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31 octobre 2020

INTERVENTION DE POUTINE AU CLUB VALDAI :


 

INTERVENTION DE POUTINE AU CLUB VALDAI :

VERS LA FIN DU MONDE UNIPOLAIRE

 

EODE Press Office avec RIA Novosti/

2014 10 24/

www.eode.org

https://vimeo.com/eodetv/

 

Vladimir Poutine, ce vendredi à Sotchi, lors de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï (*) :

 

L’UNIPOLARITE A OUVERT LA VOIE AUX MANIFESTATIONS DE LA VANITE NATIONALE

 

« L’unipolarité a ouvert la voie aux manifestations de la vanité nationale pour imposer la volonté du fort, c’est, au fond, l’apologie de la dictature », a déclaré le président de Russie Vladimir Poutine.

« Le moment d’unipolarité a démontré d’une façon convaincante qu’accroître la domination d’un centre de force ne conduit pas à une meilleure gestion des processus mondiaux. Dans le même temps elle (l’unipolarité) a ouvert la voie aux manifestations de la vanité nationale, à la manipulation de l’opinion publique, à une répression grossière de la volonté du faible par la volonté du fort. Car au fond le monde unipolaire est l’apologie de la dictature sur les gens et sur les pays », a dit Vladimir Poutine.

 

LES ÉTATS-UNIS PEUVENT FAIRE JOUER « LE ROLE DE L’URSS » A L’IRAN, LA CHINE OU LA RUSSIE

 

Pour les Etats-Unis, cela importe peu qui va jouer « le rôle de l’URSS » – l’Iran, la Chine, ou la Russie. Ce pays essaie constamment de diviser le monde et former une image d’un pays ennemi, a indiqué le président russe Vladimir Poutine.

« Peu importe qui a le « rôle de l’URSS », la place de l’adversaire principal, dans la propagande américaine. Cela peut être l’Iran, le pays qui développe ses propres technologies nucléaires, la Chine, la première économie mondiale, ou la Russie, une superpuissance nucléaire », a indiqué Poutine lors de la de la conférence du Club international de discussion Valdaï.

Selon Poutine, on voit actuellement de nouvelles tentatives de « fracturer le monde ».

« (Nous les voyons entreprendre) des tentatives de dessiner des lignes de démarcation, de créer des coalitions d’après le principe du « contre » et non pas le principe du « pour », et former à nouveau l’image de l’ennemi, comme ce fut le cas pendant la Guerre Froide. Et en même temps de tenter d’obtenir le droit d’être le leader, ou d’avoir le droit de diktat, si vous voulez », a déclaré le président russe.

 

LE SYSTEME DE SECURITE MONDIALE A BOUT DE SOUFFLE

 

Le système de sécurité mondiale et régionale est sérieusement affaibli et morcelé, a estimé vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« Il n’y a, malheureusement, plus de garanties ni de certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit capable de nous épargner des bouleversements. Ce système est sérieusement affaibli, morcelé et déformé. Les institutions internationales et régionales de coopération politique, économique et culturelle traversent une période difficile », a déclaré le chef de l’Etat à Sotchi.

 

LES SANCTIONS SAPENT LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

 

Les sanctions sapent les fondements du commerce international et les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine lors de la séance plénière finale du club de discussion international Valdaï à Sotchi.

« Les sanctions sapent les fondements du commerce international, les règles de l’OMC, le caractère immuable de la propriété privée et le modèle libéral de la mondialisation reposant sur le marché, la liberté et la concurrence. Le modèle dont les pays occidentaux sont les principaux bénéficiaires. A présent, ils risquent de perdre la confiance en tant que leaders de la mondialisation. Etait-ce nécessaire? », a indiqué M.Poutine.

Il a rappelé que le bien-être des Etats-Unis dépendait beaucoup de la confiance des investisseurs, des détenteurs étrangers de dollars et de bons du Trésor américain.

 

L’OCCIDENT AUX PRISES AVEC LES CONSEQUENCES DE SA POLITIQUE

 

L’Occident donne l’impression d’être en perpétuelle lutte contre les résultats de sa propre politique, qu’il paie au prix fort, a estimé vendredi le président russe Vladimir Poutine.

« On a parfois l’impression que nos collègues et amis ne cessent de lutter contre les résultats de leur propre politique. Ils lancent toute leur puissance pour éliminer les risques qu’ils créent eux-mêmes, en le payant de plus en plus cher »

 

WASHINGTON JUGE INUTILE DE REFORMER LES RELATIONS INTERNATIONALES

 

Le système des relations internationale avait besoin d’être repensé, mais les Etats-Unis, qui se sont proclamés vainqueurs de la guerre froide, n’ont pas jugé nécessaire de lancer une réforme, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« Il fallait procéder à une reconstruction raisonnable, adapter le système des relations internationales à une nouvelle situation. Mais les Etats-Unis, qui se sont proclamés vainqueurs de la guerre froide, ce que je trouve assez présomptueux de leur part, ont estimé qu’aucune réforme n’était nécessaire », a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Selon le président, les actions entreprises à l’époque ont aggravé le déséquilibre des forces sur la scène internationale au lieu de garantir la stabilité dans le monde.

 

LA RUSSIE N’ATTENTE PAS A LA SOUVERAINETE DE SES VOISINS

 

Les affirmations selon lesquelles la Russie cherche à rétablir un « empire » et attente à la souveraineté de ses voisins sont complètement infondées, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine dans une intervention devant les membres du club de discussion Valdaï.

« Les affirmations selon lesquelles la Russie attente à la souveraineté de ses voisins sont dépourvues de fondement. Je tiens à souligner que la Russie ne réclame pas de place exclusive dans le monde », a indiqué le président. « Tout en reconnaissant les intérêts d’autrui, nous voulons que nos intérêts soient également pris en compte », a affirmé le chef de l’Etat russe.

 

LES USA MENACENT LE SYSTEME DE CONTROLE DES ARMEMENTS

 

Les actions des Etats-Unis risquent de provoquer la destruction du système de contrôle des armements, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« La destruction système actuel des traités sur la limitation et le contrôle des armements est tout à fait possible et ce sont les Etats-Unis qui ont lancé ce processus dangereux en se retirant unilatéralement du Traité sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques (Traité ABM) en 2002 », a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Les Etats-Unis « ont ensuite procédé à la création de leur système global de défense antimissile. Chers amis et collègues, je tiens à attirer votre attention sur le fait que ce n’est pas la Russie qui a initié ce processus », a noté M.Poutine.

« Nous revenons à l’époque où seule la peur, +l’équilibre de la destruction réciproque+, et non l’équilibre des intérêts et des garanties réciproques, retient les pays de s’engager dans une confrontation directe », a-t-il conclu.

 

DES « ENGAGEMENTS MUTUELS » POUR EVITER L’ANARCHIE MONDIALE

 

Il est nécessaire de créer un système explicite d’engagements mutuels, sans quoi les signes d’anarchie mondiale seront de plus en plus manifestes, a prévenu vendredi le président russe Vladimir Poutine.

« Si nous ne mettons pas en place un système explicite d’engagements et d’accords mutuels et si nous ne formons pas de mécanismes de règlement des crises, les signes d’anarchie mondiale ne manqueront pas de s’affirmer », a déclaré le chef de l’Etat lors de la séance plénière finale du club de discussion international Valdaï à Sotchi.

 

LES DEMARCHES IRREFLECHIES MENACENT L’ORDRE MONDIAL

 

Il faut éviter les démarches irréfléchies dans la politique internationale, sans quoi les crises actuelles constitueront un prélude à l’effondrement de l’ordre mondial, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine dans une intervention devant les membres du club de discussion Valdaï.

« Nous sommes parfaitement conscients que le monde s’est engagé dans une époque de changements et de mutations profondes, époque où nous devons tous faire preuve d’un degré élevé de prudence et d’une capacité à éviter les démarches irréfléchies. Au cours des années écoulées depuis la guerre froide, les acteurs politiques internationaux ont quelque peu perdu ces qualités. Il est aujourd’hui nécessaire de s’en souvenir, sans quoi l’espoir d’un développement pacifique durable sera une illusion dangereuse et les bouleversements actuels constitueront un prélude à l’effondrement de l’ordre mondial », a déclaré le chef de l’Etat russe.

 

ARSENAUX NUCLEAIRES: POURSUIVRE LE DIALOGUE

 

La Russie appelle à poursuivre les entretiens sur la réduction des arsenaux nucléaires, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« Nous souhaitons poursuivre les entretiens. Nous insistons sur des entretiens sur la réduction des arsenaux nucléaires. Moins d’armes nucléaires il y a dans le monde, mieux c’est. Nous sommes prêts à une discussion sérieuse et substantielle sur le désarmement nucléaire », a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï. Il a appelé à renoncer à la politique du deux poids deux mesures.

 

V.V. Poutine a rappelé que de nombreuses armes de précision modernes ont déjà « des performances comparables à celles des armes de destruction massive ». « Si on renonce complètement au potentiel nucléaire, les pays qui créent et produisent des armes de précision bénéficieront d’un avantage militaire évident. Cela détruira l’équilibre stratégique et risque de déstabiliser la situation. On sera tenté de porter la première frappe de neutralisation. Bref, les risques ne font que s’accroître », a noté le président russe.

 

LA RUSSIE EXIGE LE RESPECT DE SES INTERETS

 

La Russie ne prétend pas au leadership mondial, mais veut que ses intérêts soient respectés, a déclaré vendredi le président russe Vladimir Poutine devant les membres du club de discussion international Valdaï.

« La Russie ne prétend à aucun leadership mondial. La thèse selon laquelle la Russie prétend à l’exclusivité est complètement fausse », a indiqué le chef de l’Etat russe.

« Nous ne réclamons pas de place particulière au soleil, mais estimons que tous les participants de la communication internationale doivent respecter les intérêts mutuels. Nous sommes prêts à respecter les intérêts de nos partenaires et comptons sur une attitude tout aussi respectueuse envers nos propres intérêts », a affirmé Vladimir Poutine.

 

LE RISQUE CROISSANT DE CONFLITS ENTRE GRANDES PUISSANCES

 

L’éventualité qu’une série de conflits impliquant des grandes puissances éclate a brusquement augmenté, a signalé vendredi lors d’une rencontre à Sotchi avec les participants au Club de discussion international Valdaï.

« Aujourd’hui déjà, l’éventualité de toute une série de conflits impliquant directement ou indirectement des grandes puissances a augmenté en flèche. Non seulement des contradictions traditionnelles entre Etats, mais aussi l’instabilité intérieure de certains pays constituent un facteur de risque », a déclaré le chef de l’Etat.

Et d’ajouter que cela concernait particulièrement les pays situés à la jonction d’intérêts géopolitiques des grandes puissances ou à la frontière des continents culturels, historiques, économiques ou civilisationnels.

« L’Ukraine est un exemple de ce genre de conflits qui se répercutent sur le rapport de forces dans le monde, et je pense qu’il (ce conflit, ndlr) n’est pas le dernier, loin de là! », a conclu Vladimir Poutine.

 

UKRAINE: ARRETER LA GUERRE IMMEDIATEMENT

 

Il est capital pour l’Ukraine d’arrêter immédiatement la guerre, après quoi on pourra envisager un dialogue, a indiqué vendredi le président russe Vladimir Poutine.

« Le principal est d’arrêter la guerre immédiatement », a déclaré le chef de l’Etat.

Et d’ajouter qu’on ne pourrait parler de reprise du dialogue entre Kiev et le Donbass qu’après la fin de la guerre.

 

NDLR : Les autorités ukrainiennes mènent depuis avril dernier une opération militaire d’envergure visant à réprimer la révolte qui a éclaté dans le Donbass suite au coup d’Etat de février. Selon l’Onu, les hostilités ont fait plus de 3.700 morts et plus de 9.000 blessés parmi les civils.

Le 5 septembre, les représentants de Kiev et les dirigeants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont signé un accord de cessez-le-feu à Minsk, avec la médiation de la Russie et de l’OSCE.

Le 19 septembre, les parties ont également signé un mémorandum de paix stipulant l’arrêt de l’usage des armes, le retrait de 15 km des pièces d’artillerie lourdes depuis leur « ligne de contact », la création d’une zone de sécurité de 30 km dans l’est de l’Ukraine interdisant aux avions de combat et aux drones de survoler la zone de sécurité et prévoyant le départ des mercenaires étrangers des deux camps.

L’application de ces accords se heurte à des difficultés, car les échanges de tirs se poursuivent sur le terrain. Les autorités de Kiev continuent d’employer des armes lourdes, détruisant ainsi les infrastructures économiques et sociales de la région.

 

UKRAINE: MOSCOU A AIDE IANOUKOVITCH A FUIR

 

Moscou a aidé le président Viktor Ianoukovitch à se réfugier en Crimée après le coup d’Etat à Kiev, avant de le transférer en Russie à sa demande, a annoncé vendredi le président russe Vladimir Poutine dans son intervention devant les membres du club de discussion international Valdaï.

« Je ne vous cacherai pas que nous l’avons aidé à se réfugier en Crimée, où il a passé plusieurs jours. A cette époque, la Crimée faisait encore partie de l’Ukraine, mais puisque les événements à Kiev évoluaient très vite et de manière tumultueuse, il n’avait aucun intérêt à rentrer à Kiev », a raconté M. Poutine lors de la dernière réunion du club.

Selon lui, il était extrêmement dangereux pour Viktor Ianoukovitch de revenir à Kiev, où les putschistes tuaient des activistes du Parti des régions restés fidèles à l’ancien président ukrainien.

« L’opinion publique ne le sait pas, mais des meurtres ont été perpétrés à Kiev et des personnes ont été brûlées vives. Un groupe de nationalistes est entré dans un bureau du Parti des régions, a saisi des membres du personnel technique et les a tués avant de brûler leurs corps dans un sous-sol », a affirmé M. Poutine.

D’après lui, dans ce contexte, Viktor Ianoukovitch a demandé à être transféré en Russie.

« C’est ce que nous avons fait », a indiqué le président russe.

En voyant l’évolution des événements, les habitants de la Crimée ont demandé à la Russie de les aider à organiser un référendum.

Ce dernier s’est déroulé en bonne et due forme. Près de 97% des participants au scrutin ont voté pour l’adhésion de la péninsule à la Fédération de Russie.

 

POUTINE PRONE UN ESPACE ECONOMIQUE « DE L’ATLANTIQUE AU PACIFIQUE »

 

L’UE et l’Union économique eurasiatique (UEEA) devraient mener un dialogue sur la création d’un espace économique unique s’étendant de l’Atlantique au Pacifique, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« Nous saluerions le lancement d’un dialogue substantiel entre l’Union eurasiatique et l’Union européenne qu’on nous a toujours refusé. Et je ne comprends pas pourquoi, où est le problème? », a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

L’Union économique eurasiatique (UEEA) réunira à partir du 1er janvier 2015 la Biélorussie, la Russie et le Kazakhstan, qui possèdent déjà un territoire douanier commun (Union douanière). Sa mise en place achèvera la création d’un grand marché commun de 170 millions d’habitants dans l’espace de la Communauté des Etats Indépendants (CEI).

« Nous croyons qu’il faut discuter de la création d’un espace unique de coopération économique et culturelle, s’étendant de l’Atlantique au Pacifique. J’en ai parlé à plusieurs reprises et beaucoup de nos partenaires occidentaux, notamment européens, ont appuyé cette idée », a ajouté le président russe.

 

POUTINE N’A « JAMAIS » MIS EN DOUTE LA SOUVERAINETE DE L’UKRAINE

 

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré vendredi à Sotchi n’avoir jamais mis en doute la souveraineté de l’Ukraine.

« Quant à ma position sur l’Ukraine, en tant qu’Etat souverain, je n’ai jamais mis en doute que l’Ukraine est un Etat européen souverain et moderne. Or, il en va autrement pour l’histoire de la formation de l’Ukraine dans ses frontières actuelles, qui a été un processus assez compliqué », a indiqué le chef de l’Etat lors de la séance plénière finale du Club de discussion international Valdaï à Sotchi.

Et de rappeler que le terme Novorossiya (nom donné actuellement aux régions insurgées de l’est ukrainien) était un nom historique désignant une région ayant pour capitale la ville russe de Novorossisk.

 

NDLR : Refusant de reconnaître les autorités arrivées au pouvoir à Kiev suite au coup d’Etat de février 2014, de nombreux habitants du sud-est de l’Ukraine ont réclamé la fédéralisation de l’Ukraine avant de proclamer l’indépendance de leurs régions par rapport à Kiev. En avril dernier, les régions de Donetsk et de Lougansk ont proclamé des « républiques populaires » avant de former l’union de Novorossiya. Kiev, qui ne reconnaît pas les deux républiques autoproclamées, mène une opération militaire d’envergure dans l’est de l’Ukraine depuis la mi-avril. Le 5 septembre dernier, Kiev et les insurgés ont adopté un cessez-le-feu.

 

SYRIE/LIBYE : LA POLITIQUE US DECONNECTEE DE LA REALITE

 

La politique américaine en Syrie et en Libye est déconnectée de la réalité, a déclaré vendredi à Sotchi le président russe Vladimir Poutine.

« Je considère qu’il s’agit d’une politique absolument irréfléchie, non professionnelle et déconnectée de la réalité », a indiqué M.Poutine de la séance plénière finale de la 11e réunion du Club de discussion international Valdaï.

Selon lui, les Etats-Unis ont armé l’opposition en Libye et en Syrie sans réfléchir aux conséquences. « Ils croyaient nécessaire de soutenir l’opposition démocratique civilisée en Syrie. Ils l’ont soutenue et armée et puis la moitié des combattants de l’opposition sont passés à l’EIIL. Ne pouvait-on pas y réfléchir à l’avance? », s’est interrogé M.Poutine.

Moscou est hostile à cette politique de Washington. « Nous considérons qu’elle est erronée et qu’elle nuit à tout le monde, y compris aux Etats-Unis », a-t-il ajouté.

 

NDLR : Le groupe terroriste Etat islamique (EI), appelé autrefois l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) sévissait au départ principalement en Syrie où il combattait les troupes gouvernementales. Il y a quelques mois, cette organisation liée à Al-Qaïda a intensifié ses activités en Irak. Les activités de l’EI ont provoqué des milliers de morts civiles et l’exode des centaines de milliers de réfugiés. Plusieurs milliers de personnes sont détenues en otages.

Une situation très tendue persiste en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Le pays demeure le théâtre d’hostilités entretenues par de nombreuses formations paramilitaires organisées selon le principe territorial ou tribal. Ces groupes sont parfois mieux équipés et armés que la police et se substituent même à cette dernière dans certaines régions du pays.

 

LE MONDE A BESOIN D’UN NOUVEAU CONSENSUS DES FORCES RESPONSABLES

 

Le président Poutine est sûr que le monde a besoin « d’un nouveau consensus des forces responsables ». Il faut commencer à s’entendre sur les principes et gérer en commun les risques. L’anarchie ne fera que se généraliser si un système cohérent des engagements mutuels n’est pas mis en place, a souligné le leader russe en intervenant devant les participants du club de discussion Valdaï.

Selon Vladimir Poutine, les États-Unis tentent de réanimer le schéma de gouvernance du monde du temps de la « guerre froide » mais ces tentatives font juste le contraire.

« La guerre froide » est finie… mais il s’en est suivie une pagaille », dit Poutine et ajoute que la structure « monopolaire » du monde s’est avérée incapable de faire face aux vraies menaces comme les conflits régionaux, le terrorisme, le trafic de drogues, le fanatisme religieux, le chauvinisme et le néonazisme. Elle avait au contraire démontré que « la domination accrue d’un seul centre de pouvoir n’a pas permis de mieux contrôler les processus globaux. La structure monopolaire a ouvert la voie aux manifestations de la présomption nationale, à la manipulation de l’opinion publique et à la suprématie du plus fort », a conclu Poutine.

 

LA FIN DU MONDE UNIPOLAIRE

 

Finalement, le monde unipolaire a créé des problèmes pour l’Amérique elle-même qui si bien que les États-Unis s’efforcent maintenant de recréer « une sorte de monde quasi-bipolaire » comme modèle qui convient le mieux pour maintenir le leadership américain. De plus, estime Poutine, peu importe qui prendre dans la propagande américaine la place « du centre du mal » occupée dans le temps par l’URSS : cela pourrait être l’Iran, la Chine ou la Russie. « Nous sommes à nouveau témoins des tentatives de morceler le monde, de tracer les lignes de démarcations de forger des coalitions pour accentuer la confrontation et créer l’image d’ennemi, fait valoir le leader russe.

« C’est le début de la période des divergences d’interprétation et des réticences quand la légitimité de tel ou tel régime est fonction de sa loyauté ». Selon Vladimir Poutine, « nous assistons à la probabilité accrue de conflits aigus avec la participation au moins indirecte des grandes puissances ». De plus, le risque s’associe désormais non seulement aux contradictions interétatiques traditionnelles mais encore à l’instabilité intérieure surtout dans le cas des pays situés au carrefour des intérêts géopolitiques des grands États ou à la limite de ce qu’on peut appeler continents culturels, historiques, économiques et civilisationnels. « L’Ukraine est juste un exemple de ces conflits qui se répercutent sur le rapport de forces dans le monde et cet exemple est loin d’être le dernier », a-t-il ajouté.

 

RETABLIR L’EFFICACITE DU SYSTEME DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES ET REGIONALES

« Agir sur les récalcitrants en espionnant ses propres alliés », dit Poutine et ajoute que compte tenu de la situation explosive dans le monde, le renoncement à toutes les règles dans les relations internationales n’est pas à exclure. « Ce monde, est-il vraiment confortable ?, s’interroge Poutine.

Le président russe est sûr qu’il est parfaitement possible de rétablir l’efficacité du système des institutions internationales et régionales si on fait preuve de volonté politique. Il ne s’agit pas de transactions locales, de partage des sphères d’influence dans l’esprit de la diplomatie classique, ni d’une domination totale. « Il faut rééditer l’interdépendance, estime Poutine. – C’est un bon instrument permettant d’harmoniser les positions ».

Le leader russe a appelé à tracer la frontière entre les efforts déployés pour garantir la sécurité internationale et l’ingérence dans les affaires intérieurs des États souverains. « Il fait définir nettement les limites des actions unilatérales et les cas où les mécanismes internationaux s’imposent ». La question de contenu de souveraineté devient à peu près primordiale pour la stabilité du monde.

Il est évident que le débat sur les critères d’usage de la force est particulièrement délicat et qu’ils sont étroitement associées aux intérêts de tels ou tels pays mais l’absence de critères intelligibles est autrement dangereuse. « Le résultat réel ne peut être obtenu que si les acteurs internationaux arrivent à s’entendre sur l’harmonisation de leurs intérêts fondamentaux et sur les limites raisonnables de leur action », a fait valoir Vladimir Poutine.

 

Selon lui, la Russie n’a pas l’intention de forger des blocs ou de s’entraînement dans un Échange de coups ». « Nous respectons les intérêts des autres et voulons tout simplement qu’on tienne également compte de nos intérêts et de notre position », dit le président.

« Le monde s’est engagé dans l’époque des changements et nous devons tous nous monter très prudents et éviter les démarches irréfléchies. Après la fin de la « guerre froide », les acteurs internationaux ont en partie perdu ces qualités. Le temps est venu de se le rappeler. « L’édification d’un monde plus stable est une tâche très complexe qui suppose un travail long et patient. Nous avons pu élaborer les règles de coexistence au lendemain de la Seconde guerre mondiale et avons réussi à nous entendre dans les années 1970 à Helsinki. Notre devoir commun consiste à résoudre ce problème fondamental aujourd’hui, à l’étape nouvelle du développement », estime le président russe.

 

EODE Press Office / RIA Novosti

(titres et intertitres de la Rédaction)

 

(*) La 11e réunion du club international de discussion Valdaï a réuni 108 experts, historiens et analystes politiques de 25 pays. Sa session plénière finale est consacrée aux facteurs d’érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international.

Institué en septembre 2004, le Club de discussion international Valdaï rassemble chaque année près de trois cents analystes politiques de différents pays et aborde des thèmes dont la discussion permet aux participants étrangers de mieux comprendre la Russie.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,