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3 décembre 2020

Le petit journal de Chris


info spécial autruche

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Chris

15 janv. 2015

À Chris
salut à tous

je n’aime pas donner à cette histoire plus d’importance qu’elle n’en a, mais quand même…
tout d’un coup, tout le monde parle de ça et surtout, on assiste aux premieres comparutions pour usage intempestif de la liberté d’expression.
 jIl me semble donc utile de lire ce qu’en disent les gens qui ne sont pas charlie avant qu’ils soient tous en prison.
mais avant d’entrer dans le vif de ce sujet, je vous mets ici le lien d’une vidéo montrant le succès obtenu à Beyrouth par de petits artistes palestiniens :
http://www.huffingtonpost.fr/2015/01/12/arabs-got-talent-enfants-gaza-takht-echarki-palestine-video-musique_n_6454538.html

les 3 premières minutes sont en arabe, ça montre leurs « préparatifs » (au sens large)
 les 3 dernières aussi mais c’est le spectacle et c’est assez émouvant.
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L’autruche vient de se faire enculer

11 JANVIER 2015 |  PAR VIRGINIE LOU-NONY

http://blogs.mediapart.fr/blog/virginie-lou-nony/110115/lautruche-vient-de-se-faire-enculer

Que chacun d’entre nous ait vécu les attentats du 7 janvier comme un coup de poing dans la gueule, c’est une évidence pour tous, lecteurs de Charlie ou pas, ou comme moi ex-lecteurs gourmands et assidus devenus abstinents à la fin des années 90 pour des raisons qu’Olivier Cyran explique parfaitement ici. Que la société entière manifeste son rejet viscéral de la violence armée contre l’imprescriptible liberté de pensée, rien de plus rassurant.

Ce qui est moins compréhensible, c’est qu’on soit surpris par un événement de cette nature.

On a diagnostiqué depuis quarante ans le « problème des banlieues ». Depuis quarante ans on sait que se combinent, dans ces lieux de relégation à l’intérieur du territoire, des problèmes d’urbanisme, de transport, d’aménagement, des phénomènes de ghettoïsation et un chômage massif. Des sociologues, des journalistes ont enquêté, écrit des bouquins, des rapports sur l’exil intérieur, le sentiment d’exclusion des enfants de ces immigrés qu’on est allé chercher au fond de leurs campagnes algériennes pour les mettre à la chaîne et les laisser sur le carreau quand le capitalisme financier a démantelé la production industrielle en Europe. On a écrit des rapports sur les problèmes de langue, d’apprentissage et par conséquent de repères dans la vie collective générés par ces conditions de vie.

Quelles réponses ont apportées les fiers cerveaux qui nous gouvernent à tant de précautionneuses analyses ? Ils ont renforcé l’exclusion – on ne parle des banlieues que quand on y brûle des bagnoles, et aussitôt on remet le couvercle sur la question –, et laissé à l’extrême droite le discours sur ces difficultés, discours évidemment réducteur, ethnique, raciste, et beaucoup plus apte à pénétrer une cervelle formatée par TF1 qu’une analyse sociologique, surtout si, en plus de la brutalité sans nuance du propos, on se pare des plumes de « la lutte contre la pensée unique ».

Depuis le milieu des années quatre-vingt, je vais régulièrement dans les banlieues pour faire écrire en atelier des jeunes gens de 15 à 20 ans. Je passe sur la somme de souffrance endurée par ces êtres qui, malgré leur jeunesse, n’ont pas l’avenir devant eux, sur la honte qu’ils portent – honte d’être le basané de service qui va se faire contrôler 4 fois par jour, qui habite là, dans cette banlieue éloignée de tout, mal entretenue, décrépite – « Les immeubles de ma ville sont malades » écrivait joliment une jeune trappiste. Je passe aussi sur la difficulté de vivre entre deux langues – même si la plupart des jeunes se débrouillent avec maestria du problème.

On ne peut pas en dire autant de la question – cruciale pour tout être humain – de l’identité. Ils sont français pour la plupart, nés en France. Mais aux yeux des autorités, représentées pour eux par la police, ils sont « de type maghrébin », « immigrés de la deuxième génération » (en dépit de son imbécillité, la formule fait florès) – sans parler de l’insulte « racaille », servie par un nanti né avec une cuillère en argent dans la bouche, qui au sommet de l’État s’est employé à siphonner les fonds publics mais court toujours, libre lui, tandis que les petits vendeurs de shit qui n’ont que cette activité pour donner de l’argent à la famille se font coffrer par un tribunal poussant en choeur des hurlements d’orfraie.

En conclusion, il est clair pour eux qu’ils sont Français mais en réalité ne sont pas Français. Ils ne sont pas Algériens non plus, ni Marocains ni Comoriens – la plupart n’ont jamais vu la terre de leurs parents, et ils n’en parlent qu’avec difficulté la langue.

Ni de là-bas, ni d’ici, qui sont-ils ?

On leur souffle : musulman.

Musulman ? Ça, c’est chouette ! Plus de problème de frontière ! Non seulement il y a des musulmans dans tous les pays du monde mais cette identité-là leur ôte du pied l’épine qui les empêche de marcher depuis leurs premiers pas. Une identité transfrontalière, planétaire, comment refuser cette aubaine ? Il suffit d’un foulard, d’une prière hebdomadaire à la mosquée, et hop ! le tour est joué.

Sauf que l’autruche se change en aigle et pousse des hurlements comme les dignités offensées des tribunaux, Comment ! Le voile ! Signe de soumission de la femme ! Interdit ! Des mosquées ? Hors de question ! Laïcité !

Bon, d’accord, il y a des croix sur toutes les collines, sur toutes les places de village, et pour moi qui ne suis pas de culture chrétienne mais athée, d’une tradition bien plus ancienne que la chrétienté et pas moins européenne, cette exhibition constante de la morbidité catho me donne des boutons, passons. La croix, d’accord, le foulard, pas d’accord. Les femmes françaises ne portent pas de foulard, elles sont les égales des hommes, la preuve il n’y a jamais eu en deux siècles et demi de République une présidente à la tête de l’État, le milieu politique est le plus atrocement sexiste qui soit, 10% de femmes sont ou ont été victimes de violences conjugales, sans parler du harcèlement sexuel au boulot, etc., passons, passons pudiquement, la femme française est l’égale de l’homme et tu vas me faire le plaisir de retirer ce torchon de tes cheveux.

Pendant ce temps, à la mosquée qu’on a refusé de construire et qui se planque dans un garage, d’autres qui ne sont pas des enfants de chœur ouvrent à ces jeunes sans avenir un avenir glorieux : mourir.

Mourir pour le Prophète ! Ça c’est une idée.

Le Midi Libre, haut lieu de la pensée contemporaine, se demandait récemment pourquoi, de Lunel, six jeunes gens sont partis faire le djihad en Syrie et y ont trouvé la mort. Lunel, bourgade de 25 000 habitants dans l’Hérault, maire classé « divers droite ». Rien à signaler, semble-t-il. Sauf qu’on ne peut pas s’empêcher de se demander pourquoi ces jeunes Français, au lieu de rêver aux filles ou aux garçons comme les garçons de leur âge, et à une vie tranquille au soleil de l’Hérault, ont préféré courir là-bas à une mort certaine. Cette question mériterait une enquête, et pas seulement une enquête de police évidemment. Le Figaro préfère à l’enquête l’émotion : « Lunel, traumatisée par le djihad ».

On s’étrangle.

La thèse implicite ? Lunel les aimait bien, ces enfants un peu basanés et assez malpolis. Seulement voilà, un méchant barbu à la mosquée les a abusés et envoyés à la mort. On fait l’impasse au passage sur tout le reste ci-dessus évoqué, sur l’interminable conflit israélo-palestinien jamais réglé pour cause de complaisance à l’extrême droite israélienne (leurs barbus à eux sont supportables, on ne sait pas pourquoi), sur la guerre en Irak et ses conséquences, l’implication contestable et contestée de la France « un pays de liberté, pluraliste, laïc », dixit Le Monde, dans cette non moins interminable guerre initiée par Bush et la droite américaine.

Je ne compte pas sur les aigles qui nous gouvernent pour apporter des réponses un peu moins sottes à la complexe question des banlieues, d’autant qu’après avoir laissé le champ libre à l’extrême droite elle a raflé la mise. Ils sont de toute façon trop préoccupés par la conservation de leurs prébendes pour oser une politique audacieuse (il faut voir avec quel aplomb ce Valls, hier pourfendeur des Roms pour vice originel, appelle aujourd’hui à l’unité nationale ! Comment ce Hollande droit dans ses bottes malgré sa trahison et l’échec magistral de sa politique tire les marrons du feu, « Paris, capitale du monde » !).

Je rêve qu’un peu de compréhension supplante l’amalgame, qu’un vrai désir de savoir prenne le relai de l’émotion, nous aide à faire notre deuil de ces grandes figures de notre culture disparues, à faire notre deuil aussi des morts anonymes, inconnus, des êtres humains qui ont eu la malchance de se trouver sur le passage de brutes fanatisées.

Je rêve en somme que cette politique qu’on prête à l’autruche – une légende, d’ailleurs – de se mettre la tête dans le sable en découvrant ses arrières, cesse d’être une norme gouvernementale : car le problème des banlieues n’est qu’une facette de cet autisme. Piketty en dit autant des choix économiques qui ne concernent pas, eux, 5 millions d’habitants des « quartiers » mais 65 millions de Français et 742,5 millions d’Européens. Et les millions de citoyens qui s’insurgeaient contre le ralliement des gouvernants de leur pays aux choix stratégiques de l’OTAN et n’ont pas plus été entendus ne se réjouissent évidemment pas d’avoir eu raison : quand la République fait l’autruche, c’est le sang des citoyens qui coule.

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La farce de la « liberté d’expression »

Par Finian Cunningham le 12 janvier 2015
 


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Mahmoud Abbas parade à Paris alors qu’il ne s’est toujours pas rendu à Gaza pour honorer les milliers de victimes des bombardements israéliens
France - Paris - Synagogue - Hollande
Paris 11 janvier 2015. F.Hollande et M. Valls à la synagogue au côté du criminel de guerre B. Netanyahou
Lors d’une allocution depuis le perron de l’Élysée, suite à la terreur meurtrière de cette semaine en France, l’ancien président Nicolas Sarkozy a condamné ces violences, les qualifiant d’« attaques contre la civilisation ». Les paroles solennelles de Sarkozy le faisaient apparaître – bronzé, bien coiffé et bien habillé – comme la personnification du « monde civilisé ». Une singulière modification d’image, pour un politicien embourbé dans des allégations de malversations et de corruption, ainsi que de crimes de guerre.
Sarkozy n’était pas aussi préoccupé par la « civilisation » quand lui et ses alliés britanniques ont lancé la campagne de bombardements de l’OTAN contre la Libye en mars 2011, en violation flagrante du mandat de l’ONU. Ces attaques, qui durèrent sept mois, débouchèrent sur le meurtre de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi – dont, par le passé, Sarkozy avait volontiers accepté en secret les donations pour ses campagnes électorales, avant de lui planter un couteau dans le dos. Cette guerre éclair de l’OTAN menée par la France contre la Libye eut pour effet de renverser un gouvernement constitutionnel, et amena à la destruction de l’une des nations d’Afrique les plus développées au plan économique.
La Libye a été ravalée au rang d’État en faillite ; elle est désormais sous l’emprise de milices extrémistes Takfiri et de seigneurs de guerres tribaux qui partagent la même idéologie que les réseaux terroristes de l’Etat islamique (ISIS ou EIIL – NdT) qui détruisent actuellement l’Irak et la Syrie. C’est la même idéologie que celle des auteurs des attentats à Paris cette semaine, qui ont tué plus d’une douzaine de personnes.
La préoccupation de Sarkozy au sujet des « attaques contre la civilisation » est donc tout à fait justifiée, mais vous ne verrez pas les choses présentées de cette façon dans les médias occidentaux sous contrôle: les forces extrémistes qu’il a contribué à déchaîner par le renversement illégal de l’État libyen ont maintenant frappé son propre peuple dans la capitale de sa République. Une des présumées valeurs fondamentales de la civilisation occidentale qui aurait été profanée cette semaine est la « liberté de parole » ou « liberté d’expression ».
Sarkozy a condamné cet assaut meurtrier contre le magazine satirique basé à Paris, Charlie Hebdo, le qualifiant de guerre faite « à nos valeurs » et a été rejoint en cela par de nombreuses personnalités politiques occidentales, du président Barack Obama au premier ministre David Cameron. Or, ce journal avait par le passé rendu furieux des millions de musulmans dans le monde entier en publiant des images profanant le Prophète Mohammad. C’est ce qui semble avoir servi de motif aux meurtriers qui, alors qu’ils s’enfuyaient de la scène du crime à Paris, ont crié : « Le prophète a été vengé. »
Le président français François Hollande a élevé les journalistes et dessinateurs abattus, au rang de « héros » morts au nom du noble principe de la liberté d’expression. Mais comme d’autres valeurs présumées du monde occidental des« droits de l’Homme», la liberté d’expression est un principe très surfait – dans le sens où les gouvernements occidentaux et leurs institutions, tout comme les médias contrôlés par les grandes corporations, invoquent ce principe comme une marque idéologique d’honneur qui les distingue et les rend supérieurs aux autres.
En pratique pourtant, ces valeurs occidentales ne sont rien d’autre que des chimères. Ce sont des slogans vides auxquels on fait profession d’adhérer, de façon vaniteuse et fourbe, dans des buts de propagande. A quels droits de l’homme, à quel respect des lois, Sarkozy, Cameron et Obama ont-ils adhéré lorsqu’ils supervisaient l’anéantissement de la Libye ? Ou lorsqu’ils tentent encore aujourd’hui de détruire secrètement la Syrie et l’Irak (malgré les déclarations tardives des Occidentaux disant qu’ils combattent les réseaux terroristes qu’ils ont eux-mêmes créés, en premier lieu pour renverser le régime syrien) ?
Quand les gouvernements occidentaux défendent la liberté d’expression, c’est surtout par opportunisme et pour en tirer un bénéfice politique. Il ne s’agit pas du tout de morale universelle, comme ils le prétendent. Et, sans craindre le ridicule, ils avancent des mensonges éhontés pour prouver le contraire, comme à leur habitude.
Une publication satirique française peut avoir été autorisée à dénigrer l’Islam mais il ne lui aurait jamais été permis de condamner le sionisme et tous ses crimes parfaitement établis. Il est peu probable que le journal en question publie des caricatures de Sarkozy, Obama ou Cameron, avec des explosifs ficelés sur la tête ou larguant des bombes sur la Libye. Même si cette dernière idée n’a rien de satirique et reflète purement et simplement la réalité d’actes criminels.
La « liberté d’expression » à l’occidentale n’est donc que la liberté pour le pouvoir en place d’avilir et de diaboliser n’importe qui, quand l’intérêt politique de l’Occident l’exige. Quand la liberté d’expression s’attaque de façon légitime aux intérêts de l’Occident, lorsqu’elle met en évidence son hypocrisie et ses malversations, alors elle cesse d’être un « principe universel ». La censure implacable prend force de loi.
Le comique français Dieudonné, par exemple, a été interdit de représentation publique (*) par le gouvernement français en raison de son geste moqueur du bras, connu comme la « quenelle ». Ce geste peut être interprété de plusieurs manières, de la vulgaire insulte personnelle à l’outrage dérisoire envers les classes dirigeantes. Les autorités françaises prétendent que ce signe est « antisémite » représentant un salut nazi inversé. Dieudonné dément cela et dit au contraire qu’il s’agit d’un geste antisioniste et « anti-establishment ».
Le gouvernement de Londres a interdit au comédien de se rendre en Grande-Bretagne en raison de ses parodies politiques. Son ami, le joueur de football professionnel Nicolas Anelka, a été empêché de jouer en Angleterre et a dû payer une amende de près de 100 000 € pour avoir fait la quenelle après avoir marqué un but.
Presque un an avant le massacre de Charlie Hebdo cette semaine à Paris, le président français François Hollande a indiqué qu’il n’y aurait aucune tolérance pour Dieudonné ou qui que ce soit d’autre faisant la quenelle. « Nous agirons, nous combattrons les sarcasmes de ceux qui prétendent être des humoristes, mais sont en réalité des antisémites professionnels », a dit Hollande. Mais attendez une minute. Il s’agit de ce que la classe dirigeante française considère être le sens de la quenelle de Dieudonné. Sur la base de leurs préjugés, l’artiste, et quiconque fait ce geste en public, est passible de poursuites. Ce n’est pas de la simple censure ; c’est de la persécution, par l’Etat, pour délit d’opinion.
Manifestement, il est tout à fait admissible d’insulter l’islam conformément à l’usage sélectif qui est fait de la liberté d’expression en Occident parce que cela sert le programme politique de diabolisation des pays musulmans ; ce qui autorise l’Occident à les attaquer avec des avions de combat ou des mercenaires terroristes secrets. Mais il n’est pas acceptable de caricaturer le sionisme ou les classes dominantes occidentales.
Il y a une autre pierre angulaire révélatrice dont il faut tenir compte. Pourquoi Press TV, la chaîne d’information iranienne en langue anglaise, est-elle exclue de la diffusion britannique terrestre et par satellite? Pourquoi la chaîne basée en Iran est-elle interdite dans toute l’Europe et l’Amérique du Nord ? Où est la liberté d’expression occidentale dans ce cas ? Quel est le problème ?
Press TV n’est pas tolérée. Elle est interdite. Elle est interdite parce que la vérité du terrorisme d’Etat occidental, tel qu’il est pratiqué par Sarkozy, Hollande, Obama , Cameron, et leurs semblables, est trop lourde à assumer dans la mesure où elle pourrait éveiller les consciences et conférer du pouvoir à l’opinion publique.
La vérité du terrorisme d’Etat financé par l’Occident, tel qu’il est pratiqué par le régime génocidaire israélien, est trop difficile à assumer pour être débattue publiquement; toute critique est rejetée au nom du « devoir de mémoire », sous le prétexte fallacieux de l’« antisémitisme ». Le fait que les dirigeants occidentaux devraient être poursuivis pour crimes de guerre est trop difficile à assumer. Tous ces points de vue, aussi intellectuellement rigoureux, moralement scrupuleux et légalement étayés soient-ils, doivent être censurés, et ceux qui les défendent doivent être harcelés et mis à l’isolement.
La liberté d’expression occidentale n’est rien d’autre que le petit jeu cynique des puissants dans le but de préserver leurs positions de pouvoir illégales.
Un journal satirique encensé par des criminels de guerre occidentaux pour sa « liberté » de déshumaniser les musulmans est salué pour son « héroïsme » ? Et au même moment, une chaîne de télévision diffusant des informations sérieuses, comme Press TV, est interdite. C’est une bande dessinée grotesque.
Par Finian Cunningham | 10 janvier 2015 | Dissidentvoice.org
Traduit par Diane Gilliard, Chris et Christophe pour Il fatto quotidiano.fr et Arret sur info.ch.
(*) En réalité, c’est un spectacle en particulier de Dieudonné qui a été interdit de représentation publique, pas le comique lui-même

Finian Cunninghamdiplômé en chimie agricole, a travaillé comme rédacteur scientifique pour la Royal Society of Chemistry, à Cambridge en Angl.eterre; puis comme journaliste durant 20 ans au The Mirror, Irish Times et The Independent. Il est aussi musicien et auteur de chansons. Originaire de Belfast, en Irlande, il vit aujourd’hui en Afrique de l’Est et travaille comme chroniqueur indépendant pour Press TV et Strategic Culture Foundation

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De Charlie Hebdo à l’islamophobie d’Etat

Par Comité Action Palestine

http://www.comiteactionpalestine.org/word/de-charlie-hebdo-a-lislamophobie-detat/

[email protected]

« La dictature n’est pas le contraire de la démocratie, mais son évolution par temps de crise ». Bertolt Brecht
11.01.2015 – Le Comité Action Palestine condamne fermement l’assassinat comme mode d’action politique et défend la liberté d’expression. Charlie Hebdo avait le droit d’exprimer son opinion même si elle était nauséabonde et d’une vulgarité sans nom. Mais cette liberté d’expression ne peut être à géométrie variable, elle est un principe. C’est ce principe que le Comité Action Palestine a toujours défendu dans le cadre de son action, et c’est au nom de ce principe qu’il avait dénoncé les interdictions des spectacles de l’humoriste Dieudonné. Or on constate que l’Etat français la défend dans le cas de Charlie Hebdo alors qu’il n’a pas hésité à censurer Dieudonné et interdire les manifestations dénonçant les massacres sionistes à Gaza en juillet 2014. Devons-nous en conclure que la liberté d’expression s’arrête là où commence l’Etat d’Israël ? La présence à la manifestation parisienne du dimanche 11 janvier 2015 de plusieurs dirigeants de l’entité sioniste répond sans ambiguïté à cette question.

De Charlie Hebdo à l’islamophobie d’Etat

Mais au-delà de cette clarification sur les principes, Il faut prendre la mesure des évènements actuels. Suite aux « attentats de Charlie Hebdo », on assiste à une manœuvre politique d’une ampleur inégalée qui prend la forme d’une mobilisation de masse et d’une propagande médiatique à grande échelle. Les objectifs de cette manœuvre commencent à apparaitre clairement. Dans une situation de crise économique extrême, il s’agit de décomplexer l’islamophobie qui a été instillée dans la société française depuis des années ; de créer la division et un état de tension permanent entre la minorité musulmane et le reste de la population ; de préparer la répression de cette minorité musulmane notamment à travers un arsenal juridique ; de créer une identification entre la situation d’Israël et celle de la France et justifier la répression de l’antisionisme. Le but est clairement d’empêcher toute contestation sociale et politique et expression de solidarité avec le peuple palestinien. Pour la minorité musulmane, les options qui lui restent à l’avenir ne sont pas nombreuses : se soumettre, émigrer ou s’organiser.

Le Comité Action Palestine appelle à la vigilance et invite urgemment les musulmans à s’organiser et à résister à la répression qui s’annonce.

Retrouvez toutes les analyses du Comité Action Palestine sur leur site, où vous pouvez également vous procurer le Calendrier Palestine Libre 2015dont le thème, cette année, est le SOUTIEN A LA RESISTANCE PALESTINIENNE.

COMITE ACTION PALESTINE
BP 30053
33015 BORDEAUX
facebook : capfalestine

Source : Comité Action Palestine

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Une remarquable analyse de Bruno Guigue
 
L’immense protestation du peuple de France contre la violence des terroristes restera dans les annales de la République. Elle exhalait une sorte d’indignation tranquille, comme si la condamnation du crime et la solidarité avec les victimes, bien sûr, allaient de soi, mais ne pouvaient se formuler que dans la sérénité. Le refus de céder à la peur, de sombrer dans les affres de la division, s’y est exprimé avec une ampleur inédite, magnifiée par les innombrables échos rencontrés au-delà des frontières de l’hexagone, des rivages de l’Atlantique à ceux de la Méditerranée.
Cette formidable unanimité d’un jour constitue la meilleure dénonciation du crime commis. Mais elle en désigne aussi sans ambiguïté le véritable mobile : provoquer la discorde civile, distiller la haine interconfessionnelle. Entre des individus, des groupes ou des communautés qui n’ont pas nécessairement les mêmes références, la preuve est ainsi faite qu’ils peuvent partager des valeurs communes. Le « non » massif opposé au terrorisme formule aussi une adhésion aux règles élémentaires du vivre-ensemble, il est un « oui » sincère à l’unité nationale.
Comme toute manifestation d’unanimisme, celle qui s’est déroulée le 11 janvier 2015, toutefois, a son revers de la médaille. A son insu, elle a jeté un voile pudique sur de multiples non-dits. Passé le moment exaltant d’une communion quasi-universelle, on voit bien que le monde est tel qu’il était auparavant, qu’il n’a pas changé d’un iota. Des millions de manifestants ont exprimé avec dignité leur rejet de la terreur, mais ce n’est pas leur faire injure de dire que ce rejet ne résout rien. « Rien ne sera plus jamais comme avant », ont dit certains commentateurs optimistes. Il faut l’espérer, mais en est-on si sûr ?
Pour que rien ne fût comme avant, il faudrait d’abord tirer les leçons de l’événement,  en analyser les circonstances, identifier la chaîne des responsabilités qui y ont conduit. Or qu’en est-il ? Sans nul doute, la radicalisation d’un petit groupe d’individus se réclamant d’une idéologie sectaire et suicidaire est le premier chaînon de cette chaîne. Les trois auteurs des assassinats en assument la responsabilité personnelle, et aucune excuse absolutoire ne saurait les en dispenser. Coupables du crime commis, ils l’ont d’ailleurs payé de leur vie, ce qu’on peut évidemment regretter, tant il est vrai que vivants ils eussent contribué à faire la part des autres responsabilités.
Ces individus, loin d’être des « loups solitaires », n’ont pas agi seuls. Et surtout, ils n’ont pas conçu dans la solitude de leur repaire la nécessité politique d’une telle violence, ils n’ont pas inventé la justification idéologique nécessaire au passage à l’acte. Soldats perdus du jihad planétaire de seconde génération,  ils furent les exécutants d’une opération-suicide dont le modèle, sinon l’ordre, est venu d’en haut. Car la criminalité terroriste de ces ex-délinquants n’est pas une délinquance au carré, mais l’expression dévastatrice d’une violence idéologique, celle qui voue les « kouffars » et autres « mécréants » à l’exécration des prétendus « vrais musulmans ».
C’est pourquoi le deuxième chaînon de la chaîne des responsabilités qui ont mené au crime, c’est bien cette idéologie née au Moyen-Orient arabe à la fin du 18ème siècle, savamment distillée par les prédicateurs wahhabites, dont le jihadisme d’Al-Qaida et de « Daech » est l’ultime avatar. Radicalisée à l’extrême pour justifier le jihad global, cette doctrine morbide apporte à l’entreprise terroriste une caution prétendument religieuse. Elle nimbe abusivement de sacré une subversion violente des sociétés dont les coutumes n’ont pas la chance de correspondre à l’idée que les sectateurs du jihad se font de l’islam.
Si cette idéologie sectaire est l’affaire du monde musulman, il est clair que le monde musulman, dans son ensemble, n’en est pas responsable. Pourquoi le croyant de Tunis ou de Karachi, de Damas ou d’Aubervilliers devrait-il se battre la coulpe à propos d’une idéologie qui n’est pas la sienne ? C’est pourquoi la sommation faite aux musulmans, en tant que tels, de dénoncer le terrorisme jihadiste n’a pas de sens, même s’il est vrai que, le wahhabisme et ses rejetons faisant partie de l’islam, il appartient aux musulmans d’en combattre l’influence.
Problème du monde musulman, l’idéologie sectaire du jihad global ne cessera d’exercer ses méfaits que lorsqu’on lui aura appliqué une solution musulmane. Mais ce combat ne date pas d’hier. Adversaire résolu de la monarchie saoudienne dans les années 1960-70, le raïs égyptien Gamal Abdel Nasser a chèrement payé son désir de moderniser les sociétés arabo-musulmanes. Est-ce un hasard si les régimes nationalistes arabes égyptien, irakien et syrien, respectueux de l’islam mais non confessionnels, ont été systématiquement combattus par l’Occident allié à Israël, avec la complicité des pétromonarchies obscurantistes ?
Pire encore : quelle est, aujourd’hui, la crédibilité de ces dirigeants occidentaux qui n’ont cessé, à la suite de l’administration américaine, de pactiser avec le diable ? Laurent Fabius n’a-t-il pas déclaré en décembre 2012 que le Front Al-Nosra faisait du « bon boulot » en Syrie ? [1] C’est pourquoi le plus ahurissant, lors de la manifestation du 11 janvier, ce fut la feinte candeur des dirigeants français, comme si le crime revendiqué par Ahmed Coulibaly au nom de « Daech » n’avait aucun rapport avec les errements de la politique française au Proche-Orient.
Et pourtant, la diabolisation insensée du régime de Damas, les livraisons d’armes à la rébellion, la complicité éhontée avec des pétromonarchies qui en sont les bailleurs de fonds notoires : autant d’aberrations qui ont exposé le peuple français à la vengeance sanguinaire des jihadistes. La France est passée en quelques jours, au cours de l’été 2014, des livraisons d’armes en faveur de la guérilla antigouvernementale en Syrie au bombardement aérien des groupes jihadistes en Irak : comment ces derniers n’auraient-ils pas été furieux de ce revirement incompréhensible ?
Naviguant à vue, influencé par des conseillers à l’incompétence crasse et des experts ayant perdu toute objectivité, François Hollande a mené en Syrie, à la suite de Nicolas Sarkozy, une politique interventionniste dont nous payons aujourd’hui la stupidité criminelle. Contraire aux intérêts de la France, cette prise de parti dans une guerre civile étrangère nous est revenue à la figure comme un boomerang. L’obstination maladive à vouloir abattre le régime syrien, par tous les moyens, a accouché d’un monstre, le prétendu « Etat islamique », qui est le rejeton abâtardi des politiques française, américaine, saoudienne et qatarie.
Parce qu’ils prétendent combattre aujourd’hui à Paris des terroristes qu’ils soutenaient hier à Damas, les dirigeants de la France ont cru se refaire une virginité en se mêlant à la foule immense de ceux qui ont clamé, sur le pavé de nos villes, leur refus de la haine. Rivalisant en proclamations grandiloquentes, ils ont étalé leur autosatisfaction devant les caméras, comme si cette victoire massive du bon sens était la leur, le tout, comble du grotesque, en compagnie des tortionnaires de la Palestine. Peine perdue : dans la chaîne des responsabilités qui ont conduit au crime terroriste du 7 janvier, c’est hélas l’incroyable cynisme des dirigeants français qui constitue le troisième chaînon.
Bruno Guigue | 13 janvier 2015
[1] Voir : La farce tragique de l’Etat islamique :  http://arretsurinfo.ch/la-farce-tragique-de-letat-islamique/
Normalien, énarque, Bruno Guigue est aujourd’hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident » (L’Harmattan, 2002).
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L’ENFANCE MISERABLE DES FRERES KOUACHI :
Quelle était l’enfance de Chérif et Saïd Kouachi, les deux hommes qui ont assassiné les journalistes et les policiers à Charlie Hebdo ? Une enfance misérable, de père absent et de mère prostituée, dans un immeuble populaire du 19e arrondissement de Paris. Evelyne les a connus, elle témoigne. Un document exclusif de Reporterre.
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France – 14 janvier 2015

Terrorisme et Charlisme, le poids de l’innocence

Par Badia Benjelloun

Le choc et l’effroi, thttp://www.ism-france.org/analyses/Terrorisme-et-Charlisme-le-poids-de-l-innocence-article-19378

echnique théorisée et appliquée dans les guerres préventives menées par les Us(a) depuis l’arrivée au pouvoir des néo-conservateurs, et étendue maintenant à la contre-insurrection et à la lutte contre l’ennemi intérieur sont bien opérants.
Pour éviter de se laisser ensevelir sous l’émotion provoquée par les tueries de la semaine dernière, il faut tenter de s’en tenir fermement aux éléments divulgués par le détenteur de la violence légale qui délivre ses éléments de discours.

François Asselineau, trop peu cité dans la presse, avait souligné dans un communiqué l’impérieuse nécessité que soient saisis vivants les coupables afin que toute la lumière puisse être faite sur les commanditaires de la tuerie et que justice soit rendue, comme il se doit dans un État de droit.

La France est l’un des pays belligérants en Syrie. Elle assure le transfert, le financement et la formation de mercenaires pour en combattre le gouvernement et y créer le chaos. Fabius, l’inventeur de l’Irresponsabilité en politique, « responsable mais pas coupable« , apprécie la contribution du front Al Nosra qui fait du « bon boulot » ! Un choc en retour de cette ingérence contraire aux lois du respect des souverainetés nationales n’est alors plus une éventualité loufoque mais bien une hypothèse de travail sérieuse pour un État de l’envergure de la sixième puissance économique du monde.
L’exécution d’un tel projet n’aurait pas dû échapper à un appareil de surveillance aussi hypertrophié qu’est devenue la machinerie répressive sous Sarközy puis Valls, augmenté de la surface réalisée par l’immense marché confié aux entreprises privées de sécurité.

Les auteurs des crimes du 7 janvier 2015 étaient connus des Services de Renseignement. Qu’ils aient été répertoriés impliquent qu’ils ont été surveillés selon la doctrine sécuritaire mille fois annoncée par les différents ministres de l’Intérieur qui se sont succédé depuis au moins 2002 en France.
La seule fonction régalienne encore exercée par les gouvernements nationaux est celle de l’exercice de la répression policière et son pendant, la surveillance des citoyens. On excepte la latitude qui lui est laissée pour légiférer à son aise en faveur du mariage entre personnes du même sexe. L’interdiction faite aux musulmanes de recouvrir leurs cheveux dans les lieux publics a été une manière d’occuper l’espace médiatique en désignant le « barbare », le « non intégrable », le « dangereux », le rebelle potentiel » « l’empêcheur de réaliser la société parfaite et harmonieuse et sans conflit ».
Ce thème de l’Islamisme qui nous a déclaré une guerre mondiale est venu dans les années 80 diffusé depuis de nombreux relais de la gauche libérale anti-communiste pour redoubler celui du danger de l’immigration développé dans les milieux d’extrême droite au cours de la décennie précédente.

Le colleur d’affiche à la faculté de Tolbiac en 1980 étudiant en histoire, Manuel Valls, a été chargé pour le compte la section rocardienne du PS d’affaiblir l’extrême gauche dans les universités. Dès 1987, il gagne un poste au comité directeur du PS et entre dans la franc-maçonnerie en 1988. Il s’est toujours intéressé, avec son ami de longue date Alain Bauer, rencontré à Tolbiac, aux problèmes liés à la sécurité en tant que source de profits pour un futur capitalisme construit autour de la peur. Bauer, nommé par Rocard chargé de mission en 1988 auprès du chef de son cabinet, est recruté peu après par le SAIC (Science Application International Corporation), émanation secrète du Pentagone et de la CIA. Il obtient la vice-présidence de SAIC-France et commence à appliquer les méthodes répressives de ses maîtres, fichage de la population et centralisation des instituts de sécurité et de défense. Alain Bauer a été le conseiller en « sécurité » de Sarközy au ministère de l’Intérieur. Il a été l’artisan majeur de l’unification des polices politiques (RG) et des services de renseignements militaires et de contre-espionnage au sein de la DCRI en 2008, renommée DGRI en 2014 tout en en conservant le même directeur général. Pour une plus grande efficacité contre le terrorisme.
L’essai de Manuel Valls publié en 2011 a été une sorte de candidature spontanée pour le poste qu’il convoitait si Sarközy ne se faisait pas réélire. Son titre : « Sécurité, la gauche peut tout changer » et son contenu constituent une publicité mensongère. La continuité est parfaite entre les deux administrations en matière de gestion de la police.

Dés 2012, le ministre de l’Intérieur déclarait vouloir accroître la chasse aux réseaux islamistes « implantés » dans les cités. Cette notion de « terrorisme implanté » a été récemment introduite dans l’arsenal discursif des marchands privés de la sécurité et parmi eux, un certain Yves Roucaute, ancien communiste ayant rejoint les cénacles atlantistes dans les années 80 où il y a été accueilli et pris comme filleul par Norman Podhoretz. L’idéologue de la bande à Bauer développe une doctrine de guerre préventive à l’intérieur, quotidienne et permanente, locale et globale.

Un peu plus tard, Manuel Valls estimait que « nous faisons face à un ennemi extérieur au Mali mais aussi à un ennemi intérieur qui est le fruit d’un processus de radicalisation« . Il a appelé à combattre le « fascisme islamiste » qui monte un peu partout. En d’autres termes, le Mali est une terre française à l’extérieur, ses gisements ne doivent pas lui échapper, la protection des minerais d’uranium dans le Niger contigu est un impératif absolu. Le désordre dans toute la région sahélienne suscité par l’intervention militaire en Libye ordonnée par l’OTAN, le reflux des travailleurs maliens, la dissémination des armes doivent être corrigés par une nouvelle guerre « contre l’ennemi extérieur ».

L’imprégnation d’une société par une idéologie pour conduire au consentement se fait selon deux vecteurs, selon Gramsci.
La répétition des éléments du dogme doit se faire inlassablement. La meilleure méthode didactique reste encore le rabâchage. Leur expression doit être très simple, leur forme peut varier.
Une partie des clercs qui prêcheront cette idéologie proviendra de la masse à convertir et à maintenir dans la bonne croyance. Ainsi, elle semblera émaner naturellement du terreau commun.

Yves Roucaute (1) a justement été directeur de l’Institut Gramsci dans sa jeunesse.
L’assimilation des Musulmans à des terroristes s’est faite ces vingt dernières années à une échelle transnationale. Le responsable de la rédaction du supplément littéraire du journal d’extrême droite Jillands Posten, Rose Flemmeing, avait pris conseil auprès de Daniel Pipes, néoconservateur défenseur de la théorie du choc des civilisations avant d’entamer l’aventure de ses caricatures. Le dessin principal figurait un personnage censé représenter le Prophète Mohammed, il portait une bombe sur la tête. Il ne visait pas une religion mais des peuples dominés et spoliés dans le contexte de la guerre contre la Palestine, l’Afghanistan et l’Irak, et ses millions de morts et de blessés.
Une fois ces dessins commis, il a fallu beaucoup d’efforts pour le faire savoir au reste du monde que l’on voulait humilier.
Il en est des instruments de la propagation de ce qu’il est convenu d’appeler islamophobie -pour laquelle il faudra trouver décidément un autre nom- comme des familles régnantes en Europe. Leurs réseaux se croisent et s’entrelacent à la jonction du sionisme, du capitalisme ultra-libéral et sans règles et des fomenteurs de guerres.

Une nouvelle fonctionnalité prônée par les idéologues sécuritaires français mais aussi praticiens car dirigeants des firmes de conseils privées est celle du « décèlement précoce dans une dynamique pro-active et préventive ».
Exactement celle mise en œuvre par la police départementale de New York qui a fiché systématiquement et surveillé tous les citoyens des grandes villes du New Jersey ayant fréquenté une mosquée ou seulement demandé un repas sans porc dans une cantine.

Mieux, à défaut d’avoir sous la main de vrais terroristes, le FBI s’ingénie à en inciter.

Toutes les stratégies lourdement révisées du monde occidental destinées à lutter contre le terrorisme international ont été donc mises en échec avec une aisance déconcertante ce 7 janvier 2015.
Trois anciens détenus de droit commun sans envergure ont réalisé un exploit. En exécutant dix-sept personnes de sang froid avec un professionnalisme méthodique, ils ont obtenu que quatre millions de Français flanqués de quatre-vingt chefs d’États et de gouvernements aillent manifester dans la rue.
Ce Système est-il donc si vulnérable et si fragile ?
Tous les Charlie qui ont obstrué les alentours de la place de la République ne faisaient pas le contresens de réclamer la protection de la libre expression qui ne peut être menacée par une censure pratiquée par l’État. À deux occasions, l’État l’a pratiquée récemment. En convoquant le Conseil Constitutionnel qui a interdit que ne se produise un humoriste et une deuxième fois en prohibant des manifestations de soutien au peuple dePalestine enfermé à Gaza et essuyant le feu de l’occupant. L’autre forme de censure, la plus sournoise et la plus efficace s’exerce quasi-naturellement par l’attribution ou non d’enveloppes financières à partir des deniers publics.
On peut douter que les Charlie aient subitement développé une telle empathie pour leurs semblables assassinés, eux qui sont incapables de secourir une femme en train de se faire violer sous leurs yeux dans un couloir de RER.
Ces Charlie sont plus sûrement aller réclamer plus de sécurité et plus de police, eux qui n’ont pas bougé quand l’aviation de leur pays pilonnait la Libye et faisait 100.000 morts. Les 577 députés de l’Assemblée Nationale ont voté unanimement pour exécuter Kadhafi, comme ils sont unanimes aujourd’hui pour poursuivre des « frappes » en Irak et relancer des attaques aériennes en Libye.

La politique est globale et planétarisée. Les tortionnaires et assassins comme Netanyahu et Porochenko sont venus l’affirmer à Paris lors de cette messe clôturée en apothéose dans sa séquence finale dans une synagogue, où les rapports de force et de servilité s’expriment.

Ainsi, un apartheid plus étanche isolera les classes dangereuses, les confinera dans des zones de plus en plus grises où parmi la masse des laissés pour compte surgiront inévitablement quelques fous qui s’empareront d’un discours préparé à leur intention. Les officines qui distribueront les rôles aux candidats terroristes sont déjà actives, elles reçoivent des fonds d’origines les plus diverses, privées et étatiques. Leur public ira en s’élargissant, la crise économique aidant.
La Charlisme est certes une piètre réponse au terrorisme.
Dans quelques cas d’anémie hémolytique, les globules rouges se font détruire car ils portent passivement sur leur membrane une petite molécule reconnue comme étrangère par le système immunitaire. La cible est innocente. Un Cabu, un Wolinski, un Charb et les autres victimes ont été des cibles innocentes.
Paix aux âmes des défunts.

Allons-nous demeurer, après cela, des innocents ?

(1) Yves Roucaute, juriste, a été un dirigeant de l’Institut Gramsci. Grâce à ses amitiés avec Norman Podhoretz, éminent néo-conservateur sioniste, conseiller de l’Hudson Institute fondé grâce aux deniers de la Rand Corporation, Roucaute devient membre de l’Institut Turgot, réplique de l’Hudson Institute en France pour consolider l’atlantisme en Europe et contre l’islamisation. Devenu un proche de Sarközy dès les années 90, il crée sa propre revue en 2006, Éclair Mag, où il dénonce l’anti-américanisme, l’insécurité, les menaces intégristes contre la laïcité, l’islamisme qui nous a déclaré une guerre mondiale, l’antisémitisme mondain de la gauche intellectuelle déguisée derrière l’antisionisme, les racisme anti-blanc, les quartiers mis en coupe par la racaille, les impôts, les charges sociales.

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Attentat à Charlie Hebdo : Le débat sur l’attentat sous « fausse bannière » s’intensifie

 à lire sur le site (pour voir les photos) :

http://ilfattoquotidiano.fr/attentat-a-charlie-hebdo-le-debat-sur-lattentat-sous-fausse-banniere-sintensifie/

Des experts déclarent à l’agence Anadolu que les craintes que les « attentats terroristes » aient été organisés pour diaboliser les musulmans « doivent être prises au sérieux et faire l’objet d’une enquête ».

Par Tommy Hansen

COPENHAGUE – Plusieurs experts ont déclaré que les craintes largement exprimées sur les réseaux sociaux et Internet associant le massacre à Charlie Hebdo à une opération « sous fausse bannière », ou imputable à des agents occidentaux devaient être prises au sérieux maintenant que l’on sait que les deux frères Kouachi accusés de la tuerie à Paris étaient depuis des années sur les listes des personnes surveillées par les services secrets britanniques et étatsuniens.

Le débat sur les motivations possibles des attentats et les soupçons d’une possible « manipulation » s’est intensifié mardi, un jour après qu’un article publié sur une page Web imitant le site de la BBC s’est propagé de manière virale sur les réseaux sociaux. Ce texte remettait en cause l’authenticité d’une vidéo YouTube montrant un officier de police abattu par un homme armé durant l’attentat contre Charlie Hebdo.

Les soupçons ont encore augmenté lorsque les médias européens ont rapporté que Chérif et Saïd Kouachi, [les deux hommes] qui ont perpétré le massacre au siège du magazine satirique avant d’être tués plus tard lors d’un échange de tirs avec la police dans un village proche, avaient été identifiés en 2010 comme une « menace terroriste potentielle », placés sur une liste de personnes sous surveillance et interdits de vol par les autorités britanniques.

Le quotidien britannique The Guardian a rapporté que les deux frères avaient été répertoriés dans une base de données étatsunienne sous l’étiquette de « suspects de terrorisme » et interdits d’entrée aux USA après avoir été identifiés comme membres d’une cellule terroriste créée en 2003 et chargée d’envoyer des volontaires en Irak.

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,