Aller à…
RSS Feed

3 décembre 2021

Alep : Juste une question au gouvernement français


L’actualité du droit

chaos

Gilles Devers

Lundi 8 août 2016

Je vais bien me garder d’une analyse de ce qui se passe à Alep, vu la difficulté à disposer d’informations fiables sur un tel théâtre de guerre, où la désinformation est une arme.

Ceci dit. Tous les jours, on nous parle d’une ville assiégée par les troupes du régime. Or, les trois quarts de la ville sont restés loyaux au régime et l’armée nationale conduit les opérations militaires contre la zone contrôlée par des rebelles, soit l’Est de la ville, et les voies de communication pour les troupes, les armes et le ravitaillement. Donc ce n’est pas la ville qui est assiégée par l’armée, mais la zone passée sous le contrôle armée des rebelles. Avec cette donnée de fait, je n’ouvre aucun débat mais je cadre ma question.

La France s’est déclarée « en guerre contre le terrorisme », ce qui suppose d’identifier avec précision les terroristes, et on a pu voir ces derniers mois qu’il n’était pas besoin d’être un soldat enrôlé pour être gratifié de la qualification. À tort ou à raison, nous en reparlerons, mais j’en viens à Alep.

La-bas, le gouvernement français s’affiche pour obtenir le départ d’el-Assad, et il soutient donc l’action des rebelles, qu’il souhaite voir accéder au pouvoir et qui pour le moment maintiennent une résistance armée à Alep, avec l’ « Armée Syrienne Libre ».

Or, toutes les informations qui circulent nous expliquent que cette Armée Syrienne libre est en recul, épuisée, et que les véritables fers de lance de la bataille armée sont le groupe Ahrar Al-Sham et le Front Fatah Al-Sham.

Alors, qui dans cette terrible bataille d’Alep ?

D’un côté, l’armée nationale. Vous n’aimez pas le  chef de l’Etat, oki, mais les combattants, c’est l’armée régulière, et le gouvernement a appelé à la rescousse les Russes et les Iraniens, dans le cadre des accords de coopération militaire.

De l’autre ?

D’abord Ahrar Al-Sham, qui est un puissant groupe salafiste syrien, dopé par les Saoudiens, qui dépense beaucoup d’argent pour tenter de vendre ses mérites dans l’opinion.

Ensuite, le Front Fatah Al-Sham, le nouveau nom que le Front Al-Nosra, affilié à Al-Qaida s’est donné fin juillet. Je rappelle que le Front Al-Nosra avait approuvé les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Le changement d’appellation, c’est une petite ruse faite en accord avec les dirigeants d’Al-Qaida, parce que le groupe a vu qu’il allait devenir leader du fait de l’affaiblissement de l’Armée syrienne libre, et a voulu faire croire aux idiots qu’il n’avait plus de liens avec Al Qaïda.

En résumé, d’un côté l’armée régulière, de l’autre un groupe armé salafiste et une filiale d’Al Qaïda.

Ma question est donc la suivante : dans la mesure où il faut savoir nommer les terroristes, comment le gouvernement français qualifie-t-il le groupe Ahrar Al-Sham et le Front Fatah Al-Sham, qui combattent l’armée régulière syrienne ?

Bref, à Alep, le terroriste, c’est Al-Qaida ou El-Assad ? Vu qu’on est en « guerre contre le terrorisme », il faudrait savoir.

 

Le sommaire de Gilles Devers
Le dossier Syrie
Les dernières mises à jour

Source: Gilles Devers
http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/…
Partager

Plus d’histoires deSyrie