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2 juin 2020

Les financiers de Daech


Solidarité Palestine

Opinion

Les financiers de Daech

Kamel Moulfi

Lundi 15 septembre 2014

Incroyable mais vrai : la France est le principal bailleur de fonds du groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique, estime le quotidien Le Figaro qui rapporte l’accusation portée contre ce pays par Obama «glissée» dans un entretien qu’il vient d’accorder au New York Times. «Les Français payent des rançons aux terroristes», assure le président américain qui ne croit pas François Hollande quand il affirme le contraire.

Comme par hasard, cette déclaration est tombée au moment où le chef d’état-major de l’armée française se trouvait à Alger. Les hôtes algériens de l’officier supérieur français font-ils le même reproche à leur invité dont le pays combat le terrorisme d’une main et le nourrit de l’autre ? Selon le Figaro, la France a même été gratifiée par le New York Times du titre peu glorieux de «championne» du paiement des rançons à Al-Qaïda.

Le quotidien américain, visiblement très bien informé, fait le compte de ce que la France a donné aux terroristes en échange de la libération de ses ressortissants qui avaient été pris en otages : au total 67,6 millions de dollars depuis 2008, plus que la moitié des 125 millions de dollars que les enlèvements auraient rapportés aux groupes terroristes. Il y a plus que de l’inconséquence dans ce comportement.

Et en France, la classe politique fait comme si de rien n’était. Les députés français vont débattre aujourd’hui à l’Assemblée nationale d’un «projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme», qui, dit-on, fait consensus.

Y aura-t-il un député pour proposer que ce projet tienne compte de la résolution votée par l’ONU en février dernier demandant aux Etats de ne pas verser de rançon à des groupes terroristes pour libérer des otages ?

C’est à ne rien comprendre : le projet de loi veut «conjurer la menace représentée par les filières de djihadistes qui impliquent des Français», mais ces mêmes filières sont financées par un budget alimenté par la France à travers le paiement de rançons. Le problème est simple : quand un groupe terroriste a besoin d’argent pour engager un djihadiste français, il prend en otage un autre français puis le libère en échange du paiement d’une rançon qu’il utilisera pour ce recrutement. En paroles, la France dit combattre Daech et, en cachette, finance ce groupe terroriste. C’est tellement simple qu’il faut se poser la question s’il n’y a pas autre chose ignorée par les observateurs crédules.

K. M.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,