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21 septembre 2021

Quand la présence de Boko Haram commence à peser sur l’économie des villes tchadiennes.


Quand la présence de Boko Haram commence à peser sur l’économie des villes tchadiennes.

Détails Publication : 26 janvier 2015

Habitués à traverser le lac Tchad, à voyager à travers les petites localités qui séparent le Tchad des premières villes Nigérianes, afin de vendre ou d’acheter, les citoyens tchadiens des villes limitrophes au Nigeria, connaissent d’énormes difficultés depuis que l’ombre des islamistes plane sur cette région nord-est du Nigeria. Cessation des échanges, augmentation des prix, longs périples vers le Nigeria si proche par le passé, ce sont autant de souffrances qui ponctuent le quotidien des tchadiens de Bagassola et justifient l’intervention des forces armées Tchadiennes en territoire nigérian contre les islamistes de Boko Haram.  

Il faudra bien qu’on le dise, les villes tchadiennes frontalières au Nigeria dépendaient jusque-là du géant voisin. Depuis que Boko Haram s’est rendu maître des localités nigérianes situées dans cette région nord-est du pays, certaines régions tchadiennes comme le port de Bagassola sur la rive nord du lac Tchad, sont dans le rouge. Par le passé, ce port voyait l’arrivée quasi-quotidienne de marchandises en provenance du Nigeria, aujourd’hui le calme est revenu sur le port et les pirogues sont toutes amarrées devant des commerçants consternés.  El Hadj Cherif, président du syndicat des commerçants de Bagassola avoue que « Bagassola est mort, notre économie ne tient plus. 90% de nos échanges se sont arrêtés ».

Cette confession d’un homme qui a vu sa ville florissante et qui la voit sombrant, ne suffit pourtant pas à montrer l’ampleur des dégâts que la présence de Boko Haram cause à cette économie de Bagassola. El hadj Kery Moussa se souvient qu’avant l’insurrection des islamistes de Boko Haram, « on exportait du poisson, du nacrons, du bétail et on revenait au Tchad avec des produits manufacturés. Mais depuis que les boko haram sont là, ils nous arrachent nos marchandises et nous tuent ».

Lac Tchad

Alors que les habitants de cette ville dépendent des échanges avec le voisin nigérian, ils sont aujourd’hui contraints de passer par le Niger pour rallier le Nigeria, afin de vendre ou d’acheter. La distance qu’ils faisaient en une semaine par le passé s’est allongée aujourd’hui. Ils doivent couvrir près de 1650 Km de route pour rallier la grande ville de Kano.

Cette situation, ajoutée à l’impératif pour le Tchad de préserver ces pipelines qui passent par le Cameroun, a forcé le président Idriss Déby Itno, à envoyer ses troupes au front. Postées à la frontière Camerounaise avec les unités spéciales Camerounaises, ces troupes n’attendent aujourd’hui que les ordres de N’djamena pour lancer une attaque sur le sol nigérian. Cette campagne de l’armée tchadienne que le Nigeria n’a pas approuvée, devrait commencer par Baga, la ville nigériane tombée aux mains des islamistes au début de cette année.

Bagassola, ville florissante il n’y a pas longtemps, où les sandales coûtaient 250 fcfa connaît une forte augmentation de prix aujourd’hui avec ces mêmes sandales à 500 fcfa. Bientôt c’est tout le Tchad qui pourrait connaître les revers de cette présence islamiste qu’il n’est que juste d’éradiquer. AFPmag.

 

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