Aller à…
RSS Feed

23 novembre 2020

Le petit journal de JMV : Le terrorisme global


La Turquie veut que l’opposition modérée syrienne prenne le contrôle de Kobané

ISTANBUL, 28 oct 2014 (AFP)

La Turquie souhaite que l’opposition syrienne modérée prenne le contrôle de la ville de Kobané assiégée par les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) plutôt que le régime syrien ou les kurdes, a répété mardi son Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Les Etats-Unis doivent « équiper et entraîner l’Armée syrienne libre (ASL) de telle façon que, si l’EI s’en va (de Kobané), le régime (de Damas) ne prenne pas sa place et que les terroristes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, la rébellion kurde de Turquie) ne prennent pas sa place », a déclaré M. Davutoglu dans un entretien à la BBC.

« Si l’EI est éliminé, les massacres ne doivent pas continuer », a insisté le chef du gouvernement islamo-conservateur qui dirige la Turquie depuis 2002.

La Turquie refuse catégoriquement de venir militairement en aide aux forces kurdes qui défendent depuis plus d’un mois la ville syrienne kurde de Kobané assiégée par les jihadistes, de peur qu’une telle opération ne profite au régime du président syrien Bachar al-Assad, sa bête noire, et au PKK, qui mène depuis 1984 la rébellion contre Ankara.

Sous la pression des Etats-Unis, le gouvernement turc a autorisé le passage, à une date qui n’a pas été précisée, de 150 combattants peshmergas venus de la province autonome kurde d’Irak, avec laquelle il entretient de bonnes relations.

Il plaide aussi pour le renforcement de l’ASL, émanation de l’opposition modérée syrienne.

Washington a de son côté engagé des discussions directes avec le principale parti kurde de Syrie, considéré par Ankara comme un mouvement « terroriste », et procédé la semaine dernière à un largage d’armes et de munitions destinées à ses forces à Kobané.

Dans son entretien accordé à la télévision britannique, M. Davutoglu a une nouvelle fois écarté toute intervention militaire turque à Kobané et répété ses conditions à une participation à la coalition militaire anti-EI dirigée par les Etats-Unis.

« Nous aiderons toute force, toute coalition, par nos bases aériennes ou tout autre moyen, si nous parvenons à un accord sur l’émergence d’une nouvelle Syrie pluraliste et démocratique et sur la nécessité de combattre » l’EI et le régime de Damas, a-t-il insisté.

La Turquie refuse pour l’heure l’accès de sa base d’Incirlik (sud) aux avions de la coalition qui mènent des frappes aériennes contre les jihadistes.

TALLINN, 24 oct 2014 (AFP) – Les Kurdes syriens de Kobané acceptent l’aide de 1.300 hommes de l’Armée libre syrienne (FSA), a indiqué vendredi à Tallinn le président turc Recep Tayyip Erdogan.

« Je viens d’être informé que le nombre de peshmergas (combattants kurdes venant du Kurdistan irakien et devant aller à Kobané) a été réduit à 150. Le PYD (équivalent syrien, pour Ankara, de « l’organisation terroriste » du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan) a accepté 1.300 hommes de la FSA et ils sont en pourparlers pour définir le chemin par où ils passeront », a dit M. Erdogan lors d’une conférence de presse. La veille, il avait évoqué le nombre de 200 peshmergas devant traverser le territoire turc.

Syrie: offensive d’Al-Nosra et des rebelles sur la ville d’Idleb

BEYROUTH, 27 oct 2014 (AFP)

Le Front Al-Nosra, branche d’Al-Qaïda en Syrie, et des brigades rebelles ont lancé lundi à l’aube une vaste offensive contre la ville d’Idleb, l’un des derniers bastions du régime dans le nord-ouest du pays, rapporte une ONG.

Cette ville, qui comptait près de 165.000 habitants avant la guerre, est totalement sous le contrôle du régime de Bachar al-Assad. La province éponyme est en revanche un des principaux fiefs de la rébellion qui veut le renverser depuis plus de trois ans.

« Depuis l’aube, de violents combats se déroulent entre les troupes du régime soutenus par la Défense nationale (milice pro-régime) et des combattants d’Al-Nosra et des brigades rebelles islamistes près de barrages militaires tout autour d’Idleb », indique l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les rebelles ont tenté dans le passé de prendre la ville, mais c’est la première fois que l’attaque est menée de tous les côtés, a précisé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’ONG qui dispose d’un large réseau d’informateurs à travers la Syrie.

En outre, « des cellules dormantes » rebelles à l’intérieur de la ville ont attaqué des positions de l’armée, un fait très rare, selon M. Abdel Rahmane.

Au moins cinq combattants rebelles et d’Al-Nosra ont été tués, d’après l’ONG qui n’était pas en mesure de donner un bilan pour les pertes du régime.

En un an, les rebelles et Al-Nosra ont perdu de nombreux bastions face à l’armée appuyée par le puissant Hezbollah libanais, notamment dans les provinces de Homs (centre) et de Damas.

Ils tentent désormais de défendre à tout prix leurs fiefs notamment dans la province septentrionale d’Alep, où le régime menace d’assiéger les secteurs rebelles de cette ville.

Mais dans la province d’Idleb, les rebelles et Al-Nosra reçoivent de grandes quantités d’armes à partir de la Turquie frontalière, leur permettant une plus grande marge de manœuvre face à l’armée.

Reportage ARTE : « Irak, du chaos au califat »

http://www.arte.tv/guide/fr/030273-490/arte-reportage?autoplay=1

http://www.youtube.com/watch?v=Zw9EhjyU3JU#t=135 – Global tyranny

http://www.youtube.com/watch?v=d-xjLa9xrOo#t=135   –  The Illustrated Protocols

mettre les sous-titres anglais facilitent grandement l’audition

2014-10-27

[email protected]
Box 188, Mandeville, LA 70470, USA

Le Pentagone élabore une stratégie méticuleuse pour la Syrie

WASHINGTON, 18 sept 2014 (AFP) – La campagne « longue et acharnée » que préparent les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique en Syrie force le Pentagone à avancer prudemment pour élaborer sa stratégie qui impliquera des raids aériens, des « rebelles syriens modérés » et des drones.

Le général Martin Dempsey, chef d’état-major interarmées, expliquait mardi au Sénat à Washington qu’il n’avait pas l’intention de reproduire « shock and awe » (choc et effroi), la campagne de 2003 en Irak où les Etats-Unis avaient misé sur une domination rapide de l’ennemi.

La campagne contre le groupe Etat islamique en Syrie « sera longue et acharnée », a-t-il prévenu.

« Cela va ressembler un peu aux combats entre la cavalerie américaine et les Amérindiens entre 1850 et 1905. Cela va être une bataille à long terme, une ère d’escarmouches qui vont durer plusieurs années », a renchéri jeudi le général à la retraite James Mattis, qui a dirigé de 2010 à 2013 le Centcom, le commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

En amont, un haut responsable du Pentagone explique à l’AFP sous le couvert de l’anonymat que l’armée « n’est absolument pas en train de faire pression » sur la Maison Blanche pour que les forces américaines aillent au plus vite bombarder la Syrie.

« Cela prend du temps », confie à l’AFP l’amiral James Stavridis, commandant suprême des forces de l’Otan jusqu’en 2013 et aujourd’hui doyen de la Fletcher School of Law and Diplomacy à l’université Tufts.

« Il faut identifier des cibles, cela implique d’utiliser des images satellites, il faut recouper (ces données) avec les unités sur le terrain. Il faut aussi déterminer quelles armes vont être utilisées », dit-il.

« Le groupe Etat islamique n’est pas une armée en uniforme avec des insignes et des drapeaux. Ils ont mis la main sur des véhicules de l’armée irakienne, mais ils se déplacent aussi à moto. C’est un environnement très complexe à bombarder », insiste l’amiral Stavridis, surtout que les insurgés se mêlent à la population civile.

==================================

– « On peut faire beaucoup avec des drones » –

A la différence de l’Irak, où les forces américaines ont conduit plus de 170 raids aériens depuis le 8 août, les agents américains du renseignement travaillent pratiquement à l’aveugle sur la Syrie.

« En Syrie, nous n’avons pas encore eu le temps de recueillir beaucoup d’informations, alors qu’en Irak nous avons des agents sur le terrain », souligne Jeffrey White, ancien analyste du renseignement militaire (DIA) aujourd’hui analyste au Washington Institute.

Car en Syrie, les Etats-Unis se heurtent à deux obstacles: celui d’infiltrer les extrémistes et celui posé par le gouvernement de Bachar al-Assad, peu enclin à partager des informations sur leur ennemi commun.

D’où l’intérêt de compter des pays arabes au sein de la coalition internationale. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou le Koweït ont, eux, une meilleure visibilité des milieux jihadistes, explique le haut responsable du Pentagone.

Les Etats-Unis fondent aussi leurs espoirs sur les rebelles syriens modérés qu’ils vont devoir prendre le temps de former.

La CIA participe déjà à la formation de certains d’entre eux en Jordanie et Barack Obama réclame 500 millions de dollars au Congrès pour en entraîner 5.000 au cours des douze prochains mois.

La Chambre des représentants a certes approuvé le plan du président, mais de nombreux démocrates ont exprimé leur scepticisme mercredi.

« Je ne vois pas bien comment nous allons réussir à armer les +gentils+ dans ce conflit sans renforcer par inadvertance les +méchants+ » du régime Assad, a déclaré la démocrate Rosa DeLauro.

Une fois équipés et formés, les rebelles devront relayer les forces américaines sur le terrain et « tenir » les positions prises aux islamistes par les frappes aériennes.

Mais mardi, devant une commission du Sénat, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a reconnu que le délai d’un an nécessaire à leur préparation pourrait « affecter une bonne partie de notre stratégie globale ».

Comme l’explique le haut responsable du Pentagone interrogé par l’AFP, « il faudra du temps avant que (les rebelles) aient le niveau nécessaire » pour retourner en Syrie.

Pour autant, leur absence du terrain n’est pas rédhibitoire à court terme, estime l’amiral Stavridis.

« Les forces spéciales peuvent remplir certaines missions, on peut faire beaucoup avec les détecteurs aériens et les drones, et certaines cibles, comme les colonnes de véhicules dans le désert, peuvent être attaquées sans qu’on ait recours à du personnel sur le terrain », explique-t-il.

Erdogan pourrait aider les Turkmènes irakiens… s’il le voulait

Gilles Munier sur 28 Octobre 2014


Les avions de chasse F-16D turcs patrouillent aux abords du tombeau de Suleyman Shah (1), grand- père d’Osman – fondateur de l’Empire ottoman – érigé sur les bords de l’Euphrate dans une enclave turque, non loin du barrage de Tabqa en Syrie(contrôlé par l’Etat Islamique – EI). Suite à un accord conclu à Ankara en 1921 entre Attaturk et la France – puissance mandataire en Syrie et au Liban – la tombe jouit d’un statut d’extraterritorialité. Receip Tayipp Erdogan a déclaré que toute attaque de l’EI contre l’enclave serait considérée comme une attaque contre la Turquie, mais pourquoi ses F-16 ne viennent-ils pas aussi en aide aux Turkmènes irakiens pourchassés par les djihadistes de l’ EI et contraints à l’exode dans des conditions terribles?

Mehmet Saman, représentant du ITC (Front turkmène irakien) à Kirkouk, remarque amèrement que les Turkmènes ne sont pas traités de la même façon que les minorités yézidie et chrétienne par les Occidentaux et le gouvernement de Bagdad (1). Il pourrait dire pareil de la Turquie : ce sont des F-16 américains qui ont contribué à briser l’encerclement d’Amerli – ville turkmène chiite irakienne – par les djihadistes. Je vous laisse conclure…



(1) Turkish Air Forces conduct exercise on defense of Süleyman Şah tomb <http://www.todayszaman.com/diplomacy_turkish-air-forces-conduct-exercise-on-defense-of-suleyman-sah-tomb_362822.html>

(2) Iraqi Turkmens say they are left alone against ISIL <https://merryabla64.wordpress.com/2014/10/27/iraqi-turkmens-say-they-are-left-alone-against-isil/>

Sur le même sujet, lire aussi:

Irak : Les Turkmènes appellent au secours <http://www.france-irak-actualite.com/2014/09/irak-les-turkmenes-appellent-au-secours.html>

Irak : La tragédie des Turkmènes chiites <http://www.france-irak-actualite.com/2014/06/irak-la-tragedie-des-turkmenes-chiites.html>

Minorités en Irak : indignation à géométrie variable <http://www.france-irak-actualite.com/2014/09/minorites-en-irak-indignation-a-geometrie-variable.html>

Cheikh Khaled Bentounès « C’est le wahhabisme qui est derrière les extrémistes islamistes »

http://www.algerie1.com/actualite/cheikh-khaled-bentounes-cest-le-wahhabisme-qui-est-derriere-les-extremismes-islamistes/

oct 25th, 2014

La ville d’Oran sera au rendez-vous du 28 octobre au 2 novembre pour l’organisation d’un grand séminaire international ayant pour thème « l’islam au féminin ».

L’initiative appartient à l’Association internationale Soufie Alawiya (AISA), sous l’impulsion de son chef spirituel Cheikh Khaled Bentounès. Ce dernier, habité par la conviction que l’Islam est porteur de modernité et de progrès, a choisi la thématique du rôle de la femme en Islam pour démolir les approches et exégèses qui tiennent la femme en Islam pour un être mineur à vie.

Il s’agit de prouver le contraire, estime Cheikh Khaled Bentounès, dans une déclaration à Algérie1, soulignant « qu’il faut donner la parole à la femme, car elle a des choses à dire ». Trois mille participants de 25 nationalités sont attendus pour ce Congrès international féminin.

Des pays musulmans comme l’Égypte avec des savants d’El-Azhar, des Tunisiens de la Zitouna, des Marocains, des participants de l’Afrique noire, des Européens de France, de Belgique, de Hollande, d’Angleterre (avec un professeur de l’université d’Oxford qui a réuni la mémoire de plus de 1 000 femmes qui ont marqué l’histoire de l’islam), d’autres intervenants viendront de Turquie, du Canada et bien d’autres encore, des sociologues, des universitaires, des médecins, des artistes, des personnalités scientifiques et politiques… sont attendus à cette rencontre que le président Bouteflika a accepté spontanément de parrainer tant le rôle de la femme lui tient à cœur selon les confidences du Cheikh Bentounès.

« Nos enfants sont habités par une force négative »

Pour ce dernier, il s’agit de « prendre date à travers ce forum au moment où notre Islam subit aujourd’hui une agression de l’intérieur ». Se voulant plus précis, le guide spirituel de la Tariqa Alawiya justifie encore : « actuellement, nous avons nos propres enfants qui sont habités par une force négative, une force de violence soi-disant véhiculée par l’islam. Cette violence fait de l’Islam une religion porteuse de mort. Mourir ou donner la mort devient une façon de gagner le paradis ».

Il faut donc prouver le contraire à travers cette rencontre qui se veut un carrefour de réflexion et de spiritualité. A ceux qui considèrent le soufisme comme du charlatanisme en se référant à la lettre du texte coranique, Cheikh Bentounès rétorque sûr de son fait en se posant la question.

« Mais de quel texte, de quelle orthodoxie parlez-vous ? L’orthodoxie est une chose et eux, les adversaires de la Zaouïa, c’est autre chose. Il faut appeler les choses par leur nom, et j’assume mes responsabilités en le disant. Ce que subit aujourd’hui le monde musulman, c’est le wahhabisme qui est derrière, ce sont les pétro-monarchies qui financent le terrorisme. Je sais que ce que je dis peut me coûter cher, mais je le dis ».

« Portez le hidjab, mais portez-le sur la tête, pas dans la tête »

Pour le chef spirituel de la Tariqa Alawiya, conjuguer la femme avec l’Islam mais cultiver aussi la culture de la paix, à travers cette rencontre pour faire mentir ceux qui cultivent l’Islam, religion de violence.« C’est sa finalité qui est de poser les fondements de la culture de la paix à partir de la cellule familiale. Le fait de donner son égalité à la femme, de montrer ce que l’islam lui a donné, mais qui est caché depuis des siècles, le fait de dire que la femme a dirigé la prière en islam, le fait de dire qu’il y a des “mouhadithate”, c’est cela notre objectif » martèle le Cheikh.

Enfin, au sujet du Hidjab qui continue d’alimenter les phantasmes islamophobes, le chef de la Zaouïa Alawiya répond par une formule : “Portez le hidjab, mais portez-le sur la tête, pas dans la tête.” dit-il en faisant sien le mot d’ordre des musulmans qui ont dénoncé les actes de violence commis par Daech au nom de l’islam. « Pas en mon nom ! »

Turcs, Kurdes, Américains et l’énigme de Kobané

24 octobre 2014

Portez une attention particulière aux femmes de Kobané, où les Kurdes syriens combattent avec la force du désespoir l’EIIS/EIIL/Da’ech. Elles luttent également contre les plans perfides des USA, de la Turquie et du gouvernement du Kurdistan irakien. Qui l’emportera ?

Commençons par parler du Rojava, qui correspond aux trois provinces en majorité kurdes du nord de la Syrie. Le plein sens de l’existence du Rojava est rapporté dans un éditorial [1] écrit (en turc) par le militant incarcéré Kenan Kirkaya. Il soutient que le Rojava propose un modèle révolutionnaire qui remet en cause l’hégémonie du système capitaliste d’État-nation, ce qui dépasse de loin sa signification régionale pour les Kurdes, pour les Syriens ou pour le Kurdistan.

Aïn al-Arab ou Kobané est une ville dans le nord de la Syrie, actuellement le Kurdistan syrien, située à la frontière turque
Kobané, une région agricole, est à l’épicentre de cette expérimentation non violente de la démocratie, rendue possible en vertu d’une entente entre Damas et le Rojava (vous n’appelez pas à un changement de régime, nous vous laissons tranquilles). Dans l’article indiqué en note [2] (en persan), par exemple, il est précisé que même si la survie d’un seul aspect du véritable socialisme y était assurée, des millions de mécontents convergeraient vers Kobané.

Au Rojava, les décisions sont prises par des assemblées populaires multiculturelles et multiconfessionnelles. Les trois principaux dirigeants de chaque municipalité se composent d’un Kurde, d’un Arabe et d’un Assyrien ou d’un Arménien chrétien, l’un d’eux devant être une femme. Les minorités non kurdes ont leurs propres institutions et peuvent s’exprimer dans leurs propres langues.

Parmi une myriade de conseils formés de femmes et de jeunes se distingue une armée féministe, qui fait de plus en plus parler d’elle : la milice YJA Star (Union des femmes libres), l’étoile (Star) faisant référence à l’ancienne déesse mésopotamienne Ichtar).

La charge symbolique est on ne peut plus manifeste. L’armée d’Ichtar (Mésopotamie) combat l’armée de l’EIIS (dont l’acronyme anglais ISIS [3] correspond au nom d’une déesse égyptienne), qui s’est métamorphosé en califat intolérant. En ce début du XXIe siècle, les barricades derrière lesquelles se postent les femmes de Kobané sont à la ligne de front de la lutte contre le fascisme.

Inévitablement, quelques lignes parallèles pourraient être tracées entre les Brigades internationales qui luttaient contre le fascisme en Espagne en 1936 et ce qui se passe au Rojava, comme le souligne l’article indiqué en note [4], un des rares sur le sujet à être publié dans les médias grand public occidentaux.

Si ces éléments ne suffisaient pas à rendre fous les wahhabites profondément intolérants (et leurs puissants partenaires du Golfe bourrés de pétrodollars), il y a aussi la réalité politique mondiale.

Le combat au Rojava est essentiellement mené par le PYD [5], qui est la branche syrienne du PKK turc [6], le mouvement de guérilla marxiste en guerre contre Ankara depuis les années 1970. Washington, Bruxelles et l’OTAN, sous la pression continuelle de la Turquie, ont toujours officiellement classé le PYD et le PKK comme terroristes.

Une lecture attentive de Confédéralisme démocratique [7], le livre du chef du PKK Abdullah Ocalan qu’il faut absolument lire, démolit l’équation qui en fait un terroriste stalinien (Ocalan est confiné dans l’île-prison d’Imrali depuis 1999).

Ce à quoi le PKK et le PYD aspirent, c’est le municipalisme libertaire. En fait, c’est exactement ce que le Rojava tente d’implanter : des communautés autonomes qui pratiquent la démocratie directe en s’appuyant sur des conseils, des assemblées populaires et des coopératives gérées par des travailleurs, que défendent des milices populaires. Le Rojava se trouve ainsi à l’avant-garde d’un mouvement mondial favorisant l’économie et la démocratie fondées sur la coopération, dont l’objectif ultime serait de s’éloigner du concept de l’État-nation.

Outre cette expérimentation politique en cours dans le nord de la Syrie, sur le plan militaire, ce sont les combattants du PKK et du PYD qui ont secouru ces dizaines de milliers de Yazidis qui étaient encerclés par l’EIIS/EIIL/Da’ech sur les hauteurs du mont Sinjar, et non pas les bombes américaines comme on l’a prétendu. À l’heure actuelle, comme l’indique la coprésidente du PYD, Asya Abdullah [8], ce qu’il faut, c’est un corridor pour briser l’encerclement de Kobané par les brutes du calife Ibrahim.

Le jeu de puissance du sultan Erdogan

De son côté, Ankara semble être résolu à poursuivre sa politique d’avoir beaucoup de problèmes avec nos voisins.

Pour le ministre turc de la Défense Ismet Yilmaz, la principale cause de la présence de l’EIIS, c’est le régime syrien. N’étant pas en reste, le Premier ministre Ahmet Davutoglu, à qui l’on doit la doctrine zéro problèmes avec nos voisins, aujourd’hui morte et enterrée, a souligné à maintes reprises qu’Ankara n’interviendra sur le terrain à Kobané pour défendre les Kurdes que si Washington présente un plan post-Assad.

Puis il y a ce personnage plus grand que nature, le président turc Tayyip Erdogan, alias le sultan Erdogan.

Les conditions du sultan Erdogan sont bien connues. Les Kurdes syriens devront lutter contre Damas, sous le commandement de cette fiction nulle qu’est l’Armée syrienne libre reconstituée (dont l’entraînement se fera en Arabie saoudite, rien de moins). Ils devront abandonner toute forme d’autonomie. Ils devront soutenir béatement la demande de la Turquie à Washington, qui est de créer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ainsi qu’une zone frontalière sécurisée en territoire syrien. Le PYD et Washington ont tous les deux rejeté ces demandes et il n’y a pas de quoi s’étonner.

Le sultan Erdogan rêve de reprendre le processus de paix avec le PKK, mais en position de force. Sa seule concession jusqu’ici a été d’autoriser les peshmergas kurdes irakiens à entrer dans le nord de la Syrie pour faire contrepoids aux milices du PYD et du PKK, et ainsi éviter le renforcement de l’axe kurde anti turc.

Le sultan Erdogan sait aussi que l’EIIS/EIIL/Da’ech a déjà recruté pas loin de 1 000 titulaires de passeport turc. Un autre de ses cauchemars est que le mélange toxique en Syrak finisse tôt ou tard par déborder les frontières jusqu’en Turquie.

Les barbares sont aux portes

Les brutes du calife Ibrahim ont déjà télégraphié leur intention de massacrer ou de réduire en esclavage la population civile au complet de Kobané. Pourtant, cette ville n’a aucune valeur stratégique pour l’EIIS/EIIL/Da’ech (c’est d’ailleurs ce qu’a dit le secrétaire d’État américain John Kerry la semaine dernière, avant de se rétracter comme on pouvait s’y attendre). Le commandant du PYD dont il est question dans l’article indiqué en note [9] est très convaincant, mais il n’en demeure pas moins conscient de la menace que représente l’EIIS/EIIS/Da’ech.

Kobané n’a pas une importance capitale comme Deir ez-Zor (avec son aéroport qui permet de ravitailler l’Armée arabe syrienne) ou Hassaké (où se trouvent des champs pétrolifères contrôlés par les Kurdes avec l’aide de l’Armée arabe syrienne). Kobané n’a ni aéroport, ni champs pétrolifères.

Il faut dire toutefois que la chute de Kobané serait un excellent coup de relations publiques pour les brutes du calife, car elle renforcerait l’impression qu’elles forment une armée victorieuse, notamment auprès des nouvelles recrues potentielles titulaires de passeport de l’Union européenne. Elle leur permettrait aussi d’établir une base solide tout près de la frontière turque.

Pour l’essentiel, le jeu du sultan Erdogan consiste à combattre à la fois Damas (à long terme) et les Kurdes (à moyen terme), en laissant le champ libre (à court terme) à l’EIIS/EIIL/Da’ech. Sauf que si l’on regarde un peu plus loin, il faut donner raison à Fehim Tastekin : l’entraînement des rebelles syriens modérés [10] fictifs en Arabie saoudite finira inévitablement par la pakistanisation de la Turquie.

Comme si les choses n’étaient pas suffisamment embrouillées, voilà maintenant que Washington fait volte-face et renie son dogme à propos des terroristes, en parlant maintenant avec le PYD. De quoi causer un nouveau mal de bloc au sultan Erdogan.

La nature des tractations entre Washington et le PYD n’est pas encore déterminée. Mais certains faits sur le terrain ne trompent pas : plus de bombes et plus de largage de matériel par les USA. Il convient toutefois de ne pas prendre à la légère un élément important. Dès que Washington a plus ou moins reconnu le PYD, son chef, Salih Muslim, a rendu visite à Massoud Barzani, le chef rusé du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK). C’est à ce moment que le PYD a promis un partage du pouvoir au Rojava avec les peshmergas de Barzani.

Les Kurdes syriens forcés d’abandonner Kobané et de s’exiler en Turquie, qui soutiennent le PYD, ne peuvent retourner en Syrie. Les Kurdes irakiens eux, peuvent aller et venir sans problème. Cet accord louche a été négocié par le chef du service du renseignement du GRK, Lahur Talabani. Point crucial, le GRK s’entend très bien avec Ankara.

Cela permet de mieux saisir encore le jeu d’Erdogan. Il souhaite que les peshmergas, qui sont les ennemis jurés du PKK, tiennent le haut du pavé dans la lutte contre l’EIIS/EIIL/Da’ech, pour mieux saper l’alliance PYD/PKK. Là encore, la Turquie oppose Kurdes contre Kurdes.

Pour sa part, Washington manipule Kobané pour légitimer sa croisade contre l’EIIS/EIIL/Da’ech (n’oublions surtout pas que tout a commencé par un déluge de baratin à propos du Khorasan, ce groupe fantomatique bidon qui s’apprêtait à refaire le coup du 11 septembre).

Ce que tout cela signifie à long terme, c’est une menace sérieuse à l’expérimentation de la démocratie directe en cours au Rojava, que Washington interprète comme un retour du communisme.

Kobané est devenu un énorme pion d’un jeu manipulé par Washington, Ankara et Irbil. Aucun de ces joueurs ne souhaite que l’expérimentation de la démocratie directe à Kobané et au Rojava s’épanouisse, s’étende et attire l’attention dans le grand Sud. Les femmes de Kobané sont non seulement en danger mortel d’être réduites à l’esclavage, mais aussi d’être amèrement trahies.

C’est encore plus inquiétant lorsqu’on voit le jeu de l’EIIS/EIIL/Da’ech à Kobané pour ce qu’il est essentiellement : une tactique de diversion, un piège pour l’administration Obama. Ce que les brutes du calife veulent vraiment, c’est la province d’Anbar en Irak, qu’ils contrôlent en grande partie, et la ceinture de Bagdad, d’une importance cruciale. Les barbares sont aux portes non seulement de Kobané, mais aussi de Bagdad.

Pepe Escobar

Traduit
par Daniel pour Vineyardsaker.fr

Notes

[1] Roja
va, sadece bir yön tayini değildir, Özgür Gündem, 29-08-2014

[2] Hafteh.de, 04-10-2014

[3] ISIS est l’acronyme anglais de Islamic State in Iraq and Syria, appelé en français l’État islamique en Irak et en Syrie (EIIS).

[4] Why is the world ignoring the revolutionary Kurds in Syria ?, The Guardian, 08-10-2014

[5] Partiya Yekîtiya Demokrat ou Parti de l’union démocratique

[6] Partiya Karkerên Kurdistan ou Parti des travailleurs du Kurdistan

[7] Confédéralisme démocratique, par Abdullah Ocalan, première édition, 2011[8] Asya Abdullah : Kobane corridor is essential, Kurdish Question, 2014

[9] Interview With YPG Commender : ISIS Has Lost in Kobané, The Rojava Report, 17-10-2014

[10] Turkey to train Syrian rebels, but at what cost ?, Al Monitor, 16-10-2014

Source : Turks, Kurds, Americans : the Kobani riddle, Russia Today, 22-10-2014

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), de Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the

surge (Nimble Books, 2007) et de Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

Irak : un déploiement militaire US si proche de l’Iran…

Les États-Unis ont procédé à la création d’une nouvelle base militaire dans le Kurdistan Irakien, sur l’aérodrome militaire de Harir, à 50 km vers le nord d’Erbil et à 60 km de la frontière avec l’Iran.

Au lendemain de la prise de Mossoul par DAECH, j’avais écrit que l’opération terroriste conduirait directement à la création de bases américaines au nord de l’Irak, à un jet de pierre de Téhéran et pas trop loin du Caucase. Nous y sommes, semble-t-il. Sont-ils prévisibles, ces américains ! Le plan se poursuit, donc…

Les États-Unis ont procédé à la création d’une nouvelle base militaire dans le Kurdistan Irakien à l’aérodrome militaire de Harir à 50 km vers le nord d’Erbil et à 60 km de la frontière avec l’Iran.

Il est à noter qu’auparavant, les États-Unis utilisaient l’aérodrome de Harir au cours de l’intervention en Irak en 2003 pour le renversement du régime de Saddam Hussein. L’aéroport militaire de Harir était construit à la fin des années 1970 et il était utilisé par l’aviation irakienne pendant la guerre irano-irakienne.

Et voici que maintenant, les Forces aériennes américaines peuvent se trouver de nouveau à Harir. « Les autorités municipales de Harir ont prescrit aux marchands et aux propriétaires des compagnies qui ont leur business dans le vieil aéroport militaire de Harir d’arrêter en une semaine les affaires et de quitter le territoire de l’aérodrome », – a communiqué à l’agence irakienne « Bus news » une source militaire à Erbil. La source a confirmé que les militaires américains avaient l’intention d’utiliser Harir comme une base militaire car il est bien situé et donne la possibilité de suivre à partir de là les déplacements des extrémistes de « l’État Islamique » en Irak et en Syrie.

Pour qui la base américaine militaire située en proximité directe de la frontière avec l’Iran porte-t-elle plus de menaces – pour les extrémistes de l’EI ou pour la République Islamique ?

Le commentateur politique du canal anglophone iranien Press TV Hasan Behechtipour essaie de trouver une réponse à cette question:

La lutte contre l’EI – c’est un prétexte excellent pour les États-Unis pour essayer de regagner les positions militaro-politiques perdues au Proche-Orient. Et la création de la base à Harir peut être considérée dans ce sens comme une menace directe à l’Iran. Bientôt, nous saurons si elle fonctionnera provisoirement et sera utilisée exceptionnellement comme un centre de la coordination des efforts pour la lutte contre l’EI ou si, à l’exemple des bases américaines en Afghanistan, elle deviendra constante. Je penche pour la deuxième variante du développement des événements et j’admets que les Américains, grâce à la base de Harir, n’oublieront pas la possibilité d’élargir leur influence au Proche-Orient.

En général, à mon avis, la guerre contre l’EI, au sens propre de ce mot, est condamnée à l’échec. Ceux qui ont déclaré la guerre aux terroristes de « l’État Islamique », devraient leur couper les canaux de l’aide économique et militaire, porter des frappes sur l’efficacité de leur propagande. Seulement ainsi on peut déraciner l’idéologie destructive de l’Etat Islamique, semblable à la tumeur cancéreuse dans l’organisme de la région, et apporter le chaos dans les rangs des terroristes, les privant pour toujours de leur unité.

Mais les Américains, eux, en créant une base militaire suivante dans le monde islamique, mettent de nouveau en cause l’efficacité de la politique au Proche-Orient.

Chose curieuse : l’information sur la reconstitution de la base militaire américaine à Harir est apparue au lendemain de la visite du Premier ministre de l’Irak Haider al-Ibadi en Iran. Parmi les autres questions, on a examiné là les voies de l’opposition commune à « l’État Islamique ».

Voici l’opinion à ce sujet de l’expert irakien, le chef du centre analytique « Мadarik » Dr Mouzhir al-Saadi

L’Irak, dans sa position actuelle, qui mène une guerre sur son territoire, a besoin d’un soutien politique de la communauté internationale. C’est pourquoi, aujourd’hui, nous sommes les témoins des changements clairs et courageux dans notre politique. La visite en Iran jette une base pour le règlement des relations bilatérales. Ce n’est pas un secret que l’Iran est un important joueur sur l’échiquier irakien. Et nous examinons les liens entre l’Irak et l’Iran exceptionnellement du point de vue de leur utilisation pour le bien du règlement de la situation actuelle en Irak.

Mais ce pas en avant des partenaires américains de Bagdad, ne repoussera-t-il pas les partenaires iraniens ?

Ivan Zakharov
Voix de la Russie

 The IS’ game plan is to force an unwilling Obama and a reluctant David Cameron to deploy “boots on the ground.” Then, there are some serious questions involved here.

Clearly, air strikes against IS will achieve nothing. The IS has already turned into a flat, horizontal structure with no Hqs, no command-and-control centres. As a Middle East expert put it, it has begun operating as “a rhizome-like organism.” What does that mean?

It means the US and its allies will soon run out of ‘targets’. Already, IS continues to gain ground despite the US air strikes. It just overran an Iraqi military base with hundreds of soldiers and captured two more border towns in Syria.

In short, the time is approaching to ponder ‘what next’ after the air strikes in anticipation of the current US military strategy ending in a cul-de-sac even sooner than we may think.

Again, within the “coalition of the willing”, there are far too many contradictions. The US is depending on the very same Gulf allies, who, as Vice President Joe Biden openly acknowledged <http://www.hurriyetdailynews.com/biden-says-erdogan-admitted-isil-mistake.aspx?pageID=238&nID=72530&NewsCatID=359>  were only responsible for the creation of the IS.

Put differently, these Gulf countries and Turkey (which funded, equipped and assisted the IS to surge) have their own agenda, which is different from the US’. Thus, the Obama administration is facing the difficult choice of pretending what its coalition partners are up to or to suo moto defeat the IS military by putting “boots on the ground” — or, more plausibly, at some point accepting the emergence of the IS as a fact of life and try to come to terms with it.

To compound matters, Saudi Arabia is dangerously over-stretched <http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2014/10/03/saudi-overstretch-at-zero-hour/>  by punching beyond its weight in regional politics. The borders with Iraq (900 km) and Yemen (1400 km) have the potential to become infiltration routes for al-Qaeda.

Also, there is a simmering factional war going on within the Saudi royal family on the issue of succession to King Abdullah.

Suffice to say, the IS crisis is becoming a crisis within Wahhabism. The Saudi strategy to use militant Salafists in projects over the past 30-35 year period in Afghanistan, Pakistan, Syria and so on has come full circle inevitably with a Salafist radicalization that is leading to a metamorphosed neo-Wahhabist movement, which is what the Islamic State is about.

How long can the restive, aspirational Saudi youth be kept away from the charisma and pull of the IS? That is the core issue developing today.

The ‘war’ in the Middle East has evolved into a war between Wahhabism and other orientations of Salafism, such as the Muslim Brotherhood. It is a war of Sunni on Sunni, of Wahhabi Saudi Arabia versus Wahhabi Qatar, of Wahhabi Jabat An-Nusra against IS; of Wahhabi Saudi Arabia and certain of its allies against the Muslim Brotherhood.”

Suffice to say, it is a boiling cauldron and a massive spillover cannot be avoided. The high probability is a

repetition of the 1979 Islamic revolution in Iran — this time around in Saudi Arabia.

As an Obama watcher, my hunch is that Obama is dithering, understanding perfectly well what is at stake here. Obama seems to be going through the motions of the air strikes without much conviction, sensing Saudi Arabia’s dire vulnerability.

Of course, the paradox is that by its passivity, the US could end up repeating its folly in Iran in the 1970s — refusing to pressure the Saudi regime to reform, sensing the regime’s vulnerability but watching as a spectator and paralyzed on its tracks whilst the IS marches towards the gates of Riyadh. But then, what else can Obama do? The American public opinion and the political establishment will not countenance the US putting the “boots on the ground” for salvaging the Saudi regime.

This is not a war on terror. The decades-old US regional strategies pursued in close alliance with Saudi Arabia have inexorably led to the present explosive outcome. The US’ Faustian pact with the Saudis is unraveling.

Plus d’histoires deLibye

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,