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9 décembre 2019

L’attaque des champs pétroliers saoudiens… vue d’Israël


Publié par Gilles Munier sur 7 Octobre 2019, 06:15am

Catégories : #Arabie, #Israel, #Iran, #Yémen

L’attaque audacieuse de l’Iran exige qu’Israël se renforce (extrait)

Par Marc (Revue de presse : JForum.fr – 6/10/19)*

… (…) … La campagne militaire lancée par l’Iran pour réduire la pression des sanctions a débuté en mai. Elle est mené systématiquement, avec constance et patience. Au cours des cinq derniers mois, les Iraniens, aidés par les insurgés houthis au Yémen et par les milices chiites en Irak, ont attaqué une série de cibles saoudiennes et émiraties, la plupart liées à l’industrie pétrolière et à ses voies de transport maritime. Le pic a été atteint lors de l’attaque des installations de traitement du pétrole de Saudi Aramco, appartenant à l’État, il y a deux semaines.

Les Iraniens ont démontré d’impressionnantes capacités de planification et d’exploitation dans leur campagne. Une combinaison de missiles de croisière à portée intermédiaire et de drones a frappé les cibles saoudiennes avec une précision dévastatrice, après avoir échappé aux systèmes de défense coûteux fabriqués par les Américains, que les Saoudiens avaient achetés. Diverses manœuvres de diversion et d’obscurcissement ont contribué à donner l’impression que les Iraniens espéraient bien s’en sortir sans dommage après l’attaque. Téhéran a nié avoir quoi que ce soit à faire avec cette attaque, comme d’habitude ; les Houthis ont laissé entendre qu’ils étaient responsables (cette fois, faussement); et une analyse d’une partie de la trajectoire de vol semblait pointer vers les milices chiites basées en Irak. En réalité, cependant, la conclusion décisive qui se dégage est que c’était une opération gérée et coordonnée par Téhéran.

Trump le sait, mais n’est pas pressé d’agir. Il est conscient de la menace iranienne, selon laquelle une frappe punitive des États-Unis risquerait de pousser toute la région vers la guerre. Pour sa part, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a menacé cette semaine que les États du Golfe “seraient détruits” dans le cadre d’une telle guerre. Dans environ un mois, Trump entrera dans le compte à rebours d’un an avant les élections de 2020 et toute imbrication dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient risque de compromettre ses chances de remporter un autre mandat à la Maison-Blanche. Cela ne veut pas dire que la réponse américaine se limitera à des menaces : après tout, le président a déjà surpris ses détracteurs. Mais sa réticence à entrer dans une confrontation est comprise par tout le monde, et notamment par Téhéran, qui continue à faire preuve de brio.

Du point de vue d’Israël, l’attaque des champs pétrolifères saoudiens n’est rien de moins qu’un événement formateur, dont les implications régionales se feront sentir longtemps, quelles que soient les actions de Trump. Les capacités opérationnelles démontrées par l’Iran dépassent toutes les évaluations et analyses de l’appareil de la défense israélienne, et placent sous un jour quelque peu ridicule les attaques manquées, organisées par les Gardiens de la révolution iraniens contre Israël depuis la Syrie, ces deux dernières années.

Une capacité de frappe de cette précision et de cette efficacité met les sites d’infrastructures stratégiques d’Israël en péril, compte tenu en particulier du fait que le pays dépend de sites uniques (par exemple, l’aéroport international Ben Gourion, la centrale électrique de Hadera). Il faut tenir compte du fait qu’une partie considérable de l’arsenal iranien d’armes est transférée au Hezbollah – ou sera en situation d’urgence. Il y a deux mois, Nasrallah, dans l’un de ses discours fréquents à Beyrouth, a cité une étude publiée récemment par le général Mike Herzog, a Brigade des forces de défense israéliennes, sur le site Web du Washington Institute for Near East Policy. Herzog a détaillé à quel point l’infrastructure israélienne exposée risque d’être attaquée ; Nasrallah l’a cité avec enthousiasme.

Les développements récents nécessiteront probablement une mise à niveau du déploiement israélien pour la protection contre les missiles, les roquettes, les drones et les véhicules aériens sans pilote. Le système d’interception à plusieurs couches mis au point par Tsahal au cours des deux dernières décennies – Arrow (Hetz ou la flèche), Magic Wand (Baguette magique) et Dôme de Fer – était le fer de lance de la technologie mondiale et fournissait une réponse appropriée, en particulier aux roquettes lancées depuis la bande de Gaza. Cependant, à l’avenir, étant donnés les vastes stocks de roquettes que possède le Hezbollah et la disparité des coûts entre les missiles d’attaque et de défense (qui dépassent le centuple et plus), il n’y aura pas d’autre solution que de proposer des solutions supplémentaires…. (…)…

*Source : J Forum.fr

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,