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23 octobre 2020

« Ce n’est pas une troisième Intifada mais un soulèvement de désespoir»


Interview

« Ce n’est pas une troisième Intifada mais
un soulèvement de désespoir»

Ziad Medoukh

Jeudi 15 octobre 2015

On l’appelle déjà «l’Intifada aux couteaux», menée par des Palestiniens. Pourtant, selon Ziad Medoukh, coordinateur du Centre de la Paix à Gaza, on ne peut parler encore de troisième Intifada mais d’un mouvement qui signe l’échec des accords d’Oslo.

RT France: Ce 13 octobre, une journée de protestation baptisée «Jour de colère» a été lancée à l’initiative de plusieurs mouvements palestiniens. Comment cela s’est déroulé à Gaza ?

Ziad Medoukh (Z.M.): A Gaza, il y a eu trois manifestations pacifiques devant les trois zones tampon créées par l’armée israélienne, l’une au Nord, l’autre au centre et la dernière au Sud de la bande de Gaza. Ce sont des zones de 500 mètres, confisquées aux terres palestiniennes et transformées en zone militaire. Les jeunes Gazaouis ont fait des manifestations, et les soldats israéliens ont riposté à balles réelles : vendredi dernier, 7 jeunes sont morts, samedi, 3 morts et ce 13 octobre, 42 blessés. Cela a été des manifestations spontanées, organisées par les jeunes palestiniens, et 2000 à 3000 personnes s’y sont rendues pour exprimer leur solidarité avec la Cisjordanie.

En savoir plus: Quatre attaques en Israël : deux morts et de nombreux blessés

RT France: Il y a donc une solidarité nette entre Gaza et la Cisjordanie, malgré la coupure géographique et politique ?

Z.M.: Bien sûr. Ce sont dans les deux territoires des soulèvements populaires. Aucun parti politique ne les dirige. Autre aspect important à Gaza, l’aspect pacifique des mouvements à Gaza. Les jeunes se rendent aux zones tampon avec des drapeaux palestiniens, il y a des provocations des soldats israéliens, les jeunes palestiniens lancent alors des pierres et les ripostes à balles réelles et gaz lacrymogènes se font. La semaine dernière, il y a eu 11 morts et plus de 60 blessés, dont on ne parle pas ou presque.

C’est un message clair : la génération Oslo dénonce l’échec de ces accords, synonyme de blocus, colonisation

RT France: Comment qualifier ce soulèvement ?

Z.M.: Il est populaire. Il n‘est pas politisé. Il est jeune. Il est spontané. C’est une jeunesse âgée entre 13 et 22 ans. Cet âge de 22 ans correspond à la signature des Accords d’Oslo en 1993. Après cet accord, il y avait eu de l’espoir pour cette jeunesse palestinienne. Aujourd’hui, après deux semaines de soulèvement, c’est un message clair : la génération Oslo dénonce l’échec de ces accords, synonyme de blocus, colonisation, chômage, désespoir, mur de l’apartheid qui sépare les terres, les familles, les villages. Tout cela sans condamnation internationale.

Il y a plus de 365 checkpoints en Cisjordanie qui morcelle les terres, rendant difficile le quotidien des palestiniens, le paysan ne pouvant se rendre sur sa terre ou l’étudiant à son université. Ajouter à cela la colonisation et les provocations des colons, soit sur l’Esplanade des Mosquées, soit quand ils ont brûlé une famille à Naplouse. 30 morts, 500 arrestations en deux semaines, cela suffit. Pour le moment, les partis politiques palestiniens sont en retrait et observe la situation. Il faut noter aussi les femmes et jeunes filles dans ce soulèvement qui sont très présentes sur le terrain. Cela montre aussi sa dimension large et populaire.

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Source : Ziad Medoukh

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,