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24 octobre 2020

Niabina, pour l’honneur et la dignité


Mauritanie

Niabina, pour  l’honneur et la dignité

 

 

 

Ils sont venus dans cette contrée de la vallée, accompagnés de familles, parents, cousins, sympathisants et escortés Manu-militari par les autorités locales du Brakna. Puis ils sont repartis chez eux tête baissée, comme si le ciel leurs étaient tombé dessus. Cette contrée de la vallée, c’est Nabina, village charnière entre le Brakna et le Gorgol. S’y trouve une fraction de la tribu des Oulad Berry, famille du jeune commerçant Mohamed Ould Cheikh Ould N’zil. A cause de ce fameux jeune homme, Niabina a failli être mis à feu et à sang…

Ils étaient venus de partout ;  d’Aleg, de Kaédi, des villages de Mauritanie pour répondre à l’appel de guerre de la Khabila (Tribu) au détriment d’un village peuplé de kouwars (halpoular) de Niabina situé à 400 km au sud-est de la capitale mauritanienne. Motif, la disparition de leurs fils signalé dans les environs de ce village. D’autres sources parentales ont prétendu le jeune Ould nezil assassiné et  enterré quelque part à Niabina, après avoir été découpé en morceaux.

La Famille de Mohamed Ould Cheikh Ould N’zil et les autorités régionales avaient oublié cette parole de notre seigneur Allah l’exalté, qui  nous exhorte à la méfiance, et à l’accusation sans preuve comme s’est  exprimé  dans la sourate Houjouratt (les apparentements)  comme suit : « O vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait ».

Ils avaient également fait  « Fi » des paroles de notre Prophète Mohamed (psl), qui mettait en garde les deux tribus « Aws » et  « KHazaraj », lors d’un différend. «L’appel du Paganisme et de l’obscurantisme alors que je suis parmi vous ?» disait l’aimé d’Allah.

Ils ont atterris à NABINA avec la bénédiction des autorités régionales et ils ont commencé à dicter leur loi à la place des compétences : « Nous ne repartiront pas comme ça sans les nouvelles de notre fils vivant ou mort » « encerclez les, et ne laissez aucune maison sans la visiter» «N’hésiter pas à déterrer les cimetières » «Arrêtez les, ils seront interrogé »....

Ainsi durant des jours, Ils ont mis le village Nabina sous « état de siège », alors que le jeune Mohamed Ould Nezil, était ailleurs, à Nouakchott. Il avait fougé pour soit disant une histoire de  femme, qu’il voulait  épouser et que sa mère lui refusait.

Puis après avoir appris connaissance de la vérité, ils sont repartis chez eux comme, ils étaient venus, sans inquiétude, sans sentir un devoir de demande d’excuse, ni de pardon, à des  paisibles populations de Nabina, qui pourtant étaient resté docile durant tous ce processus d’humiliation et de tourmente à leurs égard.

Ils sont repartis comme si rien ne s’était passé dans cette zone si loin d’Aleg, alors qu’ils ont lésé les populations de la vallée. Ces dernières avaient pressenti en cela un prolongement des événements de l’année de braises, où n’importe qui de la communauté arabo-berbères, pouvait se permettre de s’offrir le luxe de rentre dans  un village et de prendre de leurs biens  autant qu’il voulait et  sans s’inquiéter.

L’événement de Nabina a démontré qu’en Mauritanie, que les décisions ou ordre de la tribu, de l’ethnie et de la famille étaient plus puissantes encore que les institutions de l’Etat. Car durant cette période les autorités locales sont restées impuissantes face au dictat de la famille d’Ould Nezil. Sinon comment expliquer ce courage de menace et de ténacité marqué d’impolitesse vis-à-vis des auteurs administratifs, sensé faire leur travail et respecter la loi.

La Mauritanie a eu ce privilège d’être un pays à Cent pour Cent musulman. Cette connotation de « Musulman » a beaucoup de signification et de sens dans son contenu. A cet effet, il nous suffit comme preuve ce  long Hadith prophète Mohamed (psl) qui disait : « Méfiez-vous de la présomption car la présomption est le parler le plus mensonger. N’employez pas vos cinq sens à la recherche des défauts des autres et ne vous espionnez pas. Bannissez entre vous toute concurrence déloyale, toute envie et toute haine. Ne vous tournez pas le dos les uns aux autres et soyez frères, ô esclaves de Dieu! Le Musulman est le frère du Musulman: il ne lui fait pas d’injustice, ne lui refuse pas son soutien et ne le méprise pas. La piété est ici (désignant sa poitrine). Il suffit à l’homme pour être mauvais de mépriser son frère musulman. Tout le Musulman est interdit au Musulman: son sang, son honneur et ses biens. Dieu ne regarde pas vos corps, ni vos images, ni vos actions, mais Il regarde vos cœurs. »

Notre seigneur Allah a honoré l’être humain fils d’Adam, en particulier le musulman et cette marque de divinité fait qu’on ne doit pas le déshumaniser, ni l’humilier, ni l’offenser dans son fort intérieur comme cela à été fait au musulmans de Niabina.

La famille d’Ould Nezil  aurait  pu se souvenir des paroles de notre seigneur, qui interdit le doute, la précipitation avant de s’aventurer sur ce terrain, qui a failli provoquer une guerre civile entre les composantes de ce pays, mettant en jeux ce qui reste de notre unité nationale et notre cohésion sociale.

Car les populations de la vallée sont encore sous choc. Puisqu’elles vivent encore les séquelles  de la déportation, le massacre de ses fils  militaires et civils tués aussi bien dans la vallée qu’à Walata, Inal, Azlat. Des populations, qui peine encore à s’enrôler, pour afficher leur nationalité mauritanienne, des  populations, qui quémandent sur leurs terres ancestrales un lopin de terre pour la cultiver  et faire vivre sa famille. Des citoyens, qui sont aujourd’hui soumis à un quota réduit dans les organes de décisions, les concours de recrutements et l’octroi des bourses d’études aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Oui, ils s‘agit de l’honneur, de réparation, de demande de pardon avant de parler réconciliation pour musulman, qui ne croit qu’au seigneur, à ses lois, et au jour de la redistribution comme le souligne le Prophète de la miséricorde  : « Que celui qui a offensé son frère dans son honneur ou de quelque autre manière, qu’il lui demande pardon immédiatement avant que n’arrive le jour où les dinars et les dirhams, ne seront d’aucune utilité. Sans quoi, s’il a à son actif de bonnes œuvres, elles lui seront ôtées dans une proportion relative à la gravité de l’offense. Et s’il n’a pas de bonnes œuvres à son actif il devra se charger des péchés de son frère. (Rapporté par Bukhari).

Les mauritaniens  doivent être dans leur amour, leur indulgence mutuelle et leur solidarité comme un seul corps, lorsqu’une partie souffre, c’est tout le corps qui répond par l’insomnie et la fièvre. ».

L’honneur, est la seule valeur, qui reste à l’homme  même sans richesse et s’il le perd, il perd tous. Aidons les citoyens de Nabina à retrouver cet honneur et la famille de Mohamed Ould Cheikh Ould N’zil à demander pardon aux offensés de la vallée.

 

 

Oumar Amadou Mbaye

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,