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22 octobre 2020

Stratégie du chaos otanesque et Daech : Un Irak (et une Syrie) dont personne n’a besoin


: Stratégie du chaos otanesque et Daech : Un Irak (et une Syrie) dont personne n’a besoin …

 Cet article (ci bas) ignore l’armée arabe syrienne comme un des élément militaire important à prendre en compte mais il pose effectivement une vraie question à propos de l’appui relatif mais réel, selon l’avis de témoins que j’ai pu moi-même confirmer, de la population des territoires Daech envers Daech qui a restauré un ordre, dur mais un ordre, et qui a beaucoup d’argent (qui lui arrive d’où ?), ce qui lui a permis de restaurer les services publics et de verser des salaires apparemment supérieurs à ceux que l’on reçoit dans les zones sous contrôle gouvernemental syrien. Bien sûr, il faut être musulman sunnite ligne takfiri pour « profiter » de cet « ordre » qui exclue tous les autres, sunnites authentiques compris. Mais l’argent n’a pas d’odeur et n’importe quel ordre est mieux que le désordre pour beaucoup.

Donc il y a plusieurs questions à poser :

– D’où Daech tire-t-il son argent et comment se fait-il que ses opérations financières ne soient pas contrôlées par les puissances financières internationales ? Ni, visiblement, ses communications internet internationales et téléphoniques ? Comment se fait-il que, même dans les prisons françaises, un prisonnier puisse entrer en communication internet ou téléphonique avec Daech ? …Témoignages à l’appui.

– Par où et avec l’appui de qui Daech exporte-t-il le pétrole qu’il extrait des territoires sous son contrôle ?

– Quels sont ses généreux donateurs ? Privés (pétromonarchies) ? Etatiques (pétromonarchies ? Israël ? ou autres encore ?) ?

– Pourquoi les puissances de l’OTAN qui pourraient le détruire en 6 mois selon ce que disent les experts militaires, soit avec leurs armées en intervenant directement, soit en mettant sur pied une armée « interarabe » sous leur direction, ne le font-ils pas ? Soit encore au moins en finançant et armant les rebelles concurrents ? …Soit en coopérant avec les gouvernements syrien, irakien et iranien ? Et en organisant le blocus total des exportations des territoires Daech ?

On peut donc émettre l’hypothèse qu’il s’agit encore et toujours de profiter du chaos apparent pour éliminer l’Etat syrien et sans doute aussi toute vélléité de reconstruire un Etat irakien unifié et tout mouvement kurde indépendant (PKK, Kurdes syriens) au profit du mouvement kurde barzani dont les liens avec Tel Aviv et Washington ne sont un secret pour personne. Et de maintenir la pression sur l’Iran. Stratégie du chaos donc, comme elle a été décrite par de nombreux analystes depuis des années. A rapprocher des chaos en cours, ukrainien, soudanais, somalien, congolais, libyen, ivoirien, centrafricain, malien, etc, etc, etc…d’autres pays attendent sans doute sur la liste des chaos provoqués : Hong Kong/Chine, Biélorussie, Algérie, Venezuela, Zimbabwe, Nigeria, Erythrée, Sri Lanka, Argentine, etc.

 

B.D

Un Irak dont personne n’a besoin

Revue de presse : La Voix de la Russie (21/10/14)*

L’ancien commandant des forces armées de Grande-Bretagne, général Sir David Richards, a déclaré dans sa récente interview à Huffington Post que les forces armées des pays occidentaux en finiraient avec l’Etat islamique en six mois à condition d’engager une opération terrestre.

Pourtant il paraît que cela ne se produira jamais. Le 17 octobre l’analyste de la sécurité nationale à Fox News Kathleen McFarland s’est exprimée sur les résultats de la rencontre entre Barack Obama et les ministres de la Défense de la coalition « anti-califat » à la base aérienne d’Andrews. Selon Barack Obama, les Etats membres de la coalition ont décidé de détruire ensemble l’EI. Selon Kathleen McFarland l’unique chose sur laquelle les représentants de 21 pays se sont entendus consistait à ne pas impliquer leurs troupes dans une confrontation directe avec l’EI. Selon elle « il y a dix ans nous avons eu besoin du Proche-Orient plus que lui avait besoin de nous. A présent, la situation a diamétralement changé ».

Les changements ont commencé à l’époque où les promesses de l’administration Bush d’après laquelle « l’opération en Irak serait courte, facile et autofinancée » ne se sont pas réalisées. Le problème de financement, particulièrement sensible, devait être levé grâce au pétrole irakien. Mais à présent tous ont suffisamment de pétrole même sans l’Irak.

La population locale a-t-elle besoin de protection contre les violences du « califat » ? La réponse est non. Le professeur de l’Université Harvard Stephen M. Walt écrit dans Foreign Affairs que de nombreux sunnites de la province d’Al-Anbar considèrent Bagdad et les milices chiites comme un mal plus grand que l’EI. Pour sa part Barak Barfi de New America Foundation a relaté à l’intention de CNN ses conversations personnelles avec les gens habitant sous le pouvoir du « califat » dans la Syrie voisine. Le président Obama peut croire que l’EI n’est pas un Etat, mais les Syriens vivant sous son contrôle sont reconnaissants pour les « services publics » octroyés par le groupe : électricité, gaz, eau courante, denrées alimentaires. Mais le plus grand avantage du régime nouveau est, selon les interlocuteurs de Barak Barfi, dans le fait que sous le pouvoir de l’EI les habitants de Racca se sentent dans une plus grande sécurité par rapport à l’époque de l’Armée syrienne libre. « Le chaos et les pillages qui caractérisent la situation dans les régions contrôlées par cette dernière sont actuellement pour eux un cauchemar lointain », écrit M. Barfi.

Cela semble invraisemblable, mais Barak Barfi lequel a consulté à l’époque la famille du journaliste Steven Sotloff exécuté par l’EI souhaite communiquer à la société qu’une part considérable de la population du « califat » soutiendra évidemment toute action de ses « défenseurs ».

Il n’est pas étonnant que personne ne se soit hasardé à envoyer leurs citoyens à une longue guerre sur le territoire immense contre un ennemi motivé et entraîné et une population locale hostile.

Bombarder ne fait pas peur. Mais après les raids aériens sur les positions de l’ennemi quelqu’un doit les attaquer et prendre. Il paraît qu’il ne faut plus compter sur 14 divisions de l’armée irakienne forte de 500 000 hommes préparées pendant des années aux opérations de ce genre. Les brigades de l’ASL et les combattants kurdes pourront-ils défaire l’EI ? L’ASL et les kurdes quittent rarement leur territoire. Ils n’ont pas d’expérience d’approvisionnement en munitions, nourriture et combustibles des unités d’avant-garde à de grandes distances. Mais pour assiéger Racca, par exemple, les détachements de l’ASL doivent s’éloigner à 150 km de leurs positions d’Alep et d’Idlib.

Dans cette situation l’Allemagne a décidé d’ouvrir un centre d’entraînement pour les Kurdes d’Irak à Erbil. Selon la ministre italienne de la Défense Roberta Pinotti l’Italie a envoyé à Erbil 200 conseillers et enverra 80 autres à Bagdad. Les Etats-Unis ont en Irak 242 conseillers. Il y a aussi des dizaines de spécialistes de certains autres pays.

Mais l’EI lui aussi ne reste pas dans l’expectative. Les avant-gardes du « califat » se sont rapprochés des positions de l’armée irakienne à 20 km de l’aéroport de Bagdad. Les Américains se sont vus obligés de faire décoller les hélicoptères d’attaque Apache. L’assaut a été repoussé. Mais l’espoir dans la participation directe des Américains à l’opération terrestre engendré par cet épisode a été dissipé par le chef d’état-major des armées des Etats-Unis Marin Dempsey qui a déclaré que les Américains ne pouvaient pas accepter la prise de l’aéroport : « Nous avons besoin de cet aéroport ».

Est-ce que quelqu’un a besoin de l’Irak avec ses problèmes immenses et un faible espoir dans leur prochaine solution ?

Photo: Convoi de djihadistes de l’Etat Islamique

*http://french.ruvr.ru/2014_10_21/Un-Irak-dont-personne-na-besoin-0113/

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,