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30 novembre 2020

La Nakba à Haïfa, une grande opération de nettoyage ethnique, en accord avec les Britanniques


SOLIDARITE PALESTINE

Rapport

La Nakba à Haïfa, une grande opération de nettoyage ethnique, en accord avec les Britanniques

CPI

Mardi 27 mai 2014

Naplouse – CPI

Dans cette soixante-sixième commémoration de la Nakba (la catastrophe de 1948), les réfugiés palestiniens du camp d’Al-Balatta se rappellent ce qui s’est passé dans leur ville chérie : Haïfa. Ils se rappellent de cette ville historique occupée chaque fois par des colons différents. Mais chaque fois, elle se débarrasse d’eux et reprend sa vie normale.

Le réfugié Hassan Maher, du camp de Balata, raconte une partie de la tragédie de Haïfa. « Dans cette ville de Haïfa, le plus grand nettoyage ethnique a été pratiqué. Ses habitants ont été chassés et sont devenus des réfugiés dans les pays voisins où ils subissent les pires des souffrances et douleurs », dit-il au correspondant de notre Centre Palestinien d’Information (CPI).

« Ils possédaient une patrie, des propriétés, des positions sociales. Ils avaient une histoire, une culture et une civilisation fines. Ils ont été transformés, par un projet de nettoyage, en sans-abri qui cherchent quelque chose à se mettre sous la dent, pour survivre », dit-il avec amertume.

Nettoyage ethnique programmé

L’octogénaire Mahmoud Barakat se souvient aussi de la catastrophe que sa ville de Haïfa a subie. « Les bandits sionistes pratiquaient un nettoyage ethnique programmé d’avance contre les habitants de la ville de Haïfa, il y soixante-six ans de cela. Ils ont concentré leurs efforts sur cette ville pour ses qualités exceptionnelles. C’est une ville industrielle et stratégique, avec son large port de l’époque », dit-il.

En 1948, les chefs militaires sionistes ont décidé de nettoyer la ville et ont poussé le restant des habitants vers les quartiers d’An-Nisnas et Wadissalib, au service des sionistes, les nouveaux arrivants.

Les soldats sionistes semaient la terreur parmi les habitants palestiniens. Ils encerclaient leurs maisons, les incendiaient, mettaient la main sur leurs biens. Puis ils minaient les ruines de leurs maisons, afin que le retour soit impossible, raconte Hadj Barakat.

Crime sioniste

Le réfugié Khaled Abdou Ar-Rahim se rappelle comment les occupants sionistes, épaulés par les Anglais, ont bombardé les civils, violé les femmes et tué les gens qui fuyaient vers le port. Il se rappelle la terreur qui régnait dans la ville de Haïfa. On ne trouvait qu’une seule route pour en sortir, celle qui menait vers la plage.

Les sionistes semaient aussi la terreur en répandant des rumeurs. Les rumeurs gonflant la force de Haganah et parlant de la tombée de Haïf ont poussé beaucoup de familles à partir. « Et les Anglais ont ouvert le portail du port pour faciliter l’immigration des Palestiniens, une conspiration », raconte Abdou Ar-Rahim.

Conspiration britannique

Les documents de l’année 48 confirment comment les Anglais ont décidé de se retirer de leurs bases de Haïfa, afin de donner la chance à Haganah de s’y installer.

Et les canons de Haganah bombardaient les quartiers arabes et détruisaient leurs maisons. Et quand les habitants se regroupaient quelque part, ils se faisaient bombarder, comme cela a été le cas vers le port, confirme le réfugié Mostapha Kamal. Ainsi, les Palestiniens n’avaient que la mer pour s’échapper, un départ sans retour.

Le départ vers l’inconnu

« Le port a été transformé, aussi bien par les Anglais que par les organisations sionistes, en un portail de sortie pour des milliers Palestiniens vers l’inconnu », dit pour sa part Motaz Khalil.

Des bateaux de toutes nationalités, arabes, anglais et autres, étaient prêts à transporter les Palestiniens chassés de leur ville de Haïfa vers leurs destinations de réfugiés, pour appliquer plusieurs plans destinés à vider la Palestine de ses habitants d’origine.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,