’appartenance », vise à décrire des dynamiques et des trajectoires, moins que l’intériorité d’expériences religieuses. Annonçant son ancrage fort dans la sociologie, dès lors que les titres des chapitres déclinent ce mot, avec une épithète pour marquer les différentes strates de la socialisation des individus et populations étudiées (socialisation généalogique, pyramidale, immunitaire, filtrée, imaginaire, postmoderne), est important surtout à cause de la dimension de philosophie politique qu’il met en place, pour compléter cette approche plus empirique, dont il désigne par là même les limites. »

 

1: Le groupe de référence

 

LA SOCIALISATION GÉNÉALOGIQUE

• Sociologie du salafisme quiétiste en France

• Le ‘alim ou le maître d’oeuvre de la rupture : le producteur du sens salafi

• L’habitus salafi : convertir la rupture épsitémique dans le champ social

 

LA SOCIALISATION PYRAMIDALE

• « L’apolitisme militant » des salafis. Contrôler l’agenda politique de l’islam de France « sans se mouiller »

• La quête de statut par l’indépendance économique

• La rupture mondaine : entre pratiques religieuses élitaires et désocialisation culturelle

 

LA SOCIALISATION IMMUNITAIRE

• La hijra intérieure : entre rétractation psychologique et prémices au départ

• La hijra en « terre d’islam » : partir, renaître et réaliser

 

2: Le groupe d’appartenance

 

LA SOCIALISATION FILTRÉE

• La banlieue comme espace symbolique de différenciation et d’émergence de « contre-mondes »

• Un héritage culturel antagonique facteur de construction identitaire de rupture

• La prédication salafie : une religiosité pour jeunes oustiders

 

LA SOCIALISATION IMAGINAIRE

• Le salafisme en France ou le nouvel d’âge de l’orientalisme ?

• « L’invention de la Tradition » : réifier le pouvoir politico-religieux saoudien

 

LA SOCIALISATION POSTMODERNE

• La socialisation salafie ou le nouveau temps des tribus religieuses : atomisation et reformation d’un lien organique de nature esthétique

• Prospérer sur la crise de l’islamisme : le Minhaj Salafi comme l’une des modalités du postislamisme

 

LA CRITIQUE DE L’HUMANITE /

Par l’historien Pierre Saly :

 

« Salafisme : voilà un mot galvaudé par la pratique journalistique, et qui est entré dans le quotidien de la communication politique pour désigner un radicalisme de l’islam dont la violence (en particulier terroriste ou militarisée) serait l’expression par excellence. C’est au salafisme en France que s’est intéressé Mohamed-Ali Adraoui dans un savant ouvrage, riche de nombreuses et passionnantes interviews de fidèles. Ce courant est d’abord un fondamentalisme (plus qu’un intégrisme) qui se réclame d’un retour aux principes et pratiques des « pieux ancêtres », c’est-à-dire des premiers compagnons du Prophète. Mais cette « voie salafiste » n’est pas nourrie principalement par la fréquentation personnelle du Coran ; elle s’inscrit dans un des courants de la multiforme tradition islamiste, avec une référence particulière à l’enseignement du wahhabisme, associé à une valorisation récurrente de l’Arabie saoudite.

Elle se traduit très souvent par une posture de refus du siècle à la façon de ce qu’on a pu appeler le quiétisme musulman, incarné notamment par le tabligh. Et ce refus du siècle conduit à la valorisation du départ (la hijra) vers des contrées où l’on est libre de pratiquer sa religion sans contraintes. Mais cet exode est plus souvent fantasmé que réalisé effectivement. Du même refus du siècle participe une indifférence aux symboles comme aux lois de la République, un désintérêt pour l’action militante qui met les salafistes en opposition frontale avec les « musulmans militants ». Naturellement ces refus se traduisent dans des choix vestimentaires clivants, le voile intégral pour les femmes, la barbe, la calotte, l’ample tunique et le bâton pour les hommes. Pour autant, ces puritains de l’islam sont loin de mépriser la richesse, fût-elle globalisée, et utilisent intensivement les outils du savoir mondialisé comme Internet (…) L’auteur n’a sans doute pas tort de mettre en relation l’émergence et l’affirmation du salafisme dans le monde et en France comme l’expression d’une forme de socialisation postmoderne, éclatée, morcelée, subjectivisée, atomisée dans des constellations de référents aux contours changeants, devenue indifférente aux cadres de référence d’un passé récent : la nation, la citoyenneté, la démocratie, les libertés publiques, la lutte des classes. »

http://www.humanite.fr/tribunes/le-salafisme-puritain-et-conservateur-549232

 

L’AUTEUR

 

Diplômé de l’IEP de Paris, de Paris I et d’une grande école de commerce, chercheur et enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris et Fellow à l’Institut universitaire européen de Florence (programme Max Weber), l’auteur est également co-auteur de Banlieue de la République.

 

 

Auteur            Mohamed-Ali Adraoui

Editeur            Puf

Collection  Proche-Orient

ISBN   2130607845

EAN   978-2130607847

Nombre de pages 280

_____________________

 

EODE-BOOKS

[email protected]

http://www.scoop.it/t/eode-books

http://www.eode.org/category/eode-books/

 

* EODE EDUCATION & RESEARCH :

The Department EDUCATION-FORMATION-RESEARCH of the Ngo EODE and of EODE-THINK TANK.

http://www.facebook.com/pages/EODE-Education-Research/246061642114064

 

* EODE / Eurasian Observatory for Democracy & Election (Brussels-Paris-Moscow-Kichinev)

http://www.eode.org/

http://www.facebook.com/EODE.org

 

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,