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30 octobre 2020

Tunisiens, levez un peu le nez de Facebook et regardez votre ciel désormais occupé militairement!(2)


Tunisiens, levez un peu le nez de Facebook et regardez votre ciel désormais occupé militairement!(2)
Herboris

« Le ciel de Tunisie au quotidien depuis le 14 janvier 2011 »
Merci

Tunisiens, levez un peu le nez de Facebook et regardez votre ciel désormais occupé militairement!

Résumé : En attendant des fuites ou des documents photographiques ou vidéographiques du site de Remada en particulier, la preuve de l’existence de bases militaires US en Tunisie est apportée concrètement par le viol quasi quotidien de l’intégrité de son espace aérien. Depuis un an environ, il suffisait (jusqu’à ce que les autorités soient alertées par la suspicion d’une partie de la population) de lever les yeux de temps en temps pour constater, la nuit venue, la présence d’un satellite de surveillance très lumineux placé au dessus de la région du Nord-Ouest. Par ailleurs et abstraction faite du drone qui s’est récemment écrasé à Kasserine, des avions militaires patrouillent quotidiennement (pendant la journée et ce, depuis les événements du 14 janvier 2011) dans le ciel tunisien suivant une diagonale reliant à peu près Tabarka, près de la frontière algérienne, à la frontière libyenne. Enfin, il faut mentionner les opérations d’envergure et très discrètes de ratissage des forêts (et villages environnants) de la région située en le Mont Chaambi et le centre du pays et au sujet desquelles le plus grand silence est observé et une censure totale pratiquée.

Tunisie Secret (TS) avait dévoilé l’existence de bases US-américaines en Tunisie, dont une, centrale, à Remada au Sud-Est du pays, soit non loin de la Libye et de l’Algérie (1). Le gouvernement –et même le proconsul de l’Empire Jacob Walles- avait plusieurs fois « démenti » l’existence de telles bases.

Satellite d’espionnage à basse altitude et avions militaires

Dans son dernier article sur le sujet (2), TS apporte la réponse à ce que les populations du Nord-Ouest du pays (mais aussi et parfois de la capitale elle-même) ont pu souvent observer pendant environ un an dans le ciel certains soirs, avant même que les étoiles n’apparaissent : à savoir une source de lumière fixe, très puissante et située (vue d’une ville comme Mateur) dans la direction du Sud et de la frontière algérienne.

Les gens s’étaient habitués à cette présence et beaucoup ne prêtaient plus attention à ce qu’ils considéraient comme une banale étoile ou un « satellite artificiel » de télévision. Comme l’article de TS l’expose clairement (2), il s’agit d’un appareil de surveillance du Mont Chaambi et, en fait, de la région dans son ensemble, limitrophe avec l’Algérie et caractérisée par son relief montagneux et ses nombreuses forêts où des escarmouches ont lieu de temps à autre entre l’armée tunisienne et des bandes d’hommes armés. Une telle station permet non seulement d’observer visuellement et de près toute la région en question mais également de surveiller toutes les communications sans fil, à commencer par celles de téléphonie mobile et donc celles de tous les citoyens. Alertées par la suspicion naissante d’une partie de la population, il semble toutefois que l’appareil ait récemment réduit son activité (nocturne en tout cas).

Les populations locales du Nord-Ouest se sont également habituées à une activité aérienne intense dans le ciel, inexistante avant les événements de janvier 2011. Des avions militaires, filent quotidiennement suivant une ligne Nord-Ouest (soit la pointe de la frontière algéro-tunisienne) – Sud-Est (soit la Libye).

Enfin, et mis à part le « fait divers » du drone qui s’est écrasé le mois dernier à Kasserine (centre du pays)(3), des opérations militaires de ratissage de forêts entières et des villages environnants de la région sont devenues courantes, bien au-delà du Mont Chaambi. L’une d’entre elles, récente (fin décembre), fut effectuée à l’aube dans les environs de Ksar el Cheikh, sur la route de Mateur. Les habitants de ce village et d’autres voisins ont pu voir des centaines de soldats pénétrer dans les oliveraies et forêts couvrant les collines avoisinantes.

Préparation psychologique à l’acceptation de la présence militaire US

-Il y a d’abord les démentis gouvernementaux sans qu’aucune preuve concrète ne soit jamais apportée. Quand un Edward Snowden tunisien offrira au monde l’argument décisif, on peut déjà parier que l’on entendra partout que les USA sont là pour protéger les Tunisiens du « terrorisme » au nom de la « coopération » « en matière de sécurité ».

-Il y a ensuite les associations de la dite «société civile » (*) tunisienne financées par les USA via des officines comme Freedom House et autres. Elles banalisent l’interventionnisme US-américain depuis le 14 janvier 2011.

-Il y a encore certains médias comme, par exemple, Tunisa Live, « Tunisia’s first news website » (le premier site d’informations de Tunisie, en anglais) ». Les Tunisiens se souviendront que sous Ben Ali, il n’y avait qu’un seul magazine en anglais nommé Tunisia News et qu’il était en papier. Or, jamais des articles comme ceux écrits par le « Pr Brahim Guizani » de « l’University of Tunis » et celui de l’« étudiant » Mohammad Mootaz Bellah Ghothbani à « l’Ecole Normale Supérieure in Tunis », n’auraient pu paraître, non par censure idiote mais, parce qu’il y va de ce l’indépendance et de la dignité nationales.

Le premier et aussi le plus récent article appelle les Tunisiens, de manière surréaliste et criminelle, à imiter le Japon de l’après-guerre : autrement dit à accepter une capitulation, une humiliation et une soumission éternelle à l’Empire US (4). L’admirateur « tunisien » du Japon glisse évidemment sous le tapis le plus grand crime contre l’humanité commis par les USA contre le même pays au moyen de leurs armes chimiques sophistiquées: soit deux bombes atomiques lesquelles ont détruit en quelques minutes deux villes entières : Nagasaki et Hiroshima. L’insinuation que la « Révolution » tunisienne et le « Printemps Arabe » sont entre les mains des USA demeure au cœur de l’ « analyse » pédante, puérile, en tout cas manipulatoire, de ce valet tunisien de l’impérialisme. L’autre article ne proposait pas moins que de justifier l’hébergement d’AFRICOM, tête de pont régionale de l’armada impériale des USA en Tunisie (5).

Que les Tunisiens considèrent un peu leur ciel qui n’est plus très beau depuis la catastrophe du 14 janvier 2011. Leur pays est désormais occupé et surveillé depuis le ciel par des gadgets technologiques en tout genre fournis et probablement manipulés par les USA et ses agents locaux.

Sources:

1- Tunisie : immense base militaire américaine à Remada, 31 août 2013.

http://www.tunisie-secret.com/Tunisie-immense-base-militaire-americaine-a-Remada_a579.html

2- Bases américaines en Tunisie : Tunisie-Secret a donc eu raison! 02 Jan 2014

http://www.tunisie-secret.com/Bases-americaines-en-Tunisie-Tunisie-Secret-a-donc-eu-raison-_a770.html#last_comment

« Les soldats de la Marines et d’AFRICOM se sont installés, quant à eux, sur les monts de Chaâmbi à la frontière avec l’Algérie, dont un haut officier américain de grade de colonel et des experts en topographie et des appareils de surveillance à l’aide de satellite ».

3- Tunisie – Un drone militaire s’écrase à Kasserine. 11 déc. 2013

http://www.businessnews.com.tn/Tunisie—Un-drone-militaire-s%C3%82%E2%80%99%C3%83%C2%A9crase-%C3%83%C2%A0-Kasserine,520,42805,3

Note : lire en particulier à sa suite le commentaire très instructif de « F.M. alias « John Wayne »[pseudonyme], Diplômé d’histoire et de sciences politiques de l’Université Paris-Sorbonne, Ancien fonctionnaire aux Ministères des Affaires Etrangères et de l’Intérieur tunisiens des gouvernements d’Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali, Diplomate de carrière et spécialiste de la sécurité et du renseignement »

4- What Tunisia Can Learn From Postwar Japan [Ce que la Tunisie peut apprendre du Japon de l’après-guerre]. Par Brahim Guizani, 03 janvier 2014

http://www.tunisia-live.net/2014/01/03/what-tunisia-can-learn-from-postwar-japan/

“Brahim Guizani is an assistant professor at the University of Tunis and an alumnus of the Tohoku University in Japan”

5- Why Tunisia Could Host the U.S. Military’s African Headquarters [Pourquoi la Tunisie pourrait héberger le commandement militaire des USA en Afrique]. Par Mohammad Mootaz Bellah Ghothbani, 12 juin 2013

http://www.tunisia-live.net/2013/06/12/why-tunisia-could-host-the-u-s-militarys-african-headquarters/

“This article was written by Mohammad Mootaz Bellah Ghothbani, a student at the l’Ecole Normale Superieure in Tunis”

(*) Notes : On remarquera que l’expression « société civile » n’était jamais ou que rarement employée avant la chute de l’Union Soviétique, tout comme d’autres termes anesthésiant des peuples en lutte (comme « gouvernance », par exemple).

La ruse du Système ici est d’autoriser des commentaires, même « indignés », car ce qui compte à la fin, comme dans beaucoup d’autres domaines, c’est « l’effet d’annonce » ou comment la question, devient, comme par magie, un « thème » susceptible d’être « débattu ».

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,