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27 février 2021

Les rivalités entre Saoudiens et Qataris et l’investissement US dans les «vaches laitières» du Golfe


ALAHED

 

Akil Cheikh Hussein

Samedi 10 juin 2017

Du premier abord, l’observateur peut penser que les causes des altercations qui frappent les relations entre le royaume saoudien et le Qatar sont, seulement, du genre des égoïsmes, des convoitises et de la concurrence dont il n’est pas rare de les voir provoquer des inimitiés entre deux pays voisins qui se trouvent, tous les deux, au bord d’une crise ouverte à un profond abime.

Le problème dans cette manière de voir est qu’elle ne prend pas en considération la réalité représentée par le fait que les doigts étasuniens et israéliens ne peuvent cesser de troubler les eaux dans la région dans le but d’obtenir une pêche toujours plus abondante.

En effet, Washington joue un rôle important dans l’escalade en cours entre Saoudiens et Qataris. Et lorsqu’on parle d’un rôle que joue Washington, on n’oublie pas que l’agencement de ce rôle se fait avec la participation sioniste ou même sous l’inspiration sioniste.

Certes, le fait que le camp «israélo-étasunien» tienne à susciter des désaccords -même entre des parties alliées qui n’ont d’autres soucis que la satisfaction des Etats-Unis et l’entité sioniste- s’inscrit dans le cadre du projet hégémonique qui n’accepte, à long terme, la présence d’aucun partenaire local même si ce dernier est inconditionnellement prêt à servir le projet en question.

Mais à court terme, rien n’empêche Washington d’utiliser les rivalités comme moyens de chantage destinés à faire des gains financiers. C’est ainsi qu’après le butin que Trump a apporté de sa vache laitière saoudienne et qui a atteint un demi-trillion de dollars, il parait que le Qatar -dont le poids financier n’est pas moins important que celui du royaume saoudien-  est maintenant ciblé pour être le deuxième membre dans le troupeau de vaches golfiques. Il est certain qu’il y aura un troisième membre dans la personne de l’Etat des Emirats arabes unis. Et ainsi de suite jusqu’à la fin du cycle avec laquelle le processus de chantage et de récolte de trillions recommence sous des titres nouveaux mais avec les mêmes vaches.

A la lumière de cette considération, il n’est pas du tout important de s’interroger sur la véracité ou la non véracité des déclarations attribuées à l’émir du Qatar dans lesquelles il aurait salué l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, tout en exprimant son mécontentement vis-à-vis de la visite saoudienne de Trump et toute l’aménité avec laquelle il a été reçu à Riyad. Toute l’importance est à donner ici aux significations de la véhémente campagne lancée, contre le Qatar, depuis plusieurs semaines dans les grands médias étasuniens.

Il va de soi qu’il n’est pas possible de négliger le fait que cette campagne soit couverte financièrement, et avec toute la fameuse générosité arabe, par les Saoudiens et les Emiratis et ce pour des raisons comme la sympathie du Qatar envers les Frères musulmans et la Turquie, aussi bien que l’ambition affichée du Qatar de concurrencer avec les Saoudiens pour le leadership du monde sunnite.

Tout cela reste pourtant marginal en comparaison avec l’offensive menée contre le Qatar par les médias aux Etats-Unis des semaines avant l’éclatement de la crise actuelle.

Le but de cette offensive est l’attisement des désaccords entre les pays du Golfe et la provocation de la peur des uns contre les autres pour ainsi pousser toutes les parties à concurrencer entre elle afin de gagner les faveurs des Etats-Unis et de l’entité sioniste grâce aux juteuses libéralités financières.

Dès son retour à Washington, Trump a dit : «Je suis rentré avec des Milliards». Il a apporté ces milliards du royaume Saoudien en excitant sa peur vis-à-vis de l’Iran. Et on ne manquera peut-être pas de l’entendre dire : «Je suis rentré avec des milliards» du Qatar en excitant sa peur vis-à-vis du royaume saoudien ou des Emirats.

Faire main basse sur les richesses du Golfe est essentiel pour Washington qui est aux prises avec sa crise économique et sa dette qui avoisine maintenant les 20 trillions de dollars. Pour s’acquérir de ces richesses Washington n’hésite pas de provoquer, dans la région, des guerres qui garantissent le bon fonctionnement de l’industrie militaire aux Etats-Unis.

Des guerres que l’alliance des Israéliens, des Etasuniens et des faux-Arabes aimerait bien diriger contre l’Iran et l’axe de la Résistance. Mais la hantise chronique d’affronter l’Iran et le désir de le faire pour la raison mentionnée plus haut poussent vers des guerres entre les parties les plus faibles de l’alliance: Etre le royaume saoudien et autres pays du Golfe et le Qatar, puis contre les Emirats, Oman ou le Koweït. C’est ainsi que les guerres du royaume saoudien enveloppent, en plus de sa guerre contre le Yémen, tous les coins de la péninsule arabique, avant de déborder, si le royaume saoudien continue d’exister, et de dégringoler vers des alliés comme la Jordanie, l’Egypte ou le Soudan.

Comble de l’ironie: La plus importante leçon à tirer des événements de ces dernières années est l’entrée des membres de l’alliance dans des désaccords qu’imposent les défaites encaissées par l’alliance dans ses guerres contre l’Iran et l’axe de la Résistance au Liban, en Palestine, en Irak et au Yémen.

Des désaccords entre les Etats-Unis et le royaume saoudien, entre la Turquie et les Etats-Unis, entre le royaume saoudien et la Turquie, entre le royaume saoudien et le Qatar… Le tout sur le chemin du chaos destructeur non dans les pays de l’axe de la Résistance, mais dans tous les pays hostiles à cet axe.

Source: french.alahednews

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Source : Alahed
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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,