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14 juillet 2020

Algérie : les victoires du mouvement populaire ou Hirak


Analyse

Mohsen Abdelmoumen

Le peuple algérien en lutte. DR.

Mercredi 22 janvier 2020

Le grand mouvement populaire que connaît l’Algérie, le Hirak, et qui provient du cœur du peuple algérien, se manifeste dans pratiquement toutes les villes et villages d’Algérie depuis près d’une année sur fond de blocages d’Alger, de détentions abusives, de répression et de basses manœuvres d’un régime qui s’est transformé en gang. Sans faiblir depuis le 22 février 2019, le Hirak réclame un changement radical totalement étranger aux forces qui nous ont conduits dans la crise multidimensionnelle et profonde que vit l’Algérie. Face aux exigences de changement réclamé par le Hirak, les forces de l’oligarchie compradore s’activent fiévreusement. Ces forces qui existent dans toutes les sphères économiques, politiques et sociales, n’ont aucun lien avec l’Algérie et ne cherchent qu’à s’accaparer les richesses à leur profit et à celui de l’étranger. Elles sont la conséquence des politiques mises en place sous Bouteflika et même avant lui, puisque depuis le 5 octobre 1988 se pose la problématique de savoir quel type de régime il faut pour l’Algérie. Or, cette question n’a pas encore été résolue à ce jour. Le système a ouvert un multipartisme qui a prouvé qu’il ne sert à rien et le Hirak est un sursaut face à cet échec, il représente la rupture avec tout ce qui s’est fait avant le 22 février 2019. Et aujourd’hui, nous voyons clairement s’affronter deux dynamiques diamétralement opposées : le mouvement populaire qui va jusqu’au bout de l’espoir et un gang au pouvoir qui va jusqu’au bout de la bêtise et de la folie.

Le Hirak n’est pas un parti politique, il est hétéroclite à l’image du peuple algérien dans sa diversité sociale et ethnique. Le Hirak, c’est tout le monde, c’est l’Algérien qui s’est soudain intéressé à son sort et au sort de ses enfants et qui lutte pacifiquement pour un avenir meilleur. Il est à la fois une conséquence et une perspective, ainsi qu’une opportunité pour tout le monde, y compris pour le régime dans son ensemble qui aurait pu saisir cette chance pour se réformer. Mais non, il fait sourde oreille et s’accroche à ses privilèges. Pourtant, ce régime et ses géniteurs ne rajeunissent pas, loin de là, ils constituent une véritable gérontocratie et disparaissent les uns après les autres en laissant derrière eux un legs catastrophique pour les jeunes générations. Le Hirak est venu en véritable sauveur de la nation algérienne. Le peuple algérien, qui avait démissionné de la politique sous l’ère Bouteflika, s’est redressé et est venu à la rescousse du pays ravagé par des années de nafsi nafsi, d’égocentrisme, d’affairisme, d’opportunisme, de népotisme, de bricolage, d’incompétence, de corruption, et j’en passe. Personne ne parle du bilan catastrophique de Bouteflika, pourtant nous en vivons les conséquences économiques, sociales et politiques aujourd’hui. L’opportunité offerte par le Hirak n’est pas rejetée que par le régime, mais aussi par les partis politiques de l’opposition qui n’ont pas su répondre à son appel. Tout a été essayé pour briser ce grand mouvement populaire au moyen de vains subterfuges, tels qu’essayer de diviser le peuple en vilipendant des régions comme la grande Kabylie, en s’en prenant aux Mzabs, aux Chaouias, aux Algériens de l’étranger, en inventant des termes farfelus comme Badissia Novembria ou les « zouaves », en  attaquant des symboles de la Révolution, etc. On a vu un parfait imbécile, un cancre cachiriste, un adepte du cadre, attaquer le géant de la Révolution qu’était Abane Ramdane ! Ces attaques multiples se sont produites tout au long de ces onze mois de vide politique dans lesquels nous ont projetés quelques aventuriers. Les clans qui s’affrontent portent la responsabilité de cette situation de non sens dans laquelle est plongé le pays et ils risquent de mener à la disparition de l’Algérie, certainement pas le Hirak qui est venu pour nous débarrasser de ces figures archaïques nocives qui sont là depuis trop longtemps.

Pendant que certains faux intellos essaient de le dénigrer, le Hirak avance et engrange des victoires : il a empêché le 5e mandat de la charrette, il a fait tomber la religion du cadre, il a fait annuler les « élections » du 4 juillet, il a disqualifié une classe politique apathique et inutile, une société civile et un mouvement associatif en état végétatif, il a montré le vrai visage de ceux qui se disaient proches de lui mais qui se sont empressés de répondre à l’appel de la mangeoire en rejoignant le « gouvernement » Tebboune illégitime, il a démasqué les gangs qui se sont mis à s’entredéchirer comme dans un remake de « Gangs of New York » sauf qu’ici, c’est « Gangs of Algiers » – n’avons-nous pas vu un régime s’auto-emprisonner ? C’est le Hirak qui a provoqué ce grand chambardement et non pas X ou Y dont les médias poubelles prostituées et corrompues, qui ne servent pas l’Algérie, n’ont pas cessé de cirer les bottes avec entrain. Ces médias devraient être bannis définitivement car ils ont montré qu’ils étaient contre le Hirak, donc contre le peuple algérien, et que leur seule religion était le culte de la personnalité et un aplatventrisme indéfectible. Ils ne servent pas les intérêts de l’Algérie, mais bien leurs intérêts personnels, comme les gangs qui leur donnent des ordres. Hier c’était Abdelaziz Bouteflika, puis son frère Saïd, ensuite ce fut Gaïd Salah, aujourd’hui c’est au tour de Tebboune et de Changriha. Le Hirak est la négation de cette allégeance servile. C’est un cri de colère à l’opposé de cette soumission abjecte développée sous le règne de Bouteflika. Ce cri du peuple algérien qui a retenti dans le monde entier n’a pas été écouté par le régime, ni par les partis politiques de l’opposition parce qu’ils sont tous aveuglés par la rente. Tous tirent leur épingle du jeu sans sourciller. On remarque d’ailleurs qu’ils ont tous, à part quelques rares exceptions, la même feuille de route : comment se débarrasser de ce Hirak, ce qui revient à dire « comment se débarrasser de ce peuple » ?  Vous pouvez tous vous creuser la cervelle jour et nuit, inventer d’autres subterfuges, vous n’en viendrez jamais à bout, car personne ne fera rentrer l’Algérien chez lui tant qu’il n’aura pas obtenu ce pour quoi il arpente les rues depuis 11 mois, que ce soit l’étudiant ou le supporter, le handicapé dans son fauteuil roulant, le vieux avec sa canne, ou encore la mère de famille, la jeune fille, la grand-mère, ou bien le père portant son fils sur ses épaules, ou la petite fille qui chante les slogans. Tous exigent ce dont tout peuple sur cette Terre a droit : une démocratie, une justice sociale, une justice indépendante, bref un État de droit. Et aujourd’hui, grâce à ce magnifique mouvement populaire qui a ébloui le monde, grâce au Hirak, nous nous sentons à nouveau fiers d’être Algériens.

Ces salonnards aigris et bileux qui critiquent et attaquent le mouvement populaire, prétendant qu’il a échoué, sont bien connus. Pour la plupart, ces gens vivent de la rente et n’ont pas les mêmes préoccupations que ceux qui composent le Hirak qui, eux, sont les vrais enfants du peuple, un peuple dans toute sa diversité. C’est la raison pour laquelle le Hirak est créatif, car il est composé de millions d’individus appartenant à toutes les catégories sociales. S’étant réapproprié son histoire, le Hirak défend les intérêts du pays et l’on en découvre tous les aspects dans l’étude des slogans clamés lors des manifestations. La multiplicité des revendications et sa pluralité n’empêchent pas le Hirak de présenter un front uni face à son antithèse qui s’est créée dès les premiers moments. Rappelons-nous que l’ancien chef d’état-major Gaïd Salah qualifiait le Hirak « d’égarés », de « manipulés », etc. Bref, les vieilles recettes du régime ou du gang qui ne peut pas concevoir que l’Algérien soit capable d’émettre des revendications et de faire une révolution pacifique. Le système algérien n’a jamais cru dans les potentialités de ce peuple, c’est pour cela que des générations entières ont été sacrifiées, dont la mienne. Nous avons connu le terrorisme, le pillage, el harga, l’ère Chadli, l’ère Bouteflika, bref l’échec complet. La soif de revanche de Bouteflika a fait des dégâts redoutables mais la vengeance divine a été impitoyable, que ce soit pour lui ou pour son frère. Regardez ce qu’ils sont devenus, eux qui étaient si puissants. En tant que journaliste, j’ai rencontré Abdelaziz Bouteflika et son frère Saïd, et j’ai vu le même mépris pour le peuple algérien dans leurs yeux. Tout le monde se souvient de l’arrogance du « pharaon » Abdelaziz. Rappelez-vous ce que celui qui se faisait appeler « Fakamatouhou » disait et voyez ce qu’il est devenu : un légume dans une charrette éjecté par le Hirak. Méditez sur ce destin. Nous tomberons tous malades et nous mourrons tous, mais cette espèce d’individu malfaisant et mégalomane a d’abord connu la déchéance avant de se présenter un jour devant son créateur pour le jugement suprême. Il est toujours vivant, il faut le juger pour ses nombreuses trahisons et ses détournements des biens de l’État. Et n’oublions jamais que sans le Hirak, nous serions toujours en train de suivre la charrette !

Contrairement à ce système obsolète qui est incapable de produire un projet national fédérateur, le Hirak a réussi à rassembler et à organiser les Algériens installés à l’étranger. Imaginez un pouvoir politique qui aurait la sagesse d’utiliser le potentiel des Algériens de la diaspora au lieu de les dénigrer et de les exclure, nous aurions des ingénieurs, des chercheurs, des enseignants, des médecins, des architectes, des entrepreneurs, etc. formés dans les meilleures universités étrangères et qui pourraient aider leurs compatriotes à redresser un pays ravagé par des décennies de gabegie. Les lobbies indien ou italien aux USA, et d’autres, sont là pour en témoigner, eux qui valorisent leurs ressortissants de l’étranger et les invitent à s’impliquer dans leur pays d’origine. Seul pays au monde à mépriser sa diaspora, l’Algérie a légiféré contre l’immigration algérienne via l’article 51 de la « Constitution » pondu par la « Issaba » en général et Ouyahia en particulier. Un régime pourri s’est permis de décréter qui était algérien et qui ne l’était pas. Je ne permets à personne de me faire quelque leçon que ce soit, et surtout pas de patriotisme ! Un Algérien a l’Algérie qui lui coule dans les veines, personne ne peut aller contre ce fait. Ce n’est pas parce que nous vivons à l’étranger que nous sommes moins algériens que les autres. La preuve, aujourd’hui, le Hirak manifeste dans le monde entier à travers sa diaspora qui, chaque dimanche et par tous les temps, sous toutes les latitudes, se réunit sur les places et dans les rues de leur pays d’adoption pour reprendre les slogans entendus à Alger, à Oran, à Tizi Ouzou, à Bordj, à Ouargla, ou à Constantine, et dans toutes les villes et villages d’Algérie, et brandir les photos des martyrs. Autre exemple, pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie au cours d’un sommet international, en l’occurrence celui consacré à la Libye et qui se déroulait à Berlin, on a vu des manifestants algériens protester contre le « président » Tebboune illégitime. Ils sont venus de partout : d’Italie, d’Espagne, de France, bref de toute l’Europe, qui en train, qui en voiture, qui en avion ou en car. Je le répète pour la énième fois, un président illégitime ne peut pas porter la voix de l‘Algérie à l’étranger alors qu’il fait face à des manifestations massives contre lui et ceux qui l’ont désigné à ce poste chaque mardi et chaque vendredi depuis bientôt un an et que le Hirak s’est déplacé à Berlin. A-t-on vu ailleurs un chef d’État dont le fils est en prison pour trafic de drogue et blanchiment d’argent ? Le « président » algérien a été copieusement brocardé par les Algériens présents aux cris de « Tebboune cocaïne !». Et on a tous vu l’accueil méprisant qui a été réservé à ce sous-préfet devenu président, ainsi que la façon dont Vladimir Poutine a ignoré sa main tendue… La grande Algérie qui a été la Mecque des Révolutionnaires est devenue la risée du monde et nous sommes revenus à l’ère Bouteflika quand Sellal faisait le pitre devant Merkel. Les guignols continuent à diriger le pays. La honte que nous infligent à l’étranger ces dirigeants de pacotille n’a d’égale que le pillage auquel ils se sont livrés pendant des décennies.

Le Hirak exige des représentants légitimes et dignes, pas des pantins nommés et douteux. Et cette histoire de dialogue et de référendum pour une nouvelle Constitution ne va pas endormir le peuple. Le régime cherche une légitimité qu’il n’aura jamais, utilisant la même tactique que Bouteflika en son temps. Ce pseudo dialogue nous fait perdre du temps et n’est jamais qu’un concept biaisé dès le départ puisque le Hirak ne demande en aucune façon de dialoguer avec ce gang, il veut changer la matrice qui a engendré ce régime, c’est-à-dire transformer en profondeur le système politique. C’est là où cela coince car combien de personnes perdraient-elles leurs privilèges en cas de transformation majeure en Algérie ? Des tas : politicards à la noix, clientèle, partis inconsistants, associations fantoches, etc. Tous sont perdants dans l’équation Hirak vs forces régressives, ces dernières nous ramenant – à Dieu ne plaise – vers de graves problèmes comme on l’a vu en Libye où l’Algérie a perdu toute influence comme c’est aussi le cas dans notre voisinage géopolitique à savoir le Mali et le Niger. Nous ne sommes présents nulle part, et alors qu’une guerre par proxys se déroule à nos frontières, que le Sahel est sillonné par des groupes terroristes, l’armée algérienne est dirigée par un intérimaire. Je ne suis pas en train d’idéaliser le Hirak, j’ai fait de la politique en Algérie et aussi à l’étranger, mais voilà où nous a mené un régime qui a tout du gang mafieux : avoir un intérimaire à la tête de l’armée, et qui, au lieu de ne se consacrer qu’à la tâche constitutionnelle de l’armée et de sauvegarder la souveraineté nationale et de protéger nos frontières, continue à faire des discours comme son prédécesseur. Il faut penser à passer le relais à des jeunes officiers, les gens qui ont dépassé l’âge de la retraite doivent se retirer et céder la place. Dans toutes les armées du monde, les chefs d’état-major n’atteignent pas 60 ans. Pourquoi l’Algérie fait-elle exception avec des généraux de plus de 70 et 80 ans? L’armée algérienne ne manque ni de ressources ni de compétences. Et sachant tout cela, Tebboune, ce Bensalah bis, propose que l’Algérie accueille le dialogue inter-libyen ? Avec un président fantoche et un peuple dans la rue deux fois par semaine depuis près d’un an ? De qui se moque-t-on ? En proposant le rôle de médiateur, le gang espère trouver une légitimité à l’extérieur tout en donnant l’illusion que Algérie a recouvré la place qu’elle a perdue depuis longtemps alors qu’elle n’est plus que l’ombre d’elle-même et qu’elle s’est soumise à tous les lobbies étrangers, dont celui des Émirats arabes unis, cette minuscule pustule du golfe arabo-persique qui a pris possession de nos ports cédés par ce Bouteflika de malheur. Le courageux capitaine Hamza Djaoudi a tiré la sonnette d’alarme en dénonçant l’emprise des Émiratis sur le port d’Alger, regrettant la perte de souveraineté de l’Algérie. Ça lui a valu quatre mois à El-Harrach. J’ai très bien connu le secrétaire général du syndicat des dockers d’Alger, notre camarade et ami Abbas Guermache, qui a eu de gros problèmes avec les Émiratis naguère. Ces derniers n’ont pas investi un seul dollar, ils se sont contentés de prendre possession du port d’Alger par copinage avec Bouteflika. Et Sidi Saïd, ce traître, a laissé faire. Quand sera-t-il jugé pour les crimes qu’il a commis contre le mouvement syndical et contre l’Algérie ? Quand le verra-t-on à El-Harrach avec le reste de l’équipe ? Où est notre souveraineté quand l’aéroport d’Alger est géré par la France qui contrôle aussi la distribution d’eau et le métro, etc., quand Total a fait main basse sur le désert pour l’extraction du gaz de schiste qui saccage notre environnement et pollue notre grande nappe phréatique, quand les Chinois s’accaparent tous les marchés de la construction, et quand les Émiratis engrangent des bénéfices dans les ports d’Algérie, sans parler du Sahara qui est devenu leur terrain de chasse préféré et où ces pingouins, se sentant en pays conquis et protégés par nos gendarmes, massacrent allègrement outardes et gazelles. Qui faisait partie des walis qui ont permis à ces niqueurs de chameaux de venir décimer notre faune ? Celui qui est devenu « président » : Abdelmadjid Tebboune ! Le même qui fait des courbettes aujourd’hui devant Le Drian venu faire le plein de contrats juteux. Bien sûr, il y a tant d’autres dossiers très lourds qu’il faudrait autant de pages qu’un bottin de téléphone pour les citer tous, car l’Algérie a été victime d’un véritable massacre économique. Nous avons connu un nouveau colonialisme avec des nouveaux colons qui se sont goinfrés de retro-commissions dans de nombreux secteurs, y compris des secteurs stratégiques. Les Français et les Emiratis se sont partagé les plus gros morceaux du gâteau. Soyez maudits, ya merkhes ! Qu’ont fait les Bouteflika, les Gaïd Salah, les Tebboune et toute leur clique de notre dignité, de notre force, de notre souveraineté ? Bahdltouna ya Khemaj, Matahchmouch, Rassa Khamja ! Ya el rekhass !

Pendant ce temps-là, les harragas continuent à fuir l’Algérie par centaines en espérant une vie meilleure sous d’autres cieux, n’hésitant pas à risquer la noyade en Méditerranée, même en plein hiver. On a même vu un Algérien tenter la traversée à la nage entre le Timor oriental et l’Australie. Il préférait braver des centaines de kilomètres à la nage pour atteindre un continent en proie aux flammes plutôt que de rester en Algérie. En quel avenir doivent-ils croire, ces désespérés ? Le système est toujours là, on continue à arrêter les Algériens à chaque manifestation et des juges serviles qui sont la honte de la magistrature continuent à condamner les Algériens et à les emprisonner pour « atteinte au moral de l’armée », poursuivant la folie qui régnait sous Gaïd Salah qui a désormais rejoint les poubelles de l’histoire. Si le moral de l’armée doit être atteint, ce n’est certainement pas le fait des enfants du peuple, filles et garçons, qui luttent pour une Algérie meilleure et qui sont aujourd’hui en prison, mais bien à cause de la corruption de certains généraux, feu GaÏd Salah en tête, qui n’auraient jamais du dépasser le stade de simple troufion. Par contre, on met en prison pendant des mois, Hocine Benhadid, un général-major honnête et compétent, major de sa promotion à West Point en même temps que Colin Powell, et on oublie dans sa cellule Ali Ghediri, un homme intègre, ancien général major et brillant docteur d’État, après l’avoir traîné dans la boue. Sans parler des centaines d’officiers injustement incarcérés dans les geôles de ce gang de pourris. Le moudjahid Bouregaa, un commandant de l’ALN, n’avait pas à faire de la prison et oser le libérer « sous condition » est un scandale, pendant que des fils de harkis qui dirigent l’Algérie se remplissent les poches et lèchent les bottes de Macron, de Mohamed Ben Zaïd et de tous les gangsters qui dirigent la planète ! Libérez tous les détenus d’opinion sans condition ! Je ne peux pas les citer tous parce qu’ils sont nombreux mais je pense à chacun d’entre eux et je suis solidaire avec tous et toutes. Si je peux leur apporter quoi que ce soit, je suis à leur disposition. Je pense par exemple à cette petite jeune fille, Nour El Houda Oggadi, en quoi cette jeune étudiante peut-elle porter atteinte au moral de l’armée ? C’est une honte ! Libérez-la ! Vous n’avez pas le droit de maintenir ces gens en détention. Ce sont des prisonniers politiques. C’est vous, bande de voleurs qui devriez être à Bouhadma (en prison). Libérez tous les prisonniers politiques sans condition ! Qu’ils sortent et prenez leur place. Libérez Samir Benlarbi avec lequel je partage de bons souvenirs qui remontent à son plus jeune âge. J’adresse mon soutien à sa belle-famille qui est voisine de la mienne et bien sûr à sa famille, surtout à sa mère qui souffre beaucoup de la détention de son fils. On m’a dit que Samir se comporte bravement en prison, qu’il est un vrai lion et qu’il a un moral d’acier. Tiens bon, mon grand, tu es en prison injustement. Ceux qui t’ont enfermé iront un jour prendre ta place. Tout mon soutien t’est acquis et si tu as besoin de moi, je suis là. Libérez Boumala, Karim Tabbou et tous les autres qui n’ont rien à faire en prison !

Quand mes sources et amis me disent que les services de renseignement algériens sont devenus une supérette, il y a aussi de quoi s’alarmer. Je repense à l’interview que m’avait accordée le Dr. Bruce Riedel, conseiller principal à la Sécurité des quatre derniers présidents américains jusqu’à Obama, membre de la CIA, qui me disait que les services algériens étaient très performants. Le démantèlement des services de renseignement fait aussi partie du bilan désastreux de Bouteflika et de son larbin Gaïd Salah, ce dernier menaçant de prison quiconque avait une tête qui ne lui revenait pas. J’ai écrit L’Algérie, du démantèlement du DRS au démantèlement de l’Etat national par les frères Bouteflika en septembre 2015 quand personne ne voulait en parler. Peut-on concevoir un pays comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie, la France, sans services de renseignement ? Tout État, quelle que soit sa dimension et son implantation géographique, aussi petit soit-il, a besoin de services de renseignement. À plus forte raison l’Algérie, le plus grand pays d’Afrique implanté en plein cœur du Maghreb et bordant la Méditerranée. Mais des mafieux, des voyous, ont estimé que les services de renseignement représentaient trop de danger pour leurs intérêts et les ont démantelés, avec l’aide de leur mère-patrie la France, se souciant peu du fait que ces services protégeaient la nation. Je n’insisterai jamais assez sur la nécessité de reconstruire les services de renseignement sur des bases saines en faisant appel aux compétences de la jeune génération. Nous ne manquons pas de compétences, le pays en regorge dans les universités, dans l’armée, dans ce qu’il reste des services de renseignement, dans la police, dans la gendarmerie. Hélas, les prisons algériennes regorgent aussi de nombreux agents de renseignement compétents, des centaines étant incarcérés pour avoir fait leur devoir. Tout cela parce qu’une poignée d’aventuriers incompétents ont voulu devenir des monarques. Depuis des années, l’Algérie est dirigée par un régime antinational. On met des patriotes et des gens compétents en prison, pendant que des crapules pillent le pays.

Mais aujourd’hui, le Hirak est là et il entend bien poursuivre son combat. Il a produit sa propre élite politique, que ce soit celle issue des détenus politiques, soit celle provenant de ceux qui continuent la lutte dehors. De cette élite surgiront les dirigeants algériens de demain. Le Hirak purifiera le sang vicié par des années de corruption d’un pouvoir en décomposition, à l’image des vieillards qui s’accrochent aux commandes du pays au risque de le mener à sa perte. Plus le régime s’entête à ne pas répondre par le concret aux revendications du Hirak, plus celui-ci placera la barre haute dans ses revendications légitimes. Cela démontre que le Hirak n’est pas près de s’arrêter. Contrairement aux gangs qui s’entredéchirent, le Hirak est la seule garantie de la stabilité de l’Algérie. Il appelle à une refondation de l’État algérien tel qu’il avait été imaginé par nos martyrs, indépendant, souverain, et construit sur la citoyenneté. C’est la raison pour laquelle les photos des martyrs sont brandies dans toutes les manifestations. Comme je l’ai déjà dit précédemment, le Hirak est la continuation du 1er Novembre et il persistera à réclamer un État de droit et une démocratie jusqu’à ce qu’il les obtienne. Peu importe le nombre de citoyens actifs dans le Hirak, ce sont les idées qui comptent. Les Hirakistes écrivent l’histoire de l’Algérie comme les enfants de Novembre l’ont fait jadis. La génération qui a connu le 22 février ne rentrera pas chez elle, car elle grandit dans quelque chose de nouveau qui s’appelle la liberté. L’élite de demain est en marche tous les mardis et vendredis. Semaine après semaine, inlassablement, le Hirak s’achemine vers une victoire certaine et il aura le dernier mot sur tous les vieux barbons et leurs larbins, parce qu’il est jeune et plein d’énergie, et qu’il a l’avenir devant lui. Ce grand mouvement populaire finira par hisser l’Algérie au rang d’une grande nation. J’en fais le pari.

Mohsen Abdelmoumen

Reçu de Mohsen Abdelmoumen pour publication

 

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Source : Mohsen Abdelmoumen
https://mohsenabdelmoumen.wordpress.com/…

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About : Ginette Hess Skandrani

Écologiste, membre co-fondatrice des Verts, présidente de "La Pierre et l'Olivier" réseau de solidarité avec le peuple de Palestine, Co-fondatrice de la commission d'enquête non gouvernementale sur la vérité en Libye,