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16 octobre 2019

Tunisie, Tourisme et Israël: un projet original de prévention de liaisons dangereuses


Tunisie, Tourisme et Israël: un projet original de prévention de liaisons dangereuses (1er Mai 2014)

flagtunComment les Tunisiens peuvent s’inspirer des bonnes pratiques administratives (« gouvernance ») de la Diplomatie des USA pour mieux accueillir les touristes israéliens.

Par Les Pacifistes de Tunis

En cette journée du 1er mai, alors que les chômeurs et travailleurs du monde entier refusent rarement le rituel du défilé unitaire dans les rues de leur pays, le calme de la capitale tunisienne était tout à fait à l’image de sa « révolution » mort-née, que ses laudateurs continuent, trois ans plus tard, à vendre à la manière d’un opium.  Les quelques autocélébrations ressemblaient davantage aux rencontres de Grenelle qui ont mis un terme à la grande Révolte française de Mai 68, elle aussi étouffée, en l’absence, toutefois, d’une ingérence étrangère comme en Tunisie.

Dans la rue, nous avons quand même rencontré quelques militants nationalistes (au sens, non pas de national-tunisien mais internationaliste, panarabe à la manière d’Hugo Chavez). Ils se disaient inquiets de la récente « polémique » au sujet des allées et venues désormais fréquentes de ressortissants USraéliens en Tunisie. Ils prévoient d’ailleurs prochainement une manifestation de protestation et sensibilisation de leurs concitoyens devant le Ministère du Tourisme.

Or, il étonnant que cette « polémique » ait lieu dans un pays où, au lendemain de la « Révolte » de janvier 2011, la question d’inclure l’antisionisme dans la nouvelle Constitution elle-même, était une cause acquise d’avance étant donné l’antisionisme foncier de la très grande majorité du peuple tunisien. C’était évidemment sans compter que les partis religieux « islamistes » au pouvoir (Anne Nahda et autres) et ceux, « laïcs » « istislamistes » (néologisme arabe signifiant « capitulationnistes », du verbe « istislama » (capituler devant l’ordre dominant)) dans l’opposition démocratique théâtrale, sont tombés d’accord pour évacuer la question de la manière la plus discrète. Cette dernière s’est vue réduite, dans le texte juridique final, à une vague évocation de la « cause palestinienne » sur laquelle mêmes des Esquimaux illettrés pourraient tomber d’accord et sans même savoir où se trouve la Palestine…

Les raisons souvent invoquées sont que les « frères ennemis », au pouvoir et dans l’opposition, ont considéré qu’une telle démarche aurait nui aux relations avec leurs « partenaires » (sic) et, au tourisme (comme si les millions de touristes de l’époque des 23 Glorieuses de l’épouvantail Ben Ali étaient principalement USraéliens…). C’est évidemment faux car le contingent principal et périodique de touristes venait d’Europe de l’Ouest et principalement de France, d’Allemagne et d’Italie. Evidemment, les candidats aux vacances en Tunisie ont, en 2011, été effrayés, non pas par la révolte à la guimauve des Tunisiens mais par le violent et criminel bombardement de la Libye voisine qui a duré près d’une année entière et dont les graves conséquences sont maintenant claires même pour ceux qui avaient préféré se boucher les oreilles. Nous avons détaillé tout cela (y compris la propagande mensongère du gouvernement à ce sujet) dans un article sur le Tourisme Vert et Révolutionnaire en Tunisie, économique et particulièrement adapté au pays.

La « polémique » sur le « tourisme » USraélien en Tunisie a été ravivée en particulier avec le chanteur Bezalel Raviv, qui s’était déjà rendu en Tunisie au-delà de la Révolte de 2011 en présentant son passeport usraélien et qui souhaiterait renouveler sa visite. La « polémique » a surtout lieu entre les « istislamistes » pro-occidentaux, francophiles et particulièrement francophones s’exprimant particulièrement dans des médias comme « La Presse », « Le Quotidien de Tunis », « Kapitalis », « Nawaat », etc. (tous de véritables courroies de transmission de toutes les ingérences étrangères imaginables) et les nationalistes panarabes (laïcs). Ces derniers insistent particulièrement sur la dimension de la dignité bafouée.

Aussi, nous proposons maintenant la solution pour dépassionner le « débat »:

Solution: renouer avec la l’héritage de la politique étrangère de HABIB BOURGUIBA et celle des Etats-Unis d’Amérique

-Rappelant qu’une résolution des Nations Unies a, dans les années 70, clairement condamné le sionisme comme une forme de racisme semblable à l’apartheid (ce dernier  a finalement été officiellement mis hors la loi en Afrique mais celui en Palestine persiste)/

-Soulignant avec force que les Etats Unis ont, à la même époque et pendant des décennies, exigé de tout individu souhaitant se rendre sur son territoire de consigner par écrit (formulaire du Visa à l’ambassade des USA du pays de résidence de l’individu) si oui ou non il était (affilié au parti) communiste.

-Attirant l’attention sur le fait que l’héritage d’Habib Bourguiba, père de l’indépendance tunisienne, et en fonction à l’époque de la résolution des Nations Unies condamnant le sionisme, ne peut être jeté de la sorte « aux poubelles de l’Histoire »/

-Observant que les Etats-Unis d »Amérique, qui ont imposé le système de visa en question, se prévalent d’être une démocratie fondée sur un système économique (le capitalisme) théoriquement basé la libre circulation des hommes et des marchandises/

Nous, proposons, ce qui suit:

QUE TOUT CITOYEN d’Usrael, voyageant avec un passeport de cet état et souhaitant se rendre sur en Tunisie, consigne officiellement par écrit (auprès des services de l’Autorité Palestinienne à Rammallah qui se chargera de gérer les affaires la Tunisie dans ce domaine), si oui ou non il (ou elle) est sioniste.

Ainsi, le problème est réglé définitivement et les amis usraéliens de la Tunisie, auquel tiennent tant les gouvernants actuels, pourront entrer dans le pays en rassurant ses habitants. Les Tunisiens peuvent donc se préparer à accueillir, pour commencer: tant le chanteur usraélien Bezalel Raviv, qui nous l’espérons, remplira le formulaire sans problème, que son compatriote et intellectuel de renom Israel Shamir.

Tract nationaliste panarabe du 1er mai 2014 condamnant la normalisation des relations entre la Tunisie et Usrael.

Tract nationaliste panarabe du 1er mai 2014 condamnant la normalisation des relations entre la Tunisie et Usrael.

 Sources citées:

-« Le tourisme vert en Tunisie: inédit, économique, durable, révolutionnaire et gratuit ». Statut: 5 février 2014

http://www.mathaba.net/news/?x=633968

 « Un pèlerinage auprès de 600 familles tunisiennes pour découvrir le musée vivant d’une immense révolution »

-« Hugo Chavez Tunis. La Tunisie réelle et profonde rend hommage à la révolution bolivarienne du Venezuela ». Statut: 28 février 2014

http://www.mathaba.net/news/?x=633980

 

POST SCRIPTUM/ La Ministre en poste, Amel Karboul, est souvent « sur la sellette » depuis que des journalistes ont découvert qu’elle s’était rendue, avant la « Révolution » de 2011 et avant sa nomination, donc, en délégation officielle en Usrael. Elle avait avancé, pour sa défense, qu’elle était aussi allé à Gaza. Récemment, elle s’est fait remarquer pour son « dynamisme » lors du festival des « Dunes électroniques » dans le sud tunisien. Elle avait alors pris la parole pour s’adresser à une foule de jeunes gens fous en train de faire la noce sur un fond de musique électronique assourdissante. Elle avait alors présenté à ses côtés un personnage qui s’exprima en français et qui n’était autre que l’ex-premier ministre Jack Lang (de France). Peu ou pas d’observateurs avaient remarqué que ce dernier est connu pour son tropisme pro-usraélien, même si ce dernier, chez lui, n’est pas aussi caricatural que celui des autres ténors du « Parti Socialiste » français (sans parler de l’actuel premier ministre Manuel Valls). Peu de Tunisiens connaissent également la vérité sur un personnage d’un autre « couple » terrible: Bernard Delanöe (maire de Paris en France) qui a été notamment invité par Moncef Marzouki (président de la république) dans la « nouvelle » Tunisie « démocratique » et « révolutionnaire ».

Note de rappel: Pourquoi nous écrivons en français? Entre autres raisons:

Antiimperialistasunidos

Le texte dit: « Seule l’union face à l’impérialisme totalitaire fait la force et nous permettra de le mettre en échec ». Il manque évidemment le drapeau de la Jamahiriya Libyenne depuis l’attaque de l’OTAN.

1)      C’est une langue de l’Empire, et donc, avec l’anglais, principalement, l’arme privilégiée de toute guerre (psychologique) moderne, comme l’ont montré (pour ne prendre que quelques exemples) les agressions des dernières décennies contre l’Union Soviétique, la Roumanie, la Yougoslavie, l’Irak, la Syrie, et surtout la Jamahiriya Libyenne. L’Empire est très satisfait de voir ainsi la contestation et la subversion, particulièrement celle en langue arabe, confinée à Facebook (3 millions de Tunisiens sont enfermés dans cette cage du Système)…

2)      Le français est aussi, en raison de ce qui précède, une langue de prestige. Elle est aussi perçue comme plus convaincante par la vertu du « complexe du décolonisé ». En Tunisie, par exemple, le peuple s' »informe » en regardant France24, en français et en arabe. Peu importe, puisque c’est l’instrument de propagande du Ministère des Affaires Etrangères français. Le français est aussi la langue utilisée par les agents même de l’impérialisme: par exemple, les journaux tunisiens francophones cités plus haut.

3)      Une langue internationale de communication (le français était celle de la diplomatie au 19ème siècle) devient donc, après son appropriation, une arme de l’impérialisme totalitaire de l’époque que nous vivons, qui se retourne contre lui-même (tout comme le réseau Internet qui, malgré son tamisage et sa censure sophistiqués, est sur le point de se retourner contre ses apprentis-sorciers). Certes, nous aimons la littérature française mais, par la même occasion, nous rendons un hommage permanent à tous les révolutionnaires de France et du monde qui se sont exprimés et s’expriment dans cette langue.

 

 

About Les Pacifistes de Tunis

Nous sommes un collectif de citoyens (en majorité des femmes) ayant décidé de réagir à la guerre impérialiste et hyper-totalitaire contre la Grande Jamahiriya Libyenne, menée avec la complicité des médias et partis politiques tunisiens dans leur très grande majorité… Depuis près d’un siècle, l’opposition à l’impérialisme implique de défendre sans hésiter tout pays à travers le monde (du Zimbabwe à Cuba et de la Syrie au Nicaragua) qui serait agressé par une ou des puissance(s) néocoloniale(s). Aussi, nous nous tenons sans ambigüité aux côtés de la SYRIE dans son épreuve actuelle. Nous défendrons aussi l’Iran et le Liban malgré les graves et suicidaires erreurs morales («crier avec les loups» contre la Jamahiriya) de leurs dirigeants politiques. Nous n’oublierons jamais les millions de morts causés par les guerres incessantes de l’impérialisme contre les peuples d’Asie (particulièrement les 200 000 victimes, dont 100 000 morts immédiates, des bombes d’HIROSHIMA et NAGASAKI ; la guerre contre le Vietnam, l’Afghanistan, le Pakistan) ; les peuples d’Amérique Latine; du Moyen Orient (Irak…); d’Afrique et d’Europe aussi (Yougoslavie). Nous faisons nôtre les consignes humanistes de Che GUEVARA et Mouammar AL-GADDAFI : « Surtout, restez toujours capables de ressentir au plus profond de vous-même toute injustice commise contre quiconque, n’importe où dans le monde. C’est là la qualité la plus belle chez un révolutionnaire »

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,