Aller à…
RSS Feed

1 décembre 2020

Ramadi, ville sunnite fantôme


par Gilles Munier

  ob_778181_ramadi

Par Gilles Munier/

L’armée gouvernementale et les milices irakiennes, aidées par plus de 600 bombardements de l’aviation de la coalition américaine, ont repris à l’Etat islamique, en décembre 2015, la ville de Ramadi – 500 000 habitants – capitale de la province d’Al Anbar.

Le 4 mars dernier, la délégation de l’ONU qui s’est rendue sur place pour évaluer les dégâts en est revenue « stupéfaite » : l’ampleur des destructions dépasse tout ce qui est arrivé ailleurs en Irak. Aujourd’hui, Ramadi est une ville fantôme, à 80% en ruine. Ses infrastructures – système d’adduction d’eau, égouts, électricité – sont détruites, ses 64 ponts et ses écoles démolis, son hôpital et sa gare rasés. Selon une photo prise par satellite : 5 700 immeubles sont endommagés, plus de 2 000 maisons complètement détruites.

Il est difficile d’imaginer la reconstruction de Ramadi à court terme. Les dirigeants sunnites de la province d’Al Anbar, proches du régime, l’estiment à 10 milliards de dollars… une somme astronomique qui ne s’explique que par les commissions à verser ici et là ! Pour l’instant, l’ONU n’est parvenue qu’à réunir 8,8 millions d’euros pour parer au plus pressé, et elle a programmé 26 autres millions pour reconstruire le centre-ville.

En attendant, les habitants de Ramadi vivent sous des tentes, ou se sont réfugiés à Mossoul ou au Kurdistan. Le gouvernement irakien aurait trouvé quatre sites où les installer provisoirement. Du provisoire qui risque de durer, car le régime chiite hésite à redonner vie à une ville qui était en rébellion bien avant sa prise par l’EI.

De toutes manières, le gouvernement irakien n’en a pas les moyens. Avec la baisse du prix du baril de pétrole, il ne parvient que difficilement à payer les militaires, miliciens et fonctionnaires qui assurent la sécurité dans les zones sous son contrôle.

Photo : Une vue de l’Euphrate près de Ramadi

Plus d’histoires deIrak

About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,