Aller à…
RSS Feed

27 octobre 2020

Libye : nouvelle vague de réfugiés liée aux violences entre groupes armés


Libye : nouvelle vague de réfugiés liée aux violences entre groupes armés

Par Julia Dumont (avec AFP) | Publié le 11/08/2014 à 16H49,

Réfugiés égyptiens à frontière libyenne
Entre 5000 et 10 000 Egyptiens attendaient vendredi au poste frontière de Ras Jedir de pouvoir quitter la Libye. © AFP PHOTO / F NASRI

Les violences entre groupes armés provoquent depuis plusieurs semaines le déplacement de flux de population vers la Tunisie et l’Europe (via l’île italienne de Lampedusa). En 2011, la chute de Mouammar Kadhafi avait déjà entraîné une première vague de réfugiés libyens en direction des pays voisins.

Des heurts ont éclaté vendredi 1er août 2014 au poste frontière de Ras Jedir qui donne accès à la Tunisie. Des centaines de réfugiés égyptiens cherchant à rejoindre leur pays ont tenté de forcer le barrage militaire après des jours d’attente sous un soleil de plomb et dans des conditions plus que précaires. Les garde-frontières libyens ont répliqué par les armes.

La veille, deux Egyptiens cherchant à passer en Tunisie avaient été abattus par les gardes-frontières libyens. Si le bilan est difficile à tirer dans la mesure où de nombreuses informations relèvent de la rumeur, une chose est certaine : cet incident traduit bien la tension et la confusion qui règnent en Libye.

Le ministre affaires étrangères égyptien en visite à Ras Jedir
Le ministre égyptien des affaires étrangères s’est rendu lundi 4 août à Ras Jedir et a rencontré le Premier ministre tunisien pour tenter de débloquer la situation.  © AFP PHOTO / F NASRI

Autrefois terre d’immigration, cet immense pays de près de 2 millions de km² est aujourd’hui en proie à un véritable chaos et la multiplication des violences pousse de plus en plus de travailleurs étrangers à rejoindre leur pays d’origine.

La Tunisie submergée
Face à ces déplacements de population, Tunis craint que le scénario de 2011 ne se répète. Des milliers de Libyens s’étaient réfugiés dans le pays  voisin pour fuir les violences de la guerre civile qui a mené à la chute de Mouammar Kadhafi. Au début du mois de mars 2011, ils étaient 50 000 à avoir déjà quitté le pays par le poste frontière de Ras Jedir.

Aujourd’hui, ils seraient plus d’un million à s’être installés en Tunisie. Et ils se plairaient particulièrement dans le pays : le seul qui ne leur demande pas de visa, «contrairement à l’Egypte ou à l’Algérie», indique Jeune Afrique. L’instabilité permanente en Libye les a persuadés de rester et de ne pas se présenter aux autorités consulaires de leur pays d’origine.

Mais la Tunisie ne laisse désormais plus passer aux postes frontières que ses ressortissants et les étrangers ayant un moyen de rejoindre leur territoire national immédiatement. Un groupe de travailleurs indonésiens a ainsi pu être évacué le 1er août car des diplomates sont venus les chercher «en vue d’une future évacuation».

En revanche, des milliers d’Egyptiens attendent toujours que le Caire permette leur rapatriement. Toujours le 1er août, ils étaient encore entre 5000 et 10.000 à attendre à Ras Jedir. L’ambassadeur égyptien à Tunis, Ayman Mousharafa, a promis samedi que l’Egypte allait mettre en place un pont aérien pour «évacuer en moyenne 2000 à 2500 personne par jour». L’idée d’une évacuation maritime qui le compléterait a aussi été évoquée.

Une semaine est passée et rien n’a encore été fait, laissant aux gardes frontières libyens et tunisiens la tâche de gérer ces flux de personnes. Une jeune femme originaire de Tripoli confie à l’AFP que la situation est difficile. Elle ajoute pourtant : «Ce qu’on voit au poste frontière de Ras Jedir, ce n’est rien par rapport à ce qui se passe là-bas (à Tripoli ndlr)».

Rejoindre l’Europe
Autre pays dépassé par les conséquences du conflit libyen de 2011 et de la situation actuelle, l’Italie réclame l’aide de l’Union européenne et appelle le HCR, l’agence de l’Onu pour les réfugiés, à intervenir sur place le plus vite possible.

Le Figaro rapporte dans un article les propos du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi : «On a un nombre record de femmes, hommes et enfants qui arrivent sur nos côtes et pour 96% des cas, ils partent de Libye». Ce dernier a appelé à la solidarité de l’Europe avec l’Italie : «La Méditerranée n’est pas la mer de l’Italie mais une frontière au cœur de l’Europe».

Depuis les événements de 2011, les centres d’accueil de l’île italienne de Lampedusa sont pleins et «chaque jour, les Italiens sauvent environ 270 clandestins en mer grâce à l’opération Mare Nostrum», notent Les Echos.

Migrants africains au large Lampedusa
Chaque jour, la marine italienne viendrait en aide à plus de 200 migrants africains tentant de rejoindre l’Europe en barque. © AFP PHOTO / ITALIAN NAVY

Les effets des troubles en Libye se font également ressentir en France. A Calais, dans le nord de la France, les réfugiés originaires de Libye viennent grossir les rangs des migrants qui attendent dans des abris de fortune une solution d’hébergement mais surtout, pour la plupart, de pouvoir passer au Royaume-Uni.

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,