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4 août 2021

Les Algériens ne doivent pas croire aux affabulations de Gaïd Salah


France-Irak Actualité : actualités sur l’Irak, le Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique

Analyses, informations et revue de presse sur la situation en Irak, au Proche-Orient, du Golfe à l’Atlantique. Traduction d’articles parus dans la presse arabe ou anglo-saxonne, enquêtes et informations exclusives.

Hocine Benhadid, général à la retraite: Publié par Gilles Munier sur 8 Mars 2019,

Extraits de l’interview du général Benhadid (revue de presse : El Watan – Algérie  – 8/3/19)*

…(…)… Vous qualifiez de prédateurs et d’Apaches les gens qui, selon vous, font tout pour maintenir Bouteflika au pouvoir. Qui sont ces gens-là ?

Le principal, c’est son frère Saïd. Même s’il a commencé bien avant à s’intéresser au pouvoir, il a réussi à s’imposer en profitant de l’état de santé compliqué de Bouteflika en 2005. Gaïd Salah, en place depuis 2004, en a fait de même.

Depuis, ce sont ces deux hommes qui gèrent le pays. Gaïd a consolidé les positions de Saïd. Ce dernier a fait pareil et c’est ainsi qu’il est devenu le patron de la présidence.

Tout le monde lui obéit, y compris Gaïd Salah. Saïd a continué jusqu’à modifier la Constitution de 2008 pour permettre à son frère de briguer un 3e mandat, puis un 4e. C’est lui le principal ordonnateur et c’est lui qui commande ces Apaches dont les oligarques, comme les qualifie Louisa Hanoun. Je cite ici Ali Haddad, Tahkout, Kouninef et d’autres.

Ouyahia aussi. C’est ce dernier qui a créé l’empire Tahkout en lui octroyant des terrains et des usines prêtes au dinar symbolique, comme celle de Tiaret. C’est Ouyahia qui lui a donné 3000 ou 4000 bus d’étudiants.

En tant que Premier ministre, il a profité lui aussi de cette situation pour devenir un réel oligarque. C’est un bon exécutant discipliné. Il a étudié le personnage du frère du président, Saïd. Il l’a bien cerné, au point de le manipuler.

C’est la raison pour laquelle Ouyahia est resté au pouvoir jusqu’à ce jour. Le pouvoir connaît aussi son histoire. Ils ont trouvé un terrain d’entente pour rallonger le règne de Bouteflika. Mais il n’y a pas qu’Ouyahia, il y a aussi tous les gouvernements successifs du temps de Bouteflika. Ces derniers ont profité aussi de la situation. Ils sont devenus, en quelque sorte, les esclaves des Bouteflika.

Puis, il y a aussi les partis politiques créés par le pouvoir, dont celui du dissident du MSP, Amar Ghoul, de Amara Benyounes, et d’autres dont El Karama de Benhamou et bien évidemment le FLN et le RND.

Ils sont devenus des porte- parole du gouvernement, ou plutôt de Saïd Bouteflika. Tout le monde est nommé sur ordre de Saïd, y compris les militaires ! Saïd interfère même dans les grandes décisions de l’armée.

Cela veut dire que même le chef d’état-major n’est pas libre. On lui impose les chefs militaires pour les besoins et les intérêts de la présidence, comme par exemple certains chefs des Régions militaires, le poste du chef de la Garde républicaine et certains postes des renseignements. Ils sont tous imposés par lui.

…(…)…

Les Algériens doivent continuer leur combat pacifique et ne doivent pas croire ce genre de fabulations. Gaïd Salah attend juste la mort de Bouteflika pour prendre sa place. Il est sûr que si ce dernier décède, c’est lui qui reprendra les rênes du pays.

Vous parlez d’une solution à la situation actuelle. Pouvons-nous en connaître le contenu ?

Première étape. Il faut appliquer l’article 102 de la Constitution et annoncer la vacation du poste du président. Nous savons tous que l’actuel président de l’APN a été placé par effraction et par la force du cadenas et que c’est Saïd Bouteflika qui a placé les différents gouvernements, le Conseil constitutionnel ainsi que le chef d’état-major. Ils sont donc tous illégitimes. Il faut les destituer.

Gaïd Salah reçoit même des ordres des Emirats. Trouvez-vous cela normal ? Imaginez-vous un chef d’état-major de l’armée qui parle de paix et de stabilité alors qu’il reçoit des ordres de l’étranger ? Il n’est qu’un pion. Il n’y a pas d’Etat. Nous sommes dans l’illégalité la plus totale. Je propose un comité des sages. Il sera composé de Ali Yahia Abdennour, d’Ahmed Taleb Ibrahimi et de Boualem Benhamouda.

Ces derniers auront des conseillers, dont l’avocat Mustapha Bouchachi, le journaliste Fodil Boumala et le colonel Chafik Mesbah. Ce comité aura un coordinateur qui sera le Dr Lounes Oukaci. Ce comité des sages doit être installé par le président du Sénat Abdelkader Bensalah.

Ce comité aura pour mission de nommer un gouvernement provisoire dans une période de trois mois ou peut-être plus afin de préparer la transition. Il doit aussi aider le président du Conseil de la nation à préparer l’intérim de la présidence. Il aura, donc, trois mois pour installer le gouvernement et trois autres pour préparer les élections. Ce sont eux qui décideront s’ils gardent l’APN ou non.

Tous les membres des gouvernements successifs doivent rendre des comptes. Ils doivent déposer leurs bilans et rendre publics leurs biens immobiliers depuis la prise de leurs fonctions. Ils doivent être interdits de sortie du territoire jusqu’à ce qu’ils prennent le quitus de la Cour des comptes.

Tout haut fonctionnaire doit le faire dont, je cite pour l’exemple, Mohamed Raouraoua ou l’empereur de la résidence d’Etat Hamid Melzi. Il faut aussi assurer la sécurité des membres du comité qui doivent être à l’abri. Pour cela, il faut nommer un nouveau directeur de la sécurité militaire. Ce ne sera pas Tartag.

…(…)…

(Les passages sont soulignés par nous)

*Source et version intégrale : El Watan (photo Souhil B)

Concernant le général Benhadid, lire aussi :

Guerre civile, coup d’Etat, révolution? En Algérie, il suffirait d’une étincelle… (par Gilles  Munier – novembre 2015)

 

…(…)… En septembre dernier, interviewé par Radio M – Maghreb Emergent, le général à la retraite Hocine Benhadid a accusé Saïd Bouteflika d’être un « malade mental » ambitionnant de se faire élire président de la République. L’Algérie, a-t-il ajouté, est dirigée par une bande de « malfaiteurs », de « voyous », et de « menteurs» qui pillent les richesses du pays (interview ci-dessous).

Le général – 70 ans, ancien commandant de la prestigieuse 8e Division blindée – a été aussitôt arrêté et jeté en prison comme un malpropre…

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